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02/05/2022

American Dirt

migrant, mexique

 

American Dirt

Jeanine CUMMINS

Ed. P. Rey, 2020, 544 p., 23€
Traduit de l’anglais US par Françoise Adelstain et Christine Auché

 

Merci aux lecteurs et aux libraires qui m’ont conseillé ce roman, dont le sujet n’est pas les Etats-Unis, comme on pourrait le croire, mais plutôt les migrants des pays d’Amérique Centrale ou du Sud.

La première scène du livre, dramatique, explique le départ de Lydia, libraire à Mexico, et de son fils de 8 ans, Luca, qui doivent brutalement disparaitre et prendre la route clandestine vers "El Norte". Nous suivons ensuite leur progression chaotique au travers d’un Mexique gangréné par les gangs de narcotrafiquants et les exploiteurs de misère humaine.

C’est la peur qui règne. Le roman est difficile à poser tant on craint pour leur vie et leur intégrité ; cependant il est allégé par les jours de répit dans les "Casas del migrante", ainsi que l’aide rencontrée en chemin, le secours des gens ordinaires ou des associations catholiques. L’entraide entre migrants est décisive, comme leur rencontre avec les sœurs Soledad et Rebeca qui fuient le Honduras. Avec elles ils apprennent à chevaucher "La Bestia" (train de marchandises), à éviter la police des migrants, à chercher un passeur.

Pas de rêve américain dans ce roman, mais un émouvant hymne au courage, à l’instinct de survie et à l’espoir. American Dirt humanise les migrants, dont chacun a une histoire, et raconte le quotidien de ces femmes et de ces hommes mus par une farouche volonté d'avancer jusqu’à un pays où ils pourront tout simplement vivre.

Aline

10:28 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migrant, mexique

31/01/2022

Poussière dans le vent

roman étranger, CubaPoussière dans le vent

Leonardo Padura
Metailié, 2021, 24€20
(bibliothèque hispano-américaine)

 

Léonardo Padura nous livre un superbe roman sur l’exil et la perte, mais aussi sur la permanence de l’amitié et des sentiments, sur la quête de l’identité, perdue et retrouvée, sur l'attachement à ses racines, dont on ne s'affranchit jamais totalement.

A travers le destin de ses personnages il retrace, dans une fresque ambitieuse et foisonnante, l’histoire de Cuba sur près de 3 décennies, et c’est passionnant. Une énigme sert de trame au récit et ménage un suspense jusqu’au bout de la lecture.

Adéla, arrivée de New York, et Marcos, Cubain récemment exilé, se rencontrent en Floride et c’est le coup de foudre. Il lui montre une photo de groupe prise en 1989 dans le jardin de sa mère, Clara, et elle y reconnaît la sienne, Loreta, femme fantasque, tourmentée et mystérieuse qui ne parle jamais de son passé. Elle apprend que sa mère s’appelle en réalité Elisa et qu’elle a disparu brutalement de Cuba en 1990. Ils vont chercher à comprendre ce qu’elle fuit et les secrets enfouis de leurs parents.

Clara, Dario, Elisa, Bernardo, Horacio, Irving, Fabio, Liuba se sont connus dans l’enfance ou au lycée et forment ce qu’ils appellent un "clan". Ingénieur, architecte, neurochirurgien, artiste… ils ont foi en un futur possible dans une île à laquelle ils sont viscéralement attachés. Leur point d’ancrage est la maison de Clara et Dario à Fontanar, un quartier de La Havane, "noyau magnétique de la confrérie".

Des années de bonheur partagé, entre amour et désamour, jusqu’à ce 21 janvier 1990, anniversaire des 30 ans de Clara. Un drame et la disparition soudaine d’Elisa marquent le début de la dislocation du groupe. Dario le premier, franchira le pas de l’exil. Les autres suivront, le cœur chaviré, devenant des réfugiés perpétuels, le cœur à jamais ancré à Cuba et nourrissant l’espoir d’un retour. Seuls Clara et Bernardo resteront.

