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29/07/2018

La fille à histoires

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Irène FRAIN

Seuil, 2017, 250 p., 18 €

Par courts chapitres, Irène Frain livre un récit d’enfance, en lien avec sa vocation d’écrivain.

C’est tout d’abord le récit simple et touchant d’un amour fou pour une mère, hostile dès la naissance, qu’elle cherche à comprendre.

"Impossible de douter de la vocation des femmes à la maternité... La vraie femme a des enfants et les mères sont dotées d’un instinct qui leur commande de se vouer corps et âme à leur progéniture, jusqu’au sacrifice de leur vie. A moins, évidemment, d’être un monstre. Ma mère, je trouve, a beaucoup de courage. A sa sortie de l’hôpital, quand elle franchit le seuil de son enfer domestique, elle décide de tout mettre en œuvre pour aimer sa petite dernière. Jamais on ne dira d’elle qu’elle est une « mauvaise mère ». Elle oublie que l’amour ne se décrète pas. Et qu’il ne souffre pas la contrefaçon. Il y aura donc des ratés."

C’est aussi le récit d’une enfant  "vivace, pas facile à mourir". Une  résiliente, plus libre que ses sœurs peut-être, dont les résultats scolaires font la fierté de son père, qui espère la voir "monter jusqu’à prof",  et qui très tôt décide "je vais partir d’ici".

L’auteur enfin fait le lien entre cette enfance et sa vocation au rêve. Sa mère avait un don naturel pour les histoires, affutées autour des « jus entre voisines» servi dans les verres en Duralex, à même la toile cirée. "Ce qu’elle disait, c’était du roman à l’état natif... Quand je repense à ces après-midi, je me vois toujours cachée sous la table… J’ai été, je pense, la plus attentive, celle qui buvait, en même temps que ses paroles, ses silences. Quelque chose me soufflait qu’avec « eux, j’aurais accès à son secret et, du même coup, à la clé qui me ferait aimer d’elle. Il suffit que je les écrive, ces colliers de mots, pour qu’instantanément je me retrouve dans la peau de la petite fille qui écoutait, suspendue entre effroi et merveille, convaincue que sa mère, avec ses mots, détenait la clé d’un univers parallèle. Je voulais à toute force la suivre dans ce monde d’à côté, mettre mes pas dans les siens, m’engouffrer comme elle faisait dans ses couloirs étranges…"

A son tour, Irène s’empare des histoires, tissées tout d’abord autour de la boîte à boutons, puis de ses mères fantômes découpées dans des catalogues, ses histoires écrites dans le grenier, et jusqu’à ses premiers romans, qui "me font maintenant l’effet d’un collier de suppliques. Chaque fois la même, celle que ma bouche n’avait pas réussi à former quand j’étais petite : « Maman, s’il te plaît, écoute-moi, aime-moi, je le mérite, j’y ai droit. »

"Les mots de ma mère étaient puissants. Les uns m’ont émerveillée, ont réussi à réenchanter ma vie. D’autres furent meurtriers. Ils ne m’ont pas tuée –j’ai toujours préféré les premiers". Ce sont ceux, sans doute, qui l'ont poussée à l'écriture.

 

bibliographie, maternitéCe récit a fait écho en moi à celui de Cécile Latreille, L'Innommée, où sourd la douleur d'une relation manquée à la mère.

 

 

28/07/2018

Tombée des nues

Tombée des nues.gifTombée des nues

Violaine Bérot

Buchet Chastel, janvier 2018, 161 p., 13€

 

C’est par une nuit extraordinaire, une nuit de tempête un 29 février, que ce bébé a décidé de se révéler à ses parents. Personne ne l’avait vu arriver. Dédé, appelé à l’aide, trouve Marion –en sang et hagarde- dans la salle de bains, soutenue par son mari Baptiste. Ni l’un ni l’autre n’ont compris ce qui leur arrive. Mais dans ces montagnes pyrénéennes, un berger sait quoi faire lorsqu’une mise-bas se passe mal ou qu’un agneau nait dans le froid.

Roman choral qui m’a évoqué l’enfant océan, de Jean-Claude Mourlevat, pour sa façon de faire avancer peu à peu l’intrigue au travers du regard singulier et de la sensibilité de personnages différents, et de maintenir la tension malgré une apparente simplicité.  L’auteur a structuré le livre pour qu’on puisse le lire de façon linéaire, ou bien narrateur par narrateur : la sage-femme expérimentée, Dédé l’homme providence, l’ami Tony, la femme bien-pensante, la grand-mère, Baptiste le père, et enfin Marion !

En phrases pleines de retenue et en chapitres courts, l’auteur s’interroge sur le devenir de la maman en état de sidération, du bébé, et de leur relation à naître, tandis que tout le village (ou presque !) s’apprête à accueillir l’enfant avec bienveillance. Comme dans le roman de Françoise Guérin, qui évoque les zones d’ombre de la maternité, le rôle du père est magnifié, et l’entourage joue un rôle déterminant.

D’une profonde humanité... même si les chèvres ont, elles aussi, un rôle clé.

