Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/04/2021

De l'humour au bouillon

 

humourRire enchaîné

Petite anthropologie de l’humour des esclaves noirs américains.

Anacharsis, 2016, 14€

Tradition et culture orales, collectées dans le partie sud des Etats Unis, par des « folkloristes » américains des années 1880 aux années 1960. Traduction par un journaliste de Radio France, Thierry Beauchamp. Situations humoristiques empruntes de naïveté, dans une atmosphère des états du sud, des bayous.

 

Pour ce thème « humour », beaucoup de bandes dessinées !

 

humourToajêne

Bruno Bozzetto, Grégory Panaccione

Delcourt, 2020, 19€99

Quand un microbe amoureux redonne espoir à toute l’humanité, accablée par une pandémie… Mais ce microbe amoureux n’a qu’un objectif, retrouver « Toajêne » dont il est éperdument amoureux. Une bande dessinée burlesque, en noir et blanc, qui touche à la fantaisie poétique.

 

humourJusqu’ici tout allait bien

Ersin Karabulut

Fluide glacial, 2020, 16€90

L’auteur est dessinateur dans plusieurs des derniers journaux turcs. La bande dessinée regroupe plusieurs contes ou fables assez fantastiques cruels, humoristiques, dans une critique acerbe et cinglante de la société.

 

humourDidier, la 5e roue du tracteur

Pascal Rabaté, François Ravard

Futuropolis, 2018, 17€

A 45 ans, Didier vit avec sa sœur Soizig en Bretagne. Alors qu’il devait revenir d’une vente aux enchères avec du matériel agricole, c’est son copain Régis qu’il ramène à la ferme. Le courant passe entre Soizig et Régis. Pour que Didier connaisse l’amour à son tour, Soizig l’inscrit sur un site de rencontres. L’amour est-il dans le pré ?

 

humourUn papa, une maman, une famille formidable (la mienne)

Florence Cestac

Dargaud, 2021, 14€50

Relations familiales heurtées dans les années pré-1968. Père qui se fait servir, mère soumise, et fille qui rue dans les brancards !

 

humourLes chroniques suédoises

Nils Glöt

Delcourt (Encrages), 2014, 15€50

« Un peu de Suède dans ce monde de brutes ». Quand l’auteur, suédois, tourne en dérision le « modèle suédois ». En théorie, la Suède est un peu l’exemple à suivre, le pays parfait qui combat les inégalités, le racisme, le réchauffement climatique. La BD se compose de scénettes où l’auteur pousse à l’extrême les caractéristiques prêtées aux Suédois, jusqu’au ridicule. Exemple : les banquiers accueillent les braqueurs avec une tasse de thé, et la prise d’otage tourne au jeu de société, privant les policiers de toute intervention. Le dessin est simple et efficace, dans un style de dessin journalistique.

 

humourFormica

FabCaro

Six pieds sous terre, 2019, 13€

Photographies de la vie quotidienne, passées au crible de l’humour noir. Formica illustre un repas de famille en 3 actes : de ces réunions de famille où l’on ne sait pas de quoi discuter, et où l’on égrène les lieux communs, où comparer les téléphones est une façon de se comparer aussi…

 

humourZaï zaï zaï zaÏ

FabCaro

Six pieds sous terre, 2015, 13€

Au passage en caisse du supermarché, un auteur de BD réalise avec horreur qu’il a oublié sa carte de fidélité. Un vigile réagit, déclenchant une course poursuite totalement décalée. Sous un humour absurde, Fabcaro délivre quand même un message de tolérance et d’acceptation de l’autre, et évoque la précarité des auteurs.

 

En romans, l'humour est moins partagé...

 

humourBroadway

Fabrice Caro

Gallimard (Sygne), 2020, 18€

Même auteur que les bandes dessinées précédentes. Toujours des situations dans lesquelles on se retrouve, mais avec une écriture plus travaillée. Un père de famille, marié, avec deux enfants, une vie tranquille dans un lotissement, reçoit un courrier de convocation pour un suivi colorectal à 46 ans (au lieu de 50 normalement). Ce grain de sable déclenche une remise en question. Pourquoi cette vie de « suiveur » alors qu’il a toujours rêvé d’une vie à Buenos Aires ?

 

humourLe dentier du Maréchal, madame Volotinen, et autres curiosiétés

Arto Paasilina

Denoël (et d’ailleurs), 2016, 20€90

Arto Paasilina, Finlandais, est né en 1942 dans un camion en plein exode pour fuir les Soviétiques. Il a exercé plusieurs métiers avant d’écrire. Il est décédé récemment. Son humour s’exprime dans tous ses romans, du lièvre de Vatanen à La forêt des renards pendus.

