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15/08/2016

Le grand marin

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Catherine Poulain

L’Olivier, 2016, 372 p., 19€

Quand un petit bout de femme aux fortes mains décide de devenir pêcheur en Alaska…

Partir comme une nécessité : Lili (alias Catherine Poulain) quitte Manosque les Plateaux, son sac au dos, pour le bout du monde. Sans carrure, sans expérience, mais dotée d’une volonté de fer, elle rêve de campagnes de pêche.

Se perdre dans l’action : A Kodiak, elle parvient à se faire embaucher pour la pêche à la morue noire, puis en flétan. Et voilà les heures de travail acharné sur le bateau qui s’enchaînent, le dur apprentissage, l’humidité, le sel, la fatigue, les blessures. Dans cette vie très rude, c’est le corps qui parle, Lili exulte dans la peine et l’épuisement des jours sans fin de pêche, dans l’excitation de l’urgence lorsque les palangres déversent leurs flots de poissons. Elle reste le moins possible à terre, où les seules occupations semblent être la boisson, la dope et le sexe.

Refuser toute concession : embauchée au rabais, à mi-part, Lili tient à faire ses preuves, dans les mêmes conditions que les hommes. Voire pire, car la camaraderie est difficile à établir et à maintenir dans ce milieu d’hommes. En compétition avec Simon, l’autre « green » (débutant), elle a une admiration sans bornes pour Jude le grand marin, « homme-lion » rugissant au regard doré sur le pont, mais épave au sol…

Ce récit âpre au goût de nécessité emporte complètement dans la réalité des campagnes de pêche. On vide les morues  avec Lili, on peine à soulever les flétans avec elle, on mange en cachette la laitance pour tenir, on sert les dents sur la douleur, on dort au sol dans un coin… On partage aussi son obsession de la liberté, tout en appréciant ses petites redditions face à l’homme qui affole son cœur et ses sens.

Très puissant ! Pour notre lectrice Valérie, c’est le Coup de cœur de l’année.

L’auteur a accordé une intéressante interview à France Inter  et à France Culture.

Aline

07/08/2016

Le capitaine à l'heure des ponts tranquilles

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Le capitaine à l’heure des ponts tranquilles

Gérard Gréverand

Les Escales (Domaine français), 2016, 265 p., 19.90€

 

Après une vie mouvementée de marin, Bart Van Kortrijk atteint « Les ponts tranquilles », soit l’heure de la retraite. Alors qu’il fait enfin le choix de se sédentariser, il revient sur toute une vie d’aventures : embarqué à 18 ans comme mousse en 1932, il a passé sa vie en mer, reliant les Pays Bas et de nombreux ports du monde. Le petit « bigorneau » a fait ses preuves jusqu’à devenir capitaine de cargo au long cours.

Ce récit exaltant embarque le lecteur pour de rudes traversées en mer, au gré des caprices de la météo, des rivalités et amitiés entre marins, mais aussi des escales exotiques, propices aux histoires d’amour. En Indonésie, notre capitaine est attendu par Kusuma, la belle Eurasienne ; dans le Zeeland, c'est sa mère qui guette son retour... et chaque traversée devient un arrachement.

Dans ces mémoires, l’auteur invente à notre marin une généalogie remontant à l’époque des chevaliers corsaires, avec le Chevalier de Courtrai et sa Licorne, ayant pourchassé et vaincu le terrible Rackham le Rouge. Une belle amitié avec le Grand Jacques permet aussi d’imaginer le voyage de Brel jusqu’au Marquises...

Pour le plaisir de se laisser emporter par un récit enlevé, romanesque et bien écrit. 

Entrevue par la librairie Mollat.

Aline

31/07/2016

Les étoiles s'éteignent à l'aube

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Richard WAGAMESE

Editions  Zoé (Ecrits d’ailleurs), 2016, 284 p., 20 €

Traduit de l’anglais Medicine Walk par Christine Raguet

Richard Wagamese, né en 1955, appartient à la nation amérindienne Ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario, et vit à Kamloops, en Colombie Britannique. Il a exercé comme journaliste et producteur pour la radio et la télévision, et est l’auteur de 13 livres publiés en anglais au Canada. Depuis 1991, il est régulièrement récompensé pour ses travaux journalistiques et littéraires. Les Etoiles s'éteignent à l'aube  est son premier roman traduit en français.

