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18/09/2017

Lectures d'été 2017

Cet été, nous avons lu pour vous...

Belgravia.gifBelgravia

Julian FELLOWES

J.C. Lattès, 2016, 20.90 €

Histoire sentimentale, mais pas mièvre, dans une famille huppée, à l’époque de Napoléon, dans le contexte de l’après Waterloo -vu du côté anglais. On suit l’évolution de Londres. Livre « bonbon » pour Michèle.

 

Kong.gifKong

Michel LE BRIS

Grasset, 2017, 24.90 €

Plongée dans l’histoire du cinéma, à la suite d’Ernest Schoedsack et Merian Cooper, aventuriers, voyageurs, et réalisateurs de films documentaires (à l’époque, Grass avait dépassé le succès de « Nanouk »)… et enfin du fameux King-Kong. Il faut réussir à passer le premier chapitre pour se plonger dans ce roman très long, mais passionnant et instructif. Michèle

 

Mount Terminus.gifMount Terminus

David GRAND

Seuil, 2016, 22 €

Genèse d’Hollywood et tragédie familiale, au début du 20e siècle. Jacob Rosenbloom (inventeur en optique, qui vendit à Edison son système de projection d’images animées) vit au fin fond du désert mojave avec son fils Joseph. Après l’arrivée de Simon, son demi-frère, Joseph découvre peu à peu les secrets de sa famille. Geneviève.

 

Le rouge vif de la rhubarbe.gifLe rouge vif de la rhubarbe

Audur Ava OLAFSDOTTIR

Zulma, 2016, 17.50 €

En Islande, Agustina, jeune femme à la voix d’ange mais aux jambes trop faibles, élevée par la bonne Nina en l’absence de sa mère scientifique,  s’interroge sur son père inconnu. Elle rêve de gravir la Montagne pour prendre de la hauteur. Court roman, remarquable pour son ambiance. Geneviève

 

Croire au merveilleux.gifCroire au merveilleux

Christophe ONO-DIT-BIOT

Gallimard, 2017, 20 €

Incapable de surmonter la mort de sa femme, et se sentant incapable d’élever seul leur fils, César projette de mettre fin à sa vie, lorsque le coup de sonnette d’une jeune et jolie voisine  l’interrompt. En partageant avec elle sa passion pour la littérature grecque, il revit les voyages qu’il avait faits avec sa femme en Italie et en Grèce.  Reprenant le personnage déjà rencontré dans Birmane et Plonger, Christophe Ono-dit-Biot offre au lecteur un roman solaire, une renaissance par l’amour et le beau. Johanna

 

Victor Hugo vient de mourir.gifVictor Hugo vient de mourir

Judith PERRIGNON

L’Iconoclaste, 2015, 18 € ou Pocket 5.95 €

Victor Hugo va mourir. Toutes les personnes qui l’entourent attendent sa mort et préparent son enterrement… Les funérailles d’Etat qui s’annoncent déclenchent de véritables conflits ! Coup de cœur de Johanna.

 

La petite librairie des gens heureux.gifLa petite librairie des gens heureux

Véronica HENRY

Traduit de How to find Love in a Bookshop par Ariane Maksioutine

City éditions, 2017, 18.90 €

Après le décès de sa mère, Emilia hérite de sa librairie. Elle subit la pression d’un promoteur immobilier qui voudrait la racheter, mais hésite.  Romances de tous les personnages qui gravitent autour de la librairie. Ce roman se lit avec plaisir, mais dans la veine des « feel good books » autour de la lecture, ce n’est pas le plus réussi. Lire plutôt La bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarina BIVALD ou Une année particulière, de Thomas MONTASSER. Nicole

 

Les filles au lion.gifLes filles au lion

Jessie BURTON

Gallimard 2017, 22.50 €

Roman très réussi, autour d’un tableau mystérieux, sur fond de guerre d’Espagne et de place de la femme en tant qu’artiste dans la société. Marie-Claire. Voir critique d'Aline.

