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07/12/2020

Semiosis, science-fiction écologique

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Semiosis

Sue Burke

Albin Michel (Imaginaire), 2019, 434 p., 24.90 EUR

Traduit de l'américain Semiosis par Florence Bury

 

Une expédition humaine a quitté la Terre et ses conflits pour s’établir sur une planète lointaine compatible, au terme d’un voyage de 160 ans. Sur Pax, ils veulent « fonder une nouvelle société en pleine harmonie avec la nature, dans la confiance mutuelle, la joie, l’amour, la beauté, la communauté et la vie ». Nous suivons d’abord l’établissement difficile de la première génération, en butte à un monde qu’elle ne comprend pas, puis l’adaptation, génération après génération et la confrontation de l’utopie à la réalité.

L’originalité de ce roman de science-fiction tient à l’importance accordée aux relations entre humains, animaux et végétaux, tous plus ou moins dotés d’intelligence. Les échanges entre les plantes ne vont pas sans rappeler les essais de Wohlleben (La vie secrète des arbres), mais elle est poussée jusqu'aux échanges et à la compréhension entre espèces différentes. La communication est au cœur du récit : comment se comprendre lorsque tout notre référentiel est différent ? La fable écologique est développée à l’extrême, jusqu’à l’idée de symbiose entre les hommes, les animaux et les plantes… unis (ou pas) pour la survie et dans l’amour du beau.

Passée une certaine frustration lorsque l’auteur choisit d’abandonner les personnages d’une génération pour avancer à la suivante, j’ai trouvé ce récit passionnant, et porteur d’un regard stimulant  sur nos rapports entre nous, et à la nature ! Le roman peut se lire seul, mais un second tome de ce dyptique, Interference, est déjà paru en anglais...

Aline

04/12/2020

Retour à Vienne

nazisme, Autriche, amour, pardon

 

Revenir à Vienne

Ernst Lothar

L. Levi (Littérature étrangère), 2019, 506 p., 23€

Traduit de l’allemand Die Rückkehr par Elisabeth Landes

Ce roman, paru en édition française en 2019, a été écrit de 1945 à 1949 (date de sa parution en Autriche). Ernst Lothar, écrivain viennois, s’exile aux Etats-Unis en 1938 en raison de ses origines juives. Il revient en Autriche après la guerre comme conseiller du gouvernement américain en charge de la dénazification culturelle. "Revenir à Vienne" est fortement inspiré de sa propre expérience.

Félix on Geldern est d’ascendance juive par son grand-père maternel. Sa profonde hostilité envers l’Allemagne nazie l’a poussé à fuir l’Autriche en 1938 avec toute sa famille, à l’exception de sa mère. Ils partent à New York, où ils vivent très confortablement grâce aux investissements réalisés par le grand-père, et où ils obtiennent la nationalité américaine. En 1946, dans l'euphorie de la défaite du nazisme, Félix obtient l’autorisation de revenir un mois à Vienne avec sa grand-mère Viktoria, dans le but d’obtenir la restitution des biens familiaux.

Félix a rêvé ce retour pendant des années et c’est pour lui un très grand bonheur de revoir la ville qu’il aime tant. Mais il se heurte à une réalité accablante : la ville est en ruine, ses habitants affamés, la confrontation avec les victimes insoutenable, l’occupation américaine très mal acceptée. Le nazisme est toujours présent. D’anciens collaborateurs ont encore de l’influence. Ainsi Félix, cité comme témoin au procès d'un ex-ministre accusé d'avoir facilité l'Anschluss, confirme la culpabilité de l'inculpé et se heurte, stupéfait, à des juges sympathisants nazis. Félix découvre sa ville sous un autre jour avec les compromissions, les actes de lâcheté, les silences criminels, les non-dits sur le récent passé nazi.