Aline

27/07/2018

Maternité

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Maternité

Françoise GUERIN

Albin Michel, mai 2018, 465 p., 22 EUR

Jusqu'à la naissance de sa fille, Clara contrôle parfaitement sa vie, et mène une carrière brillante de... contrôleur financier. Bac +8, elle pose un regard très intellectuel sur le quotidien -avec un souci permanent de cohérence et d'efficacité- tout en admirant sans bien les comprendre les qualités humaines de son conjoint, Frédéric.

Tout est bousculé et remis en cause avec la grossesse ; la maternité ravive son mal-être et les souvenirs douloureux de sa relation avec une mère névrosée. Clara essaie à toute force d'être une mère "normale", allaite par malentendu et par devoir, mais se débat avec des sentiments contradictoires.  Elle souffre de reproduire avec sa petite fille les erreurs de sa mère, mais reste impuissante à rompre avec cette trajectoire.

L'entourage de Clara fait de son mieux. Maud, sa soeur, compatit ; Zora, l'amie d'enfance, comprend ; Frédéric est un mari aimant et un excellent père, qui compense de son mieux... Clara tend à interpréter les tentatives d'aide du corps médical comme des jugements, jusqu'à la rencontre avec une psychologue, qui libère sa parole. Mais lorsque les digues cèdent, comment gérer le trop plein d'émotions ?

Sans avoir le même passif, nous avons tous une histoire familiale, influencée par notre lien à nos parents, que nous tendons à projeter sur nos enfants si nous avons choisi (?) d'en avoir.  Un jour ou l'autre, nous avons connu la frustration devant les réactions d'un bébé, voire été excédés de ne pas le comprendre. Au passage, j'ai appris qu'il existe des psychologues spécialistes du lien parent-bébé, et que le bébé comprend et exprime plus qu'on ne le croit.

J'ai été bousculée et émue par ce récit tendu, en finesse, qui évite les raccourcis et les tentations de résolution hâtive. Françoise Guérin expose une situation et propose des pistes de réflexion, tout en laissant son lecteur libre de les développer...

Aline

14/05/2018

Bouillon de polars

Nous profitons de cette soirée polar pour signaler le prix « Chabanières » du polar, actuellement en cours dans les bibliothèques de la Communauté du Pays Mornantais. En lice 5 romans que nous ne critiquerons pas ici, afin de ne pas vous influencer :

roman policier

Nous évoquons des auteurs favoris depuis des années : Peter May, Arnaldur Indridasson et Caryl Ferey, mais aussi des lectures plus inattendues, ou de nouveau romanciers.

 

roman policierPeter MAY

avec ses romans policiers qui se passent en Ecosse : : L’Homme de Lewis, L’Île des chasseurs d’oiseaux, Le Braconnier du lac perdu,… Nous en aimons beaucoup l'ambiance dans ces Iles  glacées du Nord où soufflent le vent, les tempêtes, où la mer peut être mortelle, où les habitants ont une rudesse due sans doute à la pauvreté, où, en plus de l'air marin ça sent la tourbe ou le poisson, où la religion est terrible,  sans parler de ce policier, Fin, affronté à des énigmes incroyables, et une vie personnelle douloureuse.

 

Arnaldur INDRIDASON

roman policierLes nuits de Reykjavik

Après la découverte du cadavre d’un clochard, Erlendur enquête avec obstination, malgré le peu d’intérêt pour cette affaire. Ce tome, écrit récemment, remonte au début de la carrière d’Erlendur, sa première enquête sous la houlette du  commissaire Marion.

 

roman policierLa rivière noire

Erlendur étant en vacances, c’est sa collègue qui enquête lorsqu’un jeune homme est retrouvé  égorgé chez lui. Un provincial sans histoire ? A l’autopsie, on trouve des traces de roïpnol

 

roman policierTrilogie des ombres

Quand Indridason se met au polar historique, avec son talent habituel. Le tome 1, Dans l’ombre, se déroule en 1941 ; Le tome 2, La femme de l’ombre, en 1943. A la fois romans policiers et peinture sociologique de l’Islande pendant  la  période troublée de la seconde guerre mondiale en Islande -et de l’occupation de l’Islande par les Alliés. Les deux enquêtes sont menées par un duo de jeunes policiers : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, et Thorson, l’Islandais né au Canada. Le tome 3, Passage des ombres, fait référence à une affaire de 1943.

 

roman policierTodd ROBINSON

Une affaire d’hommes

Gallmeister, 2017, 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

roman policierWojchiech CHMIELARZ

Pyromane

(traduit du polonais Podpalacz par Erik Veaux)

Agullo, 2017, 410 p., 22.50 €

Enquête dans la peau d’un flic, vieux briscard de la police criminelle de Varsovie, l’Inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub. Son métier est tout pour lui, au point que son mariage avec Olga n’y a pas résisté, malgré son amour pour elle et pour leur fils. Il enquête sur une série d’incendies criminels, avec son adjoint Kochan, compétent mais qui file un mauvais coton, et le jeune sergent Shalski, plein d’initiative et de bonne volonté. L’intrigue, bien menée, intègre des chapitres du point de vue du pyromane, sans pour autant dévoiler la chute, et les personnages donnent de la  force au roman.

En exergue, une citation de Dennis Lehane (Mystic River), qui s’applique bien au Kub : « à vrai dire, je suis terriblement ennuyeux. Qu’on m’enlève mon métier, et je n’existe plus. »

L’auteur est journaliste, spécialiste de la criminalité en Pologne, et a écrit 4 tomes mettant en scène Le Kub. La ferme aux poupées vient de paraître aux éditions Agullo.