"Si tu apprends à devenir un homme bon, tu seras aussi un bon injun".

Elevé dans une ferme isolée par « le vieil homme », Franklin Starlight est un garçon calme et solitaire, appréciant le travail bien fait et la rigueur du mot juste. Rien de superflu chez ce jeune homme en accord avec  la nature sauvage qui l’environne, capable de chasser l’orignal ou de garder son calme face à un grizzly.

Réclamé par son père biologique, Eldon, il l’accompagne pour un dernier voyage dans l'arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique. En quête d’une forme de relation père/fils, Eldon tente d'expliquer sa vie, celle d’un métis indien sans racines,  et de faire comprendre à son fils pourquoi il n’a pas réussi à être un « vrai » père pour lui. Pendant ce temps, c’est le fils qui endosse le rôle du protecteur et de l’initiateur.

Dans ce roman court, à l’écriture forte et précise, l’auteur explore la relation père/fils, mais aussi la transmission (ou non) d’une culture indienne et d’un rapport privilégié à la nature.

Aline

20/07/2016

Troc de livres

Livres en liberté

Livres en liberté.jpg

 Troc tout l’é

 

Vous partez en vacances et voulez laisser vos livres sur place ? Vous avez peur de les salir à la mer ? Vous craignez de les perdre ? Vos enfants ont grandi ? Vous faites du rangement ? Vous libérez vos étagères ?

Le troc est la solution !

Ouvert à tous & Gratuit

aux horaires d'ouverture de la bibliothèque

08:58 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : troc

19/07/2016

Love

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Love

Richard MORGIEVE

Carnets Nord, 2015, 18€

 

Humain « amélioré », Chance est conditionné à tuer pour Le "Contrôle".  Mais lorsque les centrales nucléaires explosent et que la société implose, seuls les plus forts peuvent s’en tirer. C’est là que ses réflexes, son habitude du combat et de la mort lui viennent en aide : sans états d’âme, il fait ce qu’il faut pour survivre. Chance remplace les ordres du Contrôle par une nouvelle mission : retrouver la femme aux yeux verts qui l’a ému, et la protéger. Comme si l’apocalypse qui l’entoure ne suffisait pas, il est de plus pourchassé par le Contrôle pour un débriefing… ou pire.

Au milieu de ce cyclone de carnages, profiteurs, violeurs et tueurs de tous poils, deux personnes décidées à s’en sortir s’entraident maladroitement, tout en heurtant leurs personnalités fortes.

Malgré toutes les références à La route, de Cormac McCarthy, ce roman d’anticipation m’a plutôt évoqué Ravages, de Giono. D’abord très froid et violent, il s’humanise peu à peu, comme son personnage principal.

Aline

17/07/2016

Ligne & Fils

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(Trilogie des rives, I)

Emmanuelle PAGANO

P.O.L. (fiction), 2015, 208 p., 15 €

Au chevet de son fils inconscient -ce fils qu’elle voit peu, qu’elle ne se sent pas autoriser à toucher ou à aimer ouvertement- une femme se raconte. Photographe documentaire, elle se définit par rapport à son lignage : fille des moulinages, des fils et de l’eau, entre les rivières de Baume et Ligne, en Ardèche.

« Je n’ai pas pensé à dévider tout le fil de la fabrique, le fil de la rivière, de la lignée. Je n’ai pas refait l’histoire de ces hommes d’eaux, ceux de ma famille, assoiffés, jusqu’à la mort de mon fils déshydraté. Depuis ma puberté à peu près, il y a dans ma mémoire la mémoire de ma mère, dont elle croyait naïvement m’épargner la charge pour toujours, une mémoire lourde, active, une mémoire plus grosse que la mienne et pourtant dedans […] Et gouttant. Cette mémoire jamais tarie en contient d’autres encore, confluant toutes entre elles, par capillarité. Parce qu’elles n’étaient pas directement miennes, je croyais être protégée de leurs forces, leurs forces centenaires, encore vives en moi, l’eau-force et l’eau vive de Chante-Merle [...] Je n’ai pas hérité la fabrique. Ce que j’hérite est une avarie, celle de ces hommes qui avaient si soif de tout, d’amour, de pouvoir. »

Depuis l’arrière-grand-père, Alexandre, nommé Ligne d’après la rivière auprès de laquelle il a été trouvé, la famille de la narratrice a été sacrifiée à la fabrique, dans une recherche incessante  de profit ou de pouvoir, certes, mais surtout du fil parfait : la torsion de plusieurs fils de soie permettant plus de résistance et de solidité.

