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07/02/2022

Auteurs Haïtiens

En janvier, ce sont les auteurs Haïtiens qui nous ont réunis.

Jacques ROUMAIN (1907-1944)
Né à Port-au-Prince dans une famille cultivée et très politisée, il étudie dans plusieurs pays d’Europe, puis revient en Haïti en 1927. Cofondateur de La Revue Indigène (poésie et nouvelles), très actif dans la lutte contre l'occupation américaine d'Haïti, il fonde en 1934 le Parti communiste haïtien. En raison de ses activités politiques, il est régulièrement arrêté et exilé. Après le changement de gouvernement à Haïti, il est autorisé à revenir dans son pays natal. Il fonde le bureau d'Ethnologie de la République d'Haïti et en prend la direction, tout en enseignant l'archéologie précolombienne et l'anthropologie préhistorique à l'Institut d'Ethnologie. En 1941, le président Élie Lescot l'investit d'une charge de diplomate à Mexico.

roman étranger, romanGouverneurs de la rosée
Publié dans l’Humanité en 1947, adapté au théâtre.
Le temps des cerises (2000), Zulma (2013)

Vie des habitants de Fontrouge dans les années 1940. La commune est dévastée par la sécheresse et la déforestation. Un jeune homme, parti 15 ans travailler à la canne à sucre, ne reconnait plus son village en rentrant. Suite à un partage foncier, les rivalités font rage. De Cuba, il ramène ses pratiques collectives et agricoles, et essaie de restaurer l’harmonie. En parallèle, une histoire d’amour. "Leçon de dignité humaine et chant d’amour au peuple haïtien" J. Stephen Alexi

 

FRANCKETIENNE (1936- )
Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d'Argent, dit Frankétienne. En 1962, au début de l'ère Duvalier, Frankétienne fréquente le groupe Haïti littéraire. La situation politique devient intenable pour les intellectuels, dont beaucoup quittent le pays pour le Canada, la France ou l'Afrique. Franketienne décide de rester en Haïti pour écrire et pour lutter. Chacune de ses œuvres est ancrée dans l'histoire contemporaine haïtienne. Ministre de la Culture sous la présidence de Leslie F. Manigat, il est fait Commandeur des Arts et des Lettres en juin 2010. Poète, dramaturge, peintre, musicien, chanteur et romancier en créole comme en Français, il reçoit en 2021 le Grand prix de la francophonie, décerné par l’Académie française.

roman étranger,romanMûr à crever, 1968

Dans une Haïti de cauchemar, entre envahisseurs américains et régime de terreur de Duvalier, où des hommes désespérés préfèrent se jeter dans une mer grouillant de requins plutôt que de retourner à l'enfer quotidien, deux hommes se croisent, se sauvent, se retrouvent après s'être perdus : Raynand l'activiste et Paulin l'écrivain. L’ensemble du livre est très dur, morbide, malgré quelques lignes lumineuses et une écriture poétique.
« Pourtant à chaque aube, une brise nouvelle refait la coiffure des plantes ».

 

Yanick LAHENS (1953- )
Yanick Lahens grandit à Port-au-Prince au sein d’une famille élargie, cohabitant avec son arrière-grand-mère et sa grand-mère.  La transmission de la culture traditionnelle haïtienne est un élément central de son éducation familiale, et de son œuvre. Elle fait des études de lettres à Paris, avant de s’installer en Haïti, où elle s’engage contre l’illettrisme.

roman étranger,romanLa couleur de l’aube
Ed. S. Wespieser, 2008

Deux femmes ne voient pas revenir leur frère. Elles le cherchent pendant des jours : la rue, les bruits, la peur… et beaucoup d’énergie pour se faufiler entre les difficultés et enquêter.

roman étranger,romanBain de lune
Ed. S. Wespieser, 2014
Prix Femina

Roman familial sur trois générations de paysans/pêcheurs d’Anse Bleue. Au village, assez éloigné de Port-au-Prince, les traditions vaudou perdurent malgré la présence tolérée des prêtres. Entre la famille Lafleur « porteurs de points puissants » (prêtres vaudou) et les Mésidor, grands propriétaires ayant accaparé les terres alentours, les relations sont tendues. Ce qui n’empêche pas Tertulien Mésidor de se mettre en ménage avec la jeune et belle Olmène. La violence est omniprésente : ouragans, meurtres, droit de cuissage, esprits vaudou et combats politiques, avec l’arrivée du « petit docteur au chapeau noir » (Papa Doc) et les exactions des milices.
Le récit est haut en couleurs, avec ses scènes de marché ou de festivités villageoises. Les expressions créoles ajoutent à son charme… et à sa complexité. Aux personnages multiples vient s’ajouter la complainte d’une femme martyrisée échouée sur une plage qui ponctue le récit.

