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27/07/2021

Auteurs iraniens

Marjane SATRAPI

Artiste franco-iranienne d'expression francophone née le 22 novembre 1969 à Rasht (Iran) surtout connue comme auteure de bande dessinée et réalisatrice.

IranPersepolis

L'Association, 2000 à 2003, 15€50/tome

BD autobiographique en noir et blanc en quatre volumes où elle raconte son enfance et sa jeunesse entre l'Iran de la Révolution islamique et l'Europe des années 1980-1990. Adaptée au cinéma sous forme de dessin animé en 2007 primé à Cannes en 2008 et aux Césars en 2008.

IranBroderies

L'Association, 2003

BD en noir et blanc. Thèmes : amour, sexe, femmes iraniennes. Dans les années 80, les « broderies » désignent la reconstruction de l’hymen des femmes avant le mariage. Situation dramatique restituée de manière drôle.

IranPoulet aux prunes

L'Association, 2004

Prix du meilleur album du festival d'Angoulême 2004. BD en noir et blanc. Adaptée au cinéma en prises de vues réelles en 2011.

L'intrigue se déroule en novembre 1958 en Iran. Nasser Ali Khan, grand musicien de son époque (et grand-oncle de l'auteure elle-même), décide de se laisser mourir à la suite de la casse de son târ. En effet, même avec les târs les plus fameux et onéreux, Nasser Ali ne retrouve pas le goût de jouer. La bande dessinée relate les huit jours durant lesquels le musicien se laisse dépérir, baladé entre ses souvenirs, ses fantasmes et ses rencontres.

 

Zoyâ PIRZÂD

Ecrivaine iranienne, née en 1952 à Abadan (Iran). Fille de père iranien d’origine russe et de mère arménienne. Ecrit en persan. Les préoccupations et le langage simples et quotidiens de ses personnages abaissent les frontières de la littérature persane, la rendant ainsi accessible au reste du monde, dans un souci de partage humaniste. Ecriture sobre et simple. « Elle écrit des choses ordinaires de manière extraordinaire. »

iranC’est moi qui éteins les lumières

Zulma, 2013

1er roman décrivant la vie quotidienne d’une famille arménienne d’un milieu aisé très cultivé dans les années 60. Cette vie familiale va être bouleversée par l’arrivée d’une autre famille. Beaucoup d’humour.

iranUn jour avant Pâques

Zulma, 2008

Un jeune garçon et son amie découvrent les joies de l’enfance. Elle est fille de concierge de l’école, musulmane, et lui est arménien. Dans ce petit village, les deux communautés se côtoient en bonne harmonie avec leurs coutumes, leur religion, les histoires d’amour et d’amitié, les crispations anciennes et les aspirations à la liberté.

Pâques c’est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d’oranger. Entre passé et présent, Téhéran et le village natal, la vie quotidienne se dessine avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse. Ecriture subtile, toute en finesse, très agréable.

iranComme tous les après-midi

Zulma, 2015

Recueil de nouvelles décrivant la vie des femmes iraniennes avec une certaine fatalité. Zoyâ Pirzâd porte un regard incisif sur les pièges de la vie quotidienne.

iranLe goût âpre des kakis

Zulma, 2009

Recueil de nouvelles abordant le thème du mariage et de la relation homme/femme.

 

Négar DJAVADI

Née en Iran en 1969 est une scénariste, réalisatrice et écrivaine iranienne-française. Elle vit et travaille à Paris.

iranDésorientale

Liana Levi, 2016

1er roman, plus ou moins autobiographie, introspectif et historique.

Portrait sur 3 générations d’une famille iranienne en exil en France. Thèmes abordés : l’identité, l’exil, la famille, l’histoire de l’Iran, l’engagement, la ténacité. A l’hôpital Cochin à Paris, Kimiâ, la narratrice attend son tour dans la salle d’attente du service de PMA. « En Iran, cette même salle ressemblerait à un caravansérail débordant de discussion ». C’est sur cette réflexion que le roman commence.

