16.02.2009

L'Ultime question

L'ultime question, Juli Zeh Actes Sud, 2008

Sous l’œil goguenard des pigeons, les personnages de Julie Zeh évoluent à Fribourg et dans les montagnes de la forêt noire, dans une histoire qui tient à la fois du polar et de la réflexion sur la métaphysique et la morale…

Deux physiciens renommés, Oskar et Sebastian, exceptionnellement proches pendant leurs études, sont aujourd’hui divisés par leur conception de la physique. Oskar vit mal l’épanouissement de son ami Sebastian dans la vie familiale, et combat sa théorie des mondes multiples.

Mais Liam, le fils de Sebastian, est enlevé, et tout bascule. Un anesthésiste mordu de vélo est décapité. L’enquête est menée par deux policiers atypiques, l’un souffrant d’une tumeur au cerveau et d’une empathie excessive, l’autre motivée par l’ambition et utilisant sa crédulité pathologique comme une arme à double tranchant

L’enjeu n’est pas de trouver l’assassin, puisque le lecteur le connaît et que le commissaire Schilf l’identifie rapidement, mais de comprendre pourquoi ces actes ont été commis et de trouver le vrai coupable, afin de protéger la seule chose qui compte vraiment : la famille de Sebastian.

Certes, le crime est résolu, mais le roman pose beaucoup de questions sur les choix et la responsabilité de chacun, ainsi que l’intervention du hasard…

Troisième roman de l’allemande Juli Zeh, après L’aigle et l’ange en 2001, et La fille sans qualités en 2004 (**** Telerama : aux prochaines vacances, je le lis !).

Aline

11.02.2009

La Pasteure

La Pasteure, Hanne ORSTAVIK

Les Allusifs, 2008

 

Liv est pasteure depuis un an dans le Nord de la Norvège. Enfin, elle ne semble qu’à moitié présente, submergée par le souvenir de Kristiane, une amie rencontrée pendant ses années d’étude en Allemagne et qui s’est suicidée. Le pire est que l’histoire se répète sans que Liv parvienne à sortir de ses pensées et de son mal être pour venir à l’aide de la fille de sa sacristaine, désespérée.

 

Récompensé par le prix Brage du meilleur roman en 2004, La Pasteure est le monologue intérieur de cette femme plongée au coeur de la nuit polaire, incapable de trouver la Parole pour communiquer avec les autres, incapable de donner un sens à sa vie.

 

J’ai eu du mal à adhérer à ce récit sombre, fait de pensées tourbillonnantes, qui alternent entre sa mission de pasteure, à laquelle Liv ne semble pas exceller, sa rencontre et son amitié avec Kristiane, et le sujet de sa thèse qui la hante également : la révolte des Sames (Lapons) contre l’Eglise.

 

Aline

 

05.02.2009

"Tous au ciel" : programme

Petits lecteurs, grands lecteurs… et non-lecteurs, prenez l’escalier de la bibliothèque et montez jusqu’au ciel !

 

Exposition  « LE CIEL »

du 28 février au 29 mars

 

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Etoiles, lune, éclipses, voie lactée… l’observation du ciel fait rêver depuis la nuit des temps. Mythes, religions, astrologie, arts, sciences et science-fiction, tous les domaines s’en sont inspirés ! Visitez les diverses représentations du ciel à travers les âges et les cultures, et découvrez l’évolution des connaissances astronomiques jusqu’à aujourd’hui.

-    Inauguration le samedi 28 février à 11h. Rencontre avec l’artiste Rose-Lune, venue de Luc en Diois pour nous présenter ses mobiles « Cosmos », visite de l’exposition, quizz et apéritif céleste.

mobile ocre 2.JPG-    Soirée aux étoiles : L’hiver est une belle saison pour l’observation du ciel ! Rendez-vous samedi 28 février 20h30 à la Chapelle St Vincent (St Laurent d’Agny). Covoiturage depuis Soucieu, départ à 20h15 place E. Morillon. Equipement : vêtements et chaussures chauds, jumelles et lampe de poche pour ceux qui en ont. Sortie repoussée au 7 mars en cas de mauvais temps.

-    Exposition tout le mois de mars aux horaires d’ouverture de la bibliothèque. Exposition réalisée par l’Association Française d’Astronomie, et prêtée par la Médiathèque du Rhône.

-    Animation pour les classes les mardi, jeudi et vendredi après-midi.

-    Heure du conte vendredi 20 mars à 17h à l’amphithéâtre des maternelles.