Ce douloureux constat est aggravé par sa rencontre avec une femme qu’il a passionnément aimée.  En 1938, Gertrud Wagner était une jeune chanteuse lyrique talentueuse promise à une brillante carrière. Malgré le rattachement de son pays à l’Allemagne nazie, elle a choisi de rester plutôt que de partir avec Félix. Sa réussite professionnelle était alors sa priorité et elle n’a pas hésité à se compromettre avec les dirigeants nazis, en particulier, Goebbels avec lequel elle a entretenu des relations ambiguës.

Dès qu’il la voit sa passion ressurgit intacte et empêche tout raisonnement logique. Elle l’accapare et une seule chose compte pour lui, épouser Gertrud. Celle-ci partage son amour mais nie les faits qui lui sont reprochés. Pourtant elle se souvient de son indifférence, de son silence face aux brimades, aux arrestations, aux déportations de voisins, connaissances, ami(e)s. Cela ne l’a pas empêchée de chanter, danser, s’amuser. Elle prend conscience des conséquences de son attitude et d’un passé incompatible avec les convictions de Félix…

Ce livre n’est pas seulement un roman, c’est aussi un témoignage criant de vérité. A travers Félix, Ernst Lothar décrit ce qu’il a vu, ressenti, vécu et il interroge. Peut-on pardonner et oublier ? Il livre une réflexion sur la difficile confrontation entre l’amour de sa patrie et une période de son histoire qu’on aimerait oublier.

Annie

29/11/2020

Souvenirs doux amers du Vietnâm

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Sous le ciel qui brûle

Hoai Huong Nguyen

V. Hamy, 2017, 18€

 

A 40 ans, Tuân vit en ermite dans l’Oise. Lors d’une promenade dans la forêt de Chantilly, à la recherche des premières jonquilles du printemps, il laisse affluer ses souvenirs d’enfance en Anman. Les paysages de campagne vietnamiens et français semblent dialoguer dans une douceur mélancolique.

« Son grand-père avait construit sa maison dans le hameau de Shui (non loin de Huê), sur un large terrain au bord d’une rizière. Lorsque ses enfants étaient devenus grands, ils y avaient bâti leur maison à côté de la sienne, de sorte que cette entreprise finit par donner un lot de paillotes hétéroclites au milieu d’un jardin verdoyant. Il y poussait toutes sortes de plantes ; lorsque Tuân était petit et qu’il s'y promenait, les belles-de-nuit, les roses et les pivoines formaient à ses yeux une forêt colorée. Le grand-père avait aménagé un verger où l’on trouvait de nombreux arbres fruitiers. Un plaqueminier centenaire y tenait une place singulière. Haut de vingt mètres, il avait un énorme tronc entrelacé d’orchidées blanches ; à l’automne, son feuillage devenait écarlate et se chargeait de fruits sucrés. Dans le pays, on le disait habité par les esprits errants. Chaque nuit, il semblait s’animer, ses branches craquaient et murmuraient sous le vent… »

Elevé par son grand-père et par sa tante Anh à la mort de ses parents, Tuân a vu partir tous ceux qu’il aimait. Avec la progression du Viet-Minh, les séparations et les exactions se sont multipliées, jusqu’à pousser Tuân à l’exil.

Tombé amoureux du français à l’école primaire, pour ses comptines et ses sonorités, il a lu avec délices les volumes de la Comtesse de Ségur, qui lui semblaient d’un grand exotisme, et partagé ses lectures avec sa jeune cousine. Adolescent, ce sont les écrits de Gérard de Nerval qui l’ont passionné et lui ont donné le goût de la campagne française et de la poésie. C’est aussi cette langue adorée qui sera son refuge et son inspiration.

Ce texte baigné de poésie navigue avec douceur entre la nostalgie de l’enfance et la mélancolie du présent. Les moments difficiles sont atténués par l’évocation puissante des paysages et des personnes aimés.

