18.12.2008

Les fragmentés

Les fragmentés, de Neal Shusterman. – Le Masque, avril 2008. (MsK)

 

Dans un monde ressemblant au nôtre, la « Deuxième Guerre Civile » s’est terminée par un compromis, la « Charte de Vie » : il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant, depuis le moment de sa conception jusqu’au jour de son treizième anniversaire. Néanmoins, tout parent peut décider d’interrompre la vie de son enfant entre l’âge de treize et dix-huit ans par le biais de la fragmentation, qui permet de récupérer tous ses organes… et donc de prolonger sa vie, d’après la propagande.
La fragmentation est devenue une pratique courante. Pour des raisons différentes, 3 adolescents, Connor, Risa et Lev, se retrouvent sur la liste fatale. Leurs chemins se croisent, et ils s’unissent pour échapper aux Frags, la police des fragmentés.

 

Thriller d'anticipation original, c’est aussi un roman initiatique qui propose une réflexion sur l'indépendance, la quête de soi, les relations avec les autres et ce qu’on est prêt à faire pour survivre. L'histoire est assez complexe, avec des rebondissements pas forcément attendus.

 

Aline

 

10.12.2008

Islande

Karitas, sans titre – de Kristin Marja BALDURSDOTTIR                   Gaïa, 2008

 

En 1915, la mère de Karitas  –dont le mari a disparu en mer-  décide de quitter la ferme familiale pour s’installer au port d’Akureyri, afin de gagner de quoi envoyer ses enfants à l’école. Karitas, la plus jeune des filles, s’occupera longtemps des tâches ménagères avant d’aller avec les femmes se brûler les mains à saler le hareng. Elle aura la chance de suivre l’école des beaux arts à Copenhague, mais peinera ensuite à concilier ses aspirations d’artiste et la dure vie sur la ferme isolée de son mari. Comment pourrait-elle se consacrer à l’art quand le plus bel homme d’Islande n’arrête pas de lui faire des enfants ?

 

C’est la rude Islande du siècle dernier que nous conte Kristin Marja Baldursdottir, au travers de la vie de Karitas.

La  vie quotidienne des femmes, toute de labeur, entre les naissances et la tenue des maisons. La beauté des fjords, l’hivernage en famille dans les fermes de tourbe et les fêtes de l’été. Les longues saisons de pêche sans les hommes, le salage du hareng, la chasse aux grands labbes…

Les chapîtres du récit alternent avec de courtes scènes de description, conçues comme des tableaux qu’aurait pu peindre son héroïne…

 

Comme l’annonce la 4ème de couverture, fidèle au livre, Karitas, Sans titre est une « magistrale reconstitution historique, sociale et humaine, située dans un décor époustouflant. Un destin [de femme] passionnée… ». Certes, je suis partiale : depuis un voyage de découverte de l’Islande, j’ai une affection particulière pour cette île et ses habitants. Mais même sans connaître le pays, je pense que ce livre est beau, fort et émouvant, et je le recommande à tous ! Ne vous laissez pas rebuter par les 500 pages roses…

 

Aline

 

 

 

03.12.2008

Histoire locale

Le Plateau Lyonnais, coteaux et vallons

Causerie sympathique samedi  22 novembre, autour de monsieur Rivoire. Il nous a présenté ce livre, dont il est co-auteur avec d'autres spécialistes de l'histoire locale.

Vous connaissiez le "coquetier" ustensile de cuisine servant de support à l'oeuf à la coque ?

Et bien, le coquetier de Brindas et celui de Soucieu sont tout autres ! Historiquement, ce terme désignait dans la région "le marchand ambulant qui ramassait les oeufs de ferme en ferme pour venir les vendre à la ville... bien entendu il collectait aussi le beurre, les fromages, les volailles, le saucisson, et à l'occasion les fruits et légumes". Les coquetiers étaient nombreux au 19ème siècle dans les villages du Plateau Lyonnais.

Hélas, nous avons dû nous passer de monsieur Robert, qui devait nous présenter l'historique de la blanchisserie dans l'Ouest Lyonnais. Il est en convalescence et n'a pas pu monter les escaliers de la Tour !

Monsieur Rivoire a offert à la bibliothèque un exemplaire dédicacé de ce livre. Il est disponible au prêt ou à la consultation. Des aqueducs romains à l'irrigation collective actuelle, en passant par le patois franco-provençal, les vignerons et la révolution fourragère... des articles variés vous attendent.

Heure du conte du 14 novembre

Alerte à l'ours !

Le pedescaous devait arriver à l'amphi des maternelles avant la tombée de la nuit...

Mais suite à un décès dans la famille de Martine, il manquait une conteuse ! Pas de Pedescaous, donc !!! Il reviendra à une date ultérieure, ne vous inquiétez pas.

Heureusement, Anne et Paulette ont quand même raconté pour les enfants.

18.11.2008

Jours d'orage...

 

 Jours d’orage de Kathrine Kressmann Taylor       Flammarion, 2008

 

Dommage !

