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25/02/2017

Mars vert : troc aux graines

Troc aux graines 

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Un Troc aux graines en libre-service est accueilli tout le mois de mars à la bibliothèque de Soucieu... ainsi qu'à celle d'Orliénas.

Donnez - Prenez - Échangez les graines qui vous plaisent : tout est permis ! Avec un peu de patience et d'attention, chacun est capable de faire pousser des graines et d’en obtenir des plantes. 

Participez ensuite au Troc aux plantes annuel de Soucieu, dimanche 7 mai 2017, place de la Flette (10h à 12h) pour diversifier vos futures plantations.

Alors en mars, tous à vos semis !

19:43 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grainothèque

24/02/2017

Exil (4)

Sur le thème de l'exil, autres ouvrages lus pour le Bouillon de lecture de février. Certains livres jeunesse ont le mérite d'être lus facilement tout en permettant d'accéder à une compréhension du vécu des migrants.

exil, migrantTu vois la lune

Agnès de Lestrade, ill. Anaïs Bernabé

Ed. Anna Chanel, 2010

Splendide album jeunesse (à partir de 8 ans) sur la migration d’une famille : l’exil en raison de la sécheresse, le voyage avec ce qu’il faut abandonner, le rêve d’un pays « où l’eau coule d’un tuyau », le voyage, et l’arrivée… pas tout à fait sur la lune ! Le texte est très sobre, et les peintures stylisées très colorées et parlantes. Nous aimons tout particulièrement la double-page des masques africains, représentant la multitude compacte des migrants.

 

exil, migrantQuitter son pays

Marie-Christine HELGERSON

Flammarion, 2001

Toute une famille d’ethnie Hmong (« hommes libres ») doit quitter le Laos. Le voyage est raconté par un enfant, avec des épisodes de solidarité et d’entraide, mais aussi la faim, les plaies et maladies, la traversée épique du Mékong, un camp en Thaïlande, puis l’arrivée en France. Longtemps c’est la mère qui réussit à nourrir sa famille grâce à ses broderies. Roman jeunesse à partir de 10 ans, fluide.

 

exil, migrantUn roi clandestin

Havier Parmentier, d’après le récit de Fahim

Ed. Les Arènes, 2014

Histoire vraie d’un jeune Bengladais, écrite par son entraîneur. A 8 ans, Fahim fuit le Bengladesh avec son père. Pendant 3 ½ ans, ils restent en situation précaire. Fahim, excellent joueur d’échecs, remporte des tournois, et devient champion de France en 2012. La description des parties d’échecs peut être un peu fastidieuse, mais le récit est réaliste.

 

exil,migrantS’abandonner à vivre

Sylvain TESSON

Gallimard 2013

L’une des nouvelles de ce recueil porte sur l’exil : Idriss, est envoyé en exil par sa famille, après 5 ans où tous économisent et se cotisent pour le voyage du jeune homme, qui devra en retour gagner de l’argent pour soutenir sa famille.

 

exil,migrantExil. Exit

Emmanuel LAMBERT

Ed. L'Harmattan, 2012

Le narrateur raconte une rencontre avec Aldou, migrant. Pas facile à lire.

 

exil,migrantApatride

Shumona Sinha

éd. de l'Olivier, 2017

Troisième roman d’une jeune auteur franco-indienne, professeur de français à Calcutta, et interprète à l’OFPRA.

Histoires croisées de trois jeunes filles indiennes aux destinées différentes : l’une, restée à la campagne,  participe à un mouvement de protestation paysanne au Bengale ; l’autre, adoptée d’origine indienne, retourne en Inde à la recherche de ses origines. Avec une écriture forte, voire violente, ce roman pose une critique des deux sociétés, occidentale et indienne, avec une remise en question des religions, et du poids que les traditions et les hommes font peser sur les femmes.

 

exil,migrantVoici venir les rêveurs

Imbolo MBUE

Belfond, 2016

L’auteur, Camerounaise, vit à Manhattan. Le récit, sans doute autobiographique, se situe au moment de l’élection d’Obama aux Etats-Unis. Le récit s’attache au quotidien d’une famille dans la communauté camerounaise de Harlem, après avoir fui la pauvreté au pays : les difficultés pour trouver du travail quand on n’a pas de papiers ; les relations avec les Américains et avec les gens restés au pays ; les relations entre le père et la famille pour laquelle il travaille comme chauffeur.

