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18/10/2019

Vinegar girl

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Vinegar girl

Anne TYLER

Phébus, 2018, 223 p., 19€

Savant complètement dédié à ses recherches, le professeur Battista laisse sa fille aînée Kate gérer sa maison et l'éducation de sa petite soeur Bunny. De caractère bien affirmé, autonome, Kate ne trouve rien à redire à cet arrangement. Tout va bien jusqu'au jour où Piotr, l'assistant de recherches du Professeur -en fin de visa- est menacé d'expulsion. Battista essaie alors de persuader Kate de contracter un mariage blanc avec lui... Vu le caractère de Kate, l'affaire s'annonce mal engagée !!!

Romance rigolote et pas tarte.

Aline

10/10/2019

Ce qu'elles disent

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Ce qu’elles disent

Miriam TOEWS

Buchet-Chastel, 2019, 224 p., 19€

 

Entre 2005 et 2009, les filles et les femmes de la communauté de Molotschna ont presque toutes été violées –par des fantômes ou par Satan, croyait-on, à cause de péchés qu’elles auraient commis. Pendant que les familles dormaient, les filles et les femmes étaient plongées dans un profond sommeil au moyen d’un anesthésiant en pulvérisateur, utilisé pour les animaux de ferme. A leur réveil, elles avaient mal partout, elles étaient groggy, saignaient, sans savoir pourquoi. Récemment, on a appris que les huit démons responsables de ces attaques étaient des hommes en chair et en os, dont plusieurs étaient des proches parents de ces femmes…

Molotschna maintient elle-même l’ordre dans ses rangs... Tous les hommes  sont partis en ville afin de payer la caution des agresseurs emprisonnés. Au retour des coupables, on invitera les femmes à leur accorder leur pardon, ce qui aura pour effet d’assurer à chacun et chacune une place au paradis. En cas de refus, les femmes seront contraintes de quitter la colonie pour le monde extérieur, dont elles ne savent rien.

Les femmes disposent de deux jours seulement pour décider collectivement de ce qu’elles feront. 1) Ne rien faire, 2) Rester et se battre, 3) Partir. Quelques-unes ont voté pour ne rien faire et se remettre entre les mains du Seigneur. Cependant comme le temps presse, elles ont confié à une assemblée clandestine de 8 femmes le soin de débattre de chacune des options, de retenir la meilleure et de déterminer les modalités de sa mise en œuvre.

Communauté mennonite sectaire, Molotschna est dirigée par Peters, « évêque » qui détient une autorité à la fois religieuse, morale et temporelle. Seuls les hommes peuvent apprendre des rudiments de lecture, et ils dominent les femmes, traitées moins bien que leurs animaux.

Le roman reprend les deux jours de discussion des 8 femmes chargées de déterminer la conduite du groupe. Le narrateur, August Epp -intellectuel maintenu en marge de la communauté- est témoin de leurs délibérations et chargé d’en dresser le procès-verbal. Désemparées, acculées pour leur survie et celle de leurs enfants, elles disputent des points de religion et de morale, essayant de louvoyer entre tous les péchés qu’engendrerait leur désobéissance.

Lecture dérangeante, parce que les faits reprochés aux hommes sont d’une extrême violence, mais passionnante pour l’étude de ces femmes  qui tentent de s’affranchir d'un joug patriarcal oppressant. Tout juste bonnes aux travaux de maison, de ferme, et à enfanter, privées de droits et d’éducation, ignorantes du monde, parlant un dialecte de « plautdietsch » (bas-allemand incompréhensible en dehors de leur colonie), elles se révèlent fortes, capables d’argumenter, de prioriser leurs valeurs, de chercher une solution respectueuse de leurs croyances et de leur pacifisme.

L’auteur décrit avec tendresse ses personnages, leurs petites manies, leurs affections, leur caractère… et s’attache tout particulièrement à ceux qui vont à l’encontre du système patriarcal : August Epp, homme perçu comme faible, et Ona Friesen, femme indépendante et courageuse.

Bien qu’ayant situé son récit dans un pays anglophone, l’auteur indique s’être inspirée de faits réels, survenus dans une communauté mennonite isolée de Bolivie. Je n’ai pas pu me détacher de ce roman bouleversant avant la dernière page.

Aline

25/08/2019

Rentrée littéraire septembre 2019 (suite)

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Lanny

Max PORTER

Seuil, 2019, 240 p., 20€

Traduit de l’anglais par Charles Recoursé

 

Lanny, c’est un petit garçon ingénu, chéri par sa maman, mais dont l’imagination débordante n’est pas toujours bien comprise par son papa, plus terre à terre. C’est aussi un enfant qui "sent fort le pin", passe ses journées à chantonner en profitant de chaque parcelle de nature et à disparaître dans les bois autour du village.