Aline

24/11/2020

Le monstre chez moi

société,maltraitance,thriller

 

Le Monstre chez moi

Giles Amy

Nathan (Grand format), 2020, 394 p., 17€95

(dès 15 ans)

Hadley a 17 ans. Capitaine de l’équipe de hockey et excellente élève, elle pourrait intégrer les meilleures universités américaines, mais elle serait alors obligée de quitter la maison.  Pour elle, impossible de laisser sa sœur entre les mains de leur père, un homme tyrannique et violent prêt à exploser. Protéger Lila est la seule chose qui compte car elle ne pourra espérer aucun soutien de leur mère, soumise et alcoolique.

Heureusement dans la vie d’Hadley, il y a des moments où la légèreté de l’adolescence semble  reprendre le dessus, entre amour et amitié. Mais la jeune fille est passée maître dans l’art de dissimuler ses blessures...

Le crash d’avion qui coûte la vie de ses parents dès le premier chapitre va faire craquer le verni de cette famille américaine bien sous tous rapports.

Ce roman très prenant, alterne les récits:

Dans les chapitres intitulés "avant", on découvre sa vie au lycée et à la maison avant le crash : les injonctions, les menaces, l’omniprésence oppressante du père et le climat de violence dont Hadley capte toutes les nuances électriques dans l’air ...

Dans les chapitres intitulés "maintenant", on évolue dans l’univers de l’hôpital psychiatrique qui l’accueille après le drame.

Un troisième point de vue narratif nous donne des éléments d’information supplémentaires. Il s’agit de l’enquête de police qui est menée pour déterminer les causes exactes de l’accident, car là encore il faut regarder au-delà des apparences.

L’auteur nous donne avec beaucoup de force les clefs d’un thriller où la tension dramatique et les informations sont distillées au compte-goutte après un premier chapitre qui nous plonge au cœur de l’intrigue. 

L'écriture relate très bien l’emprise psychologique du bourreau sur sa victime et la manière dont un enfant maltraité entre en vigilance permanente et développe des fonctionnements de survie pour échapper au pire.

Le sujet de la maltraitance parentale y est abordé sans pathos; le personnage principal étant dans l’action et du côté de la vie, elle nous porte tout au long de l’histoire.

Lissy

16/11/2020

L'imprudence

Laos, exil, famille, sexualité

L’imprudence

Loo Hui Phang

Actes Sud, 2019, 139 p., 17€50

 

Issue du monde de la BD, l’auteure signe ici son premier roman, récompensé par le prix Senghor du premier roman francophone 2019.

Vietnamienne née au Laos, la narratrice n’avait qu’un an lorsqu’elle a quitté le pays clandestinement avec ses parents et son frère. Elle a grandi à Cherbourg, dans sa famille qui tentait de respecter les traditions vietnamiennes… et il lui a fallu quitter les siens pour affirmer son indépendance et vivre de son « job » de photographe.

Lorsque sa grand-mère Waipo meurt, elle passe quelques semaines en famille au Laos, à Savannakhet. Occasion de renouer avec son grand-père, avec qui elle se sent des affinités, mais aussi de mesurer à quel point sa vie française la différencie de la jeune femme qu’elle aurait été si sa famille était restée au Laos. C’est à son grand frère que s’adresse le récit, toujours à la deuxième personne. Ce grand frère tellement marqué par l’exil qu’il s’est refusé à réussir sa vie en France.

Consolation, exutoire, plaisir de l’instant, passion… une grande part du récit est consacrée à sa sexualité, revendiquée et vécue sans complexes, miroir de celle de son grand-père en son temps. Pour reprendre le titre de l’une de ses bandes dessinées, elle aime le regard et "l’odeur des garçons affamés".  

L’écriture est ramassée et sensuelle, mais pas crue. On s’attend à ce que Loo Hui Phang reprenne et approfondisse les thèmes du désir, de la famille, et de l'exil, sur lesquels il semble qu’elle ait encore beaucoup à dire.

laos,exil,famille,sexualitéLire aussi sa bande dessinée Black-out, avec Hugues Micol à l'illustration, chez Futuropolis. Biographie de Maximus Wilde, acteur charismatique métis de descendance noire, chinoise et amérindienne, cette BD s'attaque au mythe Hollywoodien, et démontent les artifices d’un monde injuste et centré sur les blancs, maillon de la propagande gouvernementale.

