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20/10/2015

Le grand méchant renard

bande dessinée,humourLe grand méchant renard

Benjamin RENNER

Delcourt, 2015, 192 p., 16.95 €

 

Bande dessinée hilarante, pour tous âges.

A la ferme, un renard froussard et inefficace tente de s’affirmer en tant que prédateur, face à un  chien de garde paresseux et blasé  et une poule caractérielle. Devant l’échec de ses méthodes, le Grand Méchant Loup lui suggère de développer une nouvelle stratégie : voler des œufs et élever les poussins pour les croquer, à parts égales.

Le graphisme et le dessin ne sont pas forcément faciles à lire pour certains, mais ces caricatures d’animaux sont vraiment drôles, avec un personnage du renard très attachant.

 

Malgré le côté très léger de ce roman graphique, on peut en tirer quelques leçons !

  1. Peu importe ce que nous sommes, l’amour peut faire tomber les barrières. Un poussin peut aimer un renard comme sa mère, et un renard s’attacher à un poussin ;

  2. On peut appartenir à une catégorie, une race, et ne pas en présenter tous les critères habituels. L’habit ne fait pas le moine, et le renard ne fait pas peur.

  3. La gentillesse et la compréhension peuvent régler des conflits. Ici, à la ferme, la gentillesse du renard fait plus progresser l’entente que l’agressivité de la poule.

A mettre entre toutes les mains.

Pascale et Aline

24/08/2015

La variante chilienne

roman,rentrée littéraire

La variante chilienne

Pierre RAUFAST

Alma éditeur, 2015, 18€

Professeur de philosophie, Pascal a loué un gite dans la vallée  reculée de Chantebrie, où il se retire pour l’été avec Margaux, élève de terminale brillante mais mal dans sa peau, réfugiée dans la lecture. Nous apprendrons au cours du roman ce qui la mine, et pourquoi elle a suivi Pascal.

Tout commence par la rencontre entre deux fumeurs de pipe plutôt asociaux, qui se sentent vite des affinités : "Nous avions en commun l’amour du tabac, du vin et de la littérature. Certaines amitiés sont moins charnues."

Intrigué de voir Florin ramasser un caillou en souvenir de leur joyeuse soirée copieusement arrosée, Pascal visite sa collection de cailloux :

"Des dizaines de bocaux étaient alignés sur deux longues étagères. Dans chacun, des cailloux, beaucoup de cailloux.

-          - Voici toute ma vie.

-          -

-         - Chaque bocal contient les souvenirs d’une année. Ça commence en 1971, j’avais dix-huit ans. Tu as trente-neuf bocaux comme ça. J’ai eu cinquante-neuf ans en mai dernier….

J’étais stupéfait. Quatre mille souvenirs dormaient là, à l’extérieur de sa tête. Une vie. Une existence. Des femmes possédées, des amis retrouvés, des morts regrettés, des bouteilles homériques ; toutes ces choses auxquelles il tenait se trouvaient là, devant moi, bien rangées dans des bocaux.

-          - Je te montre…

Il ouvrit le pot 1998, plongea sa main à l’intérieur, fit rouler quelques cailloux, pour finalement en sortir un, l’air satisfait. Un bout de gravier. Un simple caillou blanc, insignifiant.

-          - Tu disais que tu voulais connaître l’histoire de la piscine-potager ?"

A partir de là, l’auteur égrène les cailloux-souvenirs, multipliant les récits hauts en couleurs : partie de cartes épique ("capateros" selon la variante chilienne, d’où le titre) de trois jours, histoire d’Etienne de Vignolles, dit La Hire, valet de cœur de Jeanne d’Arc, récolte de noix à l’hélicoptère, détrousseurs de pompes funèbres, village resté sous la pluie pendant si longtemps que ses habitants en avaient oublié l’existence du soleil, etc.

Cette imagination fertile est à la fois ce qui fait le charme du livre et sa faiblesse. Chaque anecdote, contée dans une langue imagée et percutante, emporte le lecteur. L’écriture est adroite, garnie d’humour et de références littéraires. Par contre, le récit central, fil conducteur, s’effiloche, manque de profondeur et perd de sa force. 

N’en reste pas moins un grand plaisir de lecture procuré par une langue inventive et un sens de la formule :

Pascal : "L’été, je mets ma peau en jachère, je la laisse se reposer. Au bout d’une semaine, ma barbe a poussé. Alors, je suis content. Au bout d’un mois, de grosses boucles blanches se forment. Là, je suis tout à fait heureux. Mes talents de philosophe décuplent. Je suis le Samson de la barbe blanche. A la rentrée des classes, je me rase. Je redeviens le professeur fatigué qui tourne la meule du savoir."

Devant la collection de deux-cent-soixante–dix-sept pipes : "Les efforts inouïs de l’homme pour son agrément compensent ceux qu’il fait pour se détruire".

Florin : "Désolé, ma cave est très modeste. Le vin, je le bois. C’est dans mes globules qu’il se conserve le mieux."

Et la scène d’anthologie où les deux hommes  font "Sus aux verts luisants !" (je ne vous dévoilerai ni pourquoi, ni comment…).