 

roman policierCaryl FEREY

La jambe gauche de Joe Strummer

Gallimard (Folio policier), 2007, 242 p., 6€

Pour mémoire : Joe Strummer était le créateur du groupe Clash, et chaque chapitre du roman porte le titre d’une chanson des Clash.

McCash, ancien de l’IRA, ancien policier, n’a plus rien à perdre. Sa femme est partie, et autour de lui, c’est la désolation. La lettre d’une ancienne amie lui apprend qu’il a une fille, Alice, dont il doit désormais s’occuper. Lorsqu’il arrive dans le village d’Alice, une fillette du foyer est retrouvée noyée, et il doit enquêter. L’enquête se passe en Bretagne, avec des descriptions très fortes et évocatrices.

 

roman policierPhilippe JAENADA

La serpe

Julliard, 2017, 648 p., 23 €

En 1941, le massacre à la serpe de trois personnes, le père, la tante et la bonne d’Henri Girard, avait fait couler beaucoup d’encre. La culpabilité du jeune homme semblait probable, mais au terme d’un procès troublant, il avait été acquitté. Philippe Jaenada enquête sur ce fait divers, qui avait remué la France entière. C’est avec talent qu’il décortique les techniques de l’avocat Maurice Garçon,  ressuscite toute une époque, et recompose l’histoire de famille compliquée d’Henri Girard. Henri Girard, auteur du célèbre « salaire de la peur » sous le pseudonyme de George Arnaud.

 

roman policierJohana GUSTAWSSON

Mör

Bragelonne (Thriller), 2017, 308 p., 21.50 €

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S'emploie pour parler de la viande. Le ton est donné : ce thriller est une sombre histoire autour d’un tueur en série, « boucher » évoquant Jack l’éventreur, et de cannibalisme. Le déroulement est chronologique, et  le duo d'enquêtrices Emily Roy et Alexis Castells, fonctionne bien. Comme dans son thriller précédent, Block 46, Johana Gustawsson explore l'histoire et les liens familiaux.

 

roman policierOdile BOUHIER

Le sang des bistanclaques

Presses de la Cité (Terres de France), 2011, 278 p., 19 €

Lyon, 1920. Une enquête est ouverte pour résoudre le meurtre d’une vieille femme. Elle fait intervenir le premier laboratoire scientifique de l’époque. Le sang des bistanclaques est une plongée dans la société lyonnaise des années folles. Avec des retours dans le temps jusqu’en 1895, 1898 et 1903, ainsi que l’intervention d’un médecin aliéniste, c'est aussi le parcours d'une folie individuelle, le portrait d'un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série. Pour amateurs de polars historiques fouillés... et lyonnais !

 

roman policierFlemming JENSEN

Le blues du braqueur de banque

Gaïa, 2012, 190 p., 17 €

L’humoriste Danois signe ici une sorte de polar totalement décalé, très plaisant à lire.

 

roman policierBill BEVERLY

Dodgers

Seuil, 2016, 19.50 €

East, quinze ans, est guetteur devant « la taule », une maison où l'on traffique de la drogue, à Los Angeles. Un jour les flics débarquent, entraînant des violences, et le décès d’une personne. Seule façon pour East de se racheter par rapport à son chef : partir dans le Wisconsin tuer un juge.  C’est le début d’un périple en voiture, accompagné d’autres jeunes, dont son frère Ty, 13 ans et complètement givré. Entre eux, l’ambiance est de plus en plus crispée, entre rivalités et jeux de pouvoir. Roman noir au dur réalisme.

 

roman policierCharlotte LINK

Une fille en cavale

Presses de la Cité, 2018, 22 €

Simon héberge une jeune femme qui a dû fuir son appartement sans rien et sauter dans le premier train de nuit… Intrigue assez bien menée, un peu de suspense, étude psychologique de chaque personnage très approfondie, par l’une des auteures allemandes les plus connues actuellement.

 

roman policierMichel BUSSI

Maman a tort

Presses de la Cité, 2015, 21.50 €

Malone, 3 ans et ½, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman. Seul un psychologue scolaire la croit, et enquête avec la commissaire. Il doit faire vite, car déjà la mémoire de l’enfant s’efface. Michel Bussi, en se penchant sur le fonctionnement de la mémoire chez l’enfant, signe un polar à l’intrigue bien menée.

 

roman policierMarie-Bernadette DUPUY

Un festival meurtrier

L’Archipel, 2016, 330 p., 19.95 €

Pendant le festival du film policier de Cognac, des jeunes filles sont défenestrées à Angoulême… Une enquête de l’inspectrice Maud Delage.

 

Et enfin, ceux qui ne nous ont pas plu (eh oui, parfois on fait carrément mauvaise pioche !)

Carol Higgins CLARK, Irish Coffee, trouvé sans intérêt

Dashiell HAMMETT, La clé de verre (1931). Polar aux Etats Unis à l’époque de la prohibition et de la guerre des gangs. Ça date un peu !

15/04/2018

La louve

premier roman, monde agricole,

 

La Louve

Paul-Henry BIZON

Gallimard (Blanche), 2017, 256 p., 20€

Dans ce premier roman, Paul-Henry Bizon aborde un sujet d’une actualité brûlante : le monde agricole et ses violentes mutations.