Aline

09/11/2020

L'attaque du Calcutta-Darjeeling

roman policier, inde

 

L'attaque du Calcutta-Darjeeling

Abir Mukherjee

Liana Levi (policiers), 2019, 400 p., 21€

 

Nous sommes en 1919 à Calcutta, un haut dignitaire anglais est retrouvé mort, assassiné dans une ruelle d'un quartier malfamé.

L'enquêteur, le capitaine Wyndham, vétéran de la guerre de 14-18, est muté en Inde colonisée, son équipe est constituée d'un anglais, Didby, et d'un sergent indien, Banerjee, qui a étudié à Cambridge.

Mais alors qu'ils viennent de découvrir le corps de MacAuley une attaque est perpétrée contre le train "Calcutta-Darjeeling". Les deux incidents seraient-ils liés ? Quel lien avec le massacre d'Amritsar avril 1919 ? Les terroristes anticolonialistes britanniques sont-ils à l’origine du meurtre?

C'est ce que devra découvrir le capitaine Wyndham. Cet enquêteur est addict à l'opium et à la morphine (référence à Sherlock Holmes !) substances qui lui permettent de soulager les douleurs de la guerre et un drame personnel.

Tout est présent dans ce roman : le contexte historique, l'humour, des personnages hors normes sans concession, l'intrigue et l'amour. J'attends la traduction des  autres tomes avec impatience !

Pascale

02/11/2020

Les lectures de l’été…

roman, Je suis une viking

Andrew David MACDONALD

Nil, 2020, 448 p., 21€

Traduit de l’anglais (Canada) par Valentine Leys

La narratrice, victime du syndrome d’alcoolisme fœtal, n’est pas tout à fait comme les jeunes femmes de son âge. Elle se passionne pour l’histoire des vikings, forts, courageux, dont les héros protègent ceux qui ne peuvent pas se défendre. Elle imagine ce que pourrait être sa saga si sa famille était une tribu viking, et choisit de construire sa légende personnelle. Plein d’humour et très rafraichissant, ce roman se lit facilement.

 

roman, Le sel de tous les oublis

Yasmina Khadra

Julliard, 2020, 256 p., 19€

Adam, instituteur, vit à Alger, après l’époque du colonialisme. Lorsque sa femme le quitte, il perd pied, part à pied, boit beaucoup, se fait agresser, est emmené dans un asile, puis mène une vie d’errance. En marchant dans les montagnes, il rencontre une série de personnes bienveillantes, alors que lui-même est agressif et ombrageux… Un très bon Khadra !

 

roman, Impossible

Eri de Luca

Gallimard (Du monde entier), 2020, 174 p., 16€50

Un magistrat interroge un suspect, et l’accuse d’avoir tué un autre alpiniste. Sans preuve, il se base sur la coïncidence de leur présence à tous deux dans les Dolomites : l’accidenté est l’homme qui avait trahi le suspect et ses camarades révolutionnaires dans leur jeunesse. Il ne se passe rien dans ce roman, composé en alternance du dialogue entre le magistrat et le suspect, et des lettres du suspect à son amour. Et pourtant, c’est une merveille !

 

roman, Betty

Tiffany McDaniel

Gallmeister (Americana), 2020, 720 p., 26€40

Fille d’un père cherokee et d’une mère blanche, Betty vit dans l’Ohio. Le roman explore sa belle relation avec son père, ses rapports avec sa fratrie et sa mère bipolaire et déséquilibrée, ses liens très forts avec la nature. La ressource de Betty, c’est d’écrire tout ce qui se passe dans sa famille, et d’enterrer ses petits papiers. Le sort des filles américaines jusqu’à la fin des années 1960, un secret de famille, un père qui sait admirablement valoriser ses enfants… C’est magnifique !