Cette grossesse tant espérée déclenche en Kimiâ le souvenir de son enfance et de ses aïeux. Bien que vivant à Paris depuis 10 ans, elle a du mal à se détacher de son pays natal, de sa culture et de sa famille. Le roman oscille entre le présent dans cette salle d’attente et le passé en Iran dans les années 70.

iranArène

Liana Lévi, 2020

Histoire contemporaine qui se déroule sur quelques jours dans un quartier de l’est de Paris. L’auteur décrit un mélange de population parisienne avec le concentré de leurs problèmes : migrants, émigrés, parisiens de plusieurs générations …

Tout commence par une vidéo, filmée par une jeune fille, d’une policière qui essaye de réveiller un homme sur un trottoir en lui donnant un coup de pied, croyant qu’il dormait. Cette vidéo est diffusée et devient virale. Ce roman contient plusieurs personnages, tous importants, et chacun est mis en scène par un autre. Au fil de l’histoire aucun ne se perd.

Négar Djavadi nous montre avec brio que d’une part, quand les faits sont médiatisés à outrance, scénarisés, cela nous empêche de les voir vraiment, de les analyser, de les comprendre. Et d’autre part, que tout acte entraîne des conséquences prévues ou non, dramatiques ou pas… Bon roman, bien écrit. Lorsqu’on commence sa lecture, on ne s’arrête qu’à la fin.

 

Shahriar MANDANIPOUR

Auteur iranien, né le 15 février 1957 à Chiraz (Iran). L’œuvre de Shahriar Mandanipour a été récompensée en Iran bien que la censure ait interdit la publication de ses romans entre 1992 et 1997. Exilé aux Etats-Unis depuis 2006 où il enseigne à Harvard.

iranEn censurant un roman d’amour iranien

Seuil (cadre vert), 2011

Roman abordant le thème de la censure, de l’amour avec beaucoup d’humour et d’autodérision. A la fois réaliste et fantastique. S'aimer librement en Iran est quasiment impossible. Publier un livre évoquant ce brûlant sujet est interdit. Shahriar Mandanipour rédige sous nos yeux un roman d’amour en faisant apparaître les corrections afin qu’il puisse être accepté et édité.

 

Yassaman MONTAZAMI

Psychologue et écrivaine française née à Téhéran le 5 février 1971. Arrivée en France en 1974, à l'âge de 3 ans. Elle a longtemps travaillé auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l'Université Paris VII - Diderot. Elle exerce actuellement dans un cadre hospitalier.

iranLe meilleur des jours

S. Wespieser, 2012

« Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. « Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas », affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait œuvrer à l’abolition du salariat et être salarié – c’était incompatible. »

Après la mort de Behrouz (le meilleur des jours en persan), sa fille s’attache à retracer son parcours. Frêle nourrisson non désiré, puis entouré par sa mère d’une attention de tous les instants, Behrouz a grandi en Iran dans une famille bourgeoise athée très aisée, proche du pouvoir. Marié à Zahra, qu’il a courtisée avec tant d’assiduité qu’elle a fini par le choisir parmi tous ses soupirants bien qu’elle ne l’aime pas plus qu’un autre. Venu finir ses études en France, à la Sorbonne à la fin des années 60, il a consacré des décennies à la rédaction d’une thèse, jamais achevée (« De la détermination de l’histoire par la superstructure dans l’œuvre de Karl Marx ») et a vécu toute sa vie des subsides maternels. Behrouz contribue en 1979 à la Révolution d’Iran en faisant de son appartement un lieu d’accueil pour les réfugiés iraniens, sans pour autant apprécier la personnalité de Khomeini.

Facétieux, généreux, lucide et bourré de charme, il fait de sa vie une éternelle comédie. Sa fille, sa complice et sa plus grande admiratrice, dresse ici le portrait attachant de ce père extravagant. Ecrit finement, plein d’affection et d’une certaine nostalgie, ce roman reste assez léger. Il est comme une collection de scènes de la vie de Behrouz, d’instantanés de sa relation avec sa mère, sa femme et surtout sa fille. Les évènements d’Iran restent en filigrane. C’est plutôt un roman familial, agréable à lire.

 

Nazanine HOZAR

Ecrivaine irano-canadienne née à Téhéran en 1978, puis a déménagé au Canada avec sa famille dans son enfance après la révolution iranienne et a grandi à Surrey, en Colombie-Britannique.

iranAria

Stock (La Cosmopolite), 2020

1er roman dédié à sa mère, à l’Iran et à la culture persane qui lui est chère.

Téhéran 1953. Behrouz, humble chauffeur dans l’armée découvre, un jour en rentrant du travail dans les quartiers populaires où il vit, une petite fille aux yeux bleus âgée de seulement quelques jours. Malgré la croyance populaire qui dit que les yeux bleus sont le signe du diable, il décide d’adopter ce bébé avec sa femme Zahra. Il la prénomme Aria qui est en fait un prénom masculin et qui signifie « petit conte chanté ».