1990 c’est aussi l’éclatement du bloc soviétique.  Cuba abandonné par ses alliés doit faire face à une crise économique et sociale sans précédent qui bouleverse l’existence du peuple cubain. Entre l’histoire politique tourmentée, les terribles pénuries et la fuite en masse vers l'étranger, l’île s’effondre et les Cubains perdent leurs illusions.

Léonardo Padura décrit admirablement la difficulté de l'exilé à reconstruire une vie, pas tant pour les problèmes matériels, que sur le plan de l'appartenance. Comme le dit l'un de ces exilés "nous ne sommes dans la mémoire de personne et personne n'est dans notre mémoire à nous". Même ceux qui ont le mieux réussi ne se remettront jamais complètement de leur départ "cette chaleur n'était pas sa chaleur, ses nouveaux amis étaient seulement cela, des nouveaux amis, et non ses amis, ce qu'il avait perdu était irrécupérable".

Une interrogation court comme un leitmotiv d’un bout à l’autre du récit « Que nous est-il arrivé ? »  Chacun des personnages apporte sa pierre à la construction de la vérité à travers son histoire personnelle avec les désillusions, les remises en question, les choix douloureux à faire.

Léonardo Padura appartient à cette génération des désenchantés de la révolution castriste. Malgré le succès international de ses livres il n’a pas choisi l’exil ; il a besoin de son île pour écrire.

"Dans les années 90, j’écrivais comme un fou pour ne pas devenir fou c’est-à-dire que la littérature m’a sauvé du désespoir et de l’exil parce que beaucoup de mes amis, de mes camarades de travail sont partis et moi j’ai décidé de rester car à Cuba je pouvais écrire, pourtant il me manquait tout : l’électricité, les transports, la nourriture…  Mais on avait ce qu’un romancier nécessite le plus : le temps".

Le roman est parcouru par la chanson du groupe Kansas que l’auteur écoutait à La Havane dans les années 1970, Dust in the wind…

Annie

19/01/2022

Le Royaume de Pierre d'Angle

roman ado, fantasyLe Royaume de Pierre d’Angle

T1, L’art du naufrage

Pascale QUIVIGER

éd. du Rouergue (Epik), 2019, 483 p., 16€90

 

Le Prince Thibault sillonne les mers avec son équipage pour rejoindre son royaume natal, quand une passagère clandestine s’introduit sur le navire. La jeune fille ne livre rien de son histoire, mais les cicatrices sur sa peau noire parlent pour elle. Elle trouve sa place parmi les mousses et dans le cœur du prince. Mais à l’approche du Royaume de Pierre d’Angle, la tempête et les évènements se déchainent, laissant les secrets de l’île émerger du passé.

Un voyage épique, sur mer puis sur terre, une aventure rythmée soutenue par un style piqué de modernité et d’humour. Les personnages sont tous attachants et très bien campés, l’intrigue se construit au fil des péripéties entre complots politiques, secrets ancestraux et phénomènes fantastiques. Un premier tome qu’on ne lâche pas ! Un roman de la même trempe que La Passe-Miroir.

La couverture, très belle, réunit, on le comprendra plus tard, les éléments les plus mystérieux de l’histoire : la forêt maudite de la Catastrophe, l’épée qui a scellé le secret de l’île, et le loup qui avait totalement disparu… du moins le croyait-on.

C’est une pépite, à partir de 14 ans. Série finie en 4 tomes.

Joanne

22/12/2021

La bonne chance

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La bonne chance
Rosa Montero
Métailié (Bibliothèque Hispanique), sept 2021, 20€
Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse

 

Voilà un livre qu’on ouvre et qu’on ne lâche pas.