 

roman, Longtemps je me suis couché de bonheur

Daniel Picouly

Albin Michel, 2020, 328 p., 19€90

Un adolescent des années 1960, vivant dans une Cité, se plonge dans l’œuvre de Proust pour l’amour d’une Albertine. On retrouve avec plaisir l’écriture déjantée de Picouly.

 

roman, Le répondeur

Luc Blanvillain

Quidam, 2020, 260 p., 20€

Un écrivain célèbre surmené, qui doit terminer son ouvrage, embauche un imitateur, « double » qui doit le remplacer au téléphone…

 

romanMarcher la vie ; un art tranquille du bonheur

David Le Breton

Metailie (Suites, Sciences Humaines), 2020, 164 p., 10€

Professeur à Strasbourg, David Le Breton dans cet essai « Rousseau-iste » nous démontre en quoi marcher peut transformer la vie.

 

romanL’usurpateur

Jørn Lier Horst

Gallimard (Série Noire), 2019, 448 p., 22€50

Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Au même moment, deux hommes dont la mort remonte à 4 mois,  sont découverts : l’un devant sa télévision allumée, l’autre dans une forêt de sapins. L’inspecteur de police se concentre sur la deuxième victime, tandis que sa fille journaliste enquête sur la première – se demandant comment on peut mourir chez soi sans que personne ne s’en rende compte ! Le récit est crédible, dans une ambiance d’hiver norvégien (l’auteur est lui-même policier en Norvège). Les chapitres sont alternés entre les deux enquêtes, dans une intrigue qui tient bien la route, avec plusieurs fausses pistes.

 

romanLes jours brûlants

Laurence Peyrin

Calmann-Levy, mai 2020, 324 p., 20€50

Une bourgeoise californienne à la vie bien rangée est bouleversée par une agression. Elle remet toute sa vie en question et bascule. Se lit facilement.

 

romanLe bal des folles

Victoria Mas

Albin Michel, 2019, 256 p., 18€90

Prix Renaudot des Lycéens 2019

Chaque année à la mi-carême se tient, avec les malades de l’hôpital de la Salpêtrière, un très étrange Bal des Folles, expérimentation de Jean-Martin Charcot.  En évoquant l’histoire de la médecine aliéniste d’autrefois et les balbutiements de la psychiatrie, Victoria Mas se penche sur la condition féminine au 19e siècle dans un récit effarant.

 

romanLa plus précieuse des marchandises, un conte

Jean-Claude Grumberg

Seuil (La Librairie Du XXIe siècle), 2019, 120 p., 12€

Un couple de bûcherons sans enfant vit chichement dans les bois, à l’affut des ballots qui pourraient tomber du train de marchandises. Il en tombe parfois des papiers, mais un jour, c’est un paquet qui est lancé vers la bûcheronne. C’est une fillette, sauvée du convoi 49…

« La seule chose qui mérite d’exister dans la vie vraie comme dans les romans, c’est l’amour. »

 

romanUne présence dans la nuit

Emilie Edgar

Belfond, 2018, 392 p., 21€

Premier roman, policier psychologique.  Alice Taylor, infirmière, sait d’ordinaire séparer sa vie professionnelle de sa vie privée. Elle est pourtant très attachée à Cassie, une jeune femme dans le coma après avoir été renversée par un chauffard. Dans la même chambre qu’elle, Franck, prisonnier du syndrome d’enfermement, est témoin des visites au chevet de Cassie, connaît l’identité du chauffard, et sait qu’elle est en danger. Pourra-t-il prévenir Alice ?

 

romanDans le murmure des feuilles qui dansent

Agnès Ledig

Albin Michel, 2018, 388 p., 20€

Hymne à la vie et à la résilience, émouvant et simple autour de quatre personnages : Anaëlle, qui a subi de graves opérations suite à un accident de voiture et a dû écourter ses études, a une relation épistolaire belle et poétique avec un ancien professeur de droit. Thomas passe ses journées en forêt, avant de venir raconter tout ce qu’il y a vu à son jeune frère Simon, hospitalisé.