 

Couverture sépia, librairie feutrée :  c'était un cadeau plein de promesses et je me suis réservée soigneusement cette lecture un beau  soir d'automne. J'ai déchanté dès les premières pages, au vu des maladresses de style ou de traduction... J'ai poursuivi l'histoire, genre Delly ... pour les initiés. Tout y est: le beau marquis, la veuve américaine un peu gourde, la belle enfant à protéger, le beau manoir et la méchante belle-sœur. Les allemands en chapeau tyrolien terminent le cliché en beauté, euh ... en méchanceté.

 

 

Là s'arrête toute comparaison avec les pages subtiles de Inconnu à cette adresse, on peine à croire qu'il s'agisse du même auteur....

Et si les écrivains avaient le droit de se tromper, et si leurs  manuscrits pouvaient dormir tranquillement au fond d'un tiroir... loin de l'agitation commerciale.

Sylvie

06.11.2008

Appelez-moi Jeanne

Appelez-moi Jeanne                  Elise FISCHER     Fayard 2007

 

Jeanne, la mère de l'auteur, née en Alsace en 1922, écrit sa vie à la demande de sa  fille.

Le lecteur découvre ainsi l'histoire d'une enfant élevée par ses grands-parents maternels jusqu'à l'âge de 10 ans. Cette période est évoquée avec beaucoup de nostalgie par l'auteur  pour qui elle reste la plus belle, malgré le secret qui l'entoure.

C'est également plus tard l'histoire d'un amour interdit avec un allemand pendant la 2ème guerre mondiale, puis l'histoire d'un mariage non désiré avec un lorrain.

 

Jeanne raconte les secrets de famille, les rapports mère-fille (avec sa mère et avec ses filles), la condition féminine à l'époque, les sacrifices dus au manque d'argent qui font qu'une vie a été ce qu'elle a été, la douleur de perdre des enfants en bas-âge…

 

Ce livre raconte les choses de la vie  avec simplicité, humour et émotion  dans cette région d'Alsace-Lorraine déchirée par l’histoire ; il nous parle aussi des valeurs inculquées à l’époque : morale, honneur, dignité, courage, sens du devoir.

 

Ce roman peut être lu par tous.

 

Les lecteurs de la bibliothèque ont beaucoup aimé, du même auteur, 

Les cigognes savaient.

 

Marie-France

30.10.2008

Chronique de la Bibliothèque jarézienne

 

Les premières années rue de la poste (1977-1982)

 

 

En 1977, nous décidons d'ouvrir un local pour les livres prêtés par la Bibliothèque Départementale de Prêt (stockés jusque-là dans un placard dans un recoin de la mairie). Jeanne Vindry propose le stock de livres « bibliothèque pour tous » qu'elle prêtait dans sa mercerie, pensant plus à ses lecteurs qu'à ses clients!!

La bibliothèque s'installe avec Jeanne Vindry et Marie-Claire Gintzburger, au sommet d'un escalier étroit, presque une échelle, au-dessus de la poste dans 2 pièces minuscules. L’équipe s’étoffe avec

Madame Barange directrice d'école en retraite, puis  Christiane Martin, Marie-Josée Roustan, Marcelle Perret.

La montée est rude, les locaux exigus, mais le nombre de lecteurs croît régulièrement.

Le mardi, jour de marché, les lecteurs sont très nombreux ; les autres matinées d'ouverture sont le mercredi et le samedi.

 

L'intérêt porté par les différents maires (Messieurs Fond, Chatain et Grange) et des conseillers bienveillants nous amène dans les nouveaux locaux à la Tour de la bibliothèque en  juillet1982.

 

La bibliothèque rue Micky Barange depuis 1982

 

Nous  disposons d’abord d’une pièce (la salle adultes), puis de la salle enfants en 1991, et enfin du bureau. Déjà, nous voudrions changer le mobilier (tristounet chez les adultes), simplifier le prêt en faisant sauter les cloisons, « pousser » les murs pour permettre des expositions, améliorer l'accès (l'escalier est moins raide et moins étroit, mais tout aussi mal commode pour les genoux et hanches « rouillés » et pour les mamans avec bébés...

 

Le nombre de lecteurs suit une courbe ascendante : 416 en 1985, 550 en 2000, proche de 700 aujourd'hui. L'équipe de bénévoles s'étoffe et permet l'ouverture du vendredi après l'école à partir de novembre 1982.

 

Les demandes des écoles, les nouveaux habitants habitués à des bibliothèques spacieuses, l'informatisation des bibliothèques voisines, la formation des bénévoles nous incitent à multiplier les demandes à la mairie, à laquelle nous transmettons un rapport d'activité proche d'un cahier de doléances.

Nous sommes écoutés : les premiers emplois aidés à temps partiel démarrent en 1995 avec Marie-Josée, Florence Grange, Annie Pin puis Aline Gauthier en mars 2006.