 

Article 353 du code pénal.gifArticle 353 du code pénal

Tanguy VIEL

Ed. de Minuit, 2017, 14.50 €

Confession d’un criminel qui a laissé se noyer un promoteur immobilier, après avoir tout perdu suite à une escroquerie immobilière. L’article 353 du code pénal est celui auquel se réfèrent les juges et jurés en ce qui concerne « L’intime conviction ». Coup de cœur de Marie-Claire.

 

angélina.gifL’orpheline du bois des loups

Angelina

Marie-Bernadette DUPUY

Spécialiste des sagas, l’auteur possède une jolie plume.

 

La petite femelle.gifLa petite femelle

Philippe JAENADA

Julliard, 2015, 23 €

Longue enquête autour de la vie de Pauline Dubuisson, dont le procès pour avoir assassiné son amant eut un grand retentissement dans les années 1950. Un livre passionnant pour Claude / Long, mal écrit  et ennuyeux pour Johanna.

 

Rendez-vous à Positano.gifRendez-vous à Positano

Goliarda SAPIENZA

Le Tripode, 2017, 19 €

Publié plus de 20 ans après la mort de l’auteur, ce roman relate sa découverte, dans les années 1950, du village de Positano, accroché à la falaise sur la côte Amalfine.  On retrouve la plume exceptionnelle de l’auteur, qui rend merveilleusement bien l’atmosphère des lieux, ainsi que son amitié intime avec Erica -dans un récit plus court que le splendide Art de la Joie, coup de coeur de Claude.

 

Les mille talents d'Euridice.gifLes mille talents d’Euridice Gusmao

Martha BATALHA

Denoël, 2017, 19.90 €

Histoire d’une femme brillante, condamnée par son milieu à rester femme au foyer, et dont tous les projets ingénieux sont anéantis par son mari. Tour à tour cuisinière inventive, couturière d'envergure,... Euridice voit ses entreprises bafouées.  L’auteur sait donner à ce récit –noir sur le fond- beaucoup d’humour par son évocation picaresque et colorée, et ses rebondissements multiples. Euridice, chaque fois vaincue, finit toujours par renaître.  Un petit roman que les grands auteurs sud-américains ne renieraient pas.  Aline

"Responsable de l'augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Euridice décida de se désinvestir de l'aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu'elle accumula.

C'est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent - Ne me touche plus jamais. Euridice faisait durer le café du matin jusqu'au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu'au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu'au souper de neuf heures. Euridice gagna trois mentons. Constatant qu'elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s'approcherait plus d'elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain".

10/07/2017

Bouillon italien (2)

roman étranger, Italie

La nature exposée

Eri DE LUCA

Gallimard (Du monde entier), 2017, 16,50€

 

Passeur-sculpteur, il narrateur habite près de la frontière, au pied des montagnes qu’il connaît par cœur, dans la dernière maison du village -ou plutôt la première en descendant des bois. Aux vacanciers, il prête ses livres, et vend ses trouvailles, cailloux ou bois flottés originaux, ou ses petites  sculptures ou gravures. Avec le boulanger et le forgeron, il a créé un « petit service d’accompagnateurs au-delà de la frontière »…

Lorsque son choix de rendre leur argent aux migrants après leur passage est rendu public par une indiscrétion, c’est lui, à son tour, qui doit se réfugier plus loin. Cherchant du travail en ville, il se voit confier un travail délicat : la restauration d’un Christ en croix, chef d’œuvre sur lequel avait été pudiquement rajouté un drapé.

Le récit, en deux parties, entrecroise deux thématiques autour du personnage de passeur/sculpteur. Il entre dans une dimension spirituelle lorsqu’il s’agit, pour le restaurateur, d’entrer en résonance avec la sculpture, et de retrouver les émotions et les intentions de l’artiste d’origine, traumatisé par son expérience sur le front de la 1ère guerre mondiale.