Dès les premières pages on s’interroge : Pour quelles raison Pablo Hernando, 54 ans,  architecte de réputation mondiale, décide t-il, dans le train qui l’amène à Malaga pour une conférence, de rebrousser chemin jusqu’à la petite ville de Pozonegro, où une pancarte « à vendre » posé sur un balcon délabré, a attiré son attention ? La localité, autrefois un centre minier, est sinistre, maisons écroulées, commerces fermés, terrains vagues remplis de  gravats.  Désertée par la plupart de ses habitants, seul un supermarché apporte un peu de gaieté.

Il achète, dès son arrivée, un appartement déprimant, stores cassés, barreaux rouillés, carrelage crasseux, pas de meubles, et 17 fois par jour un vacarme assourdissant à chaque passage de train ! Que fuit-il ? Quel fardeau porte-t-il ? Qu’espère-t-il en s’isolant dans un endroit aussi déshérité ?

Ses associées et notamment Regina, avec qui il a eu des aventures sans lendemain s’inquiètent de son absence : il ne répond ni au téléphone ni aux mails. Ils préviennent la police de sa disparition. Elle retrouve rapidement sa trace, car ses comptes bancaires (ce que l’intéressé ignore) sont sous surveillance depuis l’évasion de prison d’un dénommé Marcos Santo. Quel lien les unit ? Quel secret dissimule Pablo ? Pourquoi se comporte-t-il de manière aussi étrange ?

Il ne veut se lier avec personne mais sa rencontre avec Raluca va contrecarrer ses plans. Caissière au hypermarché, Raluca, lumineuse, attachante et généreuse, malgré une enfance douloureuse et les traumatismes subis, croit en la joie, croit en la vie. Elle va apprendre à Pablo à surmonter ses peurs, pour retrouver le goût de vivre et renaître.

Beaucoup de suspense dans ce récit, et une intrigue intense qui dévoile peu à peu le mystère de cet homme et, ce faisant, explore nos pulsions, la peur, la culpabilité, la haine et la passion. Le Mal est omniprésent mais le Bien, en la personne de Raluca, éclaire magnifiquement les ténèbres.  

C’est une histoire d’amour et aussi d’amour de la vie ; après chaque défaite il peut y avoir un nouveau début et la bonne chance est une façon de regarder le monde d’une autre manière.

Annie P.

03/12/2021

Prix Mezzanine à Brindas

Prix Mezzanine 2021 chez nos voisins de Brindas, le beau roman choisi à l'unanimité est

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Là où chantent les écrevisses
Delia OWENS
Seuil, 2020, 21€50

"Ouvrir ce livre, chant de survivance et d'amour, c'est comme se poster là, dans la clairière, pour voir surgir des bosquets de palmiers nains la brune Kya, ses pieds foulant l'humus, son regard noir et sauvage, farouche, toujours à l'affut, et tenant une nouvelle plume à la main comme un trésor..." (Newsletter de la bibliothèque de Brindas)

A Soucieu aussi ce roman rencontre un grand succès !

14/10/2021

Journal d'un jeune naturaliste

oiseau, nature, biographie, autisme

 

Journal d’un jeune naturaliste

Dara McANULTY

Gaïa, 2021, 240 p., 22€

Traduit de l’anglais par Laurence Kiefe 

A l’âge de 14 ans Dara McAnulty, jeune Irlandais (Ulster) autiste apprend la décision de ses parents de déménager et de s’installer à l’autre bout du pays. Il est bouleversé par la perspective de devoir quitter les forêts et paysages qu'il affectionne tant. Le changement l’effraie terriblement et l'écriture s'impose à lui comme une nécessité, un moyen de se libérer de sa peur et d'exprimer ses sentiments, ses passions et ses frustrations.

Il nous fait partager, au fil d'une année, son émerveillement au contact de la vie sauvage et son désarroi face à l'inconséquence et l'indifférence humaines. Mêlant observations scientifiques, poésie et mythologie irlandaises, son récit nous offre la perspective unique d'un jeune autiste sur le monde vivant et nous invite à observer et protéger les merveilles trop souvent ignorées qui nous entourent.

