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10/11/2017

FUTU.RE

roman d'anticipation, dystopieFUTU.RE

Dmitry GLUKHOVSKY

L’Atalante, 2015, 726 p., 27 €

Traduit du russe par Denis E. Savine

L’humanité a trouvé depuis 300 ans un vaccin au vieillissement, et peut vivre éternellement jeune –avec comme corollaire une surpopulation globale, que chaque continent traite à sa façon. L’Europe n’est plus qu’une immense mégalopole ininterrompue, hérissée de gratte-ciels de milliers d’étages, où s’entassent les habitants -plus ou moins haut selon leur rang social.

Dans cet état « providence », très surveillé, chacun bénéficie de la vie éternelle à la stricte condition de ne pas procréer. La politique de contrôle des naissances draconienne impose aux rares couples désirant un enfant de désigner le parent qui en contrepartie recevra  une injection de vieillissement accéléré. La Phalange, impitoyable, pourchasse les contrevenants : le parent capturé reçoit l’injection, et l’enfant coupable d’exister est enfermé dans un orphelinat.

Matricule 717 s’est endurci dans l’un de ces horribles internats, et accomplit sans pitié la mission pour laquelle il a été formaté : avec sa phalange, masque d’Apollon sur le visage, traquer sans pitié les grossesses illégales. Il mène une vie terne d’instrument bien réglé jusqu’au jour où une intervention qui tourne mal le pousse à commettre quelques entorses, puis à remettre en question son endoctrinement.

L’auteur décrit une civilisation peu reluisante, empilée dans des zones urbaines après avoir fait disparaître toute nature,  préoccupée uniquement du bien-être personnel, et coupée finalement de son humanité. L’analyse de cette société renvoie aux travers et aux inégalités de notre époque, notamment avec le refus d’en laisser bénéficier les étrangers. L’ironie veut que les seules touches colorées et pleines de vie dans cet univers glaçant se trouvent du côté de Barcelone, devenue le quartier des immigrés clandestins et sorte de « jungle ».

Situé dans un monde dystopique bien campé, c'est surtout un récit d’action très efficace, où le héros -brisé par son enfance- tente d’échapper à son destin et de déjouer les machinations des dirigeants. De multiples rebondissements tiennent le lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages, et ce sont les imperfections des personnages qui les rendent attachants.

Aline

 

25/03/2015

Bouillon d'Anticipation

Lors de notre rencontre de février, nous n’avons fait qu’effleurer le vaste champ de la littérature dite « d’anticipation », qui comporte de nombreux genres et sous-genres.

La littérature adolescente regorge de très bons titres d’anticipation, souvent des dystopies : (contre-utopie : fiction dépeignant les conséquences néfastes d’une idéologie poussée à l’extrême). Outre qu’elles offrent d’excellents récits à suspense dans des mondes de fantaisie, leurs auteurs cherchent souvent à mettre en garde contre les dérives de nos propres sociétés. Nous en avons critiqué plusieurs sur le blog : Starters de Lissa Price / Les Fragmentés de Neil Shusterman / La Déclaration de Gemma Malley / Legend de Marie Lu / Divergent de Veronica Roth. Lire aussi Le Passeur de Lois Lowry / Uglies de Scott Westerfeld / Hunger games de Suzanne Collins.

Les premières dystopies sont sans doute les romans suivants, des "classiques" à relire absolument ! Le meilleur des mondes (Brave New World, 1932) d’Aldous Huxley / Ravage, de Barjavel (1943) / 1984 de George Orwell (1949) / Fahrenheit 451, de Ray Bradbury.

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Quelques titres de Fantasy Urbaine ont happé notre imagination : Lombres, par China Miéville / Neverwhere, de Neil Gaiman. La fantasy urbaine prend place dans une ville (ici Londres), à une époque industrielle (19e ou 20e siècle), où le surnaturel fait irruption. Les machines à vapeur entrent en contraste avec les créatures magiques, comme dans la saga des Wildenstern, d’Oisin McGann (sous-genre « Steampunk »).

Le récit de science-fiction organise un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories scientifiques réelles ou supposées, souvent en lien avec d’autres planètes et situées dans le futur. L’écrivain Terry Pratchett déclare avec humour : "La science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons."