Volomari Volotinen est collectionneur. De voyages en Laponie en expéditions archéologiques, il constitue une collection très particulière, qui sert de fil conducteur au roman, recueil de séquences d’une immense drôlerie : Le slip de bain de Tarzan, Les plus vieux poils de chatte d’Europe,…

 

humourMiracle à la combe aux Aspics

Ante Tomic

Noir sur Blanc, 2021, 18€

Les Aspics, un père et ses quatre fils, vivent dans un village montagnard déserté. Arrivent deux représentants de la compagnie d’électricité, qui prétendent leur faire payer les factures non réglées. Le père les reçoit mal, les séquestre, puis envoie l’un d’eux chercher une femme en ville.

Humour croate, à la Kusturica, choc entre un univers croate arriéré et le monde actuel.

 

humourLa Sainte Touche

Djamel Cherigui

Lattes (La Grenade), 2021, 19€

La Sainte Touche, c’est le jour de la paie. La Belle Saison, tenue par un épicier plus ou moins trafiquant, voit passer toute une galerie de personnages. Pas vraiment drôle.

 

humourSi la mouette est rieuse, c’est que le thon a de l’humour

Librinova, 2019, 15€90

Personnages déjantés, dans un bistrot tenu par une ancienne publicitaire. Ancienne taularde, plombier raciste, médecin radié, deux anciennes prostituées… Pas très drôle.

 

humourLa vieille qui cassait la baraque

City, 2020, 18€50

Comme son fils voudrait la caser en maison de retraite, Colette en rajoute dès qu’il est là. Alors qu’en son absence elle fait les 400 coups avec sa copine. Sympa, facile à lire, sans plus.

 

humourTruffe et sentiments

Emilie Devienne

Pygmalion, 2016, 17€

Histoire familiale racontée par un chien. Humour gentillet.

 

humourComment bien rater ses vacances

Anne Percin

Le Rouergue, 2011, 13€50

Maxime, 17 ans, refuse de partir en vacances en Corse avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie, à traîner devant l’ordinateur. Mais tout dérape quand Mamie fait un malaise, et le garçon doit évoluer pour faire face. Ecrit comme un journal d’ado, tendre et rafraichissant.

Autres romans de cette série : Comment maximiser (enfin) ses vacances, Comment bien gérer sa love story, et comment devenir une rock star (ou pas).

 

humourL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Romain Puertolas

Le Dilettante, 2013, 19€

Un fakir venu d’Inde acheter un lit à clous chez Ikea, obligé de passer la nuit en douce dans une armoire du grand magasin, se retrouve expédié en Angleterre… prisonnier de ladite armoire. Il voyage à travers l’Europe à la recherche de l’amour, et partage le sort des clandestins. Rocambolesque récit.

 

humourRe-vive l'empereur !

Romain Puértolas

Le Dilettante, 2015, 352 p., 22€

Un chalutier norvégien de Findus repêche dans ses filets deux caisses, contenant l’une Napoléon Bonaparte, l’autre son cheval Le Vizir, en parfait état de conservation grâce aux eaux glaciales de la mer du Nord. Une fois décongelé, le premier Empereur de France est invité pour une retraite au soleil Corse par la CGT (confrérie des Grognards Tristes). Son retour coïncide avec la vague d'attentats djihadistes qui assaille le pays depuis quelques mois, contre laquelle il part illico en guerre. Tout le comique provient du télescopage entre le regard de Napoléon et notre époque.

 

humourPression fatale

Rita Falk

Mirobole, 2019, 256 p.

Traduit de Schweinkopf al dente par Brigitte Lethrone

Roman policier déjanté, dans la veine de « Choucroute garnie ». Nous retrouvons Eberhofer, récemment promu commissaire et fier de sa belle étoile argentée, le village bavarois de Niederkaltenkirchen, et son ambiance déjantée. Une tête de cochon sanglante déposée ans le lit du juge Moratschek oblige le commissaire à pourchasser un dangereux psychopathe. Le juge réclame Franz comme garde du corps, tandis que ses collègues et toute sa famille le poussent à partir en Italie chercher "sa" Susi partie avec un bellâtre.