Aline

09/06/2017

Bouillon italien (1)

roman étranger, Italie, adolescence

 

Moi et toi

Niccolo AMMANITI

R. Laffont, 2012, 149 p. 15€

Traduit de l’italien Io e te (2010) par Myriem Bouzaher

 

Lorenzo, 14 ans, est un garçon mal intégré. Très affectueux avec ses parents, il  porte un regard froid sur la société, et se sent en constante inadéquation avec les autres. Selon le psychiatre que ses parents l’ont obligé à consulter, il souffrirait d’un « ego grandiose ».

Pour éviter les ennuis, Il essaie consciemment  de compenser par mimétisme… avec un succès très relatif. A 14 ans,  pour rassurer  ses parents, il se force à jouer dans l’équipe de foot, prétend avoir des amis, et fait même semblant d’être invité au ski une semaine à Cortina chez une copine. Il a bien préparé son coup et déposé des provisions dans la cave de l’immeuble.

Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que sa demi-sœur vienne elle aussi se réfugier dans la cave, dans un état pitoyable ! Ces deux personnages, pitoyables mais touchants, cohabitent quelques jours et réussissent malgré tout à établir une forme de relation d’entraide.

L’écriture est sobre, non dénuée d’humour grâce au regard décalé de Lorenzo, totalement froid et détaché des gens. Noire aussi, le mal de vivre de ces deux jeunes laisse peu de place à l’espoir. 

Des réflexions intéressantes sur le mimétisme, permettant la survie en milieu hostile :

Mimétisme batésien (de Henry Walter Bates, XIXes)

"une espèce inoffensive adopte l’apparence physique (motifs, couleurs, etc.) d’espèces nocives avec pour but de repousser les prédateurs qui ont appris à éviter les vraies espèces nocives. Le mime (c’est-à-dire l’espèce inoffensive) bénéficie donc de la protection contre les prédateurs sans avoir à dépenser de l’énergie pour consommer ou produire des toxines."

Ce roman a été porté à l’écran en 2013 par Bernardo Bertolucci, avec  Jacopo Olmo Antinori dans le rôle de Lorenzo, et Tea Falco dans celui d'Olivia.  Titre original : Io e te.

roman étranger, Italie, adolescence

24/05/2017

Bouillon russe (4/4)

roman étranger, RussieLe maître et Marguerite

Mikhaïl Boulgakov

R. Laffont, 1968

L’auteur, de famille bourgeoise russe de Kiev, médecin et écrivain, est mort en 1940, après avoir travaillé à son roman pendant 12 ans, mais son roman n’est publié qu’en 1965 en version censurée – et dans son intégralité en 1973. Considéré comme l’une des œuvres littéraires russes majeures, ce roman contient beaucoup de références à la littérature russe.

Deux fils narratifs se croisent : la vie du Maître, écrivain de la Russie stalinienne, et la Judée de Ponce Pilate, dont il a fait son sujet d’écriture. S’ajoutent un personnage de diable, dont les apparitions fantastiques permettent à l’auteur de glisser des critiques contre le régime stalinien. Et n’oublions pas Marguerite, l’amante, qui recouvre toutes sortes de personnages ! Grand admirateur du Faust de Goethe, Boulgakov revisite avec ce roman le mythe de Faust, et le transpose dans le Moscou des années 1930 : pour retrouver l’homme qu’elle aime, Le Maître, auteur d’une biographie inachevée de Ponce Pilate, Marguerite accepte de livrer son âme au diable…

 

roman étranger, RussieLes combattantes. Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe

Liouba Vinogradova

H. d’Ormesson, 2016, 25€

Le titre résume bien ce documentaire sur les aviatrices soviétiques qui ont combattu la Luftwaffe. L’auteur est allé à la rencontre des survivantes. Elle raconte la formation des femmes à l’aviation dans un petit aéroclub, la vie de la population soviétique, et les batailles dans de tout petits avions dans lesquels se trouvaient juste la pilote et la navigatrice, avec les bombes sur les genoux ! Contre des Messerschmitt, inutile de dire qu’il y a eu peu de rescapées !