A la suite d’un drame familial, Camille retrouve goût à la vie grâce à l’amour de sa femme Victoire et à la rencontre d’Anne-Marie, une pionnière qui l’initie à la permaculture. Il rompt les liens avec sa famille et notamment avec son frère Romain à qui il reproche de pratiquer une agriculture basée sur le productivisme, et destructrice de la terre.

Cet idéaliste rêve de changer le monde ; il crée La Louve un groupement de producteurs passionnés et convaincus du bien-fondé de leur démarche mais fragile. Il est impératif pour eux de se développer pour être viable. Pour cela il faut investir et les banques refusent de prêter…

C’est alors qu’arrive Raoul Sarkis, un escroc qui a vu tout le potentiel qu’il pourrait tirer de ce renouveau dans l’agriculture et du goût des consommateurs pour cette nouvelle tendance bio. Bluffeur au verbe facile, sûr de lui, menteur sans scrupule, il réussit à convaincre financiers et investisseurs de lui prêter de l’argent pour monter un projet gigantesque à deux pas du Louvre, une sorte de cité du bien manger, mêlant restaurants (bio), commerces, culture et art pour attirer une clientèle désireuse d’être toujours au top de la mode. Cet imposteur est prêt à toutes les arnaques pour s’enrichir aux dépens de gens trop crédules.

Camille fonce tête baissée dans cet Eldorado malgré les conseils de prudence de Victoire et d’Anne-Marie. L’auteur nous plonge alors dans les méandres des combinaisons financières frauduleuses (il a été lui-même associé à un projet similaire, celui de la Jeune Rue et a été victime, avec d’autres, de Cédric Naudon initiateur de ce concept), ainsi que dans le monde de l’argent facile, de la drogue et du sexe.

L'intrigue sert de prétexte pour illustrer les forces qui s'agitent autour de l'agriculture biologique et de la quête de bons produits. Paul-Henry Bizon s'y révèle un bon connaisseur du monde agricole et un fin observateur des mœurs parisiennes.

Ce récit est aussi celui d’un amour plus fort que tout, celui de Victoire pour Camille. Un amour qui sauve de tout.

Un bon roman qui se lit d’une traite.

Annie

26/03/2018

Ailleurs

roman étranger,feel good,comité de lectureAilleurs

Dario FRANCESCHINI

L'Arpenteur, 2017, 233 p., 19 €

Traduit de l'Italien Daccapo par Chantal Moiroud

 

Quand un notaire endormi dans sa triste routine se réveille à la vie et à l'amour...

Digne et respectable, Iacopo a toujours tout fait dans les règles. S'il ne file pas le parfait amour avec sa femme, il respecte les usages et mène l'étude paternelle avec conscience. Lorsque son père mourant le charge d'aller dans le quartier populaire de Ferrare retrouver ses 52 frères et sœurs, fruits de ses amours tarifées avec autant de mères différentes, il est abasourdi ! Il s'offusque, il s'affole, mais mène son enquête en fils obéissant.

Dans le quartier joyeux et sans faux semblants de Ferrare, il rencontre lui aussi des personnages qui l'aident à changer son regard sur les gens, et transforment sa vie.

Ce roman pétillant et positif est empli d'un grand respect pour les "petits", les sans-gloire. A Ferrare, on peut afficher fièrement sa condition, que l'on soit plombier, putain ou voleur. Certaines scènes sont tellement imagées que l'on s'y croirait : le cimetière aux pierres tombales originales, l'état-civil parallèle (mais chut!... c'est un secret !), le banquet des bandits... Un régal vivifiant, une Italie qui danse et qui chante, avec une chute... pas aussi convenue qu'on pourrait le croire.

Aline

20/03/2018

Bouillon Feel Good

Les "Feel Good Books", ou "livres qui font du bien" sont à la mode, mais que recouvre cette appellation ? Les livres qui procurent à leurs lecteurs un sentiment de bien-être. Pas facile d’insister sur les côtés positifs de la vie sans donner dans la bluette sentimentale ou le superficiel. A rebours des nombreux livres « kleenex » publiés (sitôt lus, sitôt oubliés, voire jetés), chacun d’entre nous a cherché un livre qui lui donne le sourire… tout en présentant un réel intérêt.

Après les très médiatisés Anna Gavalda (Ensemble c’est tout), Laurent Gounelle (L’homme qui voulait être heureux), Grégoire Delacourt (La liste de mes envies), Gilles Legardinier (Complètement cramé)… voici notre sélection, évidemment subjective et personnelle.

 

comité de lecture,romanMonsieur Origami

Jean-Marc  CECI

Gallimard (Blanche), 2016, 15 €

Court roman zen. A 20 ans, Kuroshiku quitte son village à la poursuite d’une femme aperçue, dont il suit un fantasme jusqu’en Toscane. Héritier de la tradition familiale du papier washi, il a emporté avec lui un plant de mûrier, qu’il implante sur une colline de Toscane. Seul, il médite, fabrique son papier et en utilise les plus belles feuilles pour plier et déplier inlassablement son origami. Après des décennies, l’arrivée inattendue d’un jeune horloger le pousse à l’échange. Dans ce roman apaisant et philosophique, écrit en courts chapitres au présent, le temps semble aboli.

