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13/09/2018

Concert lecture à voir en famille

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Pensez à réserver auprès de la bibliothèque Eclats de Lire

Légende d'un dormeur éveillé

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Légende d'un dormeur éveillé

Gaëlle NOHANT

éd. H. d'Ormesson, 2018, 23€

A Robert Desnos, on associe souvent un poème enfantin : « Une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête... ». Dommage de s’arrêter là. Qui soupçonnerait que Desnos a composé ce poème pour distraire un petit garçon juif  terré afin d'échapper à la Gestapo ?

Mais revenons aux années 30,  Desnos file sa jeunesse,  imprudent et  fêtard,  se livrant à des expériences d'hypnose avec Breton ; maladroit souvent, touchant d’être "celui qui aime trop".   Ces pages nous laissent découvrir un homme  empêtré dans sa sensibilité, infiniment  sincère dans ses engagements.  Vous croiserez ses amis : Prévert, Artaud , Argon, Eluard et le pétulant Jean Louis Barrault. La grande histoire croise la petite, les bruits de bottes se rapprochent. Desnos était une belle personne, un homme droit, viscéralement humaniste, veilleur prémonitoire, il  s'est engagé.

Figé trop tôt dans une éternelle jeunesse, le poète retrouve  grâce à ce roman sa stature et  son courage, magnifique…  On regrettera parfois le choix des extraits poétiques mais l'exercice était périlleux. A découvrir sans  réserve, une très belle lecture.

Sylvie B.

05/09/2018

Je lis si ça m'chante

Vendredi 5 octobre à 20h30

Concert / Lecture

Spectacle à vivre en famille !

gratuit - sur réservation

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Flyer je lis si ça m'chante verso.png

Ici : page de présentation du spectacle Amstar prod.

Avec la participation du Département du Rhône

concert,lecture à voix haute concert,lecture à voix haute

03/09/2018

L'abécédaire des sentiments

roman, Inde, cuisine, amourL’abécédaire des sentiments

Anita NAIR

Albin Michel, 2018, 246 p., 16€

 

Komathi n’a jamais réussi à mémoriser l’alphabet anglais, jusqu’à ce que sa petite fille ait l’idée d’associer chaque lettre à un légume, un fruit ou un plat. Le roman commence à la lettre A comme arisi, le riz, dont les Tamouls tirent l’essentiel de leur alimentation.

Komathi prépare des Arisi appalam (galettes de riz frites) pour Lena –dont elle s’occupe depuis ses 6 ans- tout en se désolant  un peu de la voir mener une vie de couple fade comme des galettes du commerce : belle à voir, agréable, mais fade.

Lettre par lettre, Anita Nair nous offre une promenade parmi les plats indiens, en même temps que le récit du réveil des sentiments de Lena, et l’écho de la jeunesse passionnée de Komathi.

 

L’écriture du roman est  fluide, pour une histoire assez simple mais agréablement pimentée par la structure du récit. Ça donne faim !!!

Pascale et Aline

29/08/2018

Le célèbre catalogue Walker & Dawn

Le célèbre catalogue.gifLe célèbre catalogue Walker & Dawn

(Comment nous sommes devenus riches avec trois dollars)

Davide MOROSINOTTO

Traduit de l’italien Il rinomato catalogo Walker & Dawn par Marc Lesage

Ecole des Loisirs (medium GF), 2018, 424 p., 18€

 

Les aventures rocambolesques de quatre enfants de Louisiane, au début du 20e siècle, entre Tom Sawyer et Club des Cinq.

P’tit Trois l’aventurier, Eddy le chaman à lunettes aux 112 angoisses, Joju (pour Jolie Julie) la fille à la carapace, et son petit frère mutique Min (pour Minuscule) partagent les coups durs et les aubaines. Tout commence par une pêche miraculeuse : 3 dollars dans une boîte de conserve, que les amis veulent dépenser en passant commande dans le célèbre catalogue de vente par correspondance Walker & Dawn.

