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19/09/2013

Le rêve du village des Ding

roman étranger, Chine, SidaInterdit en Chine, ce livre est inspiré d'une réalité plus terrible encore. Les habitants du village de Ding ont vendu leur sang. C'est le père de l'auteur, Ding Hui, qui en a pris l'initiative, comme cela se faisait dans d'autres villages. Il s'est enrichi tandis que le sida (mesures d'hygiène inconnues) entraînait la souffrance et la mort des habitants. Tandis que le grand-père de l'auteur, professeur cultivé, essayait d'aider les malades en les hébergeant dans l'école qui ne fonctionnait plus, Ding Hui continuait éhontément à s'enrichir en organisant la vente de cercueils (en détruisant la forêt) et des "mariages dans l'au-delà" pour unir ceux que la mort avait séparés.

Un livre bouleversant !

 

Yan Lianke est né en 1958 dans la province du Hénan, au centre-est de la Chine. Il a publié plusieurs romans et nouvelles remarquables par leur sujet. Il écrit : "colère et passion sont l'âme de mon travail".

 

Le rêve du village des Ding

YAN Lianke

Ed. P.Picquier, 2007, 332 p., 20 €

Traduit du Chinois par Claude Payen

Ginette

17/09/2013

La fabrique du monde

La fabrique du monde, c’est la Chine, dans le contexte de la mondialisation. Ici, en l’occurrence, une usine de confection où vivent, dorment et travaillent de nombreuses ouvrières exploitées. Lorsqu’une commande doit être livrée rapidement, c’est une cadence infernale qui est exigée, et les employées survivent en mode automatique : ne surtout pas penser, pour ne pas ralentir son geste ! Travailler jour et nuit pour un maigre salaire qui permet au mieux de payer son lit au dortoir de l’usine et de rentrer chez soi pour les fêtes.

 

Mei, jeune couturière adroite et rapide, souffre pourtant de ce rythme insupportable et du peu d’espoir que l’avenir lui laisse. Consciente de l’injustice de sa situation, elle remâche sa colère et se prend à rêver… ce qui la rend d’autant plus fragile.

 

Ecrit avec finesse et clarté, la fabrique du monde est une plongée intime dans son quotidien, ses pensées et ses sentiments. Le lecteur croit voir défiler les chemises blanches ou les pantalons en polyester sous l’aiguille de la machine à coudre, et se révolte à la place de Mei des conditions de travail inhumaines qui lui sont imposées. Au final, un livre beau et triste.

 

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Sophie Van der Linden

Buchet Chastel (roman), avril 2013, 155 p., 13 €