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04/04/2016

En attendant Bojangles

Roman, amour

 

En attendant Bojangles
Olivier Bourdeaut
Finitude éd., 20116, 160 p, 15.50€

Souvent, en fermant un livre, même si on l’a apprécié, on se dit qu’il aurait pu avoir cent pages de moins, être plus condensé. Ici, on se prend à regretter de l’avoir traversé si vite, pris dans le tourbillon, et séduit par une certaine facilité de lecture…

C’est l’amour fou entre les parents du narrateur qui rythme la vie familiale extravagante : tous trois se vouvoient, le père invente un prénom pour sa femme différent chaque jour, et réalise son rêve de château en Espagne ! Leur animal de compagnie, Mlle Superfétatoire, est une grue exotique,… Le courrier jamais ouvert tapisse, comme un lit de feuilles mortes, les grands carreaux à damiers de l’entrée.

Refusant le morne, le réel, ils font de la vie une fête de tous les instants, quitte à multiplier les "mensonges à l'endroit et à l'envers" et les "fous rires tristes", incluant leur enfant dans leur bulle. "Comment font les autres enfants pour vivre sans mes parents ?" se demande le narrateur... qui reçoit une éducation fantaisiste : ses parents ont inventé un répertoire de chansons pour lui enseigner la conjugaison, un « chiffre-tease » pour les maths,…

Ce roman commence comme une comédie, et finit comme une tragédie, sur la mélodie de Mr Bojangles, de Nina Simone, envoûtante, entêtante. Il est la chronique douce amère d'un amour démesuré, un tourbillon de folie joyeuse qui maintient ses personnages dans le mouvement... le plus longtemps possible. Un très beau premier roman, qui figure sur nombre de sélections de prix littéraires !

Aline

11/02/2016

Parlez-moi d'amour...

Pour la Saint Valentin, Sylvie nous propose une sélection de 15 romans d’amours… le challenge étant d'éviter les nanars... Amour, oui, mais il ne faudrait pas nous prendre pour des quiches non plus (pour citer la revue Causette).

amour

* accès facile, ** difficulté moyenne, *** lecture exigeante

1 - Les mots du passé, Jean-Michel Denis  *

2 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer  **

3 - Un bûcher sous la neige, Susan Fletcher  *

4 - La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson *

5 - Mille femmes blanches, Jim Fergus *

6 - L'héritage, Katherine Webb *

7 - De la part de la princesse morte, Kénizé Mourad **

8 - Loving Frank,  Nancy Horan  **

9 - Ecoute moi, Margaret Mazzantini  ***

10 - Du domaine des Murmures, Carole Martinez  **

11 - La joueuse de Go,  Shan Sa  **

12 - Je l'aimais, Anna Gavalda  *

13 - Pense à demain (Trilogie), Anne-Marie Garat  **

14 - Le goût du bonheur (Trilogie), Marie Laberge  *

15 - Avant toi, Jojo Moyes  *

Alors, à vous de compléter.......... envoyez-nous vos choix de romans d'amour !

 

Françoise  (voir commentaires ) :

les derniers jours de Stefan Zweig, de Laurent Seksik *

Aurélien, d'Aragon  ***

Elisabeth

La septième rencontre, d'Hejborg Wassmo  **

 

 

 

17:17 Publié dans coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : amour

30/09/2015

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

mort,amour,condition féminine

 

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir

Rosa MONTERO

Métailié, 2015

 

Cédant à ce qui semble être une mode parmi les écrivains actuels, Rosa Montero prend comme point de départ la biographie de personnes célèbres – ici celle de Marie Curie, scientifique dont la vie aux côtés de son mari Pierre a fait l’objet de nombreux écrits et documentaires filmés .

Le tout est bien écrit, bien documenté, repose sur des faits avérés, des biographies attestées, des écrits de Marie Curie à partir desquels l’auteur  "brode".

Et c’est la broderie que je trouve gênante !!! Je trouve qu’elle donne un livre "fourre-tout" à la construction baroque (au sens artistique du terme !) avec des extraits intéressants de tranches de vie des deux scientifiques interrompus par des digressions en tous genres, notamment sur la difficulté d’être femme dans un univers machiste, sur la douleur ineffable liée à la perte de l’être aimé et sur le deuil (Pierre meurt avant Marie). L’auteur nous inflige des confidences intimes sur ses propres réactions  face à la mort de son compagnon à partir desquelles elle se livre à des généralisations sur la mort, nécessairement superficielles. On trouve aussi pêle-mêle des réflexions sur ce qu’est la normalité,  sur les coïncidences dans la vie, sur ce qu’aimer signifie pour un homme et pour une femme, sur la relation entre littérature et  Mal, littérature et beauté, fiction et réalité, liberté de l’écrivain, faiblesse des hommes, la mort de nos jours, etc. etc.  tous ces thèmes n’étant bien sûr qu’ effleurés. Enfin, l’emploi des #Hashtags, totalement artificiel, m’a exaspérée !