roman étranger,romanDouces déroutes
Ed. S. Wespieser, 2018

Le roman débute par une lettre écrite par un juge à sa femme. Il sait que sa vie est en danger, pour avoir voulu garder son intégrité face à la corruption d’Haïti. Après sa mort, Brune sa fille, et Pierre son beau-frère, essaient de comprendre ce qui s’est passé. A la suite d’une dizaine de personnages forts, Yanick Lahens nous entraîne dans les entrailles de Port-au-Prince, dont elle sait si bien faire vivre l’ambiance. L’écriture est assez incisive… et la violence n’est pas qu’en Haïti.

 

Lyonel TROUILLOT (1956- )
Né à Port-au-Prince dans une famille d’avocats, Lyonel Trouillot fait des études de droit, mais sa passion pour la littérature le pousse vers une carrière d'écrivain. Il collabore à différents journaux et revues d'Haïti, publie beaucoup de poèmes, écrit des textes de chansons.  Dans ses romans, il aborde le registre de l'intimité et du sentimental tout en confirmant son engagement social.
Il se bat également au service de la démocratie de son pays et de la résistance face à une dictature oppressante, comme en témoigne le roman Bicentenaire, paru en 2004.

roman étranger,romanL’amour avant que j’oublie
Actes Sud, 2007

Un écrivain, submergé par l’envie de parler à une inconnu, s’adresse tantôt à cette femme, tantôt à ses amis. Méditation sur la nécessité de réconcilier nos vies avec les mots.

roman étranger,romanYanvalou pour Charlie
Actes Sud, 2009, Prix Wepler

Né dans un village très pauvre, Mathurin veut devenir avocat. A Port-au-Prince, il a tout renié pour avancer socialement. Charlie ranime en lui le souvenir de l’enfance.
Très belle écriture poétique, pour ce roman qui évoque la misère, et la capacité à survivre, à se défendre.

 

Louis-Philippe DALEMBERT (1962- )
Fils d’instituteurs, L.-P. Dalembert a grandi dans un quartier populaire de Port-au-Prince. De formation littéraire et journalistique, il travaille comme journaliste dans son pays natal avant de partir en 1986 en France poursuivre des études de littérature et de journalisme. Il a enseigné dans plusieurs universités aux Etats-Unis et en Europe. Les traces de ce vagabondage sont visibles dans son œuvre qui met souvent en dialogue plusieurs lieux.

roman étranger,romanLes Dieux voyagent la nuit
Ed. du Rocher, 2006

L’auteur parle de son enfance. A "Port-aux-Crasses", sa mère chrétienne rejetait le vaudou, ce qui ne faisait qu’exacerber son envie de découvrir les cérémonies traditionnelles. Il accompagnait sa grand-mère. Au rythme des tambours vaudou, les Dieux vagabonds ramènent les morts à la Guinée des origines.

roman étranger,romanAvant que les ombres s’effacent
Ed. S. Wespieser, 2017

Histoire de Ruben Schwarzberg, juif polonais. Une bonne partie de la famille a réussi à fuir, qui à New-York, qui en Palestine. Lui est envoyé à Buchenwald, dont il pourra sortir en 1938 grâce au décret Haïtien permettant de naturaliser les Juifs et de leur conférer la citoyenneté.  Recueilli par la communauté haïtienne, devenu médecin, il vivra à Haïti.
Ce récit assez incroyable est inspiré d’une histoire vraie. Facile à lire, bien écrit et positif, c’est un très beau livre, récompensé par le Prix Orange du Livre, et le Prix France-Bleu-Page des libraires.

roman étranger,romanMur Méditerranée
Ed. S.Wespieser, 2021

Ne parle pas d’Haïti, mais dresse le portrait de femmes migrantes. Récits d’exil et condition humaine.

