06.01.2009

Chanson "la bibliothèque"

Une chanson fétiche (et sa suite) :

de l'humour à la bibliothèque, sur ceux qu'on appelle les "lecteurs non emprunteurs", ou les "usagers sur place"...

 

Version masculine, chantée par Frédéric Bobin :

 

La Bibliothèque

(paroles et musique : Philippe & Frédéric Bobin)

 

Je l’ai rencontrée un beau matin

Mars, avril, je ne sais plus très bien

A la bibliothèque

Je me traînais d’allée en allée

Nous nous sommes trouvés nez à nez

A la bibliothèque

 

Blonde aux lunettes fluorescentes

Elle m’a vraiment paru ravissante

A la bibliothèque

Pour frimer, j’ai pris Les Misérables

Et j’suis allé m’asseoir à sa table

A la bibliothèque

 

Elle dévorait du Montesquieu

Tandis que je lisais dans ses yeux

A la bibliothèque

J’y ai lu qu’elle se foutait de moi

Qu’elle me préférait L’Esprit des Lois

J’ai constaté l’échec

 

Mais elle a refermé son pavé

Au moment où j’allais me sauver

De la bibliothèque

Elle engagea la conversation

Me posant une simple question

A la bibliothèque

 

« Est-ce que t’as lu Le Rouge et le Noir ? »

J’ai répondu : « J’aime pas trop Renoir,

Ca vaut pas un kopeck ! »

Elle m’a dit : « N’aimes-tu pas la lecture ? »

J’ai dit : « J’ m’y connais mieux en peinture… »

Et j’ai fermé mon bec

 

Alors, elle m’a branché sur Gauguin

J’ai dit : « J’ai pas lu tous ses bouquins,

Mais j’adore ce mec ! »

Elle a commencé à s’esclaffer

Puis m’a demandé « Qu’est-ce que tu fais

A la bibliothèque ? »

 

J’ lui ai répondu : « Tu sais, ma belle,

J’aime bien les petites intellectuelles,

Folles de bibliothèque… »

Outrée, elle a bondi de colère

S’emparant du plus gros dictionnaire

De la bibliothèque

 

Elle m’a assommé d’un coup sec !

J’ suis sorti, la tête comme une pastèque

De la bibliothèque

Adieu, abominable pimbêche,

J’aurais mieux fait d’aller à la pêche

Qu’à la bibliothèque

 

 

Version féminine, chantée par Noah Lagoutte :

 

La Bibliothèque (2ème partie)

(Noah Lagoutte / Philippe et Frédéric Bobin)

 

J‘ai mis mes lunettes fluorescentes

Et je suis partie gaie, souriante

A la bibliothèque

Arrivée j’ai pris l’air inspiré

Que prennent tous les habitués

De la bibliothèque

 

Je pris un pavé de Montesquieu

Jouant la fille qui n’a pas froid aux yeux

A la bibliothèque

Je suis allée m’asseoir à la table

Qui offrait une vue imprenable

De la bibliothèque

 

Lui avait choisit Victor Hugo

En passant il effleura mon dos

A la bibliothèque

Enfin il s’est assis près de moi

C’était sans doute ma plus belle proie

A la bibliothèque

 

Je commençais à m’impatienter

Voyant qu’il n’osait pas m’aborder

A la bibliothèque

Finalement je fis le premier pas

Je n’étais pas vraiment sûre de moi

A la bibliothèque

 

« Est-ce que t’as lu Le Rouge et le Noir »

J’ai vu dans ses yeux un grand trou noir

Un air un peu bébête

J’essaie de parler peinture, en vain

Il prend Gauguin pour un écrivain

Mais c’est quoi ce mec ?

 

Puis je lui demande c’qu’il fait ici

Là il m’explique sa théorie

Sur les bibliothèques

Lui ce qu’il veut c’est rouler des pelles

Aux petites intellectuelles

Dans les bibliothèques

 

Passe encore s’il m’avait trouvé belle

Mais me prendre pour une intellectuelle

J’lui ai fermé son bec

Armée du plus gros des dictionnaires

J’lui fis réviser l’Abécédaire

D’un grand coup sec !

