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22/10/2019

Diên Biên Phù

roman, Vietnam, amour

 

Diên Biên Phù

Marc Alexandre OHO BAMBE

Ed. Sabine Wespieser, 2018, 221 p., 19€

 

Diên Biên Phù,

Joli nom pour un naufrage…

Diên Biên Phù, c’est le creuset où le narrateur est né à la vie, en rencontrant les deux personnages déterminants de son existence : Alassane Diop, frère d’armes Sénégalais qui lui a sauvé la vie et l’a soutenu par ses convictions ; et Maï Lan, son grand amour, qui riait fort, aimait la vie, et a illuminé son séjour au Vietnam, malgré la guerre.

Pendant 20 ans, Alexandre, le narrateur, a vécu en France avec Mireille, femme admirable qui a essayé de composer avec le fantôme de Maï. Il a essayé d’être un bon père, un bon journaliste, un homme intègre. Pourtant « J’ai quitté l’Indochine et Maï, mais l’Indochine et Maï ne m’ont jamais quitté… Mon âme à son âme s’était prise. »

Mais voici qu’il quitte définitivement sa vie française pour revenir « à la poursuite de la flamme de sa vie » à Diên Biên Phù. Le récit alterne ses souvenirs de bataille, les moments d’exceptions passés avec Maï, les conversations avec l’ami Diop, leurs courriers, l’adieu à Mireille et à sa vie française. Nous suivons également Alexandre dans son installation au Vietnam, les nouvelles rencontres décisives qu’il fait, et sa recherche de l’amour perdu.

Histoire d’amour en temps de guerre, c’est aussi un regard critique sur les guerres coloniales, une ode à la fraternité. Le récit est nourri de références littéraires, et rédigé de façon remarquable, entre prose et poésie, litanie et texte scandé, tout en restant accessible et lumineux.

Aline

15:14 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, vietnam, amour

18/10/2019

Vinegar girl

roman étranger, amour, romance

Vinegar girl

Anne TYLER

Phébus, 2018, 223 p., 19€

Savant complètement dédié à ses recherches, le professeur Battista laisse sa fille aînée Kate gérer sa maison et l'éducation de sa petite soeur Bunny. De caractère bien affirmé, autonome, Kate ne trouve rien à redire à cet arrangement. Tout va bien jusqu'au jour où Piotr, l'assistant de recherches du Professeur -en fin de visa- est menacé d'expulsion. Battista essaie alors de persuader Kate de contracter un mariage blanc avec lui... Vu le caractère de Kate, l'affaire s'annonce mal engagée !!!

Romance rigolote et pas tarte.

Aline

21/03/2019

La saison des fleurs de flamme

La saison des fleurs de flamme.jpg

 

La saison des fleurs de flamme

Abubakar Adam Ibrahim

L'Observatoire, 2018, 422 p., 22€

 

L’auteur, journaliste de 39 ans, est issu du peuple Haoussa présent dans le nord du Nigéria, une région où la religion musulmane se respecte strictement. Ce premier roman (Nigeria Prize for Literature 2016) est tout ensemble un plaidoyer pour la liberté et l’indépendance d’aimer et un brûlot contre une corruption politique généralisée.

Le Nigéria fait parfois la Une des journaux à l’occasion d’événements dramatiques tels que la guerre civile entre musulmans et chrétiens, les exactions du mouvement islamiste intégriste de Boko Haram mais que sait-on vraiment de ce pays le plus peuplé et le plus riche d’Afrique ?

Cette flamboyante saga romanesque nous fait découvrir la vie quotidienne de ses habitants et notamment la condition féminine, dans cette société musulmane pleine de paradoxes et de contraintes et écartelée entre archaïsme et modernité.

Abubakar Adam Ibrahim narre une passion amoureuse scandaleuse entre Binta, veuve quinquagénaire plusieurs fois grand-mère et Reza, jeune dealer de 25 ans son cadet. Binta est une musulmane respectable, qui se rend chaque jour à la madrasa et prie, la main sur le Coran, pour ses enfants et petits-enfants. Elle s’occupe de sa petite-fille Ummi, délaissée par sa mère et de sa nièce Fa’iza  adolescente à la mise provocante, grande lectrice de romans à l’eau de rose. En réalité ce comportement superficiel cache un traumatisme profond provoqué par la mort de son père et de son frère lors de la guerre civile.

Reza, jeune chef de bande, règne sur San Siro, un îlot déshérité d’Abuja servant de repère pour les fugueurs et les dealers. Ce trafiquant de drogues sert également d’homme de main à un politicien sans scrupules, prêt à tout pour être élu.