Bibliothèque de Soucieu en Jarrest, ouverte le mardi 9h30-12h, mercredi 9h30-12h et 15-17h, vendredi 16h30-18h et samedi 9h30-11h45. Contact 04 72 31 15 53 ou biblio.jarezienne@wanadoo.fr

30.01.2009

Swap

Swap, Anthony MOORE          L. Levi, 2007

A l’origine, un " swap ", un simple échange entre gamins. Enfin, peut-être pas si simple que l’imagine d’abord le lecteur…

Pour ne pas déflorer l’intrigue, voici quelques éléments du roman, mais pas trop :

  • des enfants cruels et leur souffre-douleur, " Bleeder Bizarre " ;
  • 30 ans après, le meurtre de la vieille mère de Bleeder ;
  • Harvey, vendeur de BD, héros assez minable et lâche ;
  • une belle rousse aux yeux verts, attirée par les hommes vulnérables ;
  • un joueur de rugby brutal ;
  • un policier à sourire de dauphin et son collègue ;
  • une galerie de personnages pas forcément sympathiques ;

Et, reliant les époques et les personnages, la BD " Superman numéro Un ", qui circule, apparaît et disparaît mystérieusement.

Policier sans l’être vraiment, ce roman tient en haleine jusqu’au bout : notre pitoyable héros finira-t’il riche ou accusé de meurtre ? Seul ou avec la belle Maisie ?

Je l’ai dévoré en une soirée, à vous le tour !

Aline

21.01.2009

La vie d'un homme inconnu, d'Andreï Makine

La vie d’un homme inconnu,

Andreï MAKINE               Seuil, 2009

 

Un roman en quatre parties, que j’ai trouvées d’intérêt inégal, même si l’écriture est toujours très belle.

 

Choutov, écrivain et ancien dissident d’URSS, souffre du départ de Léa, sa jeune compagne, même s’il parvient à analyser leur relation de type « mentor vieillissant /  jeune femme » et prendre de la distance.

 

 "Clown triste », Choutov fuit sa douleur. Il part à Saint-Pétersbourg, dans l’idée de renouer avec Iéna, qu’il a aimé 30 ans plus tôt, avant son exil à Paris. Mais Iéna fait désormais partie d’une Russie déroutante, tournée vers l’argent et la consommation, qui lui échappe totalement.

 

C’est alors qu’il rencontre Volski, vieux chanteur ayant survécu à la guerre de 39-45, aux purges et au goulag.  La vie de Volski, son amour profond avec Mila, leur détachement par rapport aux épreuves et leur éveil à la beauté du monde lui ouvrent l’esprit.

 

C’est ce récit de Volski, très fort, qui donne de l’ampleur à celui de Choutov, sinon un peu plat.

Beaucoup de références à la littérature russe, que ce livre m’a donné envie d’explorer…

Au total, un beau roman, et des pages à relire.

 

Aline

 

 

COUP DE COEUR d'Annie

 

Choutov, écrivain russe quinquagénaire et ancien dissident, vit à Paris la fin d'une liaison. Il a perdu ses illusions et est devenu désabusé. Il se remémore le passé et une Russie qui n'existe plus. Il décide de retourner à St Pétersbourg à la rencontre de son premier amour. Mais la femme et le pays qu'il va retrouver sont bien différents de ses rêves. La ville est prise dans une frénésie de consommation et son amour de jeunesse est devenue une femme d'affaires avisée et ambitieuse.

 

Il fait connaissance, dans l'appartement qu'elle aménage, d'un vieil homme grabataire, Volski, en attente d'hospice. Et là tout change. La vie de Volski nous plonge dans l'horreur du siège de Leningrad et dans le monde terrible de la dictature et des camps, de toutes ces vies broyés par la folie d'un système mais, en même temps existe un formidable amour à l'épreuve de la vie.

On est profondément ému, bouleversé et aussi révolté par le destin brisé de ces hommes. Mais nous recevons aussi une belle leçon, celle d'un homme qui, malgré les épreuves, sait rester debout.

 

Le récit d'Andreï Makine sonne juste et son écriture suscite beaucoup d'émotion.

 

A lire absolument.

 

Annie  

06.01.2009

Ritournelle de la faim

Ritournelle de la faim, J.M.G. LE CLEZIO                     Gallimard, 2008

 

L'auteur nous peint le portrait d'Ethel, de son enfance à Paris à son mariage et son départ pour le Canada.