Recevant par erreur une montre gousset cassée, ils entament un long périple, qui les mènera de leur Bayou natal jusqu’à Chicago, où ils espèrent une récompense. Poursuites, arnaques, meurtres, maison de correction… la route est semée d’embûches pour les jeunes naïfs.

Le roman se lit avec plaisir : ton alerte, nombreux rebondissements, et très belles illustrations de Stefano Moro -entièrement réalisées dans le style des gravures d’époque- bien intégrées au récit. Une lecture d’été sympa.

Aline

27/08/2018

La vie parfaite

roman, Italie, maternitéLa vie parfaite

Silvia AVALLONE

Liana Levi, 2018, 400 p., 22€

Traduit de l’italien par Françoise Brun

 

C'est toujours avec plaisir que j'ouvre un roman de Silvia Avallone et cette fois encore je ne suis pas déçue. Cette jeune autrice poursuit son exploration des motivations, des rêves et des difficultés de la jeunesse italienne contemporaine. Elle s'attache particulièrement aux laissés pour compte, ceux qui vivent dans des banlieues défavorisées. Dans La vie parfaite, elle traite de la maternité à travers le destin de deux femmes, Adèle et Dora.

Adèle, 18 ans vit dans la cité des Lombriconi, près de Bologne, un monde livré à la violence et au désespoir. Elle attend un enfant non désiré de Manuel qui refuse cette grossesse. Manuel, un jeune à la dérive, doué pour les études et qui a tout laissé tomber à l'adolescence pour avoir de l'argent facile et se livrer au trafic de drogue pour le compte de la Mafia. Adèle ne sait quelle décision prendre : garder son bébé et l'élever dans des conditions difficiles et précaires, ou l'abandonner et lui donner sans doute une meilleure chance ? Elle ne se sent soutenue ni dans un choix ni dans un autre. Sa mère se reconnaît trop dans cette grossesse précoce et voudrait autre chose pour sa fille, mais elle l’exprime sans bienveillance et semble étouffée par ses propres regrets. Son père, parti alors qu'elle était enfant, est en prison.

À quelques kilomètres, dans le centre de Bologne, Dora, 30 ans, professeur de littérature, est obsédée par le désir d'enfant. Après avoir tout essayé avec son mari Fabio, elle doit se rendre à l'évidence qu’elle n'aura jamais d'enfant, mais ne supporte pas que son corps lui fasse défaut. Ce désir l’a rendue aigrie, amère, jalouse des femmes pour qui la conception semble si facile. Lorsqu’ils finissent par décider d'adopter un enfant, Fabio et elle sont confrontés aux démarches administratives, en un parcours sans fin où il faut savoir être opiniâtre et garder courage.

Autour de ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, gravitent les témoins de leur histoire. Et tous ces êtres fragiles, ces losers magnifiques, cherchent un ailleurs, un lieu sûr, où l’on pourrait entrevoir la vie parfaite.  Les destins des uns et des autres se croisent. Ainsi Zéno, amoureux d'Adèle, est un élève brillant soutenu par Dora qui le pousse dans ses études, seul issue pour lui d'échapper à la banlieue. Il va influer sans le savoir sur le choix de Dora. C'est auprès de lui également qu'Adèle trouvera écoute et réconfort.

Silvia Avallone nous place au cœur de la vie de femmes d’aujourd’hui et des choix auxquelles elles sont confrontées, de ceux qui bouleversent une vie. Elle nous donne à entendre la voix de celles qui luttent et cherchent leur place dans une société résolument conformiste et soumise au déterminisme social. Les hommes n’en sont d’ailleurs pas exempts et ceux qui tentent de s’en affranchir le payent au prix fort.