 

comité de lecture,romanLes filles bien ne vont pas au pôle sud

Liv ARNESEN

Interfolio (Lire et voyager), 2017, 22 €

Après avoir lu les récits d’explorations polaires (Amundsen), Liv Arnesen et ses amies partent en expédition au Groenland. Sportive de haut niveau, ayant besoin de relever des défis, cette Norvégienne décrit ses préparatifs minutieux, entraînement, recherche de sponsors,… pour une expédition transantarctique. C’est en 1994 qu’elle devient la première femme à atteindre le Pôle Sud sans asistance. Une histoire vraie dynamisante !

 

comité de lecture,romanMa reine

Baptiste ANDREA

L’Iconoclaste, 2017, 17 €

Shell, un garçon un peu simple, vit avec ses parents qui tiennent une station-service. Son plaisir : être pompiste. Pour « devenir un homme », il décide de partir seul sur le haut-plateau. Sa rencontre avec une fille fantasque, à l’imagination merveilleuse, donne lieu à une amitié hors norme. Tout l’été, Shell est heureux dans la nature, avec les visites de sa « reine ». Construit autour de personnages cabossés, ce roman plein de tendresse a obtenu le prix 2017 du premier roman.

 

comité de lecture,romanTa deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une

Raphaëlle GIORDANO

Eyrolles, 2015, 14.90 €

« Je rêve que chacun puisse prendre la mesure de ses talents et la responsabilité de son bonheur. Car il n’est rien de plus important que de vivre une vie à la hauteur de ses rêves d’enfants.» Un « routinologue » rencontré par hasard encourage une jeune femme à reprendre sa vie en main… Un roman facile, parmi les plus demandés en bibliothèque cette année.

 

comité de lecture,romanLa librairie de la place aux herbes

Eric de KERMEL

Eyrolles, 2017, 14.90 €

Nathalie et son mari quittent Paris pour s’installer à Uzès. Nathalie ouvre une librairie sur la fameuse place aux herbes, et la gère avec passion, n’hésitant pas à s’immiscer dans la vie de ses clients. Chaque chapitre est un parcours de vie d’un client, à partir de son rapport au livre. La librairie vue comme un confessionnal, et le livre comme une thérapie. Sans être un chef d’œuvre, ce premier roman -partiellement autobiographique- se lit avec plaisir, et offre surtout de très beaux passages sur la lecture.

 

comité de lecture,romanLa vie princière

Marc PAUTREL

Gallimard (L’infini), 2018, 10.50 €

Le narrateur évoque la rencontre avec la femme aimée. Ensemble, ils parlent, se promènent, s’inventent. Description de l’état amoureux et déclaration d’amour à l’amour.

 

comité de lecture,romanNature morte aux miettes de pain

Anna QUINDLEN

Belfond, 2016, 20.50 €

Une artiste has-been et ruinée doit quitter son appartement de Manhattan pour s’installer dans un vieux cottage à la campagne. Pour rénover sa maison, elle emploie un jeune charpentier, qui lui fait partager sa passion de l’ornithologie, et l’ouvre à de nouveaux horizons.  

 

comité de lecture,romanLe livre que je ne voulais pas écrire

Erwan LARHER

Quidam, 2017, 20 €

L’auteur, blessé lors de l’attentat du Bataclan, écrit son histoire, et y insère des textes de ses amis. De l’humour (éloge de la biscotte) dans ce récit sans pathos et sans haine, qui appelle à un sentiment de fraternité humaine. Michèle a beaucoup aimé… tandis que Nicole s’est ennuyée (témoignages redondants).

 

comité de lecture,romanLe plus beau reste à venir

Hélène CLEMENT

Albin Michel, 2017, 20 €

Le narrateur, Raphaël, alterne entre deux époques : ses années de lycée, dans la fin des années 1990, avec un père professeur d’histoire extrêmement dévoué envers ses élèves en difficulté. Dans les années 2010, à la mort de son père, il reprend contact avec les élèves de celui-ci. Sur une bande son des années Goldman « Il changeait la vie… » l’auteur évoque le passage à la vie d’adulte, et la façon dont les ados exploitent leurs faiblesses pour en faire quelque chose de positif.

 

comité de lecture,romanL’échappée belle

Anna GAVALDA

Le Dilettante, 2009, 10 €

Afin d’échapper à un mariage corseté et à une belle sœur étriquée, quatre jeunes adultes se retrouvent entre frères et sœurs, pour une parenthèse dans leur vie ordinaire. Court roman plein d’humour et d’humanité.

 

comité de lecture,romanLa bibliothèque des coeurs cabossés

Katarina BIVALD

Denoël, 2016, 21.90 €

Traduit du suédois Läsarna i Broken Wheel rekommender par Carine Bruy

Sara Lindquist, libraire, échange des lettres avec Amy, lectrice de l’Iowa (lettres intégrées au texte). Lorsque sa boutique ferme, elle rend visite à son amie aux Etats-Unis… mais arrive le jour de sa mort. Les gens du village la prennent en charge. En échange, elle aménage avec les livres d'Amy une librairie... qui ressemble furieusement à une bibliothèque, et tente de trouver pour chacun le livre qui lui convient et lui fera du bien. Beaucoup de réflexions sur ce qu’apportent les livres... tout en se moquant gentiment des excès auxquels Sara est poussée par sa passion de la lecture. Une bibliothèque... ou comment insuffler une âme et revivifier une commune qui dépérit.