 

Enfant pendant les années folles dans un milieu très fortuné, Ethel voit peu à peu son monde s'écrouler : elle affrontera successivement avec sa famille la ruine après l'argent jeté par les fenêtres,

les trahisons, la mort, la 2ème guerre mondiale, l'antisémitisme et la famine.

 

Heureusement Ethel est une battante et elle survivra.

 

Marie-France

 

Chanson "la bibliothèque"

Une chanson fétiche (et sa suite) :

de l'humour à la bibliothèque, sur ceux qu'on appelle les "lecteurs non emprunteurs", ou les "usagers sur place"...

 

Version masculine, chantée par Frédéric Bobin :

 

La Bibliothèque

(paroles et musique : Philippe & Frédéric Bobin)

 

Je l’ai rencontrée un beau matin

Mars, avril, je ne sais plus très bien

A la bibliothèque

Je me traînais d’allée en allée

Nous nous sommes trouvés nez à nez

A la bibliothèque

 

Blonde aux lunettes fluorescentes

Elle m’a vraiment paru ravissante

A la bibliothèque

Pour frimer, j’ai pris Les Misérables

Et j’suis allé m’asseoir à sa table

A la bibliothèque

 

Elle dévorait du Montesquieu

Tandis que je lisais dans ses yeux

A la bibliothèque

J’y ai lu qu’elle se foutait de moi

Qu’elle me préférait L’Esprit des Lois

J’ai constaté l’échec

 

Mais elle a refermé son pavé

Au moment où j’allais me sauver

De la bibliothèque

Elle engagea la conversation

Me posant une simple question

A la bibliothèque

 

« Est-ce que t’as lu Le Rouge et le Noir ? »

J’ai répondu : « J’aime pas trop Renoir,

Ca vaut pas un kopeck ! »

Elle m’a dit : « N’aimes-tu pas la lecture ? »

J’ai dit : « J’ m’y connais mieux en peinture… »

Et j’ai fermé mon bec

 

Alors, elle m’a branché sur Gauguin

J’ai dit : « J’ai pas lu tous ses bouquins,

Mais j’adore ce mec ! »

Elle a commencé à s’esclaffer

Puis m’a demandé « Qu’est-ce que tu fais

A la bibliothèque ? »

 

J’ lui ai répondu : « Tu sais, ma belle,

J’aime bien les petites intellectuelles,

Folles de bibliothèque… »

Outrée, elle a bondi de colère

S’emparant du plus gros dictionnaire

De la bibliothèque

 

Elle m’a assommé d’un coup sec !

J’ suis sorti, la tête comme une pastèque

De la bibliothèque

Adieu, abominable pimbêche,

J’aurais mieux fait d’aller à la pêche

Qu’à la bibliothèque

 

 

Version féminine, chantée par Noah Lagoutte :

 

La Bibliothèque (2ème partie)

(Noah Lagoutte / Philippe et Frédéric Bobin)

 

J‘ai mis mes lunettes fluorescentes

Et je suis partie gaie, souriante

A la bibliothèque

Arrivée j’ai pris l’air inspiré

Que prennent tous les habitués

De la bibliothèque

 

Je pris un pavé de Montesquieu

Jouant la fille qui n’a pas froid aux yeux

A la bibliothèque

Je suis allée m’asseoir à la table

Qui offrait une vue imprenable

De la bibliothèque

 

Lui avait choisit Victor Hugo

En passant il effleura mon dos

A la bibliothèque

Enfin il s’est assis près de moi

C’était sans doute ma plus belle proie

A la bibliothèque

 

Je commençais à m’impatienter

Voyant qu’il n’osait pas m’aborder

A la bibliothèque

Finalement je fis le premier pas

Je n’étais pas vraiment sûre de moi

A la bibliothèque

 

« Est-ce que t’as lu Le Rouge et le Noir »

J’ai vu dans ses yeux un grand trou noir

Un air un peu bébête

J’essaie de parler peinture, en vain

Il prend Gauguin pour un écrivain

Mais c’est quoi ce mec ?

 

Puis je lui demande c’qu’il fait ici

Là il m’explique sa théorie

Sur les bibliothèques

Lui ce qu’il veut c’est rouler des pelles

Aux petites intellectuelles

Dans les bibliothèques

 

Passe encore s’il m’avait trouvé belle

Mais me prendre pour une intellectuelle

J’lui ai fermé son bec

Armée du plus gros des dictionnaires

J’lui fis réviser l’Abécédaire

D’un grand coup sec !