 

En janvier 2008, pour préparer les grands projets d’évolution, la bibliothèque est municipalisée, avec un poste d’agent municipal à temps presque complet. Si Aline Gauthier assure toute la gestion de la bibliothèque, l’équipe des bénévoles est toujours aussi indispensable pour l’accueil du public et l’animation ! Nous recevons toujours plus de classes, visitons les garderies et les maternelles avec les fameux « tapis de lecture » prêtés par la Médiathèque du Rhône, régalons les enfants avec l’heure du conte, organisons des expositions,…

 

L'informatisation du prêt est effective en octobre 2008. Outre la suppression des fiches papier (souvent perdues), elle permet une recherche documentaire facile pour tous. Et la communication passe par internet avec le blog!!!

 

Enfin, avec la construction du nouveau quartier des Roches, la promesse de nouveaux locaux, plus spacieux pour les lecteurs et adaptés à l’accueil des groupes devrait se concrétiser… en 2010 ?

 

Marie-Claire et Aline

 

 

 

 

28.10.2008

Comité de lecture du jeudi 4/12/08

PROCHAINE REUNION

Jeudi 4 décembre à 20h à Saint Laurent d’Agny (covoiturage)

 

Les livres en lecture pour cette date sont :

 

Un brillant avenir  Catherine CUSSET

Paradis conjugal  Alice FERNEY

L'inaperçu           Sylvie GERMAIN

 

Bonne lecture, et à bientôt !

24.10.2008

Ce que le jour doit à la nuit

Ce que le jour doit à la nuit    de Yasmina KHADRA     Julliard, 2008

 

 

Le récit commence par  la descente aux enfers d’un paysan ruiné dans l’Algérie coloniale. Younes est son fils. On s’épuise un peu dans  les 50 premières pages, rien ne domine cette  enfance  miséreuse, grise à force d’être  sinistre.

 

Erreur, il faut s’accrocher, c’est un vrai roman, pas un documentaire. Younes  grandit, devient Jonas et tourne le dos à sa filiation d’origine. L’histoire prend  son relief avec de belles images féminines (voir  la photo en  couverture). L’insouciance cruelle du colonialisme se conjugue avec la  légèreté des amitiés d’adolescence. Khadra nous décrit un monde perdu : le rêve des colons qui  jusqu’au bout s’obstinent,  ferment  les yeux sur les massacres perpétués, de part et d’autre.  Pour Jonas, le balancier s’est inversé, il est devenu  un homme  établi, mesuré, respecté qui  survivra à la guerre fratricide. Son désastre est intérieur, il a toujours appris à perdre, à plier, à nier sa filiation,  à  mettre son  désir en sourdine. On n’en dira pas plus sur le grand amour de sa vie… pour préserver le déroulement du récit.

 

Le contexte reste  politique: Y Khadra  raconte au quotidien  le départ des  «pieds noirs».  Nos  héros de « Rio Salado »  n’ont jamais « guéri du bled »,  une nostalgie douloureuse qu’ils partagent  avec ces  « frères » méconnus... qu’ils traitaient si mal de l’autre côté de la Méditerranée.  

 

Je m’interroge encore sur le sens du titre : « Ce que le jour » (la sortie du colonialisme, la « réconciliation ») doit à la nuit (cette misère noire qui a englouti la génération précédente, les parents de Younes) ? Mais  le romancier dépasse  le  seul témoignage politique. Jonas est un vrai personnage de roman, déchiré sur un drame intérieur.  Cette « nuit », Jonas la porte en  lui. Son fardeau : c’est la soumission,  l’obéissance,  son silence…. qui lui ont aussi permis de survivre ! Jonas  est devenu un vieillard presque serein, sa survie il l’a  payée  au prix fort : mutilé,  jusque dans ses choix les plus intimes. Optimiste, pessimiste : le livre est fort de tous ces contrastes… comme son très beau titre.

 

Sylvie

22.10.2008

Lire en Fête 2008

Bistrot lecture à la bibliothèque :

Samedi 11 octobre, la bibliothèque avait des airs de guinguette : petites tables de bistrots dans tous les coins, thé, café et apéritif... pour réunir les amateurs de lecture à voix haute :

Bistrot lecture 3.JPG
 

 Chacun avait apporté son texte, ce qui nous a valu une grande variété :

Souvenir d'une promenade à  Lyon de Rousseau, poèmes de Roger Kowalski -qui passa une partie de sa jeunesse à Soucieu- et Marc-Alain Ouaknin,  une belle page de Mort à crédit de Céline , un texte de Nelson Mandela sur la liberté. Enfin des extraits de Matin Brun de Frank Pavloff, de 35 kilos d'espoir d'Anna Gavalda et de L'enfant de Noé d'Eric-Emmanuel Schmitt. Mais aussi un inédit de St Exupéry, "L'essentiel" de Charles Aznavour, une chanson de Jacques Brel...

 Bistrot lecture.JPG

 

Merci à tous les participants pour ce très beau choix de textes et pour la qualité d'écoute !

 

Pour plus de photos, consulter le blog de Sylvie Broyer

 http://interco-soucieu-mornant-images.blog4ever.com/blog/... 

Les Elus de la Commission Culture ont profité de ce temps de fête du livre pour remercier les deux équipes de bénévoles qui ont fourni un effort intense ces six derniers mois afin d'informatiser la gestion de la bibliothèque. A eux aussi, un grand merci !

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