 

Je m’éloigne un peu de ce vaurien

Pour aller m’asseoir un peu plus loin

A la bibliothèque

Tendre ma ligne vers d’autres poissons

Qu’ils m’enlèvent vers d’autres horizons

Que la bibliothèque

 

Frédéric Bobin http://fredericbobin.free.fr/ et Noah Lagoutte http://www.noahlagoutte.com/

02.01.2009

Tous au ciel !

Petits lecteurs, grands lecteurs… et non-lecteurs, prenez l’escalier de la bibliothèque et montez jusqu’au ciel !

 

EXPOSITION  « LE CIEL »

 

Etoiles, lune, éclipses, voie lactée… l’observation du ciel fait rêver depuis la nuit des temps. Mythes, religions, astrologie, arts, sciences et science-fiction, tous les domaines s’en sont inspirés !

Visitez les diverses représentations du ciel à travers les âges et les cultures, et découvrez l’évolution des connaissances astronomiques jusqu’à aujourd’hui.

 

-    Inauguration le samedi 28 février à 11h.

-    Exposition ouverte au public tout le mois de mars aux horaires d’ouverture de la bibliothèque. 

-    Accueil des classes les mardi, jeudi et vendredi après-midi.

-    Heure du conte vendredi 20 mars à 17h à l’amphithéâtre des maternelles.

 

Dessins et arts plastiques, jeux et quizz, observation du ciel et diaporama… le programme des animations organisées autour de l’exposition sera détaillé  sur les affiches et les tracts distribués chez les commerçants de Soucieu, et sur le blog bien sûr !

 

La Tête en friche

La Tête en friche, Marie-Sabine ROGER                               Le Rouergue, 2008 (La Brune)

Où un homme inculte rencontre une vieille dame sur un banc, et compte avec elle les pigeons du jardin public… amorçant ainsi une relation profonde et enrichissante pour tous deux.

En tant que bibliothécaire, j’ai bien sûr aimé cette histoire de découverte de la littérature par une personne qui n’y avait jamais eu accès : la surprise, le moment où il est " appâté " par " La Peste " de Camus, l’éclairage que lui apporte " La Promesse de l’aube " de Romain Gary sur ses relations avec sa mère,… Ah, le charme et la puissance des mots !

On trouve aussi des moments jubilatoires lorsque les copains de bistrot de Germain réalisent que leur benêt de service n’est pas aussi idiot qu’ils l’ont toujours cru. Le choc du garagiste " intello " du bar, déstabilisé lorsque Germain utilise du vocabulaire que lui même ignore !

Beaucoup d’affection aussi pour Margueritte, cette grand-mère adoptée sur le tard.

Marie-Sabine Roger passe ici avec sensibilité de la littérature jeunesse au roman adulte. Pas d’effets de manche, ni de processus d’écriture alambiqué : un roman facile à lire et attachant.

Aline

18.12.2008

Le premier qui pleure a perdu

Le premier qui pleure a perdu, Sherman Alexie

Albin Michel (Wiz), 2008

 

Junior n’a vraiment pas de chance : non seulement il est né avec une drôle de tête, mais en plus sa famille est misérable, et vit sur une réserve indienne. Comme il le dit « La pauvreté ne rend pas plus fort, elle ne donne pas de leçons de persévérance. Non, tout ce que nous apprend la pauvreté, c’est à être pauvres ». Pire encore, il est premier de sa classe, et souffre-douleur des enfants de son âge.

Pourtant, Junior est drôle, doué et affectueux. El il est assez lucide pour savoir qu’il n’aura aucun avenir s’il reste avec les siens. Il décide alors d’étudier au lycée des Blancs, plus prestigieux. Quitter la réserve ne se révèle pas facile : kilomètres à avaler, souvent à pieds, choc culturel, mais surtout haine des indiens de la réserve et de son meilleur ami, qui ne comprennent pas ce qu’ils considèrent comme une traîtrise. Alors Junior n’a pas le choix, il faut qu’il soit le meilleur en classe, au basket… au risque d’affronter la solitude.