Saga sur 3 générations de 1950 à 1980 qui raconte le destin d’Aria et ses proches entremêlé à celui de l’Iran : ¼ de siècle de l’histoire iranienne avec le gouvernement du shah Mohammad Reza Pahlavi jusqu’au retour d’exil de l’ayatollah Khomeini et la naissance de la République Islamique.

Roman facile à lire et très intéressant de part les divers thèmes abordés tels que : l’identité, l’amour, l’amitié, la fidélité envers les personnes et envers ses valeurs, la force de caractère, la culture persane, l’histoire de l’Iran.

 

Saïdeh PAKRAVAN

Saïdeh Pakravan, née en Iran dans une famille francophone, est une auteure franco-américaine. Ecrit des romans, nouvelles et poèmes. Est également critique de film et blogueuse politique.

iranAzadi

Belfond, 2015

1er roman. En persan, Azadi signifie liberté.

Téhéran, juin 2009. Les élections ont été truquées pour que Mahmoud Ahmadinejad reste à la tête du pays. La jeunesse aisée s’empare de la rue et manifeste son mécontentement, avec allégresse, sur la place Azadi. Chaque jour, Raha, étudiante en architecture, et ses amis rejoignent les manifestants. Un vent de liberté semble souffler. Mais Raha est arrêtée puis violée et torturée en prison. Son monde s’écroule et elle essaie de se reconstruire avec, entre autres, le procès contre ses bourreaux.

La diversité des personnages et leurs expériences donne une vision éclairée de la société iranienne. Le courage et la volonté de Raha donnent une lueur d’espoir portée par cette jeunesse enthousiaste. Pour Saïdeh Pakravan, l’Iran est certes « un monde irrationnel, un monde aux contours incertains », mais il y règne sous la beauté des lieux « un sentiment d’éternité, de poésie, de spiritualité ».

 

Omar KHAYAM

Né en 1048 (?) à Nichapur en Perse (actuel Iran) mort en 1113 est un poète, philosophe, mathématicien et astronome persan. Ses poèmes sont principalement écrits en persan alors que ses traités scientifiques le sont en arabe.

Quelques citations :

« Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie. »

« Hier étant révolu, ne l'évoque plus !

Ne te lamente pas, non plus, à propos d'un demain pas encore venu !

Ne te fonde ni sur le passé, ni sur le futur :

Vis joyeusement l'instant présent, ne gaspille point tes jours ! »

« La nuit n'est peut-être que la paupière du jour. »

« Le paradis et l'enfer sont en toi. »

« Boire du vin et étreindre la beauté

Vaut mieux que l’hypocrisie du dévot ;

Si l’amoureux et si l’ivrogne sont voués à l’Enfer,

Personne, alors, ne verra la face du Ciel. »

 

DIVERS

Love story à l'iranienne

de Jane Deuxard et Zac Deloupy

Une bande dessinée de reportage écrite par Jane Deuxard et dessinée par Zac Deloupy. L'ouvrage recueille des témoignages d'Iraniens au début du XXIe siècle : leurs espoirs, leurs questions, leurs craintes et leurs frustrations face à la société. Beaucoup de ces dialogues portent sur les relations amoureuses et familiales compliquées des interlocuteurs. Prix France Info de la bande dessinée d'actualité et de reportage.

Compte-rendu rédigé par Valérie B.

14:14 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran

20/07/2021

Sous un ciel d'or

roman ado,amour,années folles

 

Sous un ciel d’or

Laura Wood

Pocket Jeunesse, 2021, 378 p., 18€50

 

Années 1920, dans les Cornouailles. La jeune Lou vit au sein d’une famille unie et sympathique, dans une ferme prospère. Passionnée de lecture, écrivant elle-même à ses heures, elle trouve son espace de rêve dans la maison de l’île, belle demeure  abandonnée depuis des années par ses riches propriétaires.

Lorsque les Cardew réinvestissent l’île pour un été de fêtes et d’excès, Lou, fascinée par la famille et ses prestigieux invités, se prend à rêver d’une vie qui lui semble tellement plus stimulante et pétillante. Mais la clique des citadins fortunés lui trouve-t-elle d’autres attraits que celui de la nouveauté et de la candeur ?