Il a une très grande connaissance de la flore et de la faune locales et plus particulièrement des oiseaux qu’il sait parfaitement identifier et dont l’observation quotidienne est pour lui un besoin vital ; ils lui apportent du bonheur et participent à son équilibre.

Après le repas, des chants jaillissent de tous les coins du ciel et nous nous immobilisons pour écouter le crépuscule. En isolant ces mélodies chacune à leur tour, je me sens soudain enraciné. Les spirales des alouettes. Les harmonies des merles. Le bouillonnement des pipits farlouses. Le battement des ailes des bécassines. Et toujours les cris des oiseaux de mer. Nous sommes dans un autre univers. Pas de voitures. Pas de gens. Rien que la nature dans toute sa splendeur.

Ce journal n’est pas ordinaire, il est celui d’un jeune autiste qui nous fait ressentir d’une façon poignante son extrême sensibilité, sa souffrance due à son handicap dont il a parfaitement conscience, ses difficultés de communiquer, la douleur ressentie à l’école face à la méchanceté, le harcèlement, la brutalité de la plupart des autres élèves. 

A travers son récit il révèle à quel point la nature est un ancrage pour lui et à quel point elle devrait l’être pour chacun de nous. Il démontre avec intelligence comment progressivement nous nous sommes désolidarisés de l’environnement dans lequel nous évoluons. Une déconnexion qui a des impacts dramatiques sur la nature et sur notre mode de vie.  

Il s’exprime avec sincérité et naturel dans une écriture fluide et poétique qui rendent son récit très attachant.

Dans un monde aussi rapide, aussi compétitif, il est indispensable de se sentir enraciné. Il est indispensable de sentir la terre et d’entendre les oiseaux chanter. Il est indispensable d’utiliser nos sens pour participer au monde. Peut-être, à force de nous taper la tête contre un mur de briques, celui-ci finira-t-il par s’écrouler. Et peut-être pourrons nous utiliser ces décombres pour reconstruire quelque chose de mieux, de plus beau, en lâchant la bride à notre propre nature. Vous imaginez ça ?

Annie

25/09/2021

Groupe de lecture : les coups de coeur de l'été

C'est la rentrée aussi pour les lecteurs de nos bibliothèques. Pour cette première rencontre, chacun a présenté son coup de coeur de l'été.

 

des diables et des saints.jpgDes diables et des Saints

Jean-Baptiste ANDREA

L'Iconoclaste, janvier 2021, 368 p., 19€

Jo, pianiste de 80 ans, joue du piano dans les gares et les aéroports. Il attend une femme, qui descendra un jour du train, peut-être Rose, qui était à l’orphelinat avec lui dans les Pyrénées.

L’auteur fait parler l’enfant qu’était Jo, pas joyeux sur le fond, mais l’écriture est fluide, agréable. Il saisit avec subtilité l’enfance et la résilience.

 

lisière.jpgLisière

Kapka KASSABOVA

Marchialy, février 2020, 458 p., 22€

Bulgarie, Grèce, Turquie trois pays, trois versions de l’histoire avant, pendant et après la guerre froide. Les réfugiés de l’époque, récits de personnes qui ont survécu, et de gardes-frontières.

L’autrice est romancière, journaliste et poétesse, elle a utilisé tous ses talents pour écrire ce livre original et instructif. Mythes, histoire, humain, un peu ardu à commencer mais il en vaut la peine !

 

famille mandible.jpgLa famille Mandible 2029-2047

Lionel SHRIVER

Belfond, mai 2017, 528 p. 22€50

Nous sommes en 2029 le président américain déclare le pays en faillite, la famille Mandible dont le grand-père a amassé une petite fortune s’enferme dans un appartement. Les légumes sont hors de prix, l’eau est une denrée rare, le gouvernement réquisitionne l’argent des particuliers.

Sur fond de crise économique, comment faire sans argent, chute et déroute.