Dans ce roman à la forme originale, le récit est choral, alternant la narration entre tous ceux qui gravitent autour de Lanny, permettant de rester au plus près de chaque personnage et de ses pensées, parfois inavouées. Jolie, sa maman à l’amour inconditionnel ; Robert, son papa prosaïque ; Peter, l’artiste qui l’aide à transposer son imaginaire ; la vieille Peggy gardienne des légendes locales… ainsi que de nombreuses autres voix plus fugitives de villageois.

Mais celui qui commence le récit et le ponctue, omniprésent quoique invisible pour les humains normaux, c’est le Père Lathrée Morte, créature protéiforme plus ou moins végétale, qui guette et se régale des sons du village, des voix humaines, dont il capte –et retranscrit-  les bribes en vrac, véritable échantillonnage de l’âme humaine.

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Le récit, comme un conte folklorique qui se déroulerait près de chez nous, fait monter la tension, et osciller le lecteur entre l’émerveillement et l’inquiétude liée à des peurs enfouies.

L’appellation étrange du Père Lathrée Morte, est directement traduite de l’anglais Papa Toothwort ou « Dead man’s fingers ». Il s’agit de la Lathrée Clandestine, parasite qui plante ses suçoirs dans les racines des arbres et arbustes, mais dont les besoins modestes ne semblent pas affaiblir ses hôtes.

Le premier roman de Max Porter, La douleur porte un costume de plumes, propose également un récit  atypique, où tristesse et inquiétude sont contrebalancées par la magie.

Aline

08/08/2019

Du côté de Canaan

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Sebastian BARRY

Ed. J. Losfeld (Littérature étrangère), 2012, 274 p., 19.50€

Traduit de l’anglais On Canaan’s Side par Florence Lévy-Paoloni

"Bill n’est plus. Quel bruit fait le cœur d’une femme de 89 ans quand il se brise ? Sans doute guère plus qu’un silence, certainement à peine plus qu’un petit bruit ténu."

Bill est mort. Descendant d’une famille d’hommes Irlandais abîmés par les conflits du XXe siècle.

Bill est mort, et sa grand-mère, Lilly Bere laisse affluer les souvenirs d’une vie qui l’a menée de Wicklow - en Irlande- aux Etats-Unis, terre promise (Canaan) pour les Européens en difficulté. Fille de James Patrick Dunne, chef de la police municipale de Dublin, elle a dû fuir l’Irlande avec son mari, frappé d’un contrat de mort par les indépendantistes.

J’ai beaucoup aimé le récit de Sebastian Barry, sinueux et sobre, qui dévoile peu à peu toutes les vicissitudes de cette femme, liées à l’actualité du siècle en Irlande et aux Etats-Unis. Comme elle l’écrit, Lilly a "eu assez d’histoires pour toute une vie, dans sa propre vie, sans parler de celle de sa patronne, Mme Wolohan." Pour autant, elle ne s’appesantit pas sur les drames, préférant s’appuyer sur les moments de joie.

Pour ne pas gâcher votre lecture, j'évite volontairement de dévoiler les nombreux développements inattendus… Mais j'espère bientôt me plonger dans les autres romans de l'auteur qui développent d’autres personnages de la famille Dunne.

Aline

p. 234 : "Je commence à penser que le fait d’écrire tout cela est un labeur aussi dur qu’un jour de lessive en Irlande… Les souvenirs provoquent parfois beaucoup de chagrin, mais une fois qu’ils ont été réveillés vient ensuite une sérénité très étrange… Et je remarque une nouvelle fois que l’expression « il y a longtemps » n’existe pas finalement. Quand on évoque les souvenirs, tout se passe dans le présent, purement et simplement. De sorte que, à mon grand étonnement, les gens que j’ai aimés retrouvent une nouvelle vie."

09/07/2019

Prix M.O.T.T.S. les grands gagnants !

C'est ce vendredi 5 juillet à la médiathèque de Thurins qu'a été révélé, devant une belle assistance de lectrices et lecteurs venus des bibliothèques participantes, le palmarès du prix "MOTTS des 5 villages".

Cette année, pour les romans le grand gagnant est

Jeu blanc de Richard Wagamese aux Editions Zoé. Du même auteur, les lecteurs ont tout autant aimé Les étoiles s'éteignent à l'aube.