Un roman agréable et facile à lire, situé dans les années folles, à l’aube de nouvelles perspectives pour les femmes, qui peuvent s’imaginer un autre destin que le mariage et la famille. Ce qui ne les empêche pas de rêver du grand amour.

Merci à Marie de l'Agence ComJ, et aux éditions Pocket Jeunesse, pour l'envoi de ce roman 
Aline

 

13/07/2021

exposition généalogie des personnalités locales

exposition généalogie de nos célébrités locales.jpg

11:55 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exposition

09/07/2021

Partir en Livre

lecture à voix haute

Mer et Merveilles, c'était le thème de Partir en Livre cet été.

lecture à voix haute

Pas besoin de voyager bien loin pour s'évader !

Vendredi, le bar à histoires était ouvert, sur la terrasse de la bibliothèque.

lecture à voix haute

Histoires, boissons, papotages ou coloriages, il y en avait pour tous les âges.

lecture à voix haute

30/06/2021

PARTIR EN LIVRE

Le bar à histoires s'installe sur la terrasse de la bibliothèque :

transats, parasols, boissons et histoires fraîches pour tout le monde!

partir en livre, bar à histoires

28/06/2021

Burn

roman ado, fantasy

Burn

Patrick NESS

Pocket Jeunesse (PKJ), octobre 2020, 398 p., 18€90

 

En 1957, dans la petite ville de Frome, aux États-Unis, Sarah est l’objet de brimades en tant que métisse, et son ami Jason –américain d’origine japonaise- plus encore ! Pour tenter de maintenir leur ferme à flot, le  père de Sarah doit se résoudre à embaucher un dragon (et un bleu, de l’espèce de la pire réputation). Sarah est censée se méfier de « La bête », pourtant Kazimir le dragon semble la protéger.

Selon le dragon bleu, Sarah serait la clé d'une prophétie au cœur des conflits entre humains et dragons, et l'avenir du monde entier serait en jeu. De son côté, Malcolm, jeune assassin élevé dans une secte d’adorateurs des dragons, est en route pour Frome pour accomplir la prophétie à sa façon… si le FBI qui le poursuit ne le tue pas avant.

L’originalité de Patrick Ness est de faire coexister un récit de fantasy avec la société américaine des années 1950, avec ses tensions raciales et homophobes, la guerre froide avec la Russie, et les premiers pas de la conquête de l’espace.

L'aventure est prenante, pleine d’action et de retournements, mais trop rapide pour développer les personnalités des protagonistes. Après un début assez détaillé, le récit s'emballe pour finir en un seul tome, et déterminer l'avenir des mondes en une scène finale enlevée.

Aline

22/06/2021

Mer et merveilles

Les enfants font des MER-VEILLES !

 

C’est parti ! L’été est là ! Sandales, paréo et pieds dans l’eau !

Les enfants qui l’ont compris sont venus décorer la fresque Mer et merveilles. Elle sera notre passeport pour les vacances !

atelier créatif

Sur le même thème, d’autres ont créé un abécédaire dans lequel se côtoient le Kraken royal, le xylophone à tête de poisson et la sirène-sorcière. Un voyage merveilleux dans les profondeurs de leur imaginaire. A feuilleter sous le soleil !

atelier créatif

16:14 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atelier créatif

21/06/2021

Soleil jusqu'à la fin

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Soleil jusqu'à la fin

Mélanie Georgelin

Sarbacane (Exprim'), 2021, 208 p., 16€

 

La vie d’Amaya bascule le jour où les gendarmes la trouvent près du corps de sa mère, morte de chagrin après le départ du père pour une autre femme.

La jeune fille de douze ans est alors envoyée dans une Maison d’Enfants à Caractère Social, puisque sa tante ne peut pas l’accueillir chez elle, faute de moyens. Dans ses bagages, elle emporte la robe flamenco de sa maman, sa poupée Soledad à qui elle confie tout et son courage, immense.  Aux Coucous, elle fera la rencontre d’autres enfants que la vie a cabossés. Directeur, éducateurs, psychologue vont tenter de l’apprivoiser, mais ils ne sauront pas la protéger du pire.

C’est auprès de Madeleine et Pierrot, quelque part dans un refuge perdu dans le Vercors qu’Amaya va rassembler les petits morceaux d’elle-même et se reconstruire.

