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12/04/2021

Dans la peau de l'ours

roman policier, thriller, écologie, amérique

 

Dans la gueule de l’ours

James A. McLaughlin

Ed. Rue de l’Echiquier, 2020, 448 p., 23€

Traduit de l’américain Bearskin par Brice Mathieussent

 

Rice Moore, biologiste de formation, plus doué pour plonger dans les ennuis que pour en sortir, s’est mis au vert au fin fond des Appalaches dans une réserve naturelle. Son poste d’homme à tout faire et de garde-forestier n’est pourtant pas une sinécure.  Ses efforts pour protéger le milieu naturel sont confrontés à l’hostilité des locaux qui n’apprécient pas qu’on limite leur chasse, y compris celle de la faune protégée.

Lorsqu’il découvre un braconnage organisé de vésicules et de pattes d’ours, il décide de s’attaquer au trafic à sa façon abrupte. Soucieux de conserver son anonymat pour rester loin des radars de la police comme des cartels de drogue mexicains, il se met lui-même en danger dans cette enquête.

Très beau roman de "Nature Writing", qui comporte des aspects policiers pour son enquête, mais aussi un regard critique sur la population (mâle) des recoins isolés des Appalaches, et une recherche approfondie sur la faune et l’intégration à la vie sauvage, voire l’imprégnation au milieu naturel. Deux femmes seulement sont présentes dans ce roman, deux personnalités fortes, mais blessées par la brutalité des hommes. La sauvagerie présente tout au long de ce thriller écologique n’est pas celle des animaux.

Prix Edgar-Allan-Poe 2019 du meilleur premier roman, Grand prix de littérature policière 2020.

Aline

07/12/2020

Semiosis, science-fiction écologique

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Semiosis

Sue Burke

Albin Michel (Imaginaire), 2019, 434 p., 24.90 EUR

Traduit de l'américain Semiosis par Florence Bury

 

Une expédition humaine a quitté la Terre et ses conflits pour s’établir sur une planète lointaine compatible, au terme d’un voyage de 160 ans. Sur Pax, ils veulent « fonder une nouvelle société en pleine harmonie avec la nature, dans la confiance mutuelle, la joie, l’amour, la beauté, la communauté et la vie ». Nous suivons d’abord l’établissement difficile de la première génération, en butte à un monde qu’elle ne comprend pas, puis l’adaptation, génération après génération et la confrontation de l’utopie à la réalité.

L’originalité de ce roman de science-fiction tient à l’importance accordée aux relations entre humains, animaux et végétaux, tous plus ou moins dotés d’intelligence. Les échanges entre les plantes ne vont pas sans rappeler les essais de Wohlleben (La vie secrète des arbres), mais elle est poussée jusqu'aux échanges et à la compréhension entre espèces différentes. La communication est au cœur du récit : comment se comprendre lorsque tout notre référentiel est différent ? La fable écologique est développée à l’extrême, jusqu’à l’idée de symbiose entre les hommes, les animaux et les plantes… unis (ou pas) pour la survie et dans l’amour du beau.

Passée une certaine frustration lorsque l’auteur choisit d’abandonner les personnages d’une génération pour avancer à la suivante, j’ai trouvé ce récit passionnant, et porteur d’un regard stimulant  sur nos rapports entre nous, et à la nature ! Le roman peut se lire seul, mais un second tome de ce dyptique, Interference, est déjà paru en anglais...

Aline