à lire avec le sourire :)

Aline

07/07/2015

Le pigeon a besoin d'un bon bain

Le pigeon a besoin d’un bon bain
Mo WILLEMS
Ecole des Loisirs (Kaleidoscope), 2015, 12.80 €

Au risque d’enfoncer les portes ouvertes, puisque l’auteur et le personnage ont déjà reçu de nombreux prix, revoilà le pigeon de Mo Willems dans un album plein d’humour, où le pigeon utilise tous les arguments pour éviter de prendre son bain, et interpelle l’enfant lecteur : "je me sens propre, peut-être as-TU besoin d’un bon bain !"

couverture_Le pigeon a besoin d'un bon bain

Scénariste, réalisateur de dessins animés et de courts métrages, Mo Willems sait créer un maximum d’effet et de mouvement dans un album apparemment ultra-simple. Son pigeon, que j’avais découvert avec délices dans "Ne laissez pas le pigeon conduire le bus", est un phénomène de mauvaise foi.
A la lecture de cet album, les parents s’amuseront autant que les enfants !

Dans la série du pigeon existent aussi : Don’t Let the Pigeon Drive the Bus, The Pigeon Finds a Hot Dog, Don’t Let the Pigeon Stay Up Late, and The Pigeon Wants a Puppy.

Pas de panique, ils existent en français ! Quoique... ne serait-ce pas l'occasion de tester votre anglais ? Le pigeon est tellement expressif qu'on comprend facilement.

Aline

19:33 Publié dans Livres jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : album, humour

23/06/2015

Drôle de bouillon

Bouillon du 11 juin à Chassagny sur le thème de l’humour.

 

Les vacances d’un serial killer

Nadine MONFILS

Une famille belge part en vacances avec deux ados et la grand-mère. Humour un peu lourd

 

Papa a acheté un camping-car

François  ALTHABEGOITY

Récit du voyage d’un couple avec deux enfants de 2 et 5 ans à travers le monde. Burlesque et amusant.

 

Ancien malade des hôpitaux de Paris

Daniel  PENNAC

Court et hilarant.

 

Ça peut pas rater

Gilles LEGARDINIER

Lecture d’été agréable et drôle.

 

Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steak haché

David  SAFIER

Très drôle. Parabole sur les relations sociales, amicales et amoureuses.

 

La mise à nu des époux Ransome

Allan BENNET

Par l’auteur de la reine des lectrices. Suite à un cambriolage où leur maison est entièrement vidée un couple change de vie et fait de nouvelles rencontres.

 

Et je danse aussi

Jean Claude MOURLEVAT et Anne Laure BONDOUX

Roman épistolaire entre un auteur et une lectrice. Humour fin et décapant.

 

Le méchant prince et autres histoires sans morales

Stéphane  HOFFMANN

Humour féroce sur les « grands » de ce monde. Très drôle.

 

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Romain PUERTOLAS

Voyage autour du monde d'un fakir fumiste, qui apprend l'authenticité et la solidarité. Agréable à lire et assez drôle.

 

Match

Gregory  PANACCIONE

Histoire en images et sans paroles relatant un match de tennis. Très drôle.

 

Auto bio

Cyril  PEDROSA

BD  humoristique. Scènes du quotidien d’une famille qui essaie de vivre « écolo ».

 

Aventures et pépins de William Poire

Jean Claude LUMET

Avalanche de gags. Un peu trop ?

 

Les pintades à Téhéran

Delphine  MINOUI

Très classique.

 

Le mec de la tombe d’à côté

Katarina  MAZETTI

Rencontre improbable entre un paysan suédois et une bibliothécaire. Drôle et triste à la fois.

 

Les pétillantes

Didier  FOURMY

Des dames âgées et aisées décident de vivre en colocation. Original et amusant.

 

 

Prochaine séance le 10 Septembre à St Laurent d’Agny.

Thème : coup de cœur des vacances.

Question : Conserve -t-on le même jour, le même horaire ?

12:34 Publié dans Bouillon de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour

13/12/2014

Oliver et les îles vagabondes

couverture_Oliver et les îles vagabondes.gifOliver et les îles vagabondes
Philip REEVE, ill. Sarah MCINTYRE
Seuil, mai 2014, 194 p., 11.50 €
Traduit de l’anglais Oliver and the Seawigs par Raphaëlle Eschenbrenner.

Oliver Crisp a passé les 10 premières années de sa vie à suivre ses parents explorateurs dans les expéditions les plus farfelues, et il est ravi que, faute de nouvelles terres à découvrir, ils se décident à s’installer dans leur maison de Calmeflot, en bord de mer. "Se réveiller chaque matin pour contempler le même paysage lui semblait très excitant, et l’idée de passer [enfin] ses journées dans une salle de classe le réjouissait."
Hélas, ses parents se lancent aussitôt dans l’exploration de nouvelles îles, apparues dans la baie. Oliver est obligé de partir à leur recherche sur la plus petite… qui n’est autre qu’une île vagabonde complexée, hésitant à suivre ses sœurs pour la Nuit des perruques marines.

extrait_Oliver et les iles vagabondes.jpegUne histoire loufoque et sympathique de concours entre îles pour la plus belle perruque, avec ses bons joueurs… et ses affreux tricheurs. Histoire aussi de persévérance, d’entraide et d’amitié entre Oliver, une sirène myope qui chante faux, un albatros râleur et une île vagabonde découragée. Parmi les personnages déjantés, j'ai beaucoup aimé les algues sarcastiques ("Nous sommes dans la mer Sarcastique, que les marins redoutent à cause des commentaires blessants des algues.")
Facile à lire, dynamique avec beaucoup de dialogues, très inventif, le texte est bien intégré aux illustrations, elles mêmes très belles et expressives, en noir/blanc/bleu.
A lire avec le sourire aux lèvres, dès 8 ou 9 ans.