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25/03/2017

L'enfant qui mesurait le monde

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L’enfant qui mesurait le monde

Metin ARDITI

Grasset, 2016, 19€

 

Sur l’île grecque de Kalimaki, on n’a jamais eu que le strict nécessaire. Pêcheurs, mareyeurs, constructeurs de trehandiri (bateau traditionnel), cafetiers…  ont toujours travaillé dur, mais la situation a empiré depuis la crise ! Maraki trime pour gagner sa vie et celle de son fils en pêchant à la palangre.

Le maire, Andreas, arrange avec le goupe Investco un grand projet hôtelier « Pericles palace » qui, certes, bétonnerait la plus belle crique de l’île, mais permettrait de réaliser des infrastructures et apporterait la prospérité aux îliens. Le roman oppose le point de vue des « progressistes » à celui des défenseurs de l’intégrité de l’île. Esthètes ou pragmatiques, les personnages sont présentés avec empathie par l’auteur, qui s’attache à comprendre leurs motivations, et les changements que ce projet  apporterait dans la vie de chacun, femme, homme ou enfant. Ce que personne ne souhaite voir disparaître, c’est le caractère humain et solidaire de la communauté.

Pendant ce temps, le petit Yannis, muré dans ses comportements compulsifs, mesure les détails et compare les chiffres à ceux de la veille pour rétablir l’ordre du monde. Mais le monde peut-il rester en ordre même lorsque les choses changent ? Et qu’est-ce que l’ordre du monde ? Aidé par Eliot, architecte retraité venu enterrer sa fille sur l’île, Yannis essaie de trouver ses propres réponses.

Proche du conte philosophique, ce roman offre, outre une galerie de personnages attachants,  plusieurs pistes de réflexion. Les thèmes : Grèce, autisme, deuil, maîtrise du progrès… sont entremêlés, et s’enrichissent l’un l’autre. Belle lecture facile, émouvante et positive.

Aline

24/07/2013

Cher Gabriel

roman étranger,autismeEntre roman et témoignage, rédigé sous forme de lettres d’un père à son fils, Cher Gabriel est un récit de ce que vit un père au jour le jour auprès de son fils autiste.

Les réflexions philosophiques, l’amour de sa côte norvégienne sauvage, alternent avec le récit des « problèmes » de Gabriel.

Les rituels et les petites victoires aident à vivre. Les bons moments, tels que le pique-nique et chasse au trésor sur une île, alternent avec les « pas très bonnes journées », comme les appellent avec diplomatie les enseignants de Gabriel, et les moments de lassitude des parents.

 

L’amour inconditionnel de l’auteur pour son fils est admirable, et je pensais être emportée dans le récit, ce qui n’a pas été le cas. Peut-être en raison d’une façon d’écrire relativement intellectuelle, qui met à distance des évènements évoqués… ? ou bien du choix artificiel de parler à son fils alors que l’auteur s’adresse à nous, lecteurs ?

 

Cher Gabriel

Halfdan W. Freihow

Gaïa, 2012, 165 p., 16 €

17/07/2013

Les choses comme je les vois

roman étranger,autismeTrois narrateurs prennent tour à tour la parole pour exprimer « les choses comme ils les voient » : leurs ressentiments, leur frustration, leur mal-être, leur inadaptation. Asif Murphy et ses deux sœurs Yasmine et Lila semblent  tous trois engloutis par leur histoire familiale et la différence de Yasmine, autiste.

 

Depuis la naissance de cette petite sœur difficile, suivie de près par le départ du père, toute la famille a tourné autour de Yasmine, de ses « implosions » et de ses rituels. Avec son syndrome d’Asperger, elle a pris toute la place auprès de sa mère, et les aînés ont occupé tant bien que mal l’espace qu’on leur laissait : le rôle de gentil grand frère transparent pour Asif, et celui de souillon, rebelle méchante, pour Lila.

 

Le récit plonge dans leurs relations mortifères, les responsabilités qu’ils s’imposent ou refusent. Adultes maintenant, et privés de leur mère, tous trois peinent à vivre et à trouver leur place dans la société. Et pourtant, leurs qualités cachées peuvent émerger à l’occasion de nouvelles rencontres, et leur donner une seconde chance…

 

La citation récurrente de Larkin "They fuck you up, your Mum and Dad. They don't mean to, but they do" (Ils te fichent en l'air, ton père et ta mère. Ils ne le font pas exprès, mais n'empêche qu'ils le font) est longuement explorée. Mais finalement, vient un moment ou chacun doit choisir de vivre... ou pas.

 

Les choses comme je les vois

Roopa Farooki

Gaïa editions, 2013, 312 p., 22 €

Traduit de l’anglais The way things look to me par Jérémy Oriol