Auteurs Haïtiens : Dany Laferrière

Dany LAFERRIERE (1953- )

Né à Port-au-Prince, Dany Laferrière passe son enfance à Petit-Goâve avec sa grand-mère Da, un des personnages marquants de son œuvre. Son père, Windsor Klébert Laferrière vit alors en exil, en raison de son engagement politique contre « Papa Doc ».  Il fait ses études à Port-au-prince, puis devient journaliste et chroniqueur radio. Le 1er juin 1976, son ami et collègue le journaliste Gasner Raymond est assassiné par les Tontons Macoute. À la suite de cet événement, craignant d'être le prochain « sur la liste », il quitte Haïti du jour au lendemain pour Montréal, n'informant que sa mère de son départ. Vivant entre Montréal et Paris, il a reçu plusieurs prix littéraires, et est membre de l’Académie Française depuis 2013.

 

pays sans chapeau.jpgPays sans chapeau, 1996

En Haïti, le pays sans chapeau, c’est l’au-delà, puisqu’on n’enterre pas les morts avec leur chapeau. Ce texte a été écrit au retour de l’exil. Parti à 23 ans pour échapper aux Duvalier, il raconte ses retrouvailles avec Haïti 20 ans plus tard. Toutes ses sensations lui reviennent brutalement. Dans une alternance de chapitres, Pays rêvé s’attache aux croyances vaudou qui perdurent (pays de morts et de revenants)  tandis que  Pays réel relate le monde des vivants. Empreinte de tendresse, de mélancolie et de nostalgie, Dany Laferrière emploie une écriture proche de la chronique quotidienne.

 

cri des oiseaux.jpgLe cri des oiseaux fous, 2000

Même sujet : à 23 ans Dany Laferrière doit quitter son pays. En une seule nuit, il lui faut dire adieu à tous… sans le leur dire. Son meilleur ami vient d’être tué par les Tonton Macoutes et il va partir d’urgence, en secret. Exil, dictature.

 

charme des après-midi.jpgLe charme des après-midi sans fin, 1997

Un chapitre par thème, pour évoquer son enfance, son adolescence, l’amour de sa grand-mère, voir les filles… et en même temps replacer sa vie dans le contexte politique.

 

L'énigme du retour.pngL'énigme du retour, 2009

Prix Médicis

Le narrateur vit depuis 30 ans à Montréal, mais se sent toujours haïtien dans l'âme. Suite à l'annonce du décès de son père, exilé politique lui aussi, il rentre au pays natal, où il alterne entre souvenirs de jeunesse, et douleur de ne plus se sentir haïtien. Comme n'importe quel blanc, il est victime d'une tourista cuisante, et les gens cherchent à l'exploiter comme un quelconque touriste, sous prétexte qu'il est devenu "riche" et qu'Haïti a faim.
Procédant par touches délicates, l'auteur nous offre une réflexion mélancolique et fine sur l'identité et l'exil, et interroge le passé en même temps qu'il explore le présent. Son écriture alterne entre vers libres, qui rendent ses sensations et ses impressions du moment, et une prose plus factuelle,  utilisée pour ses souvenirs et impressions du pays, marqué par les années de dictature.

 

l'art presque perdu.jpgL’art presque perdu de ne rien faire, 2014

Essai, ou "autobiographie de mes idées". Autoproclamé « spécialiste mondial de la sieste », propice à la réflexion, Dany Laferrière l’érige en art de vivre.

31/01/2022

Poussière dans le vent

roman étranger, CubaPoussière dans le vent

Leonardo Padura
Metailié, 2021, 24€20
(bibliothèque hispano-américaine)

 

Léonardo Padura nous livre un superbe roman sur l’exil et la perte, mais aussi sur la permanence de l’amitié et des sentiments, sur la quête de l’identité, perdue et retrouvée, sur l'attachement à ses racines, dont on ne s'affranchit jamais totalement.

A travers le destin de ses personnages il retrace, dans une fresque ambitieuse et foisonnante, l’histoire de Cuba sur près de 3 décennies, et c’est passionnant. Une énigme sert de trame au récit et ménage un suspense jusqu’au bout de la lecture.

Adéla, arrivée de New York, et Marcos, Cubain récemment exilé, se rencontrent en Floride et c’est le coup de foudre. Il lui montre une photo de groupe prise en 1989 dans le jardin de sa mère, Clara, et elle y reconnaît la sienne, Loreta, femme fantasque, tourmentée et mystérieuse qui ne parle jamais de son passé. Elle apprend que sa mère s’appelle en réalité Elisa et qu’elle a disparu brutalement de Cuba en 1990. Ils vont chercher à comprendre ce qu’elle fuit et les secrets enfouis de leurs parents.