Dans la catégorie bande dessinée, c'est l'album

Jamais de Bruno Duhamel, publié chez Grand Angle qui remporte les suffrages. 

roman étranger, bande dessinée, prix des lecteurs roman étranger, bande dessinée, prix des lecteursFélicitations aux lauréats !

01/07/2019

Lagos Lady

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Leye ADENLE

Traduit de Easy Motion Tourist par David Fauquemberg

Métailié Noir (bibliothèque anglo-saxone), 2016, 335 p.

 

Polar noir, situé à Lagos, Nigeria.

Guy Collins, petit journaliste anglais venu couvrir les élections présidentielles, néglige les conseils de prudence et sort boire un verre dans le quartier de Victoria Island. Suite à la découverte d’une femme mutilée devant le bar,  il est embarqué au commissariat, où il assiste à des scènes effrayantes. Les policiers s’appliquent plus à préserver la réputation de leur pays à l’étranger qu’à résoudre le meurtre. C’est une belle avocate noire, Amaka, qui vient à son aide : le croyant journaliste à la BBC, elle obtient sa libération, et lui demande d’enquêter pour témoigner sur des disparitions suspectes, et sur les mauvais traitements que subissent les prostituées. Sous l’emprise de cette femme de tête et de convictions, notre pauvre journaliste fait de son mieux pour sortir de cette galère, sans jamais savoir à qui se fier.

Le roman, rédigé en courts chapitres, présente des points de vue différents à chaque chapitre, ce qui embrouille un peu l’intrigue, dotée de nombreux personnages secondaires, souvent équivoques. La ville elle-même semble totalement chaotique, embouteillages, industrie du sexe, corruption, braquages, attaques à main armée voisinant avec  juju et croyances traditionnelles.

L’auteur traite d’un sujet grave, l’industrie du sexe, et les maltraitances faites aux femmes, souvent jeunes,  mais en fait surtout un polar haletant et décalé : les personnages de petits truands, caricaturaux, permettent de prendre du recul, comme dans le cinéma de Tarantino. Sans dévoiler la fin du roman, je dirais qu'elle est un peu convenue, contrairement au reste du récit.

La phrase de clôture ouvre sur un nouveau suspense. Le tome 2 est paru en anglais sous le tire « When trouble sleeps ».

Leye Adenle est né au Nigéria en 1975, et vit à Londres où il travaille comme chef de projet et acteur. Lagos Lady est son premier roman, il a reçu le prix Marianne / Un aller-retour dans le noir.

Aline

 

21/03/2019

La saison des fleurs de flamme

La saison des fleurs de flamme.jpg

 

La saison des fleurs de flamme

Abubakar Adam Ibrahim

L'Observatoire, 2018, 422 p., 22€

 

L’auteur, journaliste de 39 ans, est issu du peuple Haoussa présent dans le nord du Nigéria, une région où la religion musulmane se respecte strictement. Ce premier roman (Nigeria Prize for Literature 2016) est tout ensemble un plaidoyer pour la liberté et l’indépendance d’aimer et un brûlot contre une corruption politique généralisée.

Le Nigéria fait parfois la Une des journaux à l’occasion d’événements dramatiques tels que la guerre civile entre musulmans et chrétiens, les exactions du mouvement islamiste intégriste de Boko Haram mais que sait-on vraiment de ce pays le plus peuplé et le plus riche d’Afrique ?

Cette flamboyante saga romanesque nous fait découvrir la vie quotidienne de ses habitants et notamment la condition féminine, dans cette société musulmane pleine de paradoxes et de contraintes et écartelée entre archaïsme et modernité.

Abubakar Adam Ibrahim narre une passion amoureuse scandaleuse entre Binta, veuve quinquagénaire plusieurs fois grand-mère et Reza, jeune dealer de 25 ans son cadet. Binta est une musulmane respectable, qui se rend chaque jour à la madrasa et prie, la main sur le Coran, pour ses enfants et petits-enfants. Elle s’occupe de sa petite-fille Ummi, délaissée par sa mère et de sa nièce Fa’iza  adolescente à la mise provocante, grande lectrice de romans à l’eau de rose. En réalité ce comportement superficiel cache un traumatisme profond provoqué par la mort de son père et de son frère lors de la guerre civile.

Reza, jeune chef de bande, règne sur San Siro, un îlot déshérité d’Abuja servant de repère pour les fugueurs et les dealers. Ce trafiquant de drogues sert également d’homme de main à un politicien sans scrupules, prêt à tout pour être élu.

