06.06.2009
Le Chaudron
Le chaudron, Kiyoko MURATA Actes Sud (Lettres Japonaises), 2008
Japon rural, années 80.
Quatre adolescents passent un été tranquille dans la maison de leur grand-mère. Pour les cousins et cousines, le temps est rythmé par les siestes, les promenades à vélo et les repas. Comme la grand-mère cuisine mal, c’est Tami, 17 ans, qui prend en main les cueillettes dans le jardin et la confection des repas, dans le fameux chaudron.
Cet été, les jeunes s’intéressent aux éléments de l’histoire familiale distillés par la vieille dame, et tentent de démêler le vrai du faux dans ses récits parfois obscurs. Surgissent alors des secrets de famille troublants, incertains comme les souvenirs brouillés de la vieille dame.
Très court roman évocateur, entre potager, cuisine et méditation sur le temps qui passe, la mémoire et l’oubli.
Lauréat du prix Akutagawa (équivalent du Goncourt japonais), il a servi d’inspiration au cinéaste Akira Kurosawa pour son film « Rhapsodie en août ».
Aline
11:27 Publié dans Livres : critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2009
Je te retrouverai
Je te retrouverai, John IRVING Seuil, 2006
Jack Burns, acteur américain au physique avantageux, connaît un succès honorable au cinéma. Mais sa vie privée n’est pas à la hauteur, et il suit depuis plusieurs années une thérapie auprès d’une psy qui l’encourage à dérouler le fil chronologique de sa vie. Ce qu’il fait, au bénéfice du lecteur.
Il évoque son enfance dans les ports de Mer du Nord avec sa mère tatoueuse, " la fille de Persévérance ", à la poursuite de son père. Suivent les années dans une école de filles à Halifax (Canada) puis dans des pensionnats américains. Son apprentissage de la lutte… et son éducation sexuelle par des femmes de tous âges. Sa seule relation durable est celle, équivoque, qu’il entretient avec la jeune Emma.
Ressemblant énormément à son père, très beau, il craint longtemps de devenir, comme lui, un vil séducteur, mais le récit montre peu à peu qu’il est plutôt énormément manipulé par les femmes, à commencer par sa mère !
Il lui faudra refaire l’itinéraire parcouru enfant avec sa mère pour démêler le vrai du faux et reconstruire sa mémoire, puis partir à son tour à la recherche de son père.
Beau (mais très long !) roman d’initiation, rempli de personnages pittoresques et attachants.
Aline
12:22 Publié dans Livres : critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quitter le monde
Quitter le monde, de Douglas KENNEDY Belfond, 2009
L’auteur déroule pour nous, par étapes, la vie d’une intellectuelle universitaire américaine qui possède toutes les qualités : intelligente, belle, passionnée par son travail, intègre… mais néanmoins malheureuse.
Depuis son enfance mal-aimée auprès d’une mère qui lui reproche le départ de son père, Jane culpabilise, intériorise ses émotions, minimise ses relations aux autres.
Malgré tout, elle vit pendant quatre ans une liaison heureuse avec un professeur remarquable (mais marié), brutalement interrompue par la mort de celui-ci. Accident ou suicide après le " bide " de son roman expérimental ? aucune certitude…
La vie continue, avec des hauts et des bas : un père qui n’a qu’indifférence pour Jane, et l’utilise même contre son gré. Une incursion dans le milieu des traders. Quelques années auprès d’un dingue de cinéma immature. Le bonheur incroyable d’être la mère d’une petite fille merveilleuse. L’accident. La dérive. Je ne développe pas cette partie pour ne pas trop en dire aux futurs lecteurs…
Jane choisit de " quitter le monde " en partant vivre au Canada, en coupant tout lien avec sa vie passée et en survivant avec le minimum… décision contrecarrée par l’impossibilité de préserver son anonymat et son intimité lorsque n’importe qui peut retracer votre vie et votre carrière en quelques clics sur Internet !
Au total, un bon Kennedy. La vie de Jane est vraisemblable, certains aspects de sa personnalité sont bien rendus. Par contre sa propension à laisser jobs et amis au bord de la route me dérange !
