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19/07/2014

La vie rêvée des plantes

roman étranger,amour,coréeLa vie rêvée des plantes

Seeung-U Lee, Zulma, 2006

Traduit du Coréen par Mikyung Choi  et  Jean-Noël Juttet

Détective privé, le narrateur, Kihyon, s’est éloigné de sa famille trop terne et renfermée. Pourtant lorsque son grand frère "exemplaire" perd ses deux jambes après avoir sauté sur une mine à l’armée, il rentre aider à s’occuper de ce frère aîné à la fois admiré et tellement jalousé. C’est à ce moment qu’un client anonyme lui commande d’espionner sa mère…

Le lecteur suit Kihyon, le narrateur, dans son introspection pleine de culpabilité, sa découverte de secrets de familles et sa perception affinée de ceux qui l’entourent. Les rapports entre les membres de la famille sont redessinés, sous un nouvel éclairage qui lui permet de déceler des sentiments profonds sous un quotidien apparemment terne.

L’auteur se réfère beaucoup à la mythologie gréco-romaine,  récits d’amours contrariés et de métamorphoses. La forêt et les arbres sont chargés d’une symbolique forte, depuis les arbres enlacés du parc jusqu’au palmier de Namchon. Les rêves du narrateur  tiennent une place importante, entre rêves prémonitoires et révélateurs de son inconscient. Ces deux éléments, parfois entremêlés, sont sans doute à l’origine du titre.

Le contexte coréen reste discrètement en filigrane, et n’affleure  que lorsqu’il est question des contestations sociales (qui ont coûté son enrôlement forcé à Ukyon) et des conflits de pouvoir. L’auteur s’interroge aussi sur le rôle de l’artiste, témoin et militant, ou révélateur de beauté. Malgré tout cela, la vie rêvée des plantes est avant tout un roman d’amour.

Aline

Lire l’interview du 17 septembre 2012, réalisée par Isabelle Roche pour lelittéraire.com

09/01/2014

Princesse Bari

corée,immigration,chamanismeItinéraire d’une jeune Nord-Coréenne, 7ème fille de sa famille, depuis son village natal jusqu’à un Londres clandestin.

Non désirée, Bari est abandonnée à la naissance, mais devient pourtant la petite fille préférée de sa grand-mère, reliée à elle par un don commun de chamanisme. A la fin des années 1990, sa famille est contrainte de fuir le régime coréen, dispersée et poussée toujours plus loin par la famine. Les qualités de voyante de Bari l’aident à surmonter la perte des siens et à exceller dans sa profession de masseuse, que ce soit en Chine ou en Angleterre après une terrible traversée cachée par les "passeurs de serpents" à fond de cale d'un cargo.

  

Le récit intègre beaucoup de rêves et de sensations chamaniques, Bari est orientée et conseillée par l’esprit de son chien et de sa grand-mère. Elle comprend ses patients avec l’aide de fantômes de leur passé. Ce qui nous choquerait dans un roman occidental semble ici naturel, lié aux croyances asiatiques et au personnage de Bari.

L’auteur a su rendre l’universalité de la souffrance, des forces qui poussent les populations à émigrer, la bestialité des trafics de migrants, la volonté humble d’intégration dans un nouveau pays. Au contact de toutes les personnes qu’elle rencontre, de la Chine au Londres multiethnique, Bari apprend la tolérance et se forme une idée  globale et harmonieuse d’une spiritualité qui englobe toutes les religions. Soutenue par la légende de la Princesse Bari que lui racontait sa grand-mère, elle progresse dans la recherche de l’acceptation, du pardon et de l’harmonie.

L’une de mes premières lectures coréennes, qui m’encourage à continuer.

Princesse Bari

HWANG Sok-Yong, éd. P. Picquier, 2013 , 19 €

Traduit du Coréen

 

03/08/2013

l'étrangère

roman,coréeParcours d'une jeune Coréenne d'origine modeste qui réussit –à force de travail et grâce au soutien de toute sa famille- à faire des études.

Eun-Ja est le bébé de la famille. A la mort de son père, sa mère poursuit courageusement le travail dans les rizières pour permettre à la famille de subsister, et même aux filles d'aller en classe aussi longtemps que possible.

Longtemps dans l'ombre de ses sœurs brillantes, Mi-Sun et Sun-Hi, elle devient une élève excellente et se passionne pour le français. Elle étudie avec acharnement pour obtenir des bourses et réaliser son rêve : maîtriser la langue, et, un jour, écrire des romans en français !

 

Récit d'une vie laborieuse dans une famille nombreuse coréenne de la campagne. Très agréable à lire, il transporte dans un quotidien et une culture différents des nôtres. Pour autant, le style est simple et direct, la construction linéaire, donc je n'ai pas compris pourquoi les critiques sont aussi élogieuses (**** Lire). Peut-être en hommage à la passion et à la maîtrise du français d'Eun-Ja ?

 

L'étrangère : récit

Eun-Ja Kang

Seuil, 2013, 278p., 19€