Il s’agit ici pour moi d’un livre exutoire  qui illustre un autre phénomène de mode à l’œuvre dans les publications récentes : l’acte d’écrire pour l’auteur qui ne se dissimule plus derrière un narrateur constitue une thérapie ; le lecteur assiste à un déballage de sentiments auquel il manque la distanciation d’une Delphine de Vigan lorsqu’elle s’interroge sur la relation entre réalité et fiction.  Sans toutes ses digressions, le livre m’aurait semblé beaucoup plus intéressant et même très recommandable !!!

Ginette

07/09/2014

Opération Sweet Tooth

roman étranger,espionnage,littérature,amourOpération Sweet Tooth

Ian McEwan

Gallimard (roman), 2013, 22.50 €

Traduit de l’anglais Sweet Tooth par France Camus-Pichon

Grande Bretagne, début des années 1970. La belle Serena Frome, lectrice compulsive, suit des études de mathématiques peu brillantes, sans conviction. Lorsqu’elle sort de Cambridge, elle a peu d’ambition, et se laisse porter par les évènements et les hommes dont elle s’éprend. Son amant Tony la pousse à s’enrôler au MI5, dans les services de renseignements anglais, en pleine période de guerre froide. A cette époque, les femmes n’y sont que des bureaucrates de bas étage, compulsent d’innombrables rapports dans une ambiance lugubre et soupçonneuse. Serena finit par être enrôlée dans l’opération Sweet Tooth, censée assurer le rayonnement de la culture britannique, en finançant l’écriture d’écrivains choisis pour leur idéologie. Chargée de l’évaluation de l’écrivain Tom Haley, elle s’éprend de ses nouvelles, puis de l’écrivain lui-même…

J’avoue avoir été agacée par ce personnage féminin, très passif et malléable, qui reste néanmoins crédible resitué dans le contexte des années 1970. Finalement, sa seule originalité consiste pour moi  dans son regard sur la littérature : Serena lit pour le plaisir de l’histoire, pour se retrouver dans un récit,  et évalue la qualité d’un roman au plaisir de lecture, mettant sur un pied d’égalité Jane Austen et des romans de gare. Son récit est entrecoupé de ses résumés et évaluations des œuvres de Tom Haley, ce qui peut gêner un peu la lecture.

Le regard de l’auteur sur les services d’espionnage est sévère : tous ces hommes qui se prennent au sérieux et n’accomplissent pas grand-chose… Au final, Ian McEwan écrit plus une histoire d’amour qu’un roman d’espionnage !

Aline

19/07/2014

La vie rêvée des plantes

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Seeung-U Lee, Zulma, 2006

Traduit du Coréen par Mikyung Choi  et  Jean-Noël Juttet

Détective privé, le narrateur, Kihyon, s’est éloigné de sa famille trop terne et renfermée. Pourtant lorsque son grand frère "exemplaire" perd ses deux jambes après avoir sauté sur une mine à l’armée, il rentre aider à s’occuper de ce frère aîné à la fois admiré et tellement jalousé. C’est à ce moment qu’un client anonyme lui commande d’espionner sa mère…

Le lecteur suit Kihyon, le narrateur, dans son introspection pleine de culpabilité, sa découverte de secrets de familles et sa perception affinée de ceux qui l’entourent. Les rapports entre les membres de la famille sont redessinés, sous un nouvel éclairage qui lui permet de déceler des sentiments profonds sous un quotidien apparemment terne.

L’auteur se réfère beaucoup à la mythologie gréco-romaine,  récits d’amours contrariés et de métamorphoses. La forêt et les arbres sont chargés d’une symbolique forte, depuis les arbres enlacés du parc jusqu’au palmier de Namchon. Les rêves du narrateur  tiennent une place importante, entre rêves prémonitoires et révélateurs de son inconscient. Ces deux éléments, parfois entremêlés, sont sans doute à l’origine du titre.

Le contexte coréen reste discrètement en filigrane, et n’affleure  que lorsqu’il est question des contestations sociales (qui ont coûté son enrôlement forcé à Ukyon) et des conflits de pouvoir. L’auteur s’interroge aussi sur le rôle de l’artiste, témoin et militant, ou révélateur de beauté. Malgré tout cela, la vie rêvée des plantes est avant tout un roman d’amour.

Aline

Lire l’interview du 17 septembre 2012, réalisée par Isabelle Roche pour lelittéraire.com

06/10/2013

Le bruit de tes pas

roman étranger, Italie, amitié, amour, drogue"La Forteresse" est  une banlieue italienne sordide, toute d'immeubles et de béton, peuplée majoritairement de famille pauvres, de squatteurs, de chômeurs, de dealers,... Fils d'une brute alcoolique, Alfredo se réfugie dans l'appartement du dessous chaque fois que son père le bat, et grandit quasiment dans la famille de Béatrice. Tous deux sont inséparables, au point qu'on les a surnommés  les Jumeaux.