 

exil,migrantLes derniers jours de Stefan Zweig

Laurent SEKSIK

Flammarion, 2010

Laurent Seksik narre deux années passées à Pétropolis par Stefan Zweig, après avoir rompu les liens avec l’Autriche dans les années 1930.

 

exil,migrantLe monde d’hier

Stefan ZWEIG

Récit d’un exilé de l’Europe. Raconte le monde d’hier, sans frontières, et les voyages de Stefan Zweig.

 

exil,migrantThe Arrival

Shaun TAN

Dargaud, 2011

Bande dessinée sans texte, dont l’illustration extrêmement expressive narre une immigration à portée universelle, même si elle se base sans doute sur l’époque où l’Australie était une grande terre d’accueil. La menace / La traversée / Arrivée dans un lieu totalement différent / Adaptation.

 

exil,migrantRu

Kim THUY

L. Levi, 2010

Double sens du titre : « petit ruisseau » en français, « berceuse » en Vietnamien.

Une femme voyage dans ses souvenirs, par petits touches, sans suivi chronologique. Elle a grandi dans une famille aisée à Saigon, puis a connu l’exil : la fuite sur un bateau, l’arrivée en Malaisie, puis au Canada. Beaucoup de positif, en particulier lorsqu’elle évoque l’accueil formidable des Canadiens.

« Nous ne nous attendions pas à avoir la chance de survivre. »

 

exil,migrantCertaines n’avaient jamais vu la mer

Julie Ostuka

Ed. Phébus, 2012

Déjà critiqué sur ce blog. Récit du double exil de Japonaises : jusqu’aux Etats-Unis, puis déportation à l’intérieur des Etats-Unis après l’attaque de Pearl-Harbour.

 

 

exil,migrantMoi, Gulwali, réfugié à 12 ans  

Gulwali PASSARLAY

Hachette 2016

exil,migrantDans la mer il y a des crocodiles. L'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

Fabio GEDA

L. Levi, 2011

Deux témoignages de jeunes qui ont vécu des déplacements similaires, et toutes les épreuves des trajets d’émigrants, sans aucun espoir de retour. Déjà chroniqués dans ce blog.

« Aussi mal que les choses tournent, ne revenez jamais. »

21/02/2017

Exil (2)

exil,immigrationL’opticien de Lampedusa

Emma-Jane KIRBY

Equateurs, 2016

Traduit de l’anglais The Optician of Lampedusa par Mathias Mézard

 

Emma-Jane Kirby est journaliste à la BBC. Elle a remporté le prix Bayeux-Calvados 2015 des correspondants de guerre pour son reportage intitulé "L'opticien de Lampedusa" dont s'inspire ce premier livre. Pour elle, tout est parti de la nécessité de parler autrement des migrants, en interrogeant des personnes « normales » en lien avec eux.

Un fossoyeur, un charpentier fabriquant des croix à partir de leurs bateaux échoués, une cuisinière de soupe populaire et enfin « l’opticien ». Un homme ordinaire, sur l’île de Lampedusa, qui plaint les migrants mais ne leur accorde pas plus d’attention que ça dans sa vie remplie… jusqu’au jour où…

Parti pour quelques jours de détente en mer avec ses amis, il se réveille aux cris stridents des mouettes. Mais les formes noires aperçues dans la mer ne sont pas des poissons, ce sont des personnes en train de se noyer ! Comment faire pour les sauver tous ? Comment faire lorsqu’on sait que l’on ne va pas pouvoir les sauver tous ? Et comment vivre avec ça ensuite ?

C'est un drame qui est décrit, mais aussi une prise de conscience. Un témoignage court, qui interroge chaque lecteur sur ses choix de voir -ou pas- et d'agir -ou pas.

Emma-Jane Kirby vous présente son ouvrage "L'opticien de Lampedusa".

Aline

20/02/2017

Exil (1)

Le bouillon de lecture de février nous a réunis autour du thème de l'exil. Sujet plombant s'il en est, mais aussi occasion de belles lectures.

immigration

 

Les échoués

Pascal MANOUKIAN

Don Quichotte, 2015

1992, banlieue parisienne. Trois hommes, trois migrants arrivés en France vivants, mais sans papiers, dont on découvre peu à peu les origines et les épreuves. Il y a Virgil, massif et travailleur, parti de Moldavie sous un faux plancher de camion pour sauver femme et enfants de la misère ;  Assan, Somalien ayant traversé déserts et mers pour fuir les carnages et les pillages de Mogadiscio et protéger sa dernière fille survivante du pire ; et Chanchal, chargé de gagner la vie de la famille restée au Bengladesh.