 

humourLe Bon, la Brute et le Renard

Voir la critique déposée par Annie sur le blog

09/04/2021

Le Bon, la Brute et le Renard

roman, humourLe Bon, la Brute et le Renard

Christian Garcin

Actes Sud, 2020, 336 p., 21€50

Voilà un roman original et désopilant ! Le titre déjà fait sourire et donne le ton de ce récit plein d’humour. Je ne peux qu’en conseiller la lecture ; elle apporte une très agréable diversion dont on a bien besoin actuellement.

Christian Garcin prend un malin plaisir à entraîner le lecteur dans des univers parallèles où le réel se joue de l’imaginaire et où l’imaginaire aspire le réel. L’intérêt du livre ne réside pas dans l’intrigue, très simple, mais dans l’ambiance, dans cette histoire rocambolesque, dans les dialogues piquants ciselés comme des répliques de théâtre, d’un théâtre qui ne se prendrait pas au sérieux.

Le célèbre policier Zhu Wenguang dit Le Renard assisté de son collaborateur Agvan Djordjé dit Bec de canard sont venus spécialement de Chine pour retrouver Yu la fille de Zhu Menfei, restaurateur installé à New York et cousin de Zhu Wenguang. Accablés de chaleur, ils sillonnent le désert californien, se demandant ce qu’ils font là au milieu de nulle part et à quoi ils servent car cette enquête sans bagarres, sans action, ne les amène à rien, les ennuie et les démoralise.

Dans leur lente progression, ils croisent un policier américain et sa supérieure hiérarchique, parlant finnois (détail important) lancés à la poursuite d’un jeune homme disparu. Une autre enquête s’entremêle à la première. Chen Wanglin, journaliste à Pékin, également auteur d’un polar mettant en scène Zhu Wengang, est envoyé en France, officiellement pour écrire des articles et officieusement pour retrouver Meijie, la fille de son patron, venue à Paris pour ses études et dont il est sans nouvelles. Trois disparitions, certes, mais d’adultes pas toujours en bons termes avec leurs parents...

La vacuité du décor et la simplicité de l'intrigue contrastent avec la complexité de ce récit décapant et la richesse des thèmes abordés. Le Renard et Bec de Canard ne sont pas des êtres balourds et rustres comme on pourrait le supposer, ils sont épris de poésie chinoise, se réfèrent aux principes taoïstes, s’intéressent aux théories de l’évolution, et ont aussi des centres d’intérêt plus pragmatiques comme la gastronomie, la lutte mongole etc...

Dans cette région brûlante, presque désertique et si opposée à son univers habituel, Le Renard en vient à douter de sa propre existence. Lui et ses deux compères vivent-ils dans la vraie réalité ou dans un monde d’illusions ? Sont-ils des personnages réels ou sont-ils crées par Chen Wanglin et, d’ailleurs, celui-ci existe-t-il vraiment ou est-il l’œuvre d’un autre écrivain quelque part dans une troisième dimension ?

Ce roman désopilant séduit par sa fantaisie, son humour, sa légèreté. Annie

23/04/2020

Avis de naissance

bande dessinée,humour

Mimosa, les choses changent… c’est énervant

Cathmalou, ill. Edith

Editions Soleil (Noctambule), 2019, 104 p., 22.95€

 

Nos chers petits héros de bande dessinée d’humour, Pico Bogue, Chloé et Calvin ont la joie de vous annoncer la naissance d'une petite sœur. Voici Mimosa, demoiselle pleine de répartie, au caractère affirmé.

bande dessinée,humour

Dans une bande dessinée en strips, elle observe son quotidien, pointe les incohérences de ses parents, et multiplie les remarques naïves ou pleines de philosophie. A l’illustration, on se régale du défilé de bonnets de Mimosa !

bande dessinée,humour

C’est drôle, c’est tendre et parfois caustique, à lire à tout âge pour avoir le sourire.

bande dessinée,humour

calvin et hobbes.jpg   pico bogue la vie et moi.jpg

moi chloé génie en herbe.jpg

 

 

 

 

A retrouver en BD jeunesse avec nos autres chouchous : Calvin et Hobbes, de Bill Watterson ; Moi Chloé (génie en herbe), de Karinka ; Pico Bogue, de Dominique Roques et Alexis Dormal

 Aline

15/10/2018

Les perles noires de Jacky O.

Les perles noires de Jackie O..gifLes perles noires de Jacky O.

Stéphane CARLIER

Gabelire, 2017, 23.40€


Précipitez-vous sur ce livre... il est tonique, frais, drôle. J'ai passé un moment très  agréable et j'ai bien ri. Des personnages hauts en couleurs, attachants, une intrigue bien menée, une issue qui fait plaisir. Stéphane Carlier est le fils aîné du chroniqueur Guy Carlier et il signe là une comédie jubilatoire.