 

Ecriture fluide, parfois familière. Beaucoup d’humour, y compris dans les dessins de Junior qui agrémentent le texte. Bestseller aux Etats-Unis, ce roman aborde de nombreux sujets : l’amitié, l’exclusion, la faim, l’alcoolisme sur les réserves et ses conséquences, les attitudes racistes… pas toujours là où on les attend.

Un roman –autobiographique- plein de vie et d’espoir !

Aline

Les fragmentés

Les fragmentés, de Neal Shusterman. – Le Masque, avril 2008. (MsK)

 

Dans un monde ressemblant au nôtre, la « Deuxième Guerre Civile » s’est terminée par un compromis, la « Charte de Vie » : il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant, depuis le moment de sa conception jusqu’au jour de son treizième anniversaire. Néanmoins, tout parent peut décider d’interrompre la vie de son enfant entre l’âge de treize et dix-huit ans par le biais de la fragmentation, qui permet de récupérer tous ses organes… et donc de prolonger sa vie, d’après la propagande.
La fragmentation est devenue une pratique courante. Pour des raisons différentes, 3 adolescents, Connor, Risa et Lev, se retrouvent sur la liste fatale. Leurs chemins se croisent, et ils s’unissent pour échapper aux Frags, la police des fragmentés.

 

Thriller d'anticipation original, c’est aussi un roman initiatique qui propose une réflexion sur l'indépendance, la quête de soi, les relations avec les autres et ce qu’on est prêt à faire pour survivre. L'histoire est assez complexe, avec des rebondissements pas forcément attendus.

 

Aline

 

10.12.2008

Islande

Karitas, sans titre – de Kristin Marja BALDURSDOTTIR                   Gaïa, 2008

 

En 1915, la mère de Karitas  –dont le mari a disparu en mer-  décide de quitter la ferme familiale pour s’installer au port d’Akureyri, afin de gagner de quoi envoyer ses enfants à l’école. Karitas, la plus jeune des filles, s’occupera longtemps des tâches ménagères avant d’aller avec les femmes se brûler les mains à saler le hareng. Elle aura la chance de suivre l’école des beaux arts à Copenhague, mais peinera ensuite à concilier ses aspirations d’artiste et la dure vie sur la ferme isolée de son mari. Comment pourrait-elle se consacrer à l’art quand le plus bel homme d’Islande n’arrête pas de lui faire des enfants ?

 

C’est la rude Islande du siècle dernier que nous conte Kristin Marja Baldursdottir, au travers de la vie de Karitas.

La  vie quotidienne des femmes, toute de labeur, entre les naissances et la tenue des maisons. La beauté des fjords, l’hivernage en famille dans les fermes de tourbe et les fêtes de l’été. Les longues saisons de pêche sans les hommes, le salage du hareng, la chasse aux grands labbes…

Les chapîtres du récit alternent avec de courtes scènes de description, conçues comme des tableaux qu’aurait pu peindre son héroïne…

 

Comme l’annonce la 4ème de couverture, fidèle au livre, Karitas, Sans titre est une « magistrale reconstitution historique, sociale et humaine, située dans un décor époustouflant. Un destin [de femme] passionnée… ». Certes, je suis partiale : depuis un voyage de découverte de l’Islande, j’ai une affection particulière pour cette île et ses habitants. Mais même sans connaître le pays, je pense que ce livre est beau, fort et émouvant, et je le recommande à tous ! Ne vous laissez pas rebuter par les 500 pages roses…

 

Aline

 

 

 

03.12.2008

Histoire locale

Le Plateau Lyonnais, coteaux et vallons

Causerie sympathique samedi  22 novembre, autour de monsieur Rivoire. Il nous a présenté ce livre, dont il est co-auteur avec d'autres spécialistes de l'histoire locale.