 

Voir aussi les critiques des livres suivants, en ligne sur ce blog :

comité de lecture,romanAilleurs

Dario FRANCESCINI

L'Arpenteur, 2017, 19 €

 

comité de lecture,romanLes délices de Tokyo

Durian SUKEGAWA

A vue d'Oeil, 2016, 18 €

 

 comité de lecture,romanMa vie de pingouin

Kararina Mazetti

Gaïa, 2015, 21 €

Déjà critiqué ici.

 

15/02/2018

Eva dort

roman étranger, Italie

 

Eva dort

Francesca MELANDRI

Gallimard, 2012, 393 p., 24 €

Traduit de Eva dorme par Danièle Valin

 

Dans ce roman captivant Francesca Melandri nous fait découvrir un épisode méconnu de l’histoire italienne. En 1919, lors de la signature du traité de paix, les puissances victorieuses attribuent le sud du Tyrol à l’Italie qui n’en demandait pas tant. Les habitants, allemands blonds aux yeux bleus et à la peau claire, ne l’acceptent pas et sont bien décidés à garder leur langue, leurs coutumes, leur façon de vivre. Mussolini décide d’envoyer de nombreux Italiens du sud habiter cette terre. De plus, il pousse la population d’origine allemande à partir. En accord avec Hitler, le gouvernement italien leur propose de réintégrer leur « patrie ».

Plusieurs générations ont vécu sur cette terre et aucun ne veut la quitter mais Mussolini menace les Dableiber, ceux qui restent, d’italianisation forcée. S’ils refusent, ils seront déportés en Sicile. Ils ne peuvent rester Allemands sur le sol italien. La grande majorité décide à contrecœur de s’en aller, mais la déclaration de guerre interrompt les départs. Cette région devient alors une terre de violence et de souffrance pour de longues années car la République italienne se montrera aussi dure avec eux que le régime fasciste. Allemands et Italiens ne s’aiment pas. Leur désaccord se manifeste même dans le nom, Sud du Tyrol pour les Allemands, Haut-Adige pour les Italiens !

Des paysans, des ouvriers, de pauvres gens revendiquent le rattachement à la mère patrie. Ils ne l’obtiennent pas et dynamitent des pylônes. La répression est terrible, tortures, prison, mort. Elle entraînera la formation de groupes de terroristes qui, contrairement aux premiers, n’hésiteront pas à tuer. De nombreux soldats sont envoyés en renfort, des événements dramatiques ont lieu, la région ne connaît pas la paix. Un homme politique Silvius Magnano sait que l’Italie ne rendra jamais le Tyrol. Pour lui la seule issue est l’autonomie ; il ne cesse de la réclamer et finira heureusement par l’obtenir.

 

L’histoire de la famille Huber commence avec le rattachement du Tyrol sud à l’Italie. A cette époque Hermann est un enfant orphelin ; cette blessure et une enfance difficile vont faire de lui un homme dur, froid, violent. Il épouse Johanna dont il a deux enfants Peter et Gerda. Leur destinée sera marquée par celle de cette terre allemande.

Gerda est très belle, blonde aux yeux bleus et au corps magnifique, elle attire tous les regards. Un seul la séduit. L’amour est partagé, mais pas assez fort pour que Hannes passe outre l’interdiction de son père et l’épouse. Le passé a trop de poids. Gerda attend un enfant et se retrouve seule, chassée de chez elle. Elle doit élever sa petite fille Eva. Elle travaille dans le restaurant d’un grand hôtel à Merano. Francesca Melandri décrit avec beaucoup de détails les conditions de travail extrêmement dures et iniques. Elle gravit peu à peu les échelons et devient cuisinière mais elle paie cher son indépendance. Sa rencontre avec Vito, sous-officier de carabiniers, change sa vie et celle d’Eva. Leur amour cependant ne résiste pas au poids de la société.

Eva a vécu une jeunesse en recherche d’amour. La profession de sa mère ne lui permettait de vivre avec elle que deux mois par an et elle en a beaucoup souffert. C’est une jeune femme marquée par son passé, qui refuse de s’attacher. Elle reçoit un appel de Vito, qu’elle n’a pas revu depuis 30 ans ; au crépuscule de sa vie, il lui demande de la rejoindre en Calabre. Pendant sa longue traversée du pays du nord au sud, dans des transports bondés, Eva se souvient et fait le bilan de sa vie.

 

L’histoire des deux femmes s’entremêle avec celle de la région, ce qui rend ce récit d’autant plus passionnant. Francesca Mélandri alterne les chapitres, le présent d’Eva et le passé de Gerda, qu’elle relate avec beaucoup d’émotion. Un beau roman sur fond de montagnes et d’Histoire.

Annie

10/02/2018

Bouillon de petits éditeurs

Ce mois-ci, nous avons décidé de sortir des sentiers battus, et de lire des œuvres publiées par de petits éditeurs. "Petits"... c'est relatif, mais nous avons fait de notre mieux.