Rien ne prédisposait ces deux-là à se rencontrer.  Mais un jour, Binta surprend  Reza en plein cambriolage de sa maison. Elle est effrayée et en même temps attirée par cet homme. Il lui rappelle son fils Yaro happé par le monde de la drogue, assassiné en pleine jeunesse et envers lequel elle ressent une douloureuse culpabilité. En effet, elle a reproduit avec Yaro les lois ancestrales observées dans sa communauté, qui interdisent aux mères de montrer leur affection à leur premier-né –bien qu’elle ait senti chez lui un grand besoin d’affection.

Reza, abandonné par sa mère à la naissance a aussi vécu une jeunesse douloureuse. Derrière sa violence, il cache un cœur chaviré par son absence. Il a rencontré sa mère deux fois et a été fasciné  par sa beauté et sa tristesse. Il ressent pour Binta une attirance irrépressible et ambigüe. En s’abandonnant à cette passion, Binta qui n’a jamais eu aucun droit sur son corps et a vécu sans amour et dans la dépendance de son époux décide à 55 ans d’assumer son désir. Elle découvre les plaisirs de la sexualité et de l’amour, donné et reçu.

Au-delà de cette histoire d’amour illicite, au-delà de la déflagration qu’elle va déclencher dans la famille de Binta, l’auteur porte un regard sans concession sur la société nigériane, sur le poids de la famille et des traditions, sur la jeunesse qui aspire à un autre avenir mais sans beaucoup d’espoir. Avec une écriture rythmée, parfois poétique, il fait souffler un vent léger d’audace et de liberté.

La culture populaire Haoussa avec les senteurs de la cuisine, les couleurs des textiles, la musique jouée dans les rues, les proverbes savoureux qui ouvrent chaque chapitre,  apporte une note de légèreté dans ce récit. Un roman à découvrir.

Annie

22/10/2018

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique

Le club des veuves.gifLe club des veuves qui aimaient la littérature érotique

Balli Kaur Jaswal

Belfond, 2018, 347 p., 21€

Traduit par Guillaume-Jean Milan

Au tableau d'affichage du temple, à côté des petites annonces matrimoniales, Nikki trouve une offre d'emploi qui pourrait la sortir de son travail de barmaid : "Association sikhe recherche animatrice pour atelier d'écriture réservé aux femmes."  Mais alors qu'elle pensait animer un atelier d'écriture créative, elle se retrouve face à un public d'Indiennes de tous âges, presque toutes analphabètes.

Veuves pour la plupart, elles révèlent rapidement une imagination fertile. La formation tourne à l'échange d'histoires salaces, mais sert aussi de révélateur de la condition des femmes de la communauté Sikh et de leurs aspirations. Aspirations combattues activement par les fondamentalistes !

Roman qui traite du sujet de la religion sikhe, du communautarisme, de l'intégration. Tout en étant très drôle, frais et original. Certaines histoires de veuves laisseraient monsieur Christian Grey pantois !

Pascale et Aline

 

03/09/2018

L'abécédaire des sentiments

roman, Inde, cuisine, amourL’abécédaire des sentiments

Anita NAIR

Albin Michel, 2018, 246 p., 16€

 

Komathi n’a jamais réussi à mémoriser l’alphabet anglais, jusqu’à ce que sa petite fille ait l’idée d’associer chaque lettre à un légume, un fruit ou un plat. Le roman commence à la lettre A comme arisi, le riz, dont les Tamouls tirent l’essentiel de leur alimentation.

Komathi prépare des Arisi appalam (galettes de riz frites) pour Lena –dont elle s’occupe depuis ses 6 ans- tout en se désolant  un peu de la voir mener une vie de couple fade comme des galettes du commerce : belle à voir, agréable, mais fade.

Lettre par lettre, Anita Nair nous offre une promenade parmi les plats indiens, en même temps que le récit du réveil des sentiments de Lena, et l’écho de la jeunesse passionnée de Komathi.

 

L’écriture du roman est  fluide, pour une histoire assez simple mais agréablement pimentée par la structure du récit. Ça donne faim !!!