 

Je m’éloigne un peu de ce vaurien

Pour aller m’asseoir un peu plus loin

A la bibliothèque

Tendre ma ligne vers d’autres poissons

Qu’ils m’enlèvent vers d’autres horizons

Que la bibliothèque

 

Frédéric Bobin http://fredericbobin.free.fr/ et Noah Lagoutte http://www.noahlagoutte.com/

02.01.2009

Tous au ciel !

Petits lecteurs, grands lecteurs… et non-lecteurs, prenez l’escalier de la bibliothèque et montez jusqu’au ciel !

 

EXPOSITION  « LE CIEL »

 

Etoiles, lune, éclipses, voie lactée… l’observation du ciel fait rêver depuis la nuit des temps. Mythes, religions, astrologie, arts, sciences et science-fiction, tous les domaines s’en sont inspirés !

Visitez les diverses représentations du ciel à travers les âges et les cultures, et découvrez l’évolution des connaissances astronomiques jusqu’à aujourd’hui.

 

-    Inauguration le samedi 28 février à 11h.

-    Exposition ouverte au public tout le mois de mars aux horaires d’ouverture de la bibliothèque. 

-    Accueil des classes les mardi, jeudi et vendredi après-midi.

-    Heure du conte vendredi 20 mars à 17h à l’amphithéâtre des maternelles.

 

Dessins et arts plastiques, jeux et quizz, observation du ciel et diaporama… le programme des animations organisées autour de l’exposition sera détaillé  sur les affiches et les tracts distribués chez les commerçants de Soucieu, et sur le blog bien sûr !

 

La Tête en friche

La Tête en friche, Marie-Sabine ROGER                               Le Rouergue, 2008 (La Brune)

Où un homme inculte rencontre une vieille dame sur un banc, et compte avec elle les pigeons du jardin public… amorçant ainsi une relation profonde et enrichissante pour tous deux.

En tant que bibliothécaire, j’ai bien sûr aimé cette histoire de découverte de la littérature par une personne qui n’y avait jamais eu accès : la surprise, le moment où il est " appâté " par " La Peste " de Camus, l’éclairage que lui apporte " La Promesse de l’aube " de Romain Gary sur ses relations avec sa mère,… Ah, le charme et la puissance des mots !

On trouve aussi des moments jubilatoires lorsque les copains de bistrot de Germain réalisent que leur benêt de service n’est pas aussi idiot qu’ils l’ont toujours cru. Le choc du garagiste " intello " du bar, déstabilisé lorsque Germain utilise du vocabulaire que lui même ignore !

Beaucoup d’affection aussi pour Margueritte, cette grand-mère adoptée sur le tard.

Marie-Sabine Roger passe ici avec sensibilité de la littérature jeunesse au roman adulte. Pas d’effets de manche, ni de processus d’écriture alambiqué : un roman facile à lire et attachant.

Aline

18.12.2008

Le premier qui pleure a perdu

Le premier qui pleure a perdu, Sherman Alexie

Albin Michel (Wiz), 2008

 

Junior n’a vraiment pas de chance : non seulement il est né avec une drôle de tête, mais en plus sa famille est misérable, et vit sur une réserve indienne. Comme il le dit « La pauvreté ne rend pas plus fort, elle ne donne pas de leçons de persévérance. Non, tout ce que nous apprend la pauvreté, c’est à être pauvres ». Pire encore, il est premier de sa classe, et souffre-douleur des enfants de son âge.

Pourtant, Junior est drôle, doué et affectueux. El il est assez lucide pour savoir qu’il n’aura aucun avenir s’il reste avec les siens. Il décide alors d’étudier au lycée des Blancs, plus prestigieux. Quitter la réserve ne se révèle pas facile : kilomètres à avaler, souvent à pieds, choc culturel, mais surtout haine des indiens de la réserve et de son meilleur ami, qui ne comprennent pas ce qu’ils considèrent comme une traîtrise. Alors Junior n’a pas le choix, il faut qu’il soit le meilleur en classe, au basket… au risque d’affronter la solitude.

 

Ecriture fluide, parfois familière. Beaucoup d’humour, y compris dans les dessins de Junior qui agrémentent le texte. Bestseller aux Etats-Unis, ce roman aborde de nombreux sujets : l’amitié, l’exclusion, la faim, l’alcoolisme sur les réserves et ses conséquences, les attitudes racistes… pas toujours là où on les attend.

Un roman –autobiographique- plein de vie et d’espoir !

Aline