 

roman étranger, RussieLe Journal de Lena - Leningrad, 1941-1942

Léna MOUKHINA

R. Laffont, 2017, 21€

Une lycéenne de 16 ans, solitaire, commence à écrire : son quotidien, le lycée où règne l’égalité entre  garçons et filles, la vie dans les appartements communautaires…

Son journal intime est surtout un témoignage précieux sur le siège de Léningrad par les troupes allemandes (juin  1941 à juin 1942). La ville assiégée, la population entière réquisitionnée, le rationnement, les bombardements….

Une longue préface remet dans le contexte historique, le livre comporte aussi beaucoup d’annotations à chercher à la fin du volume, mais l’ensemble reste fluide à lire.

 

roman étranger, RussieLa guerre n’a pas un visage de femme

Svetlana ALEXIEVITCH

Presses de la renaissance, 2004, 22€

La journaliste biélorusse, prix Nobel de littérature en 2015, recherche le vécu des gens. Elle a écrit également La fin de l’homme rouge, et La supplication (sur Tchernobyl), tout le contraire d’un hymne à la patrie.

Ici, elle est allée chercher des récits de femmes qui ont combattu dans l’armée soviétique. Beaucoup étaient volontaires pour partir sur le front « sauver la patrie ». Infirmières, tireurs d’élite sur les canons, à la fabrique de bombes… livrent de courts récits, certes très instructifs, mais parfois un peu répétitifs, ce qui rend la lecture un peu fastidieuse.

Une question revient : « Pourquoi les allemands ont-ils fait la guerre, ils avaient tout ?! »

 

roman étranger, RussieNostalgia, la mélancolie du futur

Éditions Daphnis et Chloé en partenariat avec les éditions Louison, 2015, 24€

Dix-huit écrivains russes contemporains, pour autant de nouvelles, jusqu’ici parues dans la revue littéraire SNOB.  Vladimir Sorokine, Edouard Limonov, Elena Pasternak, Soljenitsyne, Zakhar Prilepine, Maxime Kantor, Mikhaïl Chichkine... tous sont réunis ici autour d’un thème commun : la nostalgie, la douleur du retour.

Un bel objet livre, élégant et soigné « à l’ancienne ».

 

Rappelons ici les excellentes bandes dessinées de Fabien NURY et Thierry ROBIN, inspirées de l'histoire russe : Mort au tsar (2 tomes) et La mort de Staline (2 tomes).

23/05/2017

Bouillon russe (3/4)

Russie, Ukraine, roman étranger

 

Le caméléon

Andréï KOURKOV

Liana Lévi, 2001, 18.30€

 

Kiev, 1997. Dans le studio qu’il vient d’acheter, Nikolaï Sotnikov découvre « Kobzar », un livre de Taras Chevtchenko, considéré comme le chef-d’œuvre du grand poète et patriote ukrainien.

Dans les marges figurent au crayon les multiples annotations d’un homme mort dans des conditions suspectes. Dans un document que ses amis ont glissé dans son cercueil, il écrivait avoir découvert une chose précieuse pour le peuple ukrainien. Nikolaï se rend la nuit au cimetière, et après avoir procédé à une exhumation clandestine, il récupère cette lettre. Rédigée en 1851, elle accusait Chevtchenko, alors soldat à Mangychlak, Kazakhstan, d’avoir caché quelque chose dans le sable.

Veilleur de nuit dans un entrepôt d’aliments pour bébés, Nikolaï se rend compte que cette activité masque un trafic de drogue, et il est obligé de quitter Kiev. Il en profite pour rallier Mangychlak afin de percer l’énigme Chevtchenko. En chemin, il rencontre une jeune Kazakh, la belle Goulia, qui va l’accompagner dans un périple jalonné de rencontres, dont la plus surprenante sera sans doute celle d’un gentil caméléon.