Chanchal, « Sans repos », « Que ce nom te donne la force quand il te faudra partir, car c’est toi qui as été désigné pour l’exil et nous comptons tous sur ton courage pour survivre… Depuis son arrivée en France, personne ne l’appelait plus jamais par son prénom. C’est ça aussi l’exil, quelques lettres choisies pour vous accompagner tout au long d’une vie, et qui brusquement s’effacent jusqu’à ne plus exister pour personne. Plus rien. Le silence. Un sevrage brutal. »

Chacun d’entre eux est parti pour ses proches, avec abnégation. Il ne s’agit pas d’un choix personnel, et comme ils le disent en avertissant d’un probable afflux de migrants « Ce qu’il y a de pire chez vous est encore mieux que ce qu’il y a de meilleur chez nous. »

Et c’est pourtant le pire qu’il nous semble lire dans le quotidien de ces trois hommes, la façon dont ils doivent se cacher, disputer des restes aux chiens, accepter les pires travaux dangereux, et accepter les humiliations. Ce qui sauve ce récit d’une noirceur totale, c’est l’entraide entre eux : Virgil est une très belle figure tutélaire, malgré l’égoïsme que pourrait lui dicter son sens de la survie. Ils rencontrent aussi une famille française pour qui leur venir en aide semble une évidence !

Poignant. La quatrième de couverture et les premières lignes donnent le ton !

Aline

14/02/2017

Sothik

biographie, CambodgeSothik

Sothik HOK, Marie DESPLECHIN, illustrations de TIAN

Ecole des Loisirs, 2016, 95 p., 13€

Au fil des souvenirs de Sothik Hok, cette biographie écrite par Marie Desplechin pour les enfants est un « livre d’histoire et de mémoire » sur la période où les Khmers rouges ont pris le pouvoir  au Cambodge.

Sothik est né en 1967, près de Kompong Cham, au bord du Mékong. Entre 1969 et 1973, de fréquents bombardements  américains ont secoué la région, puis des batailles sur le Mékong… suivis par l’arrivée des Khmers rouges, « l’armée de la forêt ».

« Au village, personne ne croit plus que le gouvernement pourra rétablir la paix. Déçus et découragés, les gens font confiance aux Khmers rouges pour arrêter les bombardements. » Aussi, lorsqu’ils « promettent qu’ils vont en finir avec l’injustice et créer une société de l’égalité parfaite, sans argent ni propriété, où plus rien ne distinguera les citoyens entre eux », les villageois sont prêts à les soutenir.

Du jour au lendemain, tout change. La famille de Sothik, plutôt aisée et éduquée, doit quitter sa maison ; ses parents s’adaptent, et se mettent à la pêche et aux travaux des champs. L’argent est aboli, les livres sont détruits. Enfin la cellule familiale disparait : les enfants sont retirés à leurs parents pour être endoctrinés, et doivent travailler. Sothik fait partie des brigades qui chassent les rats dans les rizières.

« Ma famille, maintenant, c’est l’Angkar, l’organisation qui dirige le pays, nos vies et nos esprits. L’Angkar a tout pouvoir sur nos vies… »

biographie,cambodge

Les conditions de vie empirent, la terreur et la famine s’installent.  « Même à demi mort de faim, il est strictement interdit de trouver à manger tout seul. Ramasser un légume, un fruit, un escargot, un insecte est sévèrement puni. Celui qui se nourrit sans avoir reçu son repas de l’Angkar est un individualiste qui ne pense qu’à lui. Il refuse le repas pris en commune. Il trahit l’Angkar qui, comme chacun sait donne à chacun ce qu’il lui faut. »

Ce récit de vie, chronologique, va jusqu’à l’invasion vietnamienne du Cambodge, et à la vie après le parti communiste du Kampuchea. Ecrit au présent dans un langage fluide et clair, assez factuel, ce qui le rend très accessible et pédagogique, il s’adresse à tous, à partir de 12 ans.