Clara, Dario, Elisa, Bernardo, Horacio, Irving, Fabio, Liuba se sont connus dans l’enfance ou au lycée et forment ce qu’ils appellent un "clan". Ingénieur, architecte, neurochirurgien, artiste… ils ont foi en un futur possible dans une île à laquelle ils sont viscéralement attachés. Leur point d’ancrage est la maison de Clara et Dario à Fontanar, un quartier de La Havane, "noyau magnétique de la confrérie".

Des années de bonheur partagé, entre amour et désamour, jusqu’à ce 21 janvier 1990, anniversaire des 30 ans de Clara. Un drame et la disparition soudaine d’Elisa marquent le début de la dislocation du groupe. Dario le premier, franchira le pas de l’exil. Les autres suivront, le cœur chaviré, devenant des réfugiés perpétuels, le cœur à jamais ancré à Cuba et nourrissant l’espoir d’un retour. Seuls Clara et Bernardo resteront.

1990 c’est aussi l’éclatement du bloc soviétique.  Cuba abandonné par ses alliés doit faire face à une crise économique et sociale sans précédent qui bouleverse l’existence du peuple cubain. Entre l’histoire politique tourmentée, les terribles pénuries et la fuite en masse vers l'étranger, l’île s’effondre et les Cubains perdent leurs illusions.

Léonardo Padura décrit admirablement la difficulté de l'exilé à reconstruire une vie, pas tant pour les problèmes matériels, que sur le plan de l'appartenance. Comme le dit l'un de ces exilés "nous ne sommes dans la mémoire de personne et personne n'est dans notre mémoire à nous". Même ceux qui ont le mieux réussi ne se remettront jamais complètement de leur départ "cette chaleur n'était pas sa chaleur, ses nouveaux amis étaient seulement cela, des nouveaux amis, et non ses amis, ce qu'il avait perdu était irrécupérable".

Une interrogation court comme un leitmotiv d’un bout à l’autre du récit « Que nous est-il arrivé ? »  Chacun des personnages apporte sa pierre à la construction de la vérité à travers son histoire personnelle avec les désillusions, les remises en question, les choix douloureux à faire.

Léonardo Padura appartient à cette génération des désenchantés de la révolution castriste. Malgré le succès international de ses livres il n’a pas choisi l’exil ; il a besoin de son île pour écrire.

"Dans les années 90, j’écrivais comme un fou pour ne pas devenir fou c’est-à-dire que la littérature m’a sauvé du désespoir et de l’exil parce que beaucoup de mes amis, de mes camarades de travail sont partis et moi j’ai décidé de rester car à Cuba je pouvais écrire, pourtant il me manquait tout : l’électricité, les transports, la nourriture…  Mais on avait ce qu’un romancier nécessite le plus : le temps".

Le roman est parcouru par la chanson du groupe Kansas que l’auteur écoutait à La Havane dans les années 1970, Dust in the wind…

Annie

24/01/2022

Gaëlle Josse au Bouillon

Le comité de lecture s'est régalé avec les romans de Gaëlle JOSSE, autrice favorite des libraires et bibliothécaires.

 

Les-heures-silencieuses.jpgLes heures silencieuses
Autrement, 2011

Magdalena est l’épouse d’un administrateur de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. Elle n’a pu reprendre l’activité de son père –armateur – le commerce étant réservé aux hommes. Les femmes restent au foyer, espace intérieur où elle s’est repliée. Elle apparaît dans un tableau de de Witt, décor aux secrets livré par son journal intime….

 

nos vies désaccordées.jpgNos vies désaccordées
Autrement,
2012

François Vallier est un pianiste célèbre qui découvre un jour que Sophie la femme qu’il a aimée, puis quittée, a été internée… Il quitte tout pour la retrouver… Roman intimiste

 

noces de neige.jpgNoces de neige
Autrement, 2013

1881 : Anna aristocrate est dans le train qui relie Nice à Moscou. Irina est dans le même train « le Riviera Express » mais relie Moscou à Nice pour retrouver Enzo. Un siècle les sépare mais les histoires de ces deux femmes sont liées à jamais. Huis clos où les évènements tragiques se succèdent.