Foisonnant roman d’aventures, ce voyage initiatique du narrateur à la recherche d’un trésor qui reste ici symbolique, trouvera sa récompense. Maniant la parabole et l’humour, Andreï Kourkov, d’une écriture limpide et attrayante, proclame la vanité des nationalismes et dresse un portrait des anciennes républiques soviétiques gangrenées par les trafics et la corruption. Original !

Françoise

22/05/2017

Bouilllon russe (2/4)

Russie, témoignage

 

Sur mon père

Tatiana TOLSTOÏ

Ed. Allia, 2003

 

C’est un récit intimiste, construit par la fille aînée de Léon Tolstoï à partir de ses souvenirs d’enfance et des journaux intimes de ses parents.

Le mariage de Sophie et Léon fut heureux pendant environ 20 ans. 13 enfants sont nés, dont 5 sont morts en bas âge. Sophie a abandonné une vie brillante à Moscou pour soutenir son mari dans la conduite du domaine d’Iasmaia Poliana, en Ukraine, et dans ses travaux littéraires : pour Guerre et Paix, elle met au propre la nuit les pages écrites dans la journée par Léon.

Leurs caractères sont opposés, elle pessimiste et jalouse, lui optimiste forcené, désireux d’être bon et tiraillé par la quête spirituelle. Le portrait fait par Tatiana est loin de celui de quasi-mégère dont on a affublé sa mère.

Tatiana a beaucoup d’amour pour ses parents. Pour elle, prendre la plume est un douloureux « devoir », car elle révèle bien des choses qui d’ordinaire ne sortent pas du cercle familial intime.  J’ai beaucoup aimé.

Ginette.

21/05/2017

Bouilon russe (1/4)

roman étranger, Russie

 

Le chapiteau vert

Ludmilla OULITSKAIA

Gallimard, 2014 (2010 en Russe), 24.90€

Pourquoi ce titre ? Sur la couverture, des rails qui s’entrecroisent : existences croisées ou divergentes de trois personnages principaux. Ilya, Micha, Sania : de la mort de Staline (1953) à la mort de Joseph Brodsky (poète russe, prix Nobel 1987, mort à New York en 1996).

Les trois garçons, rejetés à l’école par les autres, pour des raisons différentes : pauvreté d'Ilya, judéité de Micha et joliesse de Saia l'aristocrate, suivent le prof de littérature russe : Vassili… lui-même amputé, victime de la seconde guerre mondiale.

A travers les trois personnages, c’est l’histoire de l’URSS avec les arrestations, les compromissions, les dénonciations, etc…  Très intéressant. Parfois difficile à suivre à cause des magouilles politiques, de la complexité des sentiments humains, des personnages « à la russe », mais… à lire !

Marie-Claire

roman étranger,russie

 

Sincèrement vôtre, Chourik

Ludmilla OULITSKAIA

Gallimard, 2005, 24.90€

Portrait d'un homme élevé dans un monde de femmes, à commencer par sa mère et sa grand-mère, dans le Moscou des années 1980. Chourik est un homme faible, assez  pathétique, autour duquel l'auteur développe une kyrielle de personnages secondaires, finement croqués, et une multitude de détails et anecdotes... au point que le lecteur perd en route le fil narratif. Bien écrit.

Aline

10/03/2017

Bouillon grec (2)

grèceEva

Ersi SOTIROPOULOS

Stock (La Cosmopolite), 2015, 19€

Traduit du grec Eva par Madeleine Rigopoulos

 

Après une journée houleuse, suivie d’une soirée de réveillon agitée, Eva erre dans les rues d’Athènes.

Eva et son mari Nikos se sont incrustés à une grande fête chic, où ils ne connaissaient personne, d’où une sensation frustrante d’être transparents. Un peu ivre (ou un peu « chargée » ?) Eva s’échappe de cette soirée de réveillon agitée, et déambule dans les rues d’Athènes. Une nuit sans sommeil à errer dans des rues, le long des vitrines éteintes et dans les quartiers désaffectés, où elle croise la faune de la nuit.