Aline

11/02/2017

Bistrot lecture

 Qui a dit que la lecture était un plaisir solitaire ?

Le Bistrot lecture a réuni une vingtaine de personnes pour partager nos lectures autour des gourmandises préparées par les bénévoles de l'association Bibliothèque Jarézienne.

lecture à voix hauteAprès notre Bouillon de lecture sur l'exil, l'actualité était encore présente, avec Dans la mer il y a des crocodiles (Fabio Geda d'après le récit d'Enaiatollah Akbari), Ecoutez nos défaites (Laurent Gaudé) et Destiny (Pierrette Fleutiaux). Quelques extraits de Les couleurs de nos souvenirs (Michel Pastoureau) ont rappelé l'exposition "Palette, le musée des couleurs, tandis que les livres et la lecture étaient mis à l'honneur avec des Lettres d'amour d'un soldat de 20 ans de Jacques Higelin, et des extraits de Daniel Pennac, et de Petit pays (Gaël Faye).

lecture à voix haute

Merci à André M. d'avoir partagé avec nous ses poésies personnelles !

Et pour annoncer notre mois de mars "vert" et le troc de graines, le jardin était à l'honneur, avec : Le jardin des brumes du soir (Tan Twan Eng), Le goût de la tomate (Christophe Léon).

lecture à voix haute

Notons aussi l'hommage à Annie Saumont, formidable auteur de nouvelles, décédée le 31 janvier 2017.

25/01/2017

En février, le Bouillon migre à Saint Laurent d'Agny

Attention, changement de bibliothèque pour les prochaines rencontres de nos échanges "Bouillon de lecture"

Rendez-vous à 20h15

Jeudi 9 février à St Laurent, autour de livres sur l'exil, et il y a à dire !

Jeudi 9 mars à Chassagny, autour des auteurs Grecs... récents. (non, non, on ne remonte pas aux calendes grecques, on ne ressort pas Homère, on investigue et on découvre !)

Ouvert à tous

24/01/2017

Les coups de coeur de janvier, par les lecteurs du Bouillon

Un fauteuil sur la Seine.jpegUn fauteuil sur la Seine

Amin MAALOUF

L’auteur se penche sur les occupants qui l’ont précédé au fauteuil 29 de l’Académie des lettres. Il traverse 4 siècles d’histoire de France en 18 personnages. Chaque académicien étant révélateur d’un moment de l’histoire, depuis la création de l’Académie en 1634 par Richelieu. D’illustres noms sont évoqués dans des récits vivants et courts, très instructifs et pleins d’anecdotes.

 

Pardon, Clara.jpegPardon Clara

Didier CORNAILLE

Clara, petite fille juive, a été adoptée par des paysans du Morvan pendant la guerre. Des années plus tard, elle est toujours « la juive » pour les habitants du village. Ce roman met en avant un conservatisme en milieu rural, et plus largement comment nous sommes tous l’étranger de l’autre.

 

Joanne Lebster.gifJoanne Lebster, le début d’un nouveau monde

Marc Chinal, Mathieu Bertrand

Bande dessinée utopiste. En proposant une alternative à la société de consommation et au système économique mené par l’argent, des idéalistes parviennent à réinventer le monde. Un monde dans lequel on a envie d’exister.

 

L'affaire Arnolfini.jpegL’affaire Arnolfini

Jean-Philippe Postel

Etude autour du tableau de Van Eyck appelé « Les époux Arnolfini ». L’auteur –médecin- après l’avoir étudié à la loupe, s’est intéressé à chaque détail du tableau en le rapportant à la mentalité de l’époque. Il propose ici une nouvelle théorie, très bien documentée, sur ce tableau qui a fait couler beaucoup d’encre. Se lit très bien.

 

Les corps fragiles.jpgLes corps fragiles

Isabelle Kauffmann

Médecin, Isabelle Kauffmann a rencontré l’une des premières infirmières libérales (dans les années 1950), passionnée par son métier. A la première personne, elle fait ici un récit fluide et simple de la vie de cette infirmière : d’un milieu rural, puis orpheline, elle a quand même réussi à faire ses études d’infirmière. Récit non chronologique, traité par thèmes à partir des parties du corps humain.