 

dernier gardien.jpgLe dernier gardien d’Ellis Island
Noir sur Blanc (Notabilia), 2014

03/11/1954, le centre d’Ellis Island (ouvert depuis 1882) va fermer. John Mitchell officier du bureau fédéral de l’immigration remonte le cours de sa vie et écrit son journal et les souvenirs qui le hantent…. Très beau livre.

(Deux participantes au bouillon ont visité ce lieu et nous en livrent leurs impressions et leur ressenti….)

 

l'ombre de nos nuits.jpgL’ombre de nos nuits
Noir sur Blanc (Notabilia), 2016

Au centre, un tableau de Georges de La Tour (St Sébastien soigné par Irène) de 1639. De nos jours, une femme est saisie par l’attitude d’Irène. Emergent son histoire d’amour, et enfin les mots….

 

longue impatience.jpgUne longue impatience
Noir sur Blanc (Notabilia), 2018

1950 : dans un village de Bretagne, Louis, 16 ans, n’est pas rentré. Sa mère l’attend. Il y a eu une dispute entre Louis et le deuxième mari de sa mère… Roman sur l’amour maternel inconditionnel. Thème de la famille recomposée. Dualité terre/mère. Rivalité petites gens /notables

 

femme en contrejour.jpgUne femme en contre-jour
Noir sur Blanc (Notabilia),
2019

Histoire de Vivian Maïer (1926-2009) femme photographe effacée dont les clichés ont été découverts par hasard. (Une participante a vu l’expo récente consacrée à Vivian Maïer au Musée du Luxembourg et nous en parle….)

 

ce matin là.jpgCe matin-là
Noir sur Blanc (Notabilia), 2021

….la voiture de Clara ne démarre pas et c’est le grain de sable qui déclenche le burn-out… et la dépression qui suit. Naufrage, accostage puis reconstruction….

Geneviève

Franck Bouysse au Bouillon

Trois romans très forts, évoqués en décembre au comité de lecture

glaise.jpgGlaise
Manufacture des Livres, 2017

Monde paysan, sauvage avec conflits autour des terres… Monde humain qui parfois rejoint le monde animal ….

 

né d'aucune femme.jpgNé d’aucune femme
Manufacture des Livres, 2019

Rose est vendue par son père à un "notable" du village. Elle écrit dans ses carnets les épreuves vécues. Conte cruel. Thème du Mal... et de l’écriture qui permet de supporter.

 

buveurs de vent.jpgBuveurs de vent
Albin Michel, 2020

Dans une vallée coupée du monde où tout tourne autour d’un barrage et d’une centrale hydro-électrique, vit une famille avec quatre enfants : Marc, Mabel, Matthieu et Luc. Le père est violent, la mère "bigotte", le grand-père infirme...
Livre rude, noir, mais parfois poétique, difficile à classer (à la fois conte et western…) sans repère de temps ni d’espace. L'écriture est envoûtante, le climat angoissant.

Geneviève

 

 

19/01/2022

Le Royaume de Pierre d'Angle

roman ado, fantasyLe Royaume de Pierre d’Angle

T1, L’art du naufrage

Pascale QUIVIGER

éd. du Rouergue (Epik), 2019, 483 p., 16€90

 

Le Prince Thibault sillonne les mers avec son équipage pour rejoindre son royaume natal, quand une passagère clandestine s’introduit sur le navire. La jeune fille ne livre rien de son histoire, mais les cicatrices sur sa peau noire parlent pour elle. Elle trouve sa place parmi les mousses et dans le cœur du prince. Mais à l’approche du Royaume de Pierre d’Angle, la tempête et les évènements se déchainent, laissant les secrets de l’île émerger du passé.

Un voyage épique, sur mer puis sur terre, une aventure rythmée soutenue par un style piqué de modernité et d’humour. Les personnages sont tous attachants et très bien campés, l’intrigue se construit au fil des péripéties entre complots politiques, secrets ancestraux et phénomènes fantastiques. Un premier tome qu’on ne lâche pas ! Un roman de la même trempe que La Passe-Miroir.

La couverture, très belle, réunit, on le comprendra plus tard, les éléments les plus mystérieux de l’histoire : la forêt maudite de la Catastrophe, l’épée qui a scellé le secret de l’île, et le loup qui avait totalement disparu… du moins le croyait-on.

C’est une pépite, à partir de 14 ans. Série finie en 4 tomes.