 

romanLa vie secrète des arbres

Peter Wohlleben

Les Arènes, 2017, 260 p., 20€90

Ecrit par un ingénieur forestier allemand, cet excellent documentaire sur l'interaction entre les arbres, est beau comme un conte. Il donne envie d'aller se promener et observer en forêt.

 

romanTropique de la violence

Nathacha Appanah

Gallimard (Blanche), 2016, 176 p., 17€50

Prix Fémina des Lycéens 2016

Une infirmière française à Mayotte, en mal d’enfant, adopte un bébé aux yeux vairons, abandonné à l’hôpital par une jeune clandestine. Elle lui donne une éducation plutôt privilégiée, mais en grandissant, Moïse vit mal ses silences sur son histoire. Lorsque sa mère adoptive meurt subitement, il part à la dérive avec son chien, et entre dans une spirale infernale aux mains d’une bande de malfrats. Très belle écriture poétique et puissante, alternée entre cinq narrateurs : la mère, Moïse, le chef de bande, le policier, le travailleur humanitaire.

Ce roman a fait l’objet d’une belle adaptation en BD par Gaël Henry, chez Sarbacane, en 2019.

Dans le même genre, en Guyane, lire aussi Obia, de Colin Niel.

 

romanEt tu trouveras le trésor qui dort en toi

Laurent Gounelle

Kero, 2016, 20€90

Alice se met en tête d’aider son ami d’enfance, prêtre, à remplir à nouveau sa paroisse. Elle décide d’attirer les fidèles en appliquant ses techniques de marketing à la religion. Pour ce faire, elle essaie de comprendre et décortiquer les grands courants religieux. Quand Gounelle s’essaie à la philosophie des religions dans un grand fourre-tout syncrétiste pseudo-pédagogique…

 

romanL’été contraire

Yves Bichet

Mercure de France, 2015 / Gallimard Folio, 2017, 6€90

Une infirmière de maison de retraite, complice d’une virée des résidents au casino de Vals les Bains, se fait renvoyer. Toute l’équipe part alors dans une joyeuse escapade. Très bons dialogues et descriptions !

 

romanLe temps des réformes

Pierre Chaunu

Fayard, 1976, réed 1999 et 2003

Ce documentaire autour de la Réforme permet de comprendre bien des choses actuelles.  Pierre Chaunu retrace l'évolution de la pensée, depuis les origines de  l'Antiquité gréco-latine, la construction judéo-chrétienne, la Réforme… jusqu’à notre civilisation.

 

Et les lectures coup de cœur, valeurs sûres dont les critiques se trouvent sur ce blog :

Opus 77, Alexis Ragougneau

De pierre et d’os, Bérengère Cournut

Une rose seule, Muriel Barbery

L’arbre monde, de Richard Powers (voir critique)

Âme brisée, d’Akira Mizubayachi

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

13:33 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman

27/10/2020

Lettre d'amour sans le dire

rentrée littéraire

Lettre d’amour sans le dire

Amanda STHERS

Grasset (Littérature française), 2020, 140 p., 14€50

 

Au fil des pages, la narratrice se dévoile par petites touches, en s’adressant au masseur shinto japonais qui a réveillé son corps et l’a rendue à elle-même. Pour se rapprocher de lui, elle a pris des cours de japonais, et s’est plongée dans la culture et la littérature japonaise.

Professeure de français en retraite anticipée, « plouc du nord » installée à Paris par sa fille, Marine, entrée par mariage dans la grande bourgeoisie, et qu’elle embarrasse plus qu’autre chose. On s’attache à cette femme en retrait, qui a subi sa vie plus qu’elle ne l’a vécue, soumise aux souhaits (et aux attouchements) des autres.