 

fabrique des souvenirs.jpgLa fabrique des souvenirs

Clélia RENUCCI

Albin Michel, août 2021, 309 p., 19€90

Dans un futur proche, des techniciens ont mis au point un système qui permet d’enregistrer des souvenirs. Un marché se met en place autour de ces souvenirs. Le récit tourne autour du souvenir d’une soirée au théâtre et de l’homme qui tombe amoureux d’une femme du passé.

Original plein de romantisme, thèmes : musique, violon luthier, récit sur le passé et la transmission. Peut faire penser au film Vanilla Sky.

 

Que sur toi se lamente le Tigre.jpgQue sur toi se lamente le Tigre

Emilienne MALFATO

Elyzad, septembre 2020, 77 p., 13€90

Irak rural d’aujourd’hui. Une femme franchit un interdit, avoir une relation amoureuse et sexuelle hors mariage. Son amoureux part à la guerre et meurt. Elle est enceinte. La famille en débat, mais chacun sait, et elle aussi, qu’elle va mourir.

Pas larmoyant, la tradition n’est pas remise en cause, tous acceptent cette "fatalité".

 

le cerf-volant.jpgLe cerf-volant

Laëtitia COLOMBANI

Grasset, juin 2021, 204 p., 18€50

L’Inde, ses contradictions, les interdits pour les filles. Une jeune institutrice décide d’ouvrir une école et d’apprendre à lire aux jeunes filles.

Récit lumineux, facile à lire.

 

comme un empire.jpgComme un empire dans un empire

Alice ZENITER

Flammarion, août 2020, 395 p., 21€

C’est la rencontre d’un assistant parlementaire et d’une hackeuse. Tous deux se battent contre la politique d’aujourd’hui et peinent à vivre dans ce climat.

Roman très axé sur la politique, ancré dans les problématiques de société, qui fait plutôt penser à un documentaire.

 

paqueline.jpgLa Pâqueline

Isabelle DUQUESNOY

La Martinière, janvier 2021, 460 p., 21€50

Nous sommes en 1798, Victor l’embaumeur fils de la Pâqueline est en prison pour attitude équivoque avec un cadavre, celui de sa femme. Après avoir fait fortune, Victor vivait dans un grand appartement très luxueux dans Paris. La Pâqueline vit dans une extrême pauvreté avec son paon domestiqué. À la suite du procès de son fils, elle est la cible d’un incendie qui détruit sa maison. Elle décide donc de s’installer chez son fils. Découvrant le luxe dans lequel il vivait, elle décide de vendre toutes ses œuvres d’art et objets onéreux afin de vivre dans de meilleures conditions. Elle reprend également l’affaire de son fils et pratique le trafic d’organes. Sur les murs de l’appartement, elle va écrire toute sa vie, afin qu’il comprenne comment il est venu au monde, et quelle a été la vie de sa mère.

Ce personnage est capable de nous faire rire, de nous émouvoir et de nous dégoûter, c’est surprenant ! L’écriture est riche et fine, les descriptions du Paris de 1798 et des coutumes de la Normandie des années 1770 sont impressionnantes d’informations.

 

et ils dansaient le dimanche.jpgEt ils dansaient le dimanche

Paola PIGANI

Liana Levi, août 2021, 224 p.,19€

Nous sommes en 1929, une jeune Hongroise, Szonja, arrive en France à Lyon plus précisément Vaulx en Velin. Elle est embauchée à l'usine de production de soies artificielles, où elle travaille dur dans des vapeurs chimiques toxiques. Hébergée dans un couvent, elle fréquente d’autres ouvriers immigrés, en particulier des Italiens. Leur seule distraction : aller danser le dimanche au bord de la Rize. La crise, les conditions de travail et de licenciement, mèneront ces ouvriers à se rassembler, jusqu'à aboutir au Front populaire.