Dans ce roman il est aussi question de transmission, de ce qui fait de nous des parents, mais aussi des histoires que nous portons et qui nous relient à l’enfance. Silvia Avallone tente aussi de répondre aux questions que l’on se pose forcément lorsqu’on devient parents. Est-on amenés à reproduire les échecs ou les schémas familiaux ? Quelle est la force des liens du sang face aux liens de l’amour ? Autant de questions qui restent parfois sans réponse mais qui font avancer vers la perspective d’une vie -si ce n’est parfaite, du moins conforme à nos choix et à nos espoirs.

Annie P.

20/08/2018

Cette nuit

Cette nuit.gifCette nuit

Joachim SCHNERF

Zulma, 2018, 146 p., 16.50€

 

Pour la première fois depuis plus de 50 ans, Salomon s’apprête à célébrer la Pâque juive sans sa femme, la merveilleuse Sarah, décédée il y a quelques semaines. Au matin de Pessah, le vieil homme se remémore les fêtes des années précédentes, au rituel immuable immanquablement troublé par de mémorables scènes familiales.

Il faut dire que la famille ne manque pas de personnalités, et que lui-même a toujours pris un malin plaisir à semer le trouble avec ses réflexions politiquement incorrectes. Rescapé des camps de la mort, il en éloignait le spectre en multipliant les blagues de mauvais goût sur la Shoah.

Comment viendra-t-il à bout des deux nuits de Seder sans la présence apaisante de sa femme,  qui tempérait son côté provocateur et les colères homériques de leur fille cadette ?

L’auteur parvient avec tendresse à marier l’humour noir autour des traditions juives et des relations familiales, et une évocation émouvante du deuil chez un homme incapable d’exprimer ses émotions.

Lauréat 2018 du prix Orange du livre

Aline

19/08/2018

Couverture de livres scolaires

 Si chaque année à la rentrée vous crisez en couvrant les livres scolaires…

 atelier pratique

VENEZ REJOINDRE L’ATELIER DE COUVERTURE

Mercredi 5 Septembre à 15h

à la bibliothèque Eclats de Lire

Convivialité, astuces et petit matériel vous attendent !

Apportez vos livres et vos ciseaux

17:41 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atelier pratique

31/07/2018

Bouillon de biographies

biographieJournal d’Irlande

Carnets de pêche et d’amour, 1977-2003

Benoîte GROULT (1920-2016)

Grasset, 2018

Benoîte Groult et Paul Guimard (son 3e mari) avaient une maison au bord de l’océan, où ils allaient l’été pour pêcher.  Blandine de Caunes a repris et entremêlé les écrits irlandais de sa mère : carnets de pêche au jour le jour ; et journaux intimes, tenus pendant 23 étés, retraçant sa relation avec son mari qui vieillit mal, et avec son amant américain Kurt, avec lequel elle vit une intense passion charnelle depuis les années 1960. La journaliste et romancière, féministe, forcenée de la vie, célèbre aussi l’Irlande, et relate d’une plume acérée les visites d’amis célèbres –de François Mitterrand aux Badinter. C’est un plaisir de retrouver cet auteur.

 

biographieJe ne serais pas arrivée là si…

Annick COJEAN

Grasset, 2018

Journaliste au Monde, l’auteur a lancé ce début de phrase à des femmes connues, qui ont accepté de l’approfondir. Ce livre regroupe donc 27 micro-biographies, tranches de vie de personnes fascinantes aussi variées que Patti Smith, Asli Erdogan ou Christiane Taubira. Les rapports à la mère et à l’instruction sont des thématiques récurrentes.

 

biographieGlaneurs de rêves

Patti SMITH (1946- )

Gallimard, 2014

Un soir de blues, Patti Smith a couché sur le papier ses beaux souvenirs d’enfance. Dans ce court récit autobiographique, elle évoque la petite fille qu’elle était, très jeune déjà passionnée d’écriture. Lecture lumineuse.

 

biographieCette année les pommes sont rouges

Georges et Laurent GERRA

Flammarion, 2015

"C'était la drôle de guerre de mon grand-père". Laurent Gerra adorait son grand-père, mort quand il avait une dizaine d’années. Il a repris le carnet que celui-ci a rédigé pendant la guerre, témoignage de la « drôle de guerre » de 1939, la débâcle, la résistance. Les chapitres courts et factuels rendent très vivants ces moments de l’histoire de notre pays.