Des rencontres fugitives avec des personnages un peu à la dérive : sans-abri, prostituées, voleur à la tire,… lui font oublier un moment l’impasse où elle se trouve : comment trouver 10000 € pour faire admettre son vieux père malade dans une clinique privée ?

 

Prix du meilleur roman de l’Académie d’Athènes, ce roman m’a paru plutôt morne. Eva  a la sensation de vivre  comme de « derrière un paravent » sans vraiment se réaliser. Ce portrait de femme désabusée est-il une allégorie de la Grèce après la fête (le boom économique) ? Malgré la qualité de l’écriture, je reconnais que je me suis un peu ennuyée...

Aline

Bouillon grec (1)

roman policier, GrèceActionnaire Principal

Petros MARKARIS

Seuil, 2009, 22,30 €

Petros MARKARIS  né en 1937 à Istanbul vit à Athènes. Auteur dramatique, scénariste pour le réalisateur de cinéma Théo Angelopoulos, et traducteur, notamment de Brecht et de Goethe, il a publié plusieurs romans policiers dans la série des "enquêtes du commissaire Charitos", best-seller en Grèce et en Allemagne.

Dans cette enquête, le commissaire voyage beaucoup entre la Crète et Athènes. Côté Crète, un bateau sur lequel sa fille et le petit ami de celle-ci se trouvaient est l'objet d’une prise d’otages. Pendant ce temps à Athènes, un déséquilibré exige la suppression immédiate de la publicité à la télévision et à la radio, et fait pression en exécutant une par une des vedettes de ces médias, provoquant une panique générale.

Le rythme de ce policier est assez lent, avec des longueurs pour expliquer les déplacements du commissaire, son itinéraire est trop détaillé. Les infos sur le comportement des Grecs sont intéressantes. Ils doivent utiliser le système D et la débrouille pour de nombreuses choses courantes de la vie. Au vu de ce roman, le civisme semble très faible.

Livre lu avec intérêt.  Annie B

24/02/2017

Exil (4)

Sur le thème de l'exil, autres ouvrages lus pour le Bouillon de lecture de février. Certains livres jeunesse ont le mérite d'être lus facilement tout en permettant d'accéder à une compréhension du vécu des migrants.

exil, migrantTu vois la lune

Agnès de Lestrade, ill. Anaïs Bernabé

Ed. Anna Chanel, 2010

Splendide album jeunesse (à partir de 8 ans) sur la migration d’une famille : l’exil en raison de la sécheresse, le voyage avec ce qu’il faut abandonner, le rêve d’un pays « où l’eau coule d’un tuyau », le voyage, et l’arrivée… pas tout à fait sur la lune ! Le texte est très sobre, et les peintures stylisées très colorées et parlantes. Nous aimons tout particulièrement la double-page des masques africains, représentant la multitude compacte des migrants.

 

exil, migrantQuitter son pays

Marie-Christine HELGERSON

Flammarion, 2001

Toute une famille d’ethnie Hmong (« hommes libres ») doit quitter le Laos. Le voyage est raconté par un enfant, avec des épisodes de solidarité et d’entraide, mais aussi la faim, les plaies et maladies, la traversée épique du Mékong, un camp en Thaïlande, puis l’arrivée en France. Longtemps c’est la mère qui réussit à nourrir sa famille grâce à ses broderies. Roman jeunesse à partir de 10 ans, fluide.

 

exil, migrantUn roi clandestin

Havier Parmentier, d’après le récit de Fahim

Ed. Les Arènes, 2014

Histoire vraie d’un jeune Bengladais, écrite par son entraîneur. A 8 ans, Fahim fuit le Bengladesh avec son père. Pendant 3 ½ ans, ils restent en situation précaire. Fahim, excellent joueur d’échecs, remporte des tournois, et devient champion de France en 2012. La description des parties d’échecs peut être un peu fastidieuse, mais le récit est réaliste.