Les précurseurs de la science-fiction sont Cyrano de Bergerac, en 1657, dans L'Autre monde ou les États et Empires de la Lune et du Soleil, puis Jules Verne avec De la Terre à la Lune (1865), et H. G. Wells avec La Machine à explorer le temps (1895), ou La Guerre des mondes (1898). La science-fiction a connu un grand succès après la seconde guerre mondiale et jusque dans les années 1970, même si la qualité de ses auteurs n’était pas toujours reconnue. Citons quelques favoris:

La stratégie Ender, d’Orson Scott Card / Le monde du fleuve, de Philip José Farmer / Fondation, d’Asimov / Hyperion et Endymion, de Dan Simmons / les romans ou nouvelles du français Ayerdhal...et René Barjavel.

D’autres titres ou auteurs ont aussi été évoqués :

Jack Vance, auteur prolifique

Echange standard de Robert Sheckley, complètement farfelu, où le héros, américain, utilise le « psychochoc » pour échanger sa vie avec celle d’un martien.

Le grand livre, de Connie Willis, original et humoristique, autour du voyage dans le temps et des paradoxes induits si les observateurs modifient l’ordre des choses.

Pardon, vous n’avez pas vu ma planète ? de Bob Ottum. Où un émissaire extraterrestre vient prévenir d’une visite touristique sur la terre de ses congénères pacifistes.

26/01/2013

Legend

Legend, par Marie Lu

Castelmore (collection Bragelone pour les ados),

septembre 2012, 279 p., 15,20 €

Traduit de l'américain par Oliver Debernarddystopie,thriller

 

Thriller, dystopie postapocalyptique

 

La République américaine de Californie est une sorte d'oligarchie militaire, en guerre contre les Colonies (que le lecteur suppose correspondre au reste des Etats-Unis). Day, 15 ans, considéré comme mort depuis ses 10 ans, vit dans la rue, hors du système, et harcèle la République à sa façon discrète, tentant de rétablir quelques injustices. Malheureusement, il est repéré en essayant de voler des médicaments pour soigner son petit frère atteint d'une forme mutante de la grave épidémie qui sévit dans les quartiers déshérités.

June, totalement à l'opposé de la société, est une jeune prodige qui a reçu la note maximale à l'Examen décidant de l'orientation des enfants à 10 ans. Elle poursuit une formation accélérée dans les traces de son frère, Metias, brillant capitaine de l'armée. A la mort de Metias, June est missionnée pour retrouver Day, considéré comme son meurtrier.

Mais ce n'est pas si simple, Day et June sont attirés l'un par l'autre et chacun est bourré de qualités... - tandis que le régime est truffé de militaires manipulateurs,  prêts aux pires horreurs.

 

Lecture facile, le lecteur rentre de plein pied dans l'action avec deux personnages principaux. Véritable page turner, thriller romantique presque aussi efficace que Hunger games, même si le scénario est un peu moins original. Annoncé comme une trilogie.

Le tome 2 Prodigy est publié en anglais fin janvier 2013.

 

22/08/2012

Starters

Starters, tome 1 : survivre n’est qu’un débutdystopie

Lissa Price

Traduit de l’américain par Aude Lemoine

R. Laffont, mars 2012, 17.15 €

 

Suite à la guerre des spores, tous les adultes ont été atteints de maladie mortelle, sauf les vieux : les Enders.  D’une très grande longévité, ils monopolisent travail et richesses, niant tout droit aux enfants et aux jeunes, les Starters. Ceux qui n’ont pas de grands-parents privilégiés vivent donc de débrouille.

 

Callie et son petit frère font partie des Starters dépouillés, survivant dans des squats, sans cesse sur le qui-vive. Afin de gagner de quoi nourrir son frère, Callie se rend à Prime Destination, une organisation qui paie illégalement des jeunes pour louer leur corps à des Enders avides de sensations « jeunes ». Mais comment reconnaître les vrais jeunes des vieux ? Comment être certain de récupérer son corps après la location, et en bon état ? Au cours de sa troisième location, Callie cohabite involontairement avec l’Ender qui l’habite, et se retrouve mêlée à un complot politique qui la dépasse… et la concerne directement !

 

Voilà un très bon thriller d’anticipation, à l’intrigue effrayante et au rythme soutenu. Les personnages principaux sont suffisamment complexes pour être crédibles. Le suspense, qui rappelle Hunger Games, est relancé par un certain flou en fin de premier tome… J’attends avec impatience la suite –et fin-  qui devrait paraître en novembre 2012 sous le titre « Enders ».

Aline