 

biographieDu Sahara aux Cévennes

Itinéraire d'un homme au service de la Terre-Mère

Pierre RABHI (né en 1936 en Algérie)

Albin Michel, 2002

Originaire du même village Algérien que Yasmina Khadra, Pierre Rabhi a grandi auprès de son père forgeron, « le protecteur », ou « le pilier », qui se retirait parfois pour jouer du luth. Il évoque  son enfance dans une famille très musulmane, et ce qui l’a marqué : l’école coranique, le désert « J’écoute le désert ne rien dire », les étoiles, le soleil les jours de canicule, la cérémonie du thé, le bruit de balancier du puits... et l’arrivée des premiers Européens à la recherche des « cailloux noirs » (charbon). Eduqué ensuite à l’occidentale, et séjournant chez des roumis, il lui devient de plus en plus difficile de retrouver sa place au douar. « Les deux civilisations me tiennent par la main et dialoguent par-dessus ma tête ». Immigré en France, il parvint en compagnie de sa femme à exploiter une petite ferme cévenole, réalisant ainsi son rêve de retour à la terre. Fort de cette réussite, il travaille depuis  à transmettre son savoir-faire agronomique et à inaugurer une autre éthique dans les échanges internationaux. pionnier d'une révolution écologique tranquille s'adresse aussi bien aux hommes en lutte contre la désertification de leurs terres qu'à ceux qui découvrent la désertification de leur âme

 

biographieLe courage de dire non

Conversations et entretiens, 1963-2007

Mario RIGONI-STERN

Les Belles Lettres, 2018

Série d'entretiens avec l'auteur, vers la fin de sa vie. On réalise grâce à ce livre que tous ses récits sont authentiques, inspirés de sa vie. Né à Asiago, dans une famille aisée, Rigoni Stern était un amoureux de la nature, un chasseur, doté d'une grande sensibilité, et toujours partisan de la paix.

 

biographieMariage en douge

Ariane CHEMIN

Ed. des Equateurs, 2016

A l'automne 1963, Romain Gary et Jean Seberg se sont mariée en douce, en Corse, après la naissance de leur enfant. Ariane Chemin, grand reporter, a retrouvé le dernier témoin de ce mariage, organisé par le Renseignement militaire français. Une biographie très vivante de gens morts, bien intégrée à son époque d'après-guerre.y

 

biographieLes rêveurs

Isabelle CARRE

Grasset, 2018

Récit d'une enfance dans les années 1970, au coeur d'une famille bohème, avec des parents fragiles. « Au pied de l’arc en ciel se dissimule toujours un trésor », nous répétait mon père. Notre univers avait la texture d’un rêve, oui, une enfance rêvée, plutôt qu’une enfance de rêve. »

Ce récit évoque peu la carrière de l'actrice, mais offre une réflexion sur ce qui la sous-tend.

"Notre vie ressemblait à un rêve étrange et flou, parfois joyeux, ludique, toujours bordélique, qui ne tarderait pas à s’assombrir, mais bien un rêve, tant la vérité et la réalité en étaient absentes. Là encore, et malgré la sensation apparente de liberté, il fallait jouer au mieux l’histoire, accepter les rôles qu’on nous attribuait, fermer les yeux et croire aux contes." 

"Pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d’être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d’un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l’écrit Marivaux... Et si c’était la solution, s’inscrire dans un cours de théâtre, accepter que ça déborde ? Il y aura la sécurité du cadre, du cadre de scène, ou celui défini par la caméra, pour contenir, autoriser, et même encourager ce qui, dans la vie courante, est toujours en trop."