 

exil,migrantS’abandonner à vivre

Sylvain TESSON

Gallimard 2013

L’une des nouvelles de ce recueil porte sur l’exil : Idriss, est envoyé en exil par sa famille, après 5 ans où tous économisent et se cotisent pour le voyage du jeune homme, qui devra en retour gagner de l’argent pour soutenir sa famille.

 

exil,migrantExil. Exit

Emmanuel LAMBERT

Ed. L'Harmattan, 2012

Le narrateur raconte une rencontre avec Aldou, migrant. Pas facile à lire.

 

exil,migrantApatride

Shumona Sinha

éd. de l'Olivier, 2017

Troisième roman d’une jeune auteur franco-indienne, professeur de français à Calcutta, et interprète à l’OFPRA.

Histoires croisées de trois jeunes filles indiennes aux destinées différentes : l’une, restée à la campagne,  participe à un mouvement de protestation paysanne au Bengale ; l’autre, adoptée d’origine indienne, retourne en Inde à la recherche de ses origines. Avec une écriture forte, voire violente, ce roman pose une critique des deux sociétés, occidentale et indienne, avec une remise en question des religions, et du poids que les traditions et les hommes font peser sur les femmes.

 

exil,migrantVoici venir les rêveurs

Imbolo MBUE

Belfond, 2016

L’auteur, Camerounaise, vit à Manhattan. Le récit, sans doute autobiographique, se situe au moment de l’élection d’Obama aux Etats-Unis. Le récit s’attache au quotidien d’une famille dans la communauté camerounaise de Harlem, après avoir fui la pauvreté au pays : les difficultés pour trouver du travail quand on n’a pas de papiers ; les relations avec les Américains et avec les gens restés au pays ; les relations entre le père et la famille pour laquelle il travaille comme chauffeur.

 

exil,migrantLes derniers jours de Stefan Zweig

Laurent SEKSIK

Flammarion, 2010

Laurent Seksik narre deux années passées à Pétropolis par Stefan Zweig, après avoir rompu les liens avec l’Autriche dans les années 1930.

 

exil,migrantLe monde d’hier

Stefan ZWEIG

Récit d’un exilé de l’Europe. Raconte le monde d’hier, sans frontières, et les voyages de Stefan Zweig.

 

exil,migrantThe Arrival

Shaun TAN

Dargaud, 2011

Bande dessinée sans texte, dont l’illustration extrêmement expressive narre une immigration à portée universelle, même si elle se base sans doute sur l’époque où l’Australie était une grande terre d’accueil. La menace / La traversée / Arrivée dans un lieu totalement différent / Adaptation.

 

exil,migrantRu

Kim THUY

L. Levi, 2010

Double sens du titre : « petit ruisseau » en français, « berceuse » en Vietnamien.

Une femme voyage dans ses souvenirs, par petits touches, sans suivi chronologique. Elle a grandi dans une famille aisée à Saigon, puis a connu l’exil : la fuite sur un bateau, l’arrivée en Malaisie, puis au Canada. Beaucoup de positif, en particulier lorsqu’elle évoque l’accueil formidable des Canadiens.

« Nous ne nous attendions pas à avoir la chance de survivre. »

 

exil,migrantCertaines n’avaient jamais vu la mer

Julie Ostuka

Ed. Phébus, 2012

Déjà critiqué sur ce blog. Récit du double exil de Japonaises : jusqu’aux Etats-Unis, puis déportation à l’intérieur des Etats-Unis après l’attaque de Pearl-Harbour.

 

 

exil,migrantMoi, Gulwali, réfugié à 12 ans  

Gulwali PASSARLAY

Hachette 2016

exil,migrantDans la mer il y a des crocodiles. L'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

Fabio GEDA

L. Levi, 2011

Deux témoignages de jeunes qui ont vécu des déplacements similaires, et toutes les épreuves des trajets d’émigrants, sans aucun espoir de retour. Déjà chroniqués dans ce blog.

« Aussi mal que les choses tournent, ne revenez jamais. »