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08/06/2020

Soeurs de sang

roman ado, fantasyL'envol du Phénix

Sœurs de sang, tome 1

Nicki PAU PRETO

Lumen, 2020, 724 p., 16€

Traduit de l’anglais (canadien) Crown of Feathers par Julie Lafon et Céline Morzelle

 

Autrefois, de puissantes reines défendaient leur royaume sur le dos de fantastiques créatures, phénix capables de s’embraser et de cracher des flammes. Mais ces temps sont révolus, et les animages, qu’ils soient capables de d’imprégner des phénix ou juste de communiquer avec les animaux, sont désormais traqués.

Véronyka et sa grande sœur Val ont grandi dans la clandestinité, survivant depuis des années de chasse et de rapine. Elles pourraient retrouver leur dignité, si les deux œufs de phénix qu’elles ont découvert se décidaient à éclore. Encore faudrait-il que les oiseaux de feu les choisissent, et qu’elles sachent les élever. Or le seul groupe de dresseurs de phénix qui résiste encore dans les montagnes refuse d’entraîner les femmes.

La relation complexe entre les deux sœurs est au cœur du récit, autant que leur ténacité, et leur volonté de devenir dresseuses de phénix.

Véronyka est narratrice principale, même si d’autres personnages gagnent de l’épaisseur en prenant tour à tour la parole : Sev, enrôlé de force dans l’armée, qui cache de son mieux sa  nature d’animage ; Tristan, dresseur de talent dont tous les efforts semblent néanmoins insuffisants par rapport aux attentes de son père ; et enfin, la terrible Val !

Dans la lignée d’Eragon, (ou en version adulte, des Cavaliers de Pern ou Game of Thrones), un roman d’Heroic Fantasy pour ados, fluide et agréable à lire. Les dragons sont remplacés par des phénix, mais l’idée reste la même. Le tome 2 de la trilogie est annoncé en 2020.

Aline

12/01/2020

L'homme qui savait la langue des serpents

roman étranger, Estonie, fantasy

L'homme qui savait la langue des serpents

Andrus Kivirähk

Le Tripode (Météores), 2013, 13.90€

Traduit de l’Estonien  Mees, kes teadis ussisõnu  par Jean-Pierre MINAUDIER

Dans une époque médiévale estonienne fantasmée, le roman retrace la vie de Leemet, dernier homme des forêts, qui  vit en accord avec son environnement, se lie avec le peuple des serpents et commande aux animaux intelligents par ses sifflements. Il rêve de voir un jour voler la grande salamandre, l’animal protecteur du peuple de la forêt, mais voit le monde sauvage idyllique (ou pas) de ses ancêtres disparaître et la modernité apportée par les envahisseurs germaniques l'emporter. Les uns après les autres, ses voisins quittent la forêt pour aller s'installer au village, où ils pratiquent des activités étranges et inutiles telles que l'agriculture, se nourrissent d’infâme pain et se convertissent au christianisme au point de vouloir oublier leurs origines.

L’imaginaire d’Andrus Kivirähk, empreint de réalisme magique et d’un souffle qui n’est pas sans rappeler les sagas scandinaves, convoque autour de Leemet tout un monde de personnages hauts en couleurs. Ints, son « frère » vipère royale, son oncle Vootele, lucide sur l’état du monde qui malgré tout lui enseigne la langue ancienne des serpents, sa soeur Salme amoureuse d'un ours séducteur, sa mère constamment à rôtir chevreuils ou élans, son grand-père qui guerroya sauvagement contre l’envahisseur allemand, Hiee fillette fort occupée à traire les loups dans leur étable… Sans parler de fanatiques de tout bord, d'une paysanne qui rêve d’apprivoiser un loup-garou, d'un ancien chasseur de vents, des deux derniers australopithèques éleveurs de poux géants,…

Ce récit plein d'imagination, très attachant, se veut aussi plaidoirie pour la tolérance. Avec ironie, l’auteur se moque aussi bien des traditionalistes qui s’accrochent à leur fantasme de vie à l’ancienne que des paysans qui révèrent avec une naïveté sans limites les chevaliers teutons, porteurs d'une « modernité » qui nous fait sourire. Cela donne un mélange étonnant et très original de fantaisie, de roman historique et de regard critique sur la société humaine, son rapport au temps et à l'évolution.

L'Homme qui savait la langue des serpents a reçu le Grand Prix étranger de l'Imaginaire en 2014.

Aline

18/07/2018

La couleur du mensonge

La couleur du mensonge.gifLa couleur du mensonge

Erin BEATY

LUMEN, 2018, 505 p., 15€

 

C’est à Tennegol que se nouent tous les cinq ans les mariages arrangés avec soin par les marieuses, qui préparent ainsi les alliances entre puissants. Sage Fowler, vive et instruite, mais orpheline et indiscipliné, n’a aucune chance de s’y trouver un mari, cependant elle est engagée comme apprentie par l’une des plus prestigieuses entremetteuses, Maîtresse Rodelle. En chemin pour la capitale, elle devra espionner pour elle les filles de bonne famille et les membres de la garde dans le cortège réunissant tous les beaux partis de la province… Les intrigues, les complots et les histoires d’amour se multiplient, tandis qu'un dangereux piège se prépare.

Eva, 15 ans : « La couleur du mensonge est un roman génial qui m’a transportée à une autre époque, avec tous les défis et les histoires d’amour. Le récit est raconté par plusieurs personnes. Il faut lire attentivement car le texte n’est pas toujours facile à comprendre, avec ses nombreux personnages, mais à part ça c’est une histoire fantastique que je recommande énormément. »

04/05/2014

La passe-miroir

roman ado,aventure,fantasy

La passe-miroir, livre 1 :

Les fiancés de l'hiver

Christelle Dabos

Gallimard Jeunesse, 2013, 18 €

Depuis la Déchirure, la terre est éclatée en petits morceaux suspendus, en gravitation autour du noyau. Ces  "Arches" sont indépendantes, chacune fonctionne selon une organisation différente, qui découle des dons particuliers de son "Esprit" fondateur.

Sur Anima, les dons se développent tous en lien avec les objets : animer les transports, réparer le papier, etc. Pour sa part, Ophélie est Liseuse, ce qui signifie qu'elle peut, au toucher, retracer l'histoire d'un objet et de ceux qui l'ont possédé. Son don en fait une excellente conservatrice de musée. C'est une héroïne introvertie, maladroite, mal fagotée, qui s'intéresse à la vérité des gens, plus qu'à leur apparence. Elle possède en outre un talent de passe-miroir.

Suite à un mariage arrangé par les Doyennes d'Anima, elle suit son fiancé Thorn, un grand escogriffe austère et impénétrable, sur l'Arche du Pôle. Il lui faut s'adapter à un monde totalement différent du sien, où les Familles aristocrates disposent de dons dangereux, et tenter de survivre au milieu des mortelles intrigues de la Citacielle.

Dans ce roman très imaginatif, l'auteur sait installer un univers complet original. L'intrigue est prenante et les personnages, peu ordinaires, souvent ambivalents, sont convaincants et attachants. La fin du tome 1 tient en haleine, le livre 2 est prévu pour fin 2014.