"L’émotion est pénible au quotidien, embarrassante. Les mains qui tremblent, les maladresses, tout prête à rire, ou dérange. Je pense à ma mère qui traverse sa journée sur un fil, dans un équilibre précaire, essuyant avec lassitude les reproches qui pleuvent, alors que sur un grand écran, les spectateurs considéreraient peut-être sa fragilité comme un supplément d’âme, une sensibilité un peu naïve qui leur rappellerait celle d’une Mia Farrow… Tout se transorme quand on va au cinéma : la folie de Romy Schneider devient grandiose, le mal-être de Patrick Dewaere bouleversant, le filet de voix de Charlotte Gainsbourg touchant, la fébrilité de Nastassja Kinski sensuelle…"

 

29/07/2018

La fille à histoires

bibliographie,amour maternelLa fille à histoires

Irène FRAIN

Seuil, 2017, 250 p., 18 €

Par courts chapitres, Irène Frain livre un récit d’enfance, en lien avec sa vocation d’écrivain.

C’est tout d’abord le récit simple et touchant d’un amour fou pour une mère, hostile dès la naissance, qu’elle cherche à comprendre.

"Impossible de douter de la vocation des femmes à la maternité... La vraie femme a des enfants et les mères sont dotées d’un instinct qui leur commande de se vouer corps et âme à leur progéniture, jusqu’au sacrifice de leur vie. A moins, évidemment, d’être un monstre. Ma mère, je trouve, a beaucoup de courage. A sa sortie de l’hôpital, quand elle franchit le seuil de son enfer domestique, elle décide de tout mettre en œuvre pour aimer sa petite dernière. Jamais on ne dira d’elle qu’elle est une « mauvaise mère ». Elle oublie que l’amour ne se décrète pas. Et qu’il ne souffre pas la contrefaçon. Il y aura donc des ratés."

C’est aussi le récit d’une enfant  "vivace, pas facile à mourir". Une  résiliente, plus libre que ses sœurs peut-être, dont les résultats scolaires font la fierté de son père, qui espère la voir "monter jusqu’à prof",  et qui très tôt décide "je vais partir d’ici".

L’auteur enfin fait le lien entre cette enfance et sa vocation au rêve. Sa mère avait un don naturel pour les histoires, affutées autour des « jus entre voisines» servi dans les verres en Duralex, à même la toile cirée. "Ce qu’elle disait, c’était du roman à l’état natif... Quand je repense à ces après-midi, je me vois toujours cachée sous la table… J’ai été, je pense, la plus attentive, celle qui buvait, en même temps que ses paroles, ses silences. Quelque chose me soufflait qu’avec « eux, j’aurais accès à son secret et, du même coup, à la clé qui me ferait aimer d’elle. Il suffit que je les écrive, ces colliers de mots, pour qu’instantanément je me retrouve dans la peau de la petite fille qui écoutait, suspendue entre effroi et merveille, convaincue que sa mère, avec ses mots, détenait la clé d’un univers parallèle. Je voulais à toute force la suivre dans ce monde d’à côté, mettre mes pas dans les siens, m’engouffrer comme elle faisait dans ses couloirs étranges…"

A son tour, Irène s’empare des histoires, tissées tout d’abord autour de la boîte à boutons, puis de ses mères fantômes découpées dans des catalogues, ses histoires écrites dans le grenier, et jusqu’à ses premiers romans, qui "me font maintenant l’effet d’un collier de suppliques. Chaque fois la même, celle que ma bouche n’avait pas réussi à former quand j’étais petite : « Maman, s’il te plaît, écoute-moi, aime-moi, je le mérite, j’y ai droit. »

"Les mots de ma mère étaient puissants. Les uns m’ont émerveillée, ont réussi à réenchanter ma vie. D’autres furent meurtriers. Ils ne m’ont pas tuée –j’ai toujours préféré les premiers". Ce sont ceux, sans doute, qui l'ont poussée à l'écriture.

 

bibliographie, maternitéCe récit a fait écho en moi à celui de Cécile Latreille, L'Innommée, où sourd la douleur d'une relation manquée à la mère.