 

Nymphéas noirs.jpgNymphéas noirs

Michel BUSSI

Grand gagnant du prix des lecteurs Messimy-Soucieu-Thurins en 2012, ce roman policier à la construction singulière séduit aussi pour la promenade qu’il offre à Giverny.

 

Le testament d'Olympe.gifLe testament d’Olympe

Chantal THOMAS

Roman historique qui, au travers de la vie de deux soeurs de la petite aristocratie bordelaise, s’attache à dépeindre la destinée des femmes sous Louis XVI. Roman très apprécié, mais plusieurs d’entre nous ont préféré L’Adieu à la reine et L’Echange des princesses.

 

Paloma et le vaste monde.gifVéronique OVALDE

Soyez imprudents les enfants

(cf critique).

Paloma et le vaste monde

Album jeunesse écrit par Véronique Ovaldé et magnifiquement illustré par Jeanne Detallante sur une thématique proche : Paloma rêve d’ailleurs en regardant les boules à neige du monde entier, mais n’ose quitter son cercle familial un peu étouffant, quoique affectueux. On la voit prendre son envol, encouragée par sa mère.

 

Ma part de Gaulois.gifMa part de Gaulois

Magyd CHERFI (du groupe Zebda)

L’auteur, français aux racines algériennes, a grandi dans la banlieue toulousaine. Mal vu parce qu’il voulait apprendre et étudier, il a peiné à trouver son identité. Il écrit :

« Au lieu de la grande révolution des quartiers ou du grand chambardement prolétarien, à défaut d’être le porte-parole des jeunes issus de l’immigration ou l’héritier métis d’un peuple des « Lumières », je suis devenu « moi ». »

 

Aux petits mots.jpegAux petits mots les grands remèdes

Michaël URAS

Alex, bibliothérapeute, prescrit des livres en fonction de ce dont souffrent ses visiteurs. L’intrigue manque un peu de rythme, mais le livre est riche de références littéraires, et les situations pathétiques sont décrites avec humour. Soigner au moyen des livres, en les adaptant aux besoins et à  l’humeur du moment, c’est un peu ce que nous faisons en bibliothèque, ou aimerions faire…

 

La différence invisible.jpegLa différence invisible

Julie DACHEZ, ill. Mademoiselle Caroline

Bande dessinée témoignage sur le syndrome d’Asperger. Marguerite traverse la vie en se heurtant à de multiples difficultés : le bruit la dérange, elle a besoin de respecter une routine rassurante, peine à supporter la compagnie et les sorties… Aucun professionnel consulté ne l’écoute vraiment, jusqu’au jour où un diagnostic est enfin posé, lui permettant de mieux comprendre et s’adapter.

Récit touchant, en mots simples et images efficaces. Une BD qui a du sens.

Sur le syndrome d’Asperger, lire aussi « De l’amour en Autistan » par Josef SCHOVANEC,  et « Marcher droit, tourner en rond » par Emmanuel VENET.

 

Songe à la douceur.gifSonge à la douceur

Clémentine BEAUVAIS

Clémentine Beauvais a beaucoup de cordes à son arc. En anglais ou en français, elle s’essaie à la littérature pour tous âges. Son dernier album jeunesse « Va jouer avec le petit garçon » est un régal de lecture (et une petite leçon pour les parents !). Songe à la douceur est une « reprise » inspirée d’Eugène Onéguine de Pouchkine, une histoire d’amour à contretemps, transposée –en vers- à notre époque !

 

L'odeur de la forêt.gifL’odeur de la forêt

Hélène GESTERN

(cf critique). Le plus récent…  et peut-être le meilleur roman de l’auteur de Eux sur la photo, La part du feu et Portrait d’après blessure. Il fait l’unanimité parmi nous !

 

Petit pays.jpegPetit pays

Gaël FAYE

Le narrateur, Gabriel, est le fils d'un Français et d'une Rwandaise exilée. Il nous fait partager les jours heureux de son enfance idyllique au Burundi... jusqu'au moment où il lui faut tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence. Le désamour de ses parents fait écho à la sournoise montée de la violence dans le pays, qui dresse ses amis les uns contre les autres, voit monter la peur, et culmine avec les massacres au Rwanda voisin.