Joanne

14/01/2022

Noir à l'Ouest : rencontre d'auteur à Taluyers

roman policier,rencontre d'auteur

Reporté pour cause de covid de l'intervenant

06/01/2022

à saute-livres, le meilleur des livres pour enfants

Vos bibliothécaires jeunesse se réunissent régulièrement pour lire, acheter et mettre en valeur le meilleur de la littérature jeunesse.

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Vous pouvez consulter notre sélection,
ou nous retrouver au fil de l'eau sur le site
A Saute-Livres 

pour de nouvelles découvertes.

Rendez-vous dans les médiathèques du réseau !

22/12/2021

La bonne chance

la bonne chance.jpg


La bonne chance
Rosa Montero
Métailié (Bibliothèque Hispanique), sept 2021, 20€
Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse

 

Voilà un livre qu’on ouvre et qu’on ne lâche pas.

Dès les premières pages on s’interroge : Pour quelles raison Pablo Hernando, 54 ans,  architecte de réputation mondiale, décide t-il, dans le train qui l’amène à Malaga pour une conférence, de rebrousser chemin jusqu’à la petite ville de Pozonegro, où une pancarte « à vendre » posé sur un balcon délabré, a attiré son attention ? La localité, autrefois un centre minier, est sinistre, maisons écroulées, commerces fermés, terrains vagues remplis de  gravats.  Désertée par la plupart de ses habitants, seul un supermarché apporte un peu de gaieté.

Il achète, dès son arrivée, un appartement déprimant, stores cassés, barreaux rouillés, carrelage crasseux, pas de meubles, et 17 fois par jour un vacarme assourdissant à chaque passage de train ! Que fuit-il ? Quel fardeau porte-t-il ? Qu’espère-t-il en s’isolant dans un endroit aussi déshérité ?

Ses associées et notamment Regina, avec qui il a eu des aventures sans lendemain s’inquiètent de son absence : il ne répond ni au téléphone ni aux mails. Ils préviennent la police de sa disparition. Elle retrouve rapidement sa trace, car ses comptes bancaires (ce que l’intéressé ignore) sont sous surveillance depuis l’évasion de prison d’un dénommé Marcos Santo. Quel lien les unit ? Quel secret dissimule Pablo ? Pourquoi se comporte-t-il de manière aussi étrange ?

Il ne veut se lier avec personne mais sa rencontre avec Raluca va contrecarrer ses plans. Caissière au hypermarché, Raluca, lumineuse, attachante et généreuse, malgré une enfance douloureuse et les traumatismes subis, croit en la joie, croit en la vie. Elle va apprendre à Pablo à surmonter ses peurs, pour retrouver le goût de vivre et renaître.

Beaucoup de suspense dans ce récit, et une intrigue intense qui dévoile peu à peu le mystère de cet homme et, ce faisant, explore nos pulsions, la peur, la culpabilité, la haine et la passion. Le Mal est omniprésent mais le Bien, en la personne de Raluca, éclaire magnifiquement les ténèbres.  

C’est une histoire d’amour et aussi d’amour de la vie ; après chaque défaite il peut y avoir un nouveau début et la bonne chance est une façon de regarder le monde d’une autre manière.

Annie P.

15/12/2021

Bouillon de prix

Ce 18 novembre, les lecteurs du "Bouillon" se sont retrouvés autour des sélections des prix littéraires.

Mon mari.jpgMon mari
Maud Ventura
L’Iconoclaste, août 2021, 19€

Un couple qui dure depuis 15 ans. Une femme toujours amoureuse comme une adolescente. Son esprit est totalement préoccupé par sa passion. Elle se doit d’être parfaite, elle note dans ses petits carnets secrets, les fautes, les erreurs de « son mari ». Pour chacune des fautes une punition lui est attribuée. Elle va tromper son mari pour, selon elle, contrer cette passion trop envahissante.
Avis partagés : la lecture est gênée par de trop nombreux « mon mari », et le manque de prénom des 2 personnages principaux. Cette femme agace, émeut et dérange. Elle est détestable envers ses enfants. A la moitié du livre le récit s’essouffle un peu, la folie grandit et on attend la fin. Ce livre est un questionnement sur la vie de couple, la dépendance affective, la paranoïa et la passion. En revanche, j’ai adoré l’épilogue !