 

Editions des Lisières, Sainte Jalle (Drôme)

"Les éditions des Lisières abritent depuis 2016 des voie/x poétiques", souvent dans des éditions bilingues. Le livre est « pensé comme un objet artisanal, fait de plusieurs voix, de plusieurs mains ». Sa couverture incarne pleinement la beauté du contenu.

édition,roman étrangerBrouillons amoureux

Souad LABBIZE, 2017

Courts poèmes évocateurs, en français et arabe, dans un petit livre illustré, très soigné.

Michèle P. a fait des heureux parmi les jeunes –même ceux qui semblaient éloignés de la lecture- en distribuant plusieurs livres de poésie de cet éditeur à Noël.

 

Agullo Editions

Maison créée en 2016 en région Bordelaise par plusieurs professionnels du livres, dont Nadège Agullo, co-fondatrice des éditions Mirobole, et un graphiste.

« Abolir les frontières : Agullo Éditions est le porte-voix d'auteurs d'ici et d'ailleurs qui expriment et partagent leurs histoires, leur culture, leurs joies, leurs espoirs et par-dessus tout, leur humanité.».

édition,roman étrangerLa pension de la Via Saffi

Valerio VARESI, 2017 (Agullo noir)

Ghitta, la vieille propriétaire d’une pension dans un vieux quartier de Parme, est retrouvée assassinée. Le commissaire Soneri, piétine dans cette enquête qui fait ressurgir son passé : c’est dans cette pension pour étudiants qu’il avait rencontré sa femme, Ada, morte en couches peu après leur mariage. La ville a bien changé depuis sa jeunesse, et cette affaire l’oblige à remettre en cause sa vision du passé. Un roman policier d’enquête, bien mené, nimbé de nostalgie, où la psychologie du commissaire est bien développée. Comme souvent, c’est en creusant la personnalité de la victime –ainsi que son propre passé- que le commissaire pourra clore l’affaire.

 

Editions DO, Bordeaux

Créées en 2015 par Olivier Demettre, ancien libraire, les éditions DO ont pour vocation de faire découvrir des textes du monde entier - plutôt des formes courtes, et d’origines plus variées que les habituels anglo-saxons.

édition,roman étrangerComment j’ai rencontré les poissons

Ota PAVEL, 2016

Traduit du Tchèque par Barbora Faure

Recueil de chroniques autobiographiques écrites par Ota (Popper) Pavel, regroupées dans un ensemble proche du roman. Pavel rend hommage à son père, fantasque et fantastique, à la fois  meilleur représentant de commerce en électroménager du pays, et pêcheur passionné. A hauteur d’enfant, il raconte avec poésie les rivières, la pêche à l’anguille ou à la carpe, le braconnage, la complicité entre pêcheurs. L’ascendance juive de la famille Popper l’a désignée aux vexations pendant l’occupation allemande, et seul le jeune âge de Pavel l’a dispensé de séjourner comme son père et ses deux frères aînés en camp de concentration.  Le ravitaillement posant un gros problème, sa débrouillardise et sa connaissance de la pêche se sont révélées précieuses !  

Ce roman est un classique de la littérature tchèque, porté à l’écran, et le texte en français a été couronné par le prix Mémorable 2017 des libraires indépendants.

 

Editions La Fosse aux ours, Lyon

Créée en 1997 à Lyon, la Fosse aux Ours rassemble dans son catalogue plus de cent titres en littérature française et étrangère. Connu dans la région, cet éditeur publie beaucoup d’auteurs Italiens, dont l’excellent Mario RIGONI STERN, et notre chouchou Antoine CHOPLIN !

édition,roman étrangerQuelques jours dans la vie de Thomas Kusar

Antoine CHOPLIN, 2017

Garde-barrière à Trutnov, Tomas aime la forêt et la photographie. Sa vie est transformée par sa rencontre de fortune avec Vaclav Havel, auprès duquel il s’engage : transporter des enveloppes, coller des affiches… Même lorsque cet engagement lui fait perdre son travail, et que Vaclav Havel est emprisonné, il lui reste fidèle.

Dans une écriture concise, ciselée, Antoine Choplin apporte à son habitude un regard sur l’histoire par le biais d’un personnage secondaire qu’il sait magnifier.

Tous ses romans sont de la même qualité, nous avons eu un coup de cœur pour  Le héron de GuernicaLa nuit tombée et (prix des lecteurs 2013) et Une forêt d’arbres creux.

 

Editions La dernière goutte, Strasbourg

Fondée en 2008, « La dernière goutte aime le verbe, les mots, ce qui claque, ce qui fuse, ce qui gifle et qui griffe et qui mord. Les contes cruels, les dialogues acides. Elle défend des textes aux univers forts, grotesques, bizarres ou sombres. »

édition,roman étrangerLa bombe

Frank HARRIS, 2015

Le texte a été écrit par l’auteur en 1908, mais c’est sa première traduction en français. Il relate la vie d’un ouvrier de New York à Chicago, évoquant son engagement dans les luttes sociales et politiques aux Etats-Unis au début du 20ème siècle, et retraçant les origines de la fête du travail. L’écriture est un peu désuète, mais le sujet très intéressant.