 

Coquelicots d'Irak.gifCoquelicots d’Irak

Brigitte FINDAKLY, Lewis TRONDHEIM

Dans cette bande dessinée biographique, Lewis TRONDHEIM illustre le récit de sa femme, qui est aussi coloriste.  Pour son père, qui perd actuellement la mémoire, elle raconte son enfance, l’histoire de sa famille et celle de l’Irak, de 1959 à nos jours.

« Tous les vendredis, on partait en pique-nique autour de Mossoul… »

Les aller-retours entre les époques sont parfois difficiles à suivre, mais la bande dessinée est très intéressante.

23/01/2017

Va jouer avec le petit garçon

album jeunesse

Va jouer avec le petit garçon !

Clémentine Beauvais (texte), Maisie Paradise Shearring (ill.)

SarBacane, 2016

 

À partir d’une situation criante de vérité, Clémentine Beauvais lâche la bride à son imagination : au parc, l’enfant, qui s’amuse tranquillement dans son coin, reçoit de sa maman l’injonction d’aller jouer avec un petit garçon solitaire, un peu plus loin. L’auteur se place au niveau de l’enfant :

« Je déteste, DÉTESTE dire bonjour à des petits garçons à la pelle. Moi je fais pas ça avec elle : « Va jouer avec la dame, là-bas ! Elle s’ennuie avec ses pigeons ! En plus, elle a l’air très sympa ! »…

Et là, on part dans l’imagination enfantine, les « et si » et les « on dirait que… » de la plus belle espèce : « Et si jamais le petit garçon… c’était pas un petit garçon ? Si jamais c’était un monstre déguisé dans une peau de petit garçon volée ?... Et s’il m’emmenait dans un trou dans le sable, et que dans le trou il y avait d’autres prisonniers… ».

Le lecteur retrouve tous les enfants du parc dans des péripéties incroyables, illustrées minutieusement par Maisie Paradise Shearring : palais souterrain de monstre dangereux, taupes domestiques, code secret, évasions, panthère noire,… Jusqu’à un final qui replace ces aventures dans leur contexte fictif, puisque chacun est resté à ses jeux inoffensifs dans le parc… tout en gardant l’œil sur son entourage et en faisant marcher son imagination.

L’univers enfantin est particulièrement bien rendu… dans un bel exercice de conditionnel ! Ce cri du cœur de l’auteur, basé sur son vécu enfantin, est à la fois un régal de lecture pour les enfants (à partir de 7 ans, ils commencent à en apprécier les deux niveaux de lecture) et un bon support de réflexion pour tout parent ou éducateur.

Clémentine et Maisie présentent "Va jouer avec le petit garçon".

Aline

16/01/2017

Exil (3)

roman, exil, migrant

 

Destiny

Pierrette Fleutiaux

Actes Sud (Domaine français) 2016

 

Dans un couloir du métro parisien, Anne  est interpelée par le dénuement de Destiny, enceinte et noire,  et l’accompagne à l’hôpital. Entre l’aidante et l’aidée se tisse peu à peu une relation fragile, meublée d’incompréhension. Le contraste est si grand qu’on ne saisit même pas ce qui les pousse l’une vers l’autre : la grand-mère blanche « bien sous tous rapports », et la jeune réfugiée Nigériane, à l’histoire tragique, au regard foudroyant.   

« Anne a rencontré Destiny avec en elle tout un monde de références culturelles qui clignotent incessamment, au milieu desquelles elle avance son tout petit véhicule d’expérience personnelle. L’expérience personnelle est tout ce que possède Destiny, mais c’est un océan, dont jamais Anne ne pourra explorer toutes les dimensions. »

L’écart entre elles est constant, et Anne, malgré ses efforts, peine à assimiler les codes différents de la jeune migrante, à comprendre sa méfiance et ses mensonges. Mais « vérité et mensonge ne sont pas des concepts de référence très utiles quand on côtoie les miséreux du monde ».  Rien n’est gagné dans le parcours de Destiny, entre Gare de Lyon, aide d’urgence du 115, hôpitaux et hôtels  miteux.

Un livre nécessaire. Pas très littéraire, ni recherchée, son écriture –au présent- est forte de son message. Elle constate, bouscule. Substitue une personne et son histoire aux généralités sur « les migrants », et sans angélisme admet les difficultés d’une rencontre réelle.

« La bienveillance croît avec le bien-être. Que le monde fasse un pas vers l’exclu, et l’exclu fait aussitôt un pas vers le monde. »

Aline