Un roman riche en descriptions du climat social et des conditions de travail des immigrés ouvriers d’usine en région lyonnaise. L’écriture est fluide, mais si documentée que les personnages manquent un peu de chair - pour un roman.

 

dans les geoles.jpgDans les geôles de Sibérie

Yoann BARBEREAU

Stock (la bleue), février 2020, 300 p. 20€90

Récit, histoire vraie dans la Russie de Poutine. Un jeune homme travaillant à l'Alliance française à Irkoutsk est arrêté. On lui dit que sa femme l’a accusé de pédophilie sur sa fille. Procès, prison puis hôpital psychiatrique. Il s’échappe, réussit à se réfugier à l’ambassade de France à Moscou, puis s’évader via l’Estonie.

Récit haltant Kafkaïen.

 

les innocents.jpgLes Innocents

Michael CRUMMEY

Presses de la cité, janvier 2021, 360 p., 21€

Terre Neuve, au début du XIXe siècle. Deux enfants orphelins sont livrés à eux-mêmes. Ils vivent aux rythmes des saisons, avec des périodes d’abondance et d’autres de disette, ils survivent.

Un roman qui nous décrit le courage et la résilience des enfants.

 

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La saga des Cazalet

Elizabeth Jane HOWARD

La table ronde, de mars 2020 à octobre 2021

Saga d’une famille anglaise, entre 1937 et 1950. Un récit très cinématographique, avec de nombreux personnages. Le tome 4 paraîtra en France en octobre 2021.

1) Etés anglais : Dans le Sussex, toute la famille se retrouve sur la propriété familiale. Ils mènent une vie bourgeoise aisée. Les enfants ressentent les préoccupations des adultes. Avec un retour sur la guerre de 14 et l’implication des Anglais.

2) A rude épreuve : Le quotidien à Home Place est dominé par les nouvelles à la radio, le deuil, les raids allemands, l’accueil d’un groupe d’enfants.

3) Confusion : de 1942 à la fin du conflit mondial, avec des personnages féminins forts.

 

eaux troubles du mojito.jpgLes eaux troubles du mojito et autres belles raisons d’habiter sur terre

Philippe DELERM

Seuil, septembre 2015, 247 p., 14€50

Petites descriptions de 2 pages chacune. En 109 pages l'auteur nous livre 40 raisons d’habiter sur terre : Se faire surprendre par une averse et aimer ça, regarder un enfant apprendre à lire en bougeant les lèvres,...

 

terre promise.jpgUne terre promise

Barak OBAMA

Fayard, novembre 2020, 848 p., 32€

Récit fascinant et intime de l’histoire en marche. Pouvoir et limites de la démocratie, histoire contemporaine. Ce tome s’arrête à la fin du premier mandat du Président des Etats-Unis.

 

cette nuit là.jpgCette nuit là

Victoria HISLOP

Les escales, mai 2021, 291 p., 20€

Suite de L’île des oubliés après 10 ans. Victoria Hislop redonne vie à ses personnages. Le 25 août 1957 la colonie de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne sur l’île avec son mari qui avait trouvé le remède. Anna, la sœur de Maria est assassinée par son époux.

 

Prochain bouillon de lecture

18 octobre à 20h à la bibliothèque de Taluyers

Bandes dessinées et roman graphique.

 

23/08/2021

Une vie et des poussières

roman, vieillesse, guerre mondiale

Une vie et des poussières

Valérie CLO

Buchet-Chastel, 2020, 16€

 

Mathilde 84 ans entre en EHPAD sur décision de sa fille Rose 60 ans. Rose est une femme qui aime le contrôle et la sécurité, elle mène tout le monde à la baguette ! Elle cache une blessure intime, celle de l’absence d’une mère journaliste très occupée par son travail. Contrairement à Baptiste son frère qui préfère la paix à la guerre, et souvent ne dit rien pour éviter de s’opposer à sa sœur.