Irving Zuckerman, 76 ans, marchand d'art fortuné, vit seul dans un quartier chic de Manhattan, en compagnie de sa petite chienne Carmen. Sa femme de ménage Gaby a quitté, jeune, la Colombie et son poste de professeur de comptabilité pour suivre Salvadore parti travailler aux Etats Unis.  Après la mort de celui-ci elle a dû se résoudre à faire des ménages pour élever sa fille Isabella. Elle a maintenant la soixantaine. Déprimée, elle n'en peut plus de vivre dans une banlieue sordide, de porter des vêtements sans forme, d'être toujours à court d'argent -sans parler de tous les maux qui l'accablent, tension  cholestérol, phlébite, raideurs, lumbago, fatigue.

Et voilà que par un heureux  hasard elle a connaissance du  code  du coffre-fort de son patron. Sa loyauté est mise à l’épreuve : 164 000 dollars, 6 lingots d’or,... l'attirent irrésistiblement. Pour son patron c'est une goutte d'eau et pour elle la promesse d'une vie magnifique !  Seulement, elle a besoin d’aide. Elle embarque dans cette folle aventure des complices improbables : son neveu  Franck d'une beauté époustouflante qui devra se faufiler dans la peau d’un gigolo gay ; Biscotte, une connaissance de son neveu, absolument pas fiable ; Nando, un vieil ami perdu de vue depuis des lustres, qui autrefois se livrait à de petits trafics.  Va-t-elle réussir son coup ? Pourra-t-elle enfin goûter à une vie moins misérable ?  Un plan imparable (pense-t-elle !) en poche, la voilà partie pour s’emparer d’une petite fortune en billets verts et lingots d’or, sans oublier un collier mythique, les fameuses perles noires de Jackie Onassis.  Mais débuter une carrière dans le grand banditisme  est bien moins aisé qu’il n’y paraît et les choses tournent rarement comme on s’y attend…

Délirant, trépidant, haletant, on passe d’un retournement de situation à l’autre, sans cesser de se demander comment tout cela va finir. Chaque imprévu emmène cette équipe de "bras cassés" dans une situation encore plus improbable que la précédente. L'écriture est fluide, le style incisif, les dialogues percutants, le rythme rapide et on s'amuse. Alors n'hésitez pas !!!

Annie

 

10:39 Publié dans critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : humour

20/10/2015

Le grand méchant renard

bande dessinée,humourLe grand méchant renard

Benjamin RENNER

Delcourt, 2015, 192 p., 16.95 €

 

Bande dessinée hilarante, pour tous âges.

A la ferme, un renard froussard et inefficace tente de s’affirmer en tant que prédateur, face à un  chien de garde paresseux et blasé  et une poule caractérielle. Devant l’échec de ses méthodes, le Grand Méchant Loup lui suggère de développer une nouvelle stratégie : voler des œufs et élever les poussins pour les croquer, à parts égales.

Le graphisme et le dessin ne sont pas forcément faciles à lire pour certains, mais ces caricatures d’animaux sont vraiment drôles, avec un personnage du renard très attachant.

 

Malgré le côté très léger de ce roman graphique, on peut en tirer quelques leçons !

  1. Peu importe ce que nous sommes, l’amour peut faire tomber les barrières. Un poussin peut aimer un renard comme sa mère, et un renard s’attacher à un poussin ;

  2. On peut appartenir à une catégorie, une race, et ne pas en présenter tous les critères habituels. L’habit ne fait pas le moine, et le renard ne fait pas peur.

  3. La gentillesse et la compréhension peuvent régler des conflits. Ici, à la ferme, la gentillesse du renard fait plus progresser l’entente que l’agressivité de la poule.

A mettre entre toutes les mains.

Pascale et Aline

24/08/2015

La variante chilienne

roman,rentrée littéraire

La variante chilienne

Pierre RAUFAST

Alma éditeur, 2015, 18€

Professeur de philosophie, Pascal a loué un gite dans la vallée  reculée de Chantebrie, où il se retire pour l’été avec Margaux, élève de terminale brillante mais mal dans sa peau, réfugiée dans la lecture. Nous apprendrons au cours du roman ce qui la mine, et pourquoi elle a suivi Pascal.