Délicat et japonisant.

Marie-Josée et Aline

26/10/2020

Une rose seule

roman,rentrée littéraire,japon,famille

 

Une rose seule

Muriel Barbery

Actes Sud, 2020, 158 p., 17€50

 

Rose a grandi avec sa grand-mère Paule et sa mère Maud, jeune femme mélancolique et triste, sans joie de vivre. Elle n’a pas connu son père Haru, que sa mère a quitté juste avant sa naissance en lui faisant promettre de se tenir à l’écart de sa vie. Elle sait cependant qu’il est japonais et riche.

Malgré cette absence et ce manque, elle a une enfance heureuse, grâce à sa grand-mère, jusqu’à l’âge de 10 ans, où sa mère finit par sombrer dans la dépression, faisant éclater cette apparence de bonheur. Désormais Rose va vivre dans l’indifférence et la superficialité. Rien ne remplit sa vie, ni ses amis, ni ses amants, ni sa profession de botaniste. A 40 ans, elle vit seule, sans attaches ; elle a perdu sa mère et sa grand-mère. Et  cette existence vide de tout va être  bouleversée. Elle reçoit une lettre du notaire de son père l’informant de son décès et de sa décision de lui léguer sa fortune.

C’est une femme en colère et pleine de rancœur qui arrive à Kyoto. Elle en veut terriblement à ce père qui ne s’est jamais manifesté de son vivant et ses sentiments sont amplifiés par les instructions qu’il a laissées pour sa venue. En effet, il a établi un programme à suivre avant de découvrir son testament ainsi que la lettre posthume qu'il lui a laissée.

A travers un itinéraire de temples et de jardins, elle va s’approcher de son père et va apprendre à mieux se connaître et s’accepter. C’est un chemin vers la résilience au cours duquel elle doit exsuder toute la colère qui est en elle, sa dureté, son chagrin, sa rancœur. Ces promenades dont elle ne perçoit pas le sens au départ, vont progressivement résonner en elle ; elle  va peu à peu s'adoucir et tomber sous le charme des jardins zen, des temples, de l’art floral mais aussi de la vie japonaise avec ses restaurants traditionnels et ses maisons de thé. Paul, l’assistant de Haru l'accompagne dans ce cheminement qui aboutit à une acceptation de la perte, de la douleur, et à une libération et une acceptation du bonheur.

Muriel Barbery nous emmène dans des lieux hors du temps propices à l’émerveillement et à l’apaisement et nous fait découvrir la beauté et l'importance de la flore dans la culture japonaise. Des fleurs majestueuses illuminent le texte, pivoines, azalées, brassées d’œillets,  iris pâles mouchetés de bleu, violettes, camélias… Les bambous célestes, les érables, les tapis de mousse  voisinent avec la minéralité des jardins de sable et de graviers striés de lignes parallèles ou de cercles dans un ensemble parfait. Les lanternes de pierre, les rochers, les bassins complètent, dans la sobriété et la simplicité,  cette vision de la nature en communion avec l’homme.

De courts récits allégoriques introduisent chaque chapitre dont le titre, toujours lié au végétal, est une phrase extraite de ces contes. L’écriture est  raffinée, ciselée, la description précise et poétique dans un texte court, épuré et en même temps très dense.

Un beau roman sur une re-naissance et une déclaration d’amour pour la culture japonaise à travers les jardins, miroirs de la nature et expression de la pensée philosophique et religieuse de ce pays.

Annie

22/10/2020

atelier scientifique

De l'air!

Se poser des questions, émettre des hypothèses, expérimenter, manipuler... voilà ce qu'ont fait nos scientifiques en herbe lors dans l'atelier des Savants Fous!

sciences; atelier; découvrir

Ils ont soumis l'air à toutes les tortures : compression, décompression, mesure du poids et du volume...

Ils ont compris que même s’il ne se voit pas, l’air rempli tout l’espace et n’est pas si léger qu’on le croit !