Rien ne prédisposait ces deux-là à se rencontrer.  Mais un jour, Binta surprend  Reza en plein cambriolage de sa maison. Elle est effrayée et en même temps attirée par cet homme. Il lui rappelle son fils Yaro happé par le monde de la drogue, assassiné en pleine jeunesse et envers lequel elle ressent une douloureuse culpabilité. En effet, elle a reproduit avec Yaro les lois ancestrales observées dans sa communauté, qui interdisent aux mères de montrer leur affection à leur premier-né –bien qu’elle ait senti chez lui un grand besoin d’affection.

Reza, abandonné par sa mère à la naissance a aussi vécu une jeunesse douloureuse. Derrière sa violence, il cache un cœur chaviré par son absence. Il a rencontré sa mère deux fois et a été fasciné  par sa beauté et sa tristesse. Il ressent pour Binta une attirance irrépressible et ambigüe. En s’abandonnant à cette passion, Binta qui n’a jamais eu aucun droit sur son corps et a vécu sans amour et dans la dépendance de son époux décide à 55 ans d’assumer son désir. Elle découvre les plaisirs de la sexualité et de l’amour, donné et reçu.

Au-delà de cette histoire d’amour illicite, au-delà de la déflagration qu’elle va déclencher dans la famille de Binta, l’auteur porte un regard sans concession sur la société nigériane, sur le poids de la famille et des traditions, sur la jeunesse qui aspire à un autre avenir mais sans beaucoup d’espoir. Avec une écriture rythmée, parfois poétique, il fait souffler un vent léger d’audace et de liberté.

La culture populaire Haoussa avec les senteurs de la cuisine, les couleurs des textiles, la musique jouée dans les rues, les proverbes savoureux qui ouvrent chaque chapitre,  apporte une note de légèreté dans ce récit. Un roman à découvrir.

Annie

28/01/2019

Le labyrinthe des esprits

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Carlos Ruiz Zafon

Actes Sud (Lettres hispaniques), 2018, 840 p., 27€

Ce 4e tome clôt le cycle du « Cimetière des livres oubliés » commencé en 2001 avec « L’ombre du vent ». Chacun peut se lire indépendamment des autres. Si vous n’avez pas lu les précédents, celui-ci vous incitera sans doute à les découvrir.

Une intrigue politique et policière dans une Espagne dominée par le franquisme avec des personnages cyniques, violents, des trafics sordides, des destins brisés, des drames et des vengeances. On plonge dans les années noires de la dictature.

Barcelone  mars 1938 : La ville est  sous le feu incessant des bombardements de l’armée de Mussolini. Alicia, petite fille dont les parents ont été arrêtés, et probablement tués par le régime, est sauvée par Firmin qui, blessé, doit  l’abandonner.  Elle-même est également gravement blessée à la hanche ; elle doit supporter son handicap douloureux et acquiert un instinct de survie hors du commun.

Elle devient une femme torturée par le passé et en perpétuelle souffrance des séquelles de ses blessures. Elle est enrôlée dans les services secrets de la police politique. Son intelligence, sa beauté, son ironie féroce en font un agent redoutable. Alicia a cessé d’exister autrement que par le masque, Habile à se dissimuler et à changer d’apparence, elle s’est perdue elle-même ; n’être personne est plus simple et moins dangereux en ces temps crépusculaires où l’on enferme, torture et assassine sur un simple signe de tête.

Son mentor, Leandro, la charge d’enquêter discrètement sur la disparition mystérieuse et embarrassante  du  ministre de l’éducation et de la culture, Mauricio Valls. Un livre fantastique pour enfants "Le labyrinthe des esprits", semble avoir déclenché chez Valls, une véritable panique. Est-il en fuite? A-t-il été enlevé? Et quel lien ce roman publié au tout début de la dictature peut-il avoir avec les caciques du régime?

Alicia va plonger dans l’histoire la plus sombre de Barcelone, celle où les opposants politiques, les artistes, les auteurs de génie sont enfermés dans des cachots. Les mensonges, les trahisons, les disparitions et la propagande sont alors monnaie courante.

De son côté Firmin, 20 ans après sa rencontre avec Alicia continue à se sentir coupable de n’avoir pas su protéger l’enfant. L’enquête va les mettre sur le même chemin et sur celui de la famille Sempere, libraires barcelonais dont l’existence est toujours marquée par la dictature. Daniel Sempere est hanté par le souvenir de sa mère Isabella, disparue, assassinée sans doute,  alors qu’il avait 5 ans. Il n’aura de repos qu’en sachant la vérité