Tout commence par la rencontre entre deux fumeurs de pipe plutôt asociaux, qui se sentent vite des affinités : "Nous avions en commun l’amour du tabac, du vin et de la littérature. Certaines amitiés sont moins charnues."

Intrigué de voir Florin ramasser un caillou en souvenir de leur joyeuse soirée copieusement arrosée, Pascal visite sa collection de cailloux :

"Des dizaines de bocaux étaient alignés sur deux longues étagères. Dans chacun, des cailloux, beaucoup de cailloux.

-          - Voici toute ma vie.

-          -

-         - Chaque bocal contient les souvenirs d’une année. Ça commence en 1971, j’avais dix-huit ans. Tu as trente-neuf bocaux comme ça. J’ai eu cinquante-neuf ans en mai dernier….

J’étais stupéfait. Quatre mille souvenirs dormaient là, à l’extérieur de sa tête. Une vie. Une existence. Des femmes possédées, des amis retrouvés, des morts regrettés, des bouteilles homériques ; toutes ces choses auxquelles il tenait se trouvaient là, devant moi, bien rangées dans des bocaux.

-          - Je te montre…

Il ouvrit le pot 1998, plongea sa main à l’intérieur, fit rouler quelques cailloux, pour finalement en sortir un, l’air satisfait. Un bout de gravier. Un simple caillou blanc, insignifiant.

-          - Tu disais que tu voulais connaître l’histoire de la piscine-potager ?"

A partir de là, l’auteur égrène les cailloux-souvenirs, multipliant les récits hauts en couleurs : partie de cartes épique ("capateros" selon la variante chilienne, d’où le titre) de trois jours, histoire d’Etienne de Vignolles, dit La Hire, valet de cœur de Jeanne d’Arc, récolte de noix à l’hélicoptère, détrousseurs de pompes funèbres, village resté sous la pluie pendant si longtemps que ses habitants en avaient oublié l’existence du soleil, etc.

Cette imagination fertile est à la fois ce qui fait le charme du livre et sa faiblesse. Chaque anecdote, contée dans une langue imagée et percutante, emporte le lecteur. L’écriture est adroite, garnie d’humour et de références littéraires. Par contre, le récit central, fil conducteur, s’effiloche, manque de profondeur et perd de sa force. 

N’en reste pas moins un grand plaisir de lecture procuré par une langue inventive et un sens de la formule :

Pascal : "L’été, je mets ma peau en jachère, je la laisse se reposer. Au bout d’une semaine, ma barbe a poussé. Alors, je suis content. Au bout d’un mois, de grosses boucles blanches se forment. Là, je suis tout à fait heureux. Mes talents de philosophe décuplent. Je suis le Samson de la barbe blanche. A la rentrée des classes, je me rase. Je redeviens le professeur fatigué qui tourne la meule du savoir."

Devant la collection de deux-cent-soixante–dix-sept pipes : "Les efforts inouïs de l’homme pour son agrément compensent ceux qu’il fait pour se détruire".

Florin : "Désolé, ma cave est très modeste. Le vin, je le bois. C’est dans mes globules qu’il se conserve le mieux."

Et la scène d’anthologie où les deux hommes  font "Sus aux verts luisants !" (je ne vous dévoilerai ni pourquoi, ni comment…).

à lire avec le sourire :)

Aline

07/07/2015

Le pigeon a besoin d'un bon bain

Le pigeon a besoin d’un bon bain
Mo WILLEMS
Ecole des Loisirs (Kaleidoscope), 2015, 12.80 €

Au risque d’enfoncer les portes ouvertes, puisque l’auteur et le personnage ont déjà reçu de nombreux prix, revoilà le pigeon de Mo Willems dans un album plein d’humour, où le pigeon utilise tous les arguments pour éviter de prendre son bain, et interpelle l’enfant lecteur : "je me sens propre, peut-être as-TU besoin d’un bon bain !"

couverture_Le pigeon a besoin d'un bon bain

Scénariste, réalisateur de dessins animés et de courts métrages, Mo Willems sait créer un maximum d’effet et de mouvement dans un album apparemment ultra-simple. Son pigeon, que j’avais découvert avec délices dans "Ne laissez pas le pigeon conduire le bus", est un phénomène de mauvaise foi.
A la lecture de cet album, les parents s’amuseront autant que les enfants !

Dans la série du pigeon existent aussi : Don’t Let the Pigeon Drive the Bus, The Pigeon Finds a Hot Dog, Don’t Let the Pigeon Stay Up Late, and The Pigeon Wants a Puppy.

