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29/06/2010

Métal Mélodie

Métal mélodie, Maryvonne RIPPERT

Milan (Macadam), février 2010, 210 p. 9.50 €

Saint Genis Laval, mars 2006. Luce est une adolescente en révolte, gothique et pleine de piercings, absolument exaspérée par sa mère. Un jour sa mère disparait pour quatre mois, sans la prévenir autrement que par lettre.

Luce commence par bien profiter de sa nouvelle liberté, sur fond de "teuf métal". Après une fête pas très maîtrisée, elle laisse s'installer à la maison Moony, une squatteuse, avec son chien et son copain dealer... Puis elle se laisse, elle, séduire par Léo le beau et sympathique voisin.

Peu à peu, elle prend conscience que sa mère lui manque. Contrariée et inquiète malgré tout, elle commence les recherches pour la retrouver, et se penche sur son passé... auquel elle ne s'était jamais intéressée, et qui se révèle surprenant. Après quelques retournements et révélations, elle part à l'aventure à Grenade, pour essayer de retrouver sa mère et de renouer avec elle.

Histoire d'amour, roman d'apprentissage et voyage initiatique. Pour grandir, Luce doit d'abord s'intéresser à sa mère et apprendre à la connaître, puis renouer avec ce a été primordial pour elles deux avant leurs conflits : la musique.

Du bon Maryvonne Rippert, à l'écriture soignée, et qui touchera particulièrement les adolescentes et les mères... Du même auteur, voir aussi trois tomes des Blue Cerises.

Sélectionné par le CRILJ ados dans la catégorie Histoire de vie. A partir de 14 ans. Aline

01/06/2010

Vango

Vango, Timothée de Fombelle          Gallimard, 2010

vango.jpgL'auteur de Tobie Lolness nous revient avec un héros plus adulte, et un roman d'action situé principalement en Europe, en 1934.

Vango, qui se destinait à la prêtrise, doit s'enfuir : le jour même de ses voeux, il est accusé de meurtre par la police française, tandis que de mystérieux Russes tentent de l'abattre. Tout ceci est un mystère pour le jeune homme, qui, recueilli après un naufrage,  a grandi sur une île sicilienne isolée avec "Mademoiselle", et ne connaît ni ses origines, ni les raisons de cette traque.

Tandis que la dictature se renforce en Allemagne, il traverse l'Europe pour trouver sa vérité, aidé par une jeune aristocrate écossaise, un prêtre secret, un savant constructeur de zeppelins, et La Taupe, une adolescente prodige....

Voilà une histoire pleine de rebondissements et de personnages attachants, un vrai roman d'aventures, dont le seul défaut... est de nous laisser en suspens pour finir dans un deuxième tome !

Aline

20/05/2010

Le tueur à la cravate

Le tueur à la cravate, Marie-Aude MURAIL          Ecole des Loisirs, 2010

Margot est passée à la bibliothèque me recommander ce roman policier mercredi dernier. Aussitôt demandé, aussitôt acheté, aussitôt lu... et en bon thriller, le tueur à la cravate se lit d'une seule traite.tueur cravate.jpeg

Curieuse d'en apprendre plus sur sa mère, décédée lorsqu'elle avait 11 ans, Ruth place sur le site perdudevue une photo de terminale de ses parents. Cet acte en apparence anodin déclenche des réactions en chaîne. Il faut dire que la soeur jumelle de sa mère -la rayonnante Eve-Marie- avait été assassinée cette année-là, et que le père de Ruth avait même été soupçonné... Inconsciemment, Ruth pourrait bien déclencher de nouveaux drames !

Les qualités habituelles de MAM sont là : un livre bien construit, une écriture fluide et des personnages crédibles et attachants, surtout Ruth, orpheline de mère et très protectrice vis à vis de sa petite soeur Bethsabée.

Le roman se double du journal d'écriture de MAM, qui dévoile une partie du processus de gestation du livre, de la recherche du sujet au mûrissement des personnages. Cette démarche est intéressante, mais nuit au mythe : MAM revendique l'observation et la réutilisation des "ficelles d'écriture" de Mary Higgins Clark !