Bouleversant, poignant, sensible et tellement intelligent ! L’écriture de Mélanie Georgelin est belle, faussement légère. Elle parle de la vie, de la mort, des évènements qui parachutent les enfants dans le monde des adultes, bien avant l’heure.

Amaya interpelle le lecteur en le nommant Albert. Elle le positionne en témoin de chaque fêlure comme pour lui dire "Tu vois, la vie, elle fait ça aussi…" Certains chapitres nous proposent de voyager dans le monde des adultes pour compléter ce prisme sensible sur les différents aspects de l’aide sociale à l’enfance.

Il y a tellement d’humanité dans ce livre que l’on en sort grandi. Retourné, épluché, lessivé, mais grandi. Une belle leçon de résilience ! Dès 13 ans

Lissy

18:27 Publié dans Livres pour ados | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman ado

08/06/2021

Les protégés de Sainte Kinga

Les protégés de Sainte Kinga.jpg

 

Les protégés de Sainte Kinga

Marc VOLTENAUER

Slatkine & Cie, 2020, 542 p., 21€90

 

Prise d’otages dans les mines de sel de Bex, dans les Alpes Vaudoises, en Suisse. Un homme, déguisé en Charlot, retient dans une salle souterraine une classe de lycéens qui visitait les salines, ainsi qu’un groupe politique en réunion sur place.

Armes de poing, explosifs, le preneur d’otages est lourdement armé, et bénéficie manifestement du soutien d’un hackeur… voire d’une taupe parmi les policiers ? Ses revendications, transmises par vidéo, sont peu habituelles, mais il n’hésite pas à mettre ses menaces à exécution pour mettre la pression.

Le lecteur suit l’enquête de l’équipe de l’inspecteur Andreas Auer pour découvrir l’identité des ravisseurs et comprendre leurs motivations, ainsi que le travail des négociateurs. En parallèle, l’auteur déroule l’histoire de la mine, et celle d’Aaron Salzberg, un ingénieur juif polonais arrivé à Bex en 1826 pour travailler dans les mines de sel. Le rapport du passé avec le drame actuel est peu à peu dévoilé.

L’écriture est dynamique, avec de nombreux dialogues, l’intrigue très plausible, et le contexte des mines intéressant. Les personnages prennent de l’épaisseur au fil du récit, qui évolue vers un plaidoyer contre les injustices et laisse le lecteur dubitatif. La fin peut-elle justifier les moyens ?

Un polar intelligent, placé sous l'égide de Sainte Kinga, patronne des mineurs de sel.

Aline

27/05/2021

Ash house

adolescent

 

Ash House

Angharad Walker

Casterman, 2021, 328 p., 16€

 

Sur les conseils de l’hôpital qui n’est pas parvenu à le soigner, un jeune garçon est déposé par le père de sa famille d’accueil dans une maison isolée de la ville. Là, il doit recevoir les soins qui lui permettront de ne plus souffrir.

Mais à son arrivée à Ash House, la réalité vacille : la maison semble faite de cendres encore fumantes, des drones survolent le domaine et enregistrent tout ce qu’il s’y passe et le directeur, mystérieusement absent depuis quatre ans, n’appelle plus au téléphone… Seul le Docteur semble se soucier des enfants, mais ses apparitions les terrifient depuis la disparition de l’une des filles…

Les enfants qui vivent ici obéissent aux "obligeances", les règles morales qui contrôlent chaque instant de leur vie et leur permettent de vivre sans adulte. Chacun porte un nom qui lui rappelle l’obligeance qu’il incarne : Freedom, Wisdom, Concord, Merit, Justice… En arrivant, le jeune garçon devient Sol (solitude), peut-être parce qu’il reste un personnage à part tout au long de l’histoire ou bien parce que les souvenirs de sa vie d’avant semblent lui échapper jour après jour. Pourtant, il va puiser en lui la force nécessaire pour tenter de sortir de ce qui commence à ressembler à un cauchemar.

J’ai été prise par l’ambiance dès les premières pages et je n’ai pas lâché le livre. Toutes les astuces du thriller fonctionnent très bien, avec leurs lots de surprises et de rebondissements.  Chaque chapitre est une descente vers le mystère. La construction narrative est efficace, les personnages attachants, l’écriture est soignée et il y a une bonne maîtrise du rythme et des actions. Je ne savais pas où l’auteur allait m’emmener et je n’ai pas été déçue, bien que la fin reste en balance, entre rêve et réalité. (une suite à venir ?). Dès 12 ans.

Lissy