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14/11/2015

Prendre soin de l'humain

Le texte que nous aurions pu lire ce matin... transmis par Frédérique :

attentat

Nous savions que la vie était fragile, que l'humain c'était par moments et que la démocratie était menacée par les forces archaïques qui habitent encore le monde.

Nous savions que, face à la vacuité de nos modèles économiques fondés sur la consommation compulsive, notre occident peinait à offrir un autre idéal que l'assujettissement aux intégrismes.

Nous savions que tout ce qui nous tient à coeur est mortel et que l'obscurité absolue peut, un jour, faire oublier l'espoir de toute lumière...

Que cette nuit terrible où nous avons éprouvé la terreur de la pénombre, nous rappelle notre fragilité et notre finitude.

Qu'elle renforce ainsi notre détermination à prendre soin de toute vie, de toute pensée libre, de toute ébauche de solidarité, de toute joie possible.

Prendre soin de la vie et de l'humain, avec une infinie tendresse et une obstination sans faille, est, aujourd'hui, la condition de toute espérance.

Sachons qu'un seul sourire échangé, un seul geste d'apaisement, aussi minime soit-il, peut encore, contre tous les fatalismes, contribuer à nous sauver de la barbarie...

Prendre soin de l'humain, par Philippe Meirieu

 

15:40 Publié dans Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : attentat

26/10/2015

Venise n'est pas en Italie (extrait)

"J’ai pensé que ce serait bien s’il y avait vraiment un ministre qui s’occupait des choses intérieures, comme les sentiments, les émotions, les désarrois aussi, il aurait fort à faire, mais faut pas rêver, il traite exclusivement des choses extérieures, le ministre de l’Intérieur. Et notamment des gens à jeter à l’extérieur du pays, parce que chacun chez soi, paraît que c’est la moindre des choses, même pour ceux qu’en ont pas. Et le ministre de l’Economie, paraît qu’il fait surtout des dépenses. Mon père dit que les titres qu’on leur donne, c’est surtout pour tromper l’ennemi, et apparemment, l’ennemi, c’est nous."

Venise n'est pas en Italie, p. 173

27/11/2014

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

"Les mauvaises semaines étaient qualifiées de mauvaises par maman, mais pour moi elles valaient bien l’absence de confiture dans les sandwichs et de crème Angel Delight. Elles valaient même les silences de maman qui me faisaient mal au ventre : parce que, les semaines de pluie, j’allais à la bibliothèque.

Je courrais m’assoir sur une petite chaise en plastique et je sentais l’atmosphère chaude et immobile entrer en moi, ralentir mon cœur qui cognait dans ma poitrine. L’odeur des boutiques de livres d’occasion se glissait alors dans mes narines, pour s’enrouler douillettement à l’intérieur de mon ventre. Quand j’ouvrais les livres, et je pouvais en ouvrir autant que je le voulais parce que ça ne nous coûtait rien, les images s’étalaient devant mes yeux comme de l’huile sur de l’eau, et les lettres dansantes s’installaient sur ma langue avec le goût et l’odeur de bonbons à la réglisse. Pendant que maman se mordait les lèvres, arrachait les petites peaux de ses ongles et lisait de vieux magazines, je découvrais à quel point les histoires me donnaient un sentiment de sécurité."

bibliothèqueExtrait de "Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman", de Kerry Hudson (éd P. Rey, 2014). p. 130

Où la petite Janie Ryan remonte à ses premiers jours pour raconter dans une langue originale et crue sa jeunesse écossaise dans le dénuement, de foyer minable en HLM de la zone, avec une mère dépassée mais pleine de mordant.

23/09/2009

Moi je suis une lectrice compulsive

Pour tous ceux qui, à toute heure du jour (ou de la nuit) peuvent s’absorber totalement dans un livre : voici un extrait du Club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel GUENASSIA :

 

Moi, j’étais un lecteur compulsif. Ça compensait le reste de la famille. Le matin, quand j’allumais la lumière, j’attrapais mon livre et ne le quittais plus. Ça énervait ma mère de me voir le nez fourré dans mon bouquin.

 

-         Tu n’as rien d’autre à faire ?

 

Elle ne supportait pas de me parler et que je ne l’écoute pas. A plusieurs reprises elle m’avait arraché le livre des mains pour m’obliger à lui répondre. Elle avait renoncé à m’appeler pour le dîner et avait trouvé une solution efficace. Depuis la cuisine elle coupait l’électricité dans ma chambre. J’étais obligé de les rejoindre. Je lisais à table, ce qui horripilait mon père. Je lisais en me lavant les dents et aux toilettes. Ils tambourinaient à la porte pour que je cède la place. Je lisais en marchant. Il me fallait quinze minutes pour aller au lycée. C’était un quart d’heure de lecture qui s’étirait en une demi-heure ou plus. J’intégrais ce supplément et partais plus tôt. J’arrivais souvent en retard et me ramassais des colles à la pelle…

 

Aline

lectrice compulsive