Pascale et Aline

04/04/2016

En attendant Bojangles

Roman, amour

 

En attendant Bojangles
Olivier Bourdeaut
Finitude éd., 20116, 160 p, 15.50€

Souvent, en fermant un livre, même si on l’a apprécié, on se dit qu’il aurait pu avoir cent pages de moins, être plus condensé. Ici, on se prend à regretter de l’avoir traversé si vite, pris dans le tourbillon, et séduit par une certaine facilité de lecture…

C’est l’amour fou entre les parents du narrateur qui rythme la vie familiale extravagante : tous trois se vouvoient, le père invente un prénom pour sa femme différent chaque jour, et réalise son rêve de château en Espagne ! Leur animal de compagnie, Mlle Superfétatoire, est une grue exotique,… Le courrier jamais ouvert tapisse, comme un lit de feuilles mortes, les grands carreaux à damiers de l’entrée.

Refusant le morne, le réel, ils font de la vie une fête de tous les instants, quitte à multiplier les "mensonges à l'endroit et à l'envers" et les "fous rires tristes", incluant leur enfant dans leur bulle. "Comment font les autres enfants pour vivre sans mes parents ?" se demande le narrateur... qui reçoit une éducation fantaisiste : ses parents ont inventé un répertoire de chansons pour lui enseigner la conjugaison, un « chiffre-tease » pour les maths,…

Ce roman commence comme une comédie, et finit comme une tragédie, sur la mélodie de Mr Bojangles, de Nina Simone, envoûtante, entêtante. Il est la chronique douce amère d'un amour démesuré, un tourbillon de folie joyeuse qui maintient ses personnages dans le mouvement... le plus longtemps possible. Un très beau premier roman, qui figure sur nombre de sélections de prix littéraires !

Aline

11/02/2016

Parlez-moi d'amour...

Pour la Saint Valentin, Sylvie nous propose une sélection de 15 romans d’amours… le challenge étant d'éviter les nanars... Amour, oui, mais il ne faudrait pas nous prendre pour des quiches non plus (pour citer la revue Causette).

amour

* accès facile, ** difficulté moyenne, *** lecture exigeante

1 - Les mots du passé, Jean-Michel Denis  *

2 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer  **

3 - Un bûcher sous la neige, Susan Fletcher  *

4 - La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson *

5 - Mille femmes blanches, Jim Fergus *

6 - L'héritage, Katherine Webb *

7 - De la part de la princesse morte, Kénizé Mourad **

8 - Loving Frank,  Nancy Horan  **

9 - Ecoute moi, Margaret Mazzantini  ***

10 - Du domaine des Murmures, Carole Martinez  **

11 - La joueuse de Go,  Shan Sa  **

12 - Je l'aimais, Anna Gavalda  *

13 - Pense à demain (Trilogie), Anne-Marie Garat  **

14 - Le goût du bonheur (Trilogie), Marie Laberge  *

15 - Avant toi, Jojo Moyes  *

Alors, à vous de compléter.......... envoyez-nous vos choix de romans d'amour !

 

Françoise  (voir commentaires ) :

les derniers jours de Stefan Zweig, de Laurent Seksik *

Aurélien, d'Aragon  ***

Elisabeth

La septième rencontre, d'Hejborg Wassmo  **

 

 

 

17:17 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : amour

30/09/2015

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

mort,amour,condition féminine

 

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir

Rosa MONTERO

Métailié, 2015

 

Cédant à ce qui semble être une mode parmi les écrivains actuels, Rosa Montero prend comme point de départ la biographie de personnes célèbres – ici celle de Marie Curie, scientifique dont la vie aux côtés de son mari Pierre a fait l’objet de nombreux écrits et documentaires filmés .

Le tout est bien écrit, bien documenté, repose sur des faits avérés, des biographies attestées, des écrits de Marie Curie à partir desquels l’auteur  "brode".

Et c’est la broderie que je trouve gênante !!! Je trouve qu’elle donne un livre "fourre-tout" à la construction baroque (au sens artistique du terme !) avec des extraits intéressants de tranches de vie des deux scientifiques interrompus par des digressions en tous genres, notamment sur la difficulté d’être femme dans un univers machiste, sur la douleur ineffable liée à la perte de l’être aimé et sur le deuil (Pierre meurt avant Marie). L’auteur nous inflige des confidences intimes sur ses propres réactions  face à la mort de son compagnon à partir desquelles elle se livre à des généralisations sur la mort, nécessairement superficielles. On trouve aussi pêle-mêle des réflexions sur ce qu’est la normalité,  sur les coïncidences dans la vie, sur ce qu’aimer signifie pour un homme et pour une femme, sur la relation entre littérature et  Mal, littérature et beauté, fiction et réalité, liberté de l’écrivain, faiblesse des hommes, la mort de nos jours, etc. etc.  tous ces thèmes n’étant bien sûr qu’ effleurés. Enfin, l’emploi des #Hashtags, totalement artificiel, m’a exaspérée !