Aline

26/02/2010

Lombres

Lombres,   par China Miéville

Traduit de l’anglais par Christophe Rosson, Au Diable Vauvert, oct 2009, 636 p., 20 €

  

Deux jeunes Londoniennes, Zanna et Deeba, vivent des évènements étranges : une fumée qui semble maléfique, des personnes qui semblent connaître Zanna mais l’appellent « Shwazzy », des animaux qui la fixent… Une nuit, elles voient un parapluie escalader l’immeuble de Zanna et le suivent. Elles se retrouvent involontairement à Lombres, une ville parallèle où les règles sont totalement différentes, et où tous les déchets de Londres trouvent une seconde vie.

Au gré de l’imagination de l’auteur, on rencontrera Obaday le couturier de papier, un scaphandrier muet, un carton de lait de compagnie, Jones le receveur d’aérobus dont le rôle est de protéger les passagers des pirates de l’air, Hemi le demi-fantôme, les combattants Poubanzaï, un grimoire parlant susceptible, Brokkentroll le chef des parapluies cassés, des tuilicoles, des bibliothécaires de l’extrême, les terribles migalucarnes…

 

livre-lombres-224-0_thumb.jpgLombres est menacée par Smog, un nuage toxique doué de conscience, qui envahit peu à peu la ville et brûle tout. Toute la population attend Zanna, ou « la shwazzy », qui serait désignée par une prophétie du grimoire comme celle qui pourra sauver Lombres. Mais Zanna a surtout envie de rentrer chez elle, il semblerait que le grimoire et les prophéçogurs se soient trompés.

C’est finalement Deeba, plus sensible et plus attachée au monde de Lombres, qui réalisera tant bien que mal la prophétie… mais pas de la façon attendue.

 

Dans ce roman de style "fantaisy urbaine", le lecteur est emporté dans un univers foisonnant et délirant. Le livre est très long, mais facile à lire, avec des phrases simples, des chapitres courts et une écriture très visuelle. C’est à la fois un roman d’aventures, une dénonciation des politiques environnementales, et une fantaisie (au sens français) d’écriture. Très sympa à lire.

 

Références à Neverwhere : le Lombres, ou la « transville » rappelle le Londres d’En bas de Neil Gaiman.

China Miéville est aussi l'auteur de romans adultes qu’il qualifie de « new weird » (littérature de l’imaginaire se démarquant de Tolkien et suite). Lire en particulier Perdido Street Station, les Scarifiés, le roi des rats.

 

 

08/11/2009

L'étrange vie de Nobody Owens

L’étrange vie de Nobody Owens, images.jpg

Neil GAIMAN

Albin Michel, 2009 (Wiz)

Jusqu’à ses 18 mois, la vie de Bod a été celle d’un garçon normal.

Mais un jour Le Jack vient et tue toute sa famille. Lui seul en réchappe car il est recueilli par les habitants du cimetière : adopté par les fantômes de papa et maman Owens, protégé par son étrange parrain Silas –ni mort, ni vivant- , il devient "libre citoyen" du cimetière. Autant dire que son éducation, assurée par les fantômes des siècles précédents, est un peu spéciale…

Mais le Jack rôde toujours, et sortir du cimetière n’est pas sans danger…

Malgré un début qui pourrait sembler assez macabre, voici une histoire originale et sympathique, dans le style fantastique, agrémentée d’illustrations en noir et blanc. Lire aussi Coraline, du même auteur.

Aline

26/08/2009

Non merci !

Non merci !  

Claudine LE GOUIC-PRIETO

Bayard Jeunesse, 2008 (Estampille)

 

Théo, 12 ans, cloué depuis son plus jeune âge dans un fauteuil roulant, vit dans un centre spécialisé pour handicapés. Il en a assez de dire merci toutes les cinq minutes sous prétexte qu’il est dépendant des autres pour tous les gestes de la vie quotidienne.

 

Cette révolte, difficile à vivre et pour lui et pour son entourage, lui permet cependant d’aller de l’avant et d’acquérir plus d’autonomie. Il est aidé par la découverte du handisport, le soutien de sa famille et de nouveaux amis. Peu à peu, le lecteur le voit passer du statut d’assisté à celui d’assistant…

 

Roman jeunesse ou ado, très accessible, pas du tout larmoyant, à mettre entre toutes les mains.