Par sa description du milieu universitaire nord-américain (et de ses mesquineries), la plume de Douglas Kennedy m’évoque les romans de Robertson Davies, que j’avais dévorés avec délices il y a… 20 ans déjà ! Hum, je me réjouis déjà à l’idée de relire la trilogie Cornish (enfin, si je trouve le temps !).
Par contre, j’ai du mal à comprendre l’intérêt de la partie " thriller " intégrée en fin de roman, qui me semble décalée par rapport à l’ensemble du livre.
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Aline
11:36 Publié dans Livres : critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2009
Le village de l'Allemand
Le village de l’Allemand,
ou le journal des frères Schiller
Boualem SANSAL, Gallimard, 2007
« Tout a commencé le lundi 25 avril 1994, à 20 heures. Un drame qui en entraîne un autre qui en révèle un troisième… »
Deux frères, de père allemand et de mère algérienne, mais élevés dans une cité de la banlieue parisienne par leur oncle Ali, apprennent que leurs parents sont morts dans le massacre de la population du village d’Aïn Deb par le GIA.
Suite au voyage du frère aîné pour se recueillir sur la tombe de ses parents, ils apprennent, l’un après l’autre, que leur père, cheik du village, n’est pas l’homme droit et intègre qu’ils idéalisaient, mais un ancien nazi au lourd passé de criminel de guerre.
Ce roman est composé d’une alternance entre le journal de l’aîné, et les commentaires faits plus tard par son jeune frère : la découverte du passé nazi du père, l’enquête pour retracer son itinéraire et se renseigner sur l’holocauste…
Face aux horreurs qu’ils découvrent, les deux frères sont bouleversés, et réagissent chacun à leur façon : Rachel, ingénieur cultivé et réfléchi, se noie dans le passé et la culpabilité, tandis que Malrich, jeune trublion des HLM, trace un parallèle avec l’intégrisme en expansion dans la Cité, et réagit sous le coup de la colère…
Aline
15:15 Publié dans Livres : critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ciel de nuit
Et oui, l'exposition est finie, mais les décors sont si beaux, et ils ont été faits avec tant de plaisir par les grands et les petits, que nous les gardons encore un peu, pour le plaisir...
09:12 Publié dans Vie de la bibli | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Au zénith
AU ZENITH - Duong Thu Huong
S. Wespieser, 2009
Un beau portrait romancé, poétique et politique
Si vous aimez le voyage, tant pour regarder à la vitre qu’approcher les âmes, alors vous surmonterez sans peine les presque 800 pages de ce roman traduit du vietnamien.
Le livre s’ouvre avec le monologue supposé du vieil Ho Chi Minh, dans un portrait très librement adapté. Duong Thu Huong peint un homme amer et attachant, trahi par l’immense machine communiste qu’il a servie toute sa vie et à laquelle il aurait sacrifié la compagne aimée. Les idéaux politiques ont accouché d’un régime cruel où les vieillards font figure d’humanistes modérés.
Selon la romancière en exil, les usurpateurs ont su faire leur terreau d’une tradition millénaire où les affaires familiales se règlent en place publique, où rumeur et délation ligotent désir et volonté individuelle. Les brutes sont familières, épouse ou fils dans le cercle des dirigeants. Comment un peuple peut-il s’aveugler sur ses enfants corrompus ?
La romancière ose une hypothèse surprenante: « C’est par angoisse de devenir une âme errante qu’on ferme les yeux sur la bassesse de sa descendance. Des générations de parents ont serré les dents pour supporter l’ingratitude de leur progéniture dans l’espoir qu’après leur mort, elle s’occuperait correctement des funérailles. » Voilà une lecture pour bouleverser nos repères !
Sylvie
08:46 Publié dans Livres : coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2009
Le prédicateur
Le prédicateur, Camilla LÄCKBERG, Actes Sud Noirs, 2009
A Fjällbacka, petit port touristique suédois, Erika et Patrick (héros du tome précédent) vivent ensemble et attendent un bébé. C’est l’été, et la chaleur est accablante, particulièrement pour Erika, dont la grossesse est bien avancée, et qui doit de plus supporter les incursions familiales.