Mathilde a reçu un petit calepin en cadeau, de la part de Maryline une aide-soignante avec qui elle a lié une amitié pudique. Maryline c’est une auxiliaire dynamique, joyeuse, professionnelle qui refuse de sacrifier le lien humain avec les résidents au profit du rendement.

Mathilde va noter dans son petit carnet ses souvenirs, son enfance marquée par la guerre, la disparition d’un père et le placement chez des paysans en zone libre. Elle écrit également sur le quotidien de sa vie en EHPAD, avec ses bons et mauvais jours. Son carnet sera découvert par l’aide-soignante qui avant de le rendre à la famille écrira un courrier à un éditeur….

Ce livre "charmant" est une leçon de vie, empreint de luminosité malgré des événements dramatiques survenus durant l’enfance. C’est également un hommage au personnel soignant en EHPAD.

Pascale

16/05/2021

Autrice à découvrir

une vie et des poussières.jpg

 

Une vie et des poussières

Valérie CLO

Buchet-Chastel, 2020, 240 p., 16€

 

Mathilde 84 ans entre en EHPAD sur décision de sa fille Rose 60 ans. Rose est une femme qui aime le contrôle et la sécurité, et mène tout le monde à la baguette ! Elle cache en elle une blessure, celle de l’absence d’une mère journaliste très occupée par son travail. Au contraire, son frère Baptiste préfère la paix au conflit, et souvent il ne dit rien pour éviter de s’opposer à sa sœur.

Mathilde a reçu un petit calepin en cadeau, de la part de Maryline une aide soignante avec qui elle a lié une amitié pudique. Maryline, c’est une aide-soignante dynamique, joyeuse, professionnelle qui refuse de sacrifier le lien humain avec les résidents au profit du rendement.

Mathilde va noter dans son petit carnet ses souvenirs, son enfance marquée par la guerre, la disparition d’un père et le placement chez des paysans en zone libre. Elle écrit également sur le quotidien d’une vie en EHPAD avec ses bons et mauvais jours.

Son carnet sera découvert par l’aide soignante qui avant de le rendre à la famille écrira un courrier à un éditeur….

Pour faire court, je dirai que c’est un livre « charmant », une leçon de vie, pleine de luminosité, malgré des événements dramatiques survenus durant l’enfance. C’est également un hommage au personnel soignant en EHPAD

Pascale

12/04/2021

Dans la peau de l'ours

roman policier, thriller, écologie, amérique

 

Dans la gueule de l’ours

James A. McLaughlin

Ed. Rue de l’Echiquier, 2020, 448 p., 23€

Traduit de l’américain Bearskin par Brice Mathieussent

 

Rice Moore, biologiste de formation, plus doué pour plonger dans les ennuis que pour en sortir, s’est mis au vert au fin fond des Appalaches dans une réserve naturelle. Son poste d’homme à tout faire et de garde-forestier n’est pourtant pas une sinécure.  Ses efforts pour protéger le milieu naturel sont confrontés à l’hostilité des locaux qui n’apprécient pas qu’on limite leur chasse, y compris celle de la faune protégée.

Lorsqu’il découvre un braconnage organisé de vésicules et de pattes d’ours, il décide de s’attaquer au trafic à sa façon abrupte. Soucieux de conserver son anonymat pour rester loin des radars de la police comme des cartels de drogue mexicains, il se met lui-même en danger dans cette enquête.

Très beau roman de "Nature Writing", qui comporte des aspects policiers pour son enquête, mais aussi un regard critique sur la population (mâle) des recoins isolés des Appalaches, et une recherche approfondie sur la faune et l’intégration à la vie sauvage, voire l’imprégnation au milieu naturel. Deux femmes seulement sont présentes dans ce roman, deux personnalités fortes, mais blessées par la brutalité des hommes. La sauvagerie présente tout au long de ce thriller écologique n’est pas celle des animaux.

Prix Edgar-Allan-Poe 2019 du meilleur premier roman, Grand prix de littérature policière 2020.

Aline