 

Aline

22/06/2009

Blue Cerises

Les blue cerises

 

Amos : cibles mouvantes   

Sigrid Baffert

Satya : l’attentat                 

Jean-Michet Payet

Zik : l’ange des toits           

Maryvonne Rippert

Violette : l’amour basta !   

Cécile Roumiguière

 

Quatre ados,

Quatre amis,

Quatre histoires,

Quatre auteurs,

Un seul secret… pas encore révélé.

 

J’ai lu avec grand plaisir la première saison pleine d’émotion de cette mini série des éditions Milan (Macadam). Quinze jours dans la vie de quatre jeunes, fragilisés par l’éloignement de leur « bande des cerises » pendant les vacances, et touchés par l’amour et le rêve.

 

Liés par une amitié exceptionnelle, basée sur un secret dont nous ne savons pas grand-chose, ils se soutiennent et s’écoutent. « Alors, on en cause ? ». Le lecteur, lui, en rêve, d’une amitié comme celle-là !

 

Les auteurs se retrouvent tous les quatre à la Librairie Murmure des Mots vendredi prochain à partir de 18h… je sens que je vais aller me renseigner sur la saison 2 ! (édition prévue en octobre 2009)

 

Aline

18/12/2008

Le premier qui pleure a perdu

Le premier qui pleure a perdu, Sherman Alexie

Albin Michel (Wiz), 2008

 

Junior n’a vraiment pas de chance : non seulement il est né avec une drôle de tête, mais en plus sa famille est misérable, et vit sur une réserve indienne. Comme il le dit « La pauvreté ne rend pas plus fort, elle ne donne pas de leçons de persévérance. Non, tout ce que nous apprend la pauvreté, c’est à être pauvres ». Pire encore, il est premier de sa classe, et souffre-douleur des enfants de son âge.

Pourtant, Junior est drôle, doué et affectueux. El il est assez lucide pour savoir qu’il n’aura aucun avenir s’il reste avec les siens. Il décide alors d’étudier au lycée des Blancs, plus prestigieux. Quitter la réserve ne se révèle pas facile : kilomètres à avaler, souvent à pieds, choc culturel, mais surtout haine des indiens de la réserve et de son meilleur ami, qui ne comprennent pas ce qu’ils considèrent comme une traîtrise. Alors Junior n’a pas le choix, il faut qu’il soit le meilleur en classe, au basket… au risque d’affronter la solitude.

 

Ecriture fluide, parfois familière. Beaucoup d’humour, y compris dans les dessins de Junior qui agrémentent le texte. Bestseller aux Etats-Unis, ce roman aborde de nombreux sujets : l’amitié, l’exclusion, la faim, l’alcoolisme sur les réserves et ses conséquences, les attitudes racistes… pas toujours là où on les attend.

Un roman –autobiographique- plein de vie et d’espoir !

Aline

Les fragmentés

Les fragmentés, de Neal Shusterman. – Le Masque, avril 2008. (MsK)

 

Dans un monde ressemblant au nôtre, la « Deuxième Guerre Civile » s’est terminée par un compromis, la « Charte de Vie » : il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant, depuis le moment de sa conception jusqu’au jour de son treizième anniversaire. Néanmoins, tout parent peut décider d’interrompre la vie de son enfant entre l’âge de treize et dix-huit ans par le biais de la fragmentation, qui permet de récupérer tous ses organes… et donc de prolonger sa vie, d’après la propagande.
La fragmentation est devenue une pratique courante. Pour des raisons différentes, 3 adolescents, Connor, Risa et Lev, se retrouvent sur la liste fatale. Leurs chemins se croisent, et ils s’unissent pour échapper aux Frags, la police des fragmentés.

 

Thriller d'anticipation original, c’est aussi un roman initiatique qui propose une réflexion sur l'indépendance, la quête de soi, les relations avec les autres et ce qu’on est prêt à faire pour survivre. L'histoire est assez complexe, avec des rebondissements pas forcément attendus.

 

Aline