Pas de panique, ils existent en français ! Quoique... ne serait-ce pas l'occasion de tester votre anglais ? Le pigeon est tellement expressif qu'on comprend facilement.

Aline

19:33 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : album, humour

23/06/2015

Drôle de bouillon

Bouillon du 11 juin à Chassagny sur le thème de l’humour.

 

Les vacances d’un serial killer

Nadine MONFILS

Une famille belge part en vacances avec deux ados et la grand-mère. Humour un peu lourd

 

Papa a acheté un camping-car

François  ALTHABEGOITY

Récit du voyage d’un couple avec deux enfants de 2 et 5 ans à travers le monde. Burlesque et amusant.

 

Ancien malade des hôpitaux de Paris

Daniel  PENNAC

Court et hilarant.

 

Ça peut pas rater

Gilles LEGARDINIER

Lecture d’été agréable et drôle.

 

Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steak haché

David  SAFIER

Très drôle. Parabole sur les relations sociales, amicales et amoureuses.

 

La mise à nu des époux Ransome

Allan BENNET

Par l’auteur de la reine des lectrices. Suite à un cambriolage où leur maison est entièrement vidée un couple change de vie et fait de nouvelles rencontres.

 

Et je danse aussi

Jean Claude MOURLEVAT et Anne Laure BONDOUX

Roman épistolaire entre un auteur et une lectrice. Humour fin et décapant.

 

Le méchant prince et autres histoires sans morales

Stéphane  HOFFMANN

Humour féroce sur les « grands » de ce monde. Très drôle.

 

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Romain PUERTOLAS

Voyage autour du monde d'un fakir fumiste, qui apprend l'authenticité et la solidarité. Agréable à lire et assez drôle.

 

Match

Gregory  PANACCIONE

Histoire en images et sans paroles relatant un match de tennis. Très drôle.

 

Auto bio

Cyril  PEDROSA

BD  humoristique. Scènes du quotidien d’une famille qui essaie de vivre « écolo ».

 

Aventures et pépins de William Poire

Jean Claude LUMET

Avalanche de gags. Un peu trop ?

 

Les pintades à Téhéran

Delphine  MINOUI

Très classique.

 

Le mec de la tombe d’à côté

Katarina  MAZETTI

Rencontre improbable entre un paysan suédois et une bibliothécaire. Drôle et triste à la fois.

 

Les pétillantes

Didier  FOURMY

Des dames âgées et aisées décident de vivre en colocation. Original et amusant.

 

 

Prochaine séance le 10 Septembre à St Laurent d’Agny.

Thème : coup de cœur des vacances.

Question : Conserve -t-on le même jour, le même horaire ?

12:34 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour

13/12/2014

Oliver et les îles vagabondes

couverture_Oliver et les îles vagabondes.gifOliver et les îles vagabondes
Philip REEVE, ill. Sarah MCINTYRE
Seuil, mai 2014, 194 p., 11.50 €
Traduit de l’anglais Oliver and the Seawigs par Raphaëlle Eschenbrenner.

Oliver Crisp a passé les 10 premières années de sa vie à suivre ses parents explorateurs dans les expéditions les plus farfelues, et il est ravi que, faute de nouvelles terres à découvrir, ils se décident à s’installer dans leur maison de Calmeflot, en bord de mer. "Se réveiller chaque matin pour contempler le même paysage lui semblait très excitant, et l’idée de passer [enfin] ses journées dans une salle de classe le réjouissait."
Hélas, ses parents se lancent aussitôt dans l’exploration de nouvelles îles, apparues dans la baie. Oliver est obligé de partir à leur recherche sur la plus petite… qui n’est autre qu’une île vagabonde complexée, hésitant à suivre ses sœurs pour la Nuit des perruques marines.

extrait_Oliver et les iles vagabondes.jpegUne histoire loufoque et sympathique de concours entre îles pour la plus belle perruque, avec ses bons joueurs… et ses affreux tricheurs. Histoire aussi de persévérance, d’entraide et d’amitié entre Oliver, une sirène myope qui chante faux, un albatros râleur et une île vagabonde découragée. Parmi les personnages déjantés, j'ai beaucoup aimé les algues sarcastiques ("Nous sommes dans la mer Sarcastique, que les marins redoutent à cause des commentaires blessants des algues.")
Facile à lire, dynamique avec beaucoup de dialogues, très inventif, le texte est bien intégré aux illustrations, elles mêmes très belles et expressives, en noir/blanc/bleu.
A lire avec le sourire aux lèvres, dès 8 ou 9 ans.