Vous connaissiez le "coquetier" ustensile de cuisine servant de support à l'oeuf à la coque ?

Et bien, le coquetier de Brindas et celui de Soucieu sont tout autres ! Historiquement, ce terme désignait dans la région "le marchand ambulant qui ramassait les oeufs de ferme en ferme pour venir les vendre à la ville... bien entendu il collectait aussi le beurre, les fromages, les volailles, le saucisson, et à l'occasion les fruits et légumes". Les coquetiers étaient nombreux au 19ème siècle dans les villages du Plateau Lyonnais.

Hélas, nous avons dû nous passer de monsieur Robert, qui devait nous présenter l'historique de la blanchisserie dans l'Ouest Lyonnais. Il est en convalescence et n'a pas pu monter les escaliers de la Tour !

Monsieur Rivoire a offert à la bibliothèque un exemplaire dédicacé de ce livre. Il est disponible au prêt ou à la consultation. Des aqueducs romains à l'irrigation collective actuelle, en passant par le patois franco-provençal, les vignerons et la révolution fourragère... des articles variés vous attendent.

Heure du conte du 14 novembre

Alerte à l'ours !

Le pedescaous devait arriver à l'amphi des maternelles avant la tombée de la nuit...

Mais suite à un décès dans la famille de Martine, il manquait une conteuse ! Pas de Pedescaous, donc !!! Il reviendra à une date ultérieure, ne vous inquiétez pas.

Heureusement, Anne et Paulette ont quand même raconté pour les enfants.

18.11.2008

Jours d'orage...

 

 Jours d’orage de Kathrine Kressmann Taylor       Flammarion, 2008

 

Dommage !

 

Couverture sépia, librairie feutrée :  c'était un cadeau plein de promesses et je me suis réservée soigneusement cette lecture un beau  soir d'automne. J'ai déchanté dès les premières pages, au vu des maladresses de style ou de traduction... J'ai poursuivi l'histoire, genre Delly ... pour les initiés. Tout y est: le beau marquis, la veuve américaine un peu gourde, la belle enfant à protéger, le beau manoir et la méchante belle-sœur. Les allemands en chapeau tyrolien terminent le cliché en beauté, euh ... en méchanceté.

 

 

Là s'arrête toute comparaison avec les pages subtiles de Inconnu à cette adresse, on peine à croire qu'il s'agisse du même auteur....

Et si les écrivains avaient le droit de se tromper, et si leurs  manuscrits pouvaient dormir tranquillement au fond d'un tiroir... loin de l'agitation commerciale.

Sylvie

06.11.2008

Appelez-moi Jeanne

Appelez-moi Jeanne                  Elise FISCHER     Fayard 2007

 

Jeanne, la mère de l'auteur, née en Alsace en 1922, écrit sa vie à la demande de sa  fille.

Le lecteur découvre ainsi l'histoire d'une enfant élevée par ses grands-parents maternels jusqu'à l'âge de 10 ans. Cette période est évoquée avec beaucoup de nostalgie par l'auteur  pour qui elle reste la plus belle, malgré le secret qui l'entoure.

C'est également plus tard l'histoire d'un amour interdit avec un allemand pendant la 2ème guerre mondiale, puis l'histoire d'un mariage non désiré avec un lorrain.

 

Jeanne raconte les secrets de famille, les rapports mère-fille (avec sa mère et avec ses filles), la condition féminine à l'époque, les sacrifices dus au manque d'argent qui font qu'une vie a été ce qu'elle a été, la douleur de perdre des enfants en bas-âge…

 

Ce livre raconte les choses de la vie  avec simplicité, humour et émotion  dans cette région d'Alsace-Lorraine déchirée par l’histoire ; il nous parle aussi des valeurs inculquées à l’époque : morale, honneur, dignité, courage, sens du devoir.

 

Ce roman peut être lu par tous.

 

Les lecteurs de la bibliothèque ont beaucoup aimé, du même auteur, 

Les cigognes savaient.

 

Marie-France