Fil, soie, lignée, fils, famille, mémoire, eau… Emmanuelle Pagano tente de dévider une histoire familiale, et nous entortille dans un vocabulaire technique, une écriture très travaillée et un récit complexe. Ce roman n’est pas de ceux qu’on oublie, mais il se mérite !

Le site des éditions P.O.L. offre une analyse plus détaillée, et l’accès aux premiers chapitres du livre.

Aline

10/07/2016

De l'influence du lancer de mini-bar sur l'engagement humanitaire

De l'influence du lancer de minibar.gifDe l’influence du lancer de minibar sur l’engagement humanitaire

Marc SALBERT

Le Dilettante, 2015, 17.50 €

 

Cette lecture légère pourrait se résumer par la petite phrase « On ne sait jamais, sur un malentendu… ».

Arthur Berthier, spécialiste musique du journal, ne quitte jamais ses lunettes noires et son côté frimeur décontracté. Ado attardé, fan de rock’n  roll, il vit dans un 45 m² parisien en bazar, où il faut pousser vêtements sales et piles de disques pour se frayer un chemin, et où les étagères ploient sous le poids des dicos de rock.

Sa vie bascule lorsque, à la suite d’un dérapage dans un hôtel de Cannes pendant le MIDEM, il est rétrogradé aux infos générales, entraînant à sa suite son fidèle coéquipier photographe Hassan. Sa première intervention sur le terrain, dans un camp de réfugiés, se solde par un malencontreux coup de matraque des forces de l’ordre… Les médias s’emballent, et sa vie peine à suivre !

Un roman moins distrayant que son titre ne le laissait espérer. L'idée de départ aurait pu conduire à un développement intéressant, mais la trame de l’histoire reste un peu faible. En revanche, les caricatures des personnages en quelques traits assez cruels font sourire. Que dire de l’ex-femme d’Arthur, « la partie adverse », à la tête d’une agence fournissant aux chaînes de télévision toutes sortes de témoins ou de figurants à la demande… ?

Aline

07/07/2016

Jeanne Benameur

Gâteau à la farine de châtaignes et compote de pommes au sirop d'érable et calvados !! C'est le menu d'accueil préparé pour le "bouillon" de mai 2016 à Saint-Laurent d'Agny, avant de se pencher sur les nombreux romans de Jeanne Benameur, pour ados et adultes,  lus au minimum par 3 personnes chacun.

Jeanne Benameur née en Algérie en 1952, est venue à 5 ans à la Rochelle, a été professeur avant de vivre de sa plume. Nous la sentons proche de ses lecteurs par sa grande humanité, compassion envers les solitaires, les déracinés, une personnalité attachante.

 

romanVivre , c'est risquer 

regroupe 4 romans ados, bien écrits, sans fioritures : le quotidien de gens ordinaires transcendés par l’amour, l’amitié, l’entraide. Il se passe peu d’événements, la réflexion domine.

Quitte ta mère : Bastien grandit pendant les vacances au bord de la mer chez son grand père, veuf, se laissant aller. Il décide de rester vivre avec lui.

Si même les arbres meurent (2000) : drame de l'accident et de la mort du père vécus par les deux enfants complices et « retirés » du monde.

La boutique jaune : entraide, soutien aux immigrés, retour sur le passé d'une petite ville.

Une heure, une vie (2004) : Séparation des parents, leur fille s'invente des vies, belle histoire d'amour.

 

romanOtages intimes (2015)

Un photographe de guerre Etienne a été libéré, c'est sa difficulté à « revivre », se réadapter.

Beau portrait de la mère qui a fait connaître la musique aux 3 enfants, retour sur le passé de chacun.

 

romanLes Demeurées  (2000)

Son premier roman pour adultes, court et poignant. Fusion totale entre une petite fille et sa mère, rejetée par le village parce que « abrutie». Arrivée d’une institutrice qui essaie d'éveiller la fillette… Vocabulaire choisi, une tragédie à l'antique d'une magnifique intensité.

 

romanPas assez pour faire une femme (2007)

Réflexion sur la condition de la femme dans les années 70, une jeune étudiante réfléchit sur la non-liberté de sa maman inféodée à son mari.