Bacchiglione Bluesédition,roman étranger

Matteo RIGHETTO, 2015 (Fonds noirs)

Chassé-croisé de petits escrocs minables, à la recherche du pactole. Court et loufoque. L’intrigue manque de tenue et l’écriture ne présente pas grand intérêt.

 

Mirobole Editions, Bordeaux

Crée en 2011 par des employés de gros éditeurs, cette maison se spécialise dans les "Voyages littéraires en terres étrangères": « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Des livres 100 % étrangers, imprimés 100 % en France. »

édition,roman étrangerBretzel Blues

Traduit de Dampfnudelblues

Rita FALCK, 2018

Ce titre fait partie de la série policière, bestseller en Allemagne, autour du commissaire bavarois Franz Eberhofer. Autre titre traduit : Choucroute maudite. Dans ce polar rural délirant situé dans le village de Niederkaltenkirchen, en  Bavière, on suit le commissaire Eberhofer, un peu flemmard, dans une enquête où il cumule les contrariétés. Heureusement que la porcherie qu’il rénove est pratiquement habitable, que sa Mémé lui cuisine de bons repas roboratifs, et que son chien Louis II lui sert de coach sportif !

 

Editions Le Tripode, Paris

"Depuis sa création à l'automne 2012, la maison d'édition est au service d'auteurs dont elle admire la seule liberté possible : préférer la sensibilité aux doctrines, privilégier le cheminement dissident de l’imaginaire à l'immédiateté du discours, sortir de la marche ordinaire du monde."

édition,roman étrangerAu cirque

Patrick DA SYLVAIN, 2017

C'est un texte très spécial et original qui ne laisse pas indifférent. Assez brutal, une tragédie familiale, mise en scène comme une grande tragédie antique. ..plutôt dérangeant.

 

Editions des 2 Terres, Paris

Pas si petite maison d’édition que cela… fondée en 2003 par l'Américaine Nina Salter, la maison se spécialise dans la traduction et la publication de romans étrangers, avec une dizaine de titres par an. Parmi ses auteurs les plus célèbres, Kazuo Ishiguro, Jeffery Deaver, Ruth Rendell, Patricia Cornwell et Carl Hiaasen. Nous avions aimé Deux caravanes et Brève histoire du tracteur en Ukraine, de Marina Lewycka.

édition,roman étrangerLe pari des guetteurs de plumes africaines

Nicholas DRAYSON, 2011

Bien écrit, fluide, plein d’humour assez « british », mais avec un réel contenu et un personnage principal doté d’une conscience politique : il écrit des satyres politiques où les personnages, à la façon des caractères de La Bruyère,  sont croqués en oiseaux. Critique ici.

 

De belles découvertes chez tous ces éditeurs, passionnés découvreurs de talents.

Nous remarquons une affluence de nouvelles petites maisons d'édition dans la région bordelaise... ? 

 

09/02/2018

Bagdad, la grande évasion

roman étranger, premier roman, Irak, aventureBagdad, la grande évasion !

Saad Z. Hossain

Agullo (Agullo Fiction), avril 2017, 373 p., 22 €

En anglais (Bengladesh) Escape from Bagdad

Traduit par Jean-François Le Ruyet

 

Ce roman a été pour moi une surprise totale, de bout en bout, tant il se permet de mélanger les genres. Roman de société ? noir ? ésotérique ? d’aventures ?

Certes, le point de départ est daté et localisé : 2004, Bagdad ravagée par la guerre.

Les personnages principaux sont posés à la va-vite : deux trafiquants « parasites du marché », Dagr l’ancien prof de maths/économie et Kinza, revenu de tout. Et très vite s’agite autour d’eux toute une galerie d’individus de tous bords : Hamid, ancien tortionnaire du Baas et Mozart de l’interrogatoire ; Hoffman, Américain givré et corrompu, l’imam intégriste  Hassan Salemi, la belle et impitoyable Sabeen, le Lion d’Akbad, tueur en série à la force surhumaine… et jusqu’à quelques personnages inspirés de la mythologie orientale !

Après ça… mélangez le tout dans un scénario violent et déjanté à la Tarantino (action), les Frères Coen (étude de mœurs) et Emir Kusturica (complètement barré). Dans cette ville ravagée par les guerres intestines, aucune des factions en présence n’est honorable, et même les Américains –plus qu’assurer le calme- semblent entretenir la corruption dans un pays auquel ils ne comprennent rien.

Malgré sa noirceur, c’est un roman drôle et décapant, souvent absurde et absolument haletant. Attention, « arme de dérision massive » !

Après sa lecture, j'étais intriguée par sa maison d'édition.

Agullo est une jeune maison d’édition (2016) basée en Gironde, dont voici le  postulat de départ : "Nos livres s'inscrivent dans un monde où la curiosité et l'appétence de l'autre sont les meilleurs remèdes contre la peur et l'ignorance; où un grain de fantaisie, un point de vue décalé et une dose d'humour sont les ingrédients nécessaires à une bonne lecture." Et bien voilà, c'est posé !

Quant à l'auteur, journaliste et romancier, Saad Z. Hossain, né en 1979, vit à Dhaka, au Bangladesh. Il écrit régulièrement pour les trois principaux journaux anglophones du pays : The Daily Star, New Age et le Dhaka Tribune. Bagdad, la grande évasion ! est son premier roman. Il a été élu livre de l'année par le Financial Times.

Aline