Il s’agit ici pour moi d’un livre exutoire  qui illustre un autre phénomène de mode à l’œuvre dans les publications récentes : l’acte d’écrire pour l’auteur qui ne se dissimule plus derrière un narrateur constitue une thérapie ; le lecteur assiste à un déballage de sentiments auquel il manque la distanciation d’une Delphine de Vigan lorsqu’elle s’interroge sur la relation entre réalité et fiction.  Sans toutes ses digressions, le livre m’aurait semblé beaucoup plus intéressant et même très recommandable !!!

Ginette

07/09/2014

Opération Sweet Tooth

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Ian McEwan

Gallimard (roman), 2013, 22.50 €

Traduit de l’anglais Sweet Tooth par France Camus-Pichon

Grande Bretagne, début des années 1970. La belle Serena Frome, lectrice compulsive, suit des études de mathématiques peu brillantes, sans conviction. Lorsqu’elle sort de Cambridge, elle a peu d’ambition, et se laisse porter par les évènements et les hommes dont elle s’éprend. Son amant Tony la pousse à s’enrôler au MI5, dans les services de renseignements anglais, en pleine période de guerre froide. A cette époque, les femmes n’y sont que des bureaucrates de bas étage, compulsent d’innombrables rapports dans une ambiance lugubre et soupçonneuse. Serena finit par être enrôlée dans l’opération Sweet Tooth, censée assurer le rayonnement de la culture britannique, en finançant l’écriture d’écrivains choisis pour leur idéologie. Chargée de l’évaluation de l’écrivain Tom Haley, elle s’éprend de ses nouvelles, puis de l’écrivain lui-même…

J’avoue avoir été agacée par ce personnage féminin, très passif et malléable, qui reste néanmoins crédible resitué dans le contexte des années 1970. Finalement, sa seule originalité consiste pour moi  dans son regard sur la littérature : Serena lit pour le plaisir de l’histoire, pour se retrouver dans un récit,  et évalue la qualité d’un roman au plaisir de lecture, mettant sur un pied d’égalité Jane Austen et des romans de gare. Son récit est entrecoupé de ses résumés et évaluations des œuvres de Tom Haley, ce qui peut gêner un peu la lecture.

Le regard de l’auteur sur les services d’espionnage est sévère : tous ces hommes qui se prennent au sérieux et n’accomplissent pas grand-chose… Au final, Ian McEwan écrit plus une histoire d’amour qu’un roman d’espionnage !

Aline

19/07/2014

La vie rêvée des plantes

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Seeung-U Lee, Zulma, 2006

Traduit du Coréen par Mikyung Choi  et  Jean-Noël Juttet

Détective privé, le narrateur, Kihyon, s’est éloigné de sa famille trop terne et renfermée. Pourtant lorsque son grand frère "exemplaire" perd ses deux jambes après avoir sauté sur une mine à l’armée, il rentre aider à s’occuper de ce frère aîné à la fois admiré et tellement jalousé. C’est à ce moment qu’un client anonyme lui commande d’espionner sa mère…

Le lecteur suit Kihyon, le narrateur, dans son introspection pleine de culpabilité, sa découverte de secrets de familles et sa perception affinée de ceux qui l’entourent. Les rapports entre les membres de la famille sont redessinés, sous un nouvel éclairage qui lui permet de déceler des sentiments profonds sous un quotidien apparemment terne.

L’auteur se réfère beaucoup à la mythologie gréco-romaine,  récits d’amours contrariés et de métamorphoses. La forêt et les arbres sont chargés d’une symbolique forte, depuis les arbres enlacés du parc jusqu’au palmier de Namchon. Les rêves du narrateur  tiennent une place importante, entre rêves prémonitoires et révélateurs de son inconscient. Ces deux éléments, parfois entremêlés, sont sans doute à l’origine du titre.

Le contexte coréen reste discrètement en filigrane, et n’affleure  que lorsqu’il est question des contestations sociales (qui ont coûté son enrôlement forcé à Ukyon) et des conflits de pouvoir. L’auteur s’interroge aussi sur le rôle de l’artiste, témoin et militant, ou révélateur de beauté. Malgré tout cela, la vie rêvée des plantes est avant tout un roman d’amour.

Aline

Lire l’interview du 17 septembre 2012, réalisée par Isabelle Roche pour lelittéraire.com