 

Le Ramadan de la parole (2007)

Dialogue entre une mère et sa fille à l'adolescence, sous forme de 3 histoires de jeune fille : une en rébellion / une qui ne parle pas / une qui s'oppose à la marchandisation du corps de sa mère par la publicité.

 

romanLes insurrections singulières (2011)

Un garçon de 40 ans travaillant dans l'usine de son père s'insurge contre la délocalisation au Brésil.

 

romanÇa t'apprendra à vivre (2003)

A  5 ans, en 1958, elle vit dans la prison dont le père est directeur en Algérie, puis elle déménage à la Rochelle. Comment s'habituer au déracinement ?

 

romanProfanes (2012)

Un chirurgien à la retraite organise ses vieux jours en employant 4 personnes qui ne doivent pas entrer en contact. Il a perdu sa fille très jeune, sa femme est partie. Globalement, ce roman a beaucoup plu, mais son interprétation varie selon les lectrices : est-il est égoïste et dominateur, ou bien, est-ce un homme qui se cherche, qui a besoin de s'entourer pour survivre.

 

romanLes mains libres (2004)

Une femme âgée maintient chaque chose absolument à sa place dans l’appartement de son mari disparu. Son espace de liberté est contenu dans les brochures de voyages qui la font rêver. Jusqu’à sa rencontre, esquissée mais intense, avec un jeune homme aux mains voleuses. Un roman intense autour du vide, de la lecture et de la liberté.

 

Nous avons aussi évoqué Laver les ombres (2008), et les Reliques (2005).

29/06/2016

Le convoi de l'eau

Japon, roman étrangerLe convoi de l’eau

Akira Yoshimura

Actes Sud (lettres japonaises), 2009, 173p, 16,30 €

Traduit du japonais Mitzu no soretsu (1967) par Yutaka Makino

Un convoi d’ouvriers s’enfonce à pied dans la forêt, pour parvenir au cœur des montagnes, dans une vallée reculée où est prévue la construction d’un barrage hydroélectrique. Les ouvriers et leurs contremaitres campent aux abords d’un hameau ancestral  qui sera nécessairement englouti lors de la construction. Pour la plupart aveugles à la splendeur de la nature qui les entoure et hermétiques aux préoccupations des villageois, ils ne comprennent pas le monde qu’ils sont en train de détruire.

Le narrateur, un homme étrange, a signé ce dur contrat non pas pour le salaire alléchant, mais à la recherche d’une certaine sérénité,  poursuivi qu’il est par ses souvenirs de violence. Il semble le seul à s’émerveiller de la nature qui les  entoure, et à observer la vie patiente et obstinée de la communauté vouée à l’exil. La scène où les villageois réinstallent patiemment la couverture végétale sur leurs toitures après chaque ébranlement de dynamite est particulièrement marquante.

Ce court roman, étrange et envoûtant, exalte la nature encore sauvage, forêts, montagnes, sources d’eau chaude… et la résilience des paysans vivant en symbiose avec elle… (par opposition à la brutalité des citadins et profiteurs de tous poils, même si ce n’est pas nécessairement le propos de l’auteur.)

Aline

26/06/2016

Atelier origami

Grues, chats, bateaux, flèches,... autant d'origamis que se sont amusés à faire les enfants (et quelques adultes) à la bibliothèque le samedi 28 mai 2016.

Origami vient de Oru "plier" et kami "papier" : c'est l'art du pliage japonais.

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Le plus populaire au japon est celui de la grue. Une légende dit : « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. »

La feuille de base de l'origami est un carré parfait et la forme est obtenue à partir de pliage successif (sans jamais découper).

Pour devenir un expert du pliage retrouvez à la bibliothèque:

- Origami d'Amandine Dardenne

- Pliages faciles : une feuille de papier et un peu de dextérité de Maryse Six

- Origami : pliages en papier pour grands et petits

origami,animation origami,animation origami,animationEt pour aller plus loin dans l'art du pliage, essayez-vous au Tangrami inspiré du 3D origami technique étonnante de pliage et d'assemblage qui prend l'origami comme modèle. A partir de carrés en papier, on plie des modules triangulaires. Suivant leur mode d'assemblage, on crée des animaux impressionnants, des formes géométriques ou des plantes.

Disponible à la bibliothèque :

- Le Tangrami pour plieurs avancés de Michael Ruder

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18:19 Publié dans Animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : origami, animation