 

Leur relation, maladroite et sauvage dans l'enfance, devient exclusive et agressive à l'adolescence, lorsque leurs aspirations commencent à diverger. C'est dramatique de les voir se déchirer, malgré leur attachement, alors que le milieu dans lequel ils vivent se charge déjà de les détruire :

 

"Quand on avait entre seize et trente ans et qu'on vivait à la Forteresse, les probabilités d'être tué étaient plus élevées que la moyenne nationale. On le savait tous : on courait un risque pour le simple fait d'être nés au mauvais endroit.

Mais Alfredo et moi pensions que rien ne nous arriverait. A l'âge de dix-huit ans, nous imaginions que nous allions vivre éternellement.

Puis la Forteresse qui s'était d'abord montrée clémente décida qu'il y aurait pour nous aussi un prix à payer."

 

Un récit âpre et touchant, où l'amitié et l'amour ne suffisent pas toujours à la rédemption. L'histoire n'est pas particulièrement originale, mais les personnages lui donnent une grande force.

 

Le bruit de tes pas

Valentina D'Urbano

Editions P. Rey, sept. 3013, 237 p., 19€

Premier roman, traduit de l'italien "Il rumore dei tuoi passi" par Nathalie Bauer

 

14/07/2013

La boutique de la seconde chance

roman étranger,brocante,amour,deuilRichard, ou Chiffo (-nnier), est brocanteur, et chine avec ardeur, tant pour approvisionner son magasin, situé dans une banlieue pourrie de Detroit, que pour son plaisir. Il est tellement accro qu'il s'échappe même de la réception d'enterrement de sa propre mère pour filer à une vente.

 

Mal adapté à la société de consommation américaine, fâché avec les adeptes du neuf, les canapés écossais et le bon goût,  il développe ce qu'il appelle des "théories foireuses" autour de son métier et du rapport aux objets, comme "gouttes d'éternité" :

 

"Pour ma part, je trouve les objets neufs insipides. Ils n'ont pas d'histoire, pas de résonnance. Je me sens à l'aise au milieu de l'antiquaille. La deuxième main. L'expression parle d'elle-même : d'autres mains ont manipulé l'objet. Que l'on songe à tout ce que nous touchons tous les jours, aux millions de minuscules rivets qui soudent l'existence : les tasses à café, les réveils, les lunettes de soleil, les porte-clés, les cendriers… Et si chacun d'eux avait absorbé une bribe de nous-mêmes, et si la marque de nos doigts transmettait une parcelle de notre âme ?..."

 

"Plus on prend de l'âge, plus on possède d'objets. Pourquoi ça ? Parce que les objets ont un pouvoir de protection. Ils agissent comme un lest… Que l'on songe à ce que l'on ressent lorsque l'on achète quelque chose : ce petit flash, comme un éclair d'éternité…  J'ai remarqué que c'est vers la trentaine que les gens commencent à acquérir des choses. Une fois en possession du principal –maisons, voitures, conjoints, enfants- ils persistent : achat, achat, achat. Ils ont envie d'une deuxième bagnole, d'un billard, d'un bateau, d'un camping-car –vraiment du sérieux. Mails ils n'enrichissent pas leur vie pour autant, ils l'alourdissent. Car ils ne savent pas qu'ils tentent de se protéger. Trente ans, c'est l'âge auquel on cesse de se croire immortel."

 

Chiffo met de la distance entre lui et les objets de la succession de ses parents en les traitant comme un brocanteur, et non comme des objets personnels, mais le passé le rattrape au détour d'une recette maternelle, ou des vestiges de la passion de son père pour la photographie.

 

Au même moment, il rencontre Théresa, qui travaille dans un refuge pour animaux, et semble aussi névrosée que lui.  Les migraines émotionnelles se multiplient !

 

Brocante, deuil et amour sont les trois ingrédients principaux de ce roman, plutôt humoristique mais non dépourvu de profondeur. Tout n'est pas bon, mais je me suis régalée des réflexions de ce personnage décalé.

 

La boutique de la seconde chance

Michael Zadoorian

Fleuve Noir, sept 2012, 302 p., 19.50 €

Traduit de l'américain Second hand par Jean-François Merle

17/07/2012

Hunger games

Hunger Games, de Suzanne COLLINS 

C'est l'histoire, racontée au présent, de Katniss, une jeune fille de 16 ans appelée pour participer aux Hunger Games, un jeu télévisé sanguinaire et cruel organisé par la Capitale de son pays, consistant à mettre douze garçons, et douze filles dans une arène afin qu'ils s'y entre-tuent. Une seule règle dans l'arène : survivre à tout prix.

Hunger Games est une trilogie intense à ne surtout pas manquer, remplie de suspense, de frisson et d'angoisse.

Iris, 14 ans