 

ne t'arrête pas de courir.jpgNe t’arrête pas de courir
Mathieu Palin
L’Iconoclaste, août 2021, 19€
Prix Interallié 2021

Toumany Coulibaly a une double vie : champion de France du 400 mètres, il est aussi voleur. Malgré le sport et les victoires il ne peut s’empêcher de voler. Arrêter et incarcéré c’est après de longs mois de réflexion qu’il accepte de rencontrer Mathieu Palain. Tous deux sont issus de la banlieue sud de Paris. Au cours de ces 2 années de rencontre hebdomadaire, une complicité se crée entre les deux hommes du même âge. Toumany est le 5ème d’une fratrie de 18 enfants, ses frères et sœurs n’ont pas connu de problème avec la justice tous ont une bonne situation.
Récit touchant, facile à lire, d’une réalité saisissante.

 

s'adapter.jpgS’adapter
Clara Dupont-Monod
Stock (La Bleue), août 2021, 18€50
Prix Femina 2021 / Prix Goncourt des lycéens 2021

Un enfant allongé, inadapté, le troisième de la fratrie. L’aîné est surprotecteur, toujours aux petits soins pour son frère. Trois parties pour trois points de vue : l’aîné très proche, la cadette révoltée, et Benjamin qui doit prendre la place de l’inadapté.
Un livre magnifique et lumineux qui rend hommage au handicap dans les familles.

 

fenua.jpgFenua
Patrick Deville
Seuil (Fiction & Cie), août 2021, 20€

La Polynésie, les îles, un récit plein de rencontres et d’histoires, de voyages. On peut y croiser Gustave Viaud frère de Pierre Loti, Melville, Gauguin, dans un enchaînement d’espaces et d’histoires. La colonisation et l’indépendance de la région sont largement évoquées.
J’ai adoré ! Comme toujours l’auteur nous régale de voyages et d’histoires, bien documentés.

 

Elise sur les chemins.jpgElise sur les chemins
Bérangère Cournut
Le Tripode, octobre 2021, 15€

Elise fait partie d’une fratrie de 8 enfants, toute la famille vie en autarcie en relation avec la nature. Mais un jour la jeune fille qui sa famille et sa terre pour retrouver ses deux frères déjà partis.
Livre rédigé en vers, conte imaginaire, envoûtant, on se laisse porter, c’est surprenant.

 

des jours sauvages.jpgDes jours sauvages
Xiabi Molia
Seuil (Fiction & Cie), août 2020, 19€
Sélection des meilleurs romans Point

Ce roman d’aventure retrace l’histoire d’une pandémie. Des hommes et femmes fuient, font naufrage, arrivent sur une île inconnue. Certains veulent construire un radeau pour repartir, d’autres veulent à tout prix protéger le secret de la découverte de cette île.
Un roman intéressant sur la réaction des personnes qui, suite à une catastrophe, ne réagissent pas tous de la même façon.

 

premier sang.jpgPremier sang
Amélie Nothomb
Albin Michel, août 2021, 17€90
Prix Renaudot 2021

C’est l’histoire de Patrick le père d’Amélie Nothomb. Un père orphelin, élevé par ses grands-parents, qui décident que leur petit fils est mollasson, angélique. Pour le sortir du cadre familial lors des vacances il est envoyé chez son oncle un baron fantasque et déjanté en compagnie de ses cousins et cousines. Le château de son oncle est en ruine, il n’y a pas beaucoup d’argent, pas beaucoup de nourriture et aucun confort matériel mais l’ambiance et bonne, il est avec des enfants et il apprend à jouer au foot, même s’il est souvent bousculé par ses cousins.
Sans doute l’un des meilleurs romans de l’autrice.

 

s'en aller.jpgS’en aller
Sophie d’Aubreby
Inculte éditions, août 2021, 18€90

Adolescente d’après la première guerre mondiale, Carmen se retrouve devant le choix de se marier ou partir. Elle part à 16 ans déguisée en homme sur un bateau de pêche, et va choisir sa vie. Le roman couvre 3 périodes : après 1918 durant 39/45 et après 45.
Une écriture sensible et un personnage attachant. Hymne à la liberté, la femme, l’émancipation, ce premier roman est impressionnant par la qualité de son écriture, et sa capacité à nous faire ressentir ses choix.

 

Prochain bouillon
16 décembre 2021 20h à la bibliothèque de Chassagny
Auteurs : Gaëlle JOSSE et Franck BOUYSSE