Lorsqu’une jeune femme est retrouvée assassinée, avec les ossements de deux autres femmes mortes depuis 20 ans, Patrick est chargé de l’enquête. Il s’avère que toutes trois ont été martyrisées avant leur mort. Lorsqu’une autre jeune fille disparaît, la pression augmente. Tous les indices semblent pointer vers la sulfureuse famille Hult et les descendants du fameux « prédicateur » évangéliste qui en son temps réalisait des guérisons miraculeuses.
Un bon polar, mais j’ai préféré le tome 1 « la Princesse des Glaces ». Ici, Ericka a un rôle assez passif, étant assez diminuée par sa grossesse…
Aline
14:33 Publié dans Livres : critiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La vie en verte
La vie en verte
Gilles ABIER, ill. de Pénéloppe PAICHELER Actes Sud Junior, février 2009, 6.50 €
Marine est une jeune adolescente effacée et arrangeante. Le jour où elle se réveille VERTE, ses parents s’affolent et ses camarades la rejettent. L’amour de sa famille et le soutien amical d’un copain vont l’aider à accepter sa différence, avant de la surmonter.
Court roman sympathique sur la différence, l’acceptation de ce que l’on est, et l’affirmation de soi. Les réactions de la mère sont assez caricaturales, mais celles du frère plutôt justes.
A lire dès 8 ans.
Aline
14:19 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.04.2009
Le royaume de la rivière
Le royaume de la rivière, Katherine PATERSON
Rageot (Cascade), 1990
Seul garçon coincé entre quatre sœurs, Jess n’est pas très épanoui. Ni grand, ni costaud, ni doué en classe, il lui semble n’avoir aucun don – si ce n’est pour griffonner des dessins, talent tout à fait inutile dans sa campagne américaine. En outre, il semble que les corvées familiales lui retombent toujours dessus, ses grandes sœurs étant habiles à « embobiner » les parents.
Son seul espoir : s’entraîner tous les matins à la course, pour devenir le meilleur de l’école. Et pourtant, quand arrive le jour de l’épreuve, il est battu par une fille ! C’est pour Jess une terrible déception, mais aussi la naissance d’une amitié inattendue. Leslie, pleine d’imagination, vient d’une famille d’intellectuels, et lui ouvre des horizons différents…
Très belle histoire d’amitié, nombreuses références au Monde de Narnia.
Aline
PS : mes jeunes lecteurs m'informent que ce livre a été repris avec le film Terabithia. Je suis rattrappée par mon manque de culture cinématographique. Mais bon, on ne peut lire et aller au cinéma. Si ?
08:26 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2009
Très beau spectacle
Berg et Beck
par la compagnie Théâtre Narration, à Soucieu le 24 avril 2009. Un spectacle à la fois intense, sobre et pudique !
Des extrait touchants du roman de Robert Bober : le dernier jour de classe de Berg avec son copain Beck, qui fera partie des juifs rafflés au Vel'd'hiv'. Plus tard, en 1952, Berg est animateur dans une maison d'accueil d'enfans juifs orphelins ou rescapés des camps. Venu pour quelques mois, il restera plusieurs années avec ces enfants : Marcel, si dur avec les autres, André, préférant la maison d'accueil à la vie en famille chez son oncle, et la petite posant à tous l'énigme de son "jeu instructif"...
Autant que les horreurs vécues par ces enfants, Berg raconte les tentatives des adultes pour les comprendre et les aider, le désarroi des moniteurs. Nous continuerons à porter ces enfants en nous même après cette lecture...
Pas de photos pendant la lecture, pour ne pas briser l'ambiance. Ce cliché a été pris à la fin de la minute de "recueillement" qui a suivi le spectacle.
N'oublions pas les photos des équipes de montage, démontage, apéritif, repas et autres.... Tout le travail autour du spectacle s'est fait dans la gaîté, et les "buffetières" nous ont régalés ! Merci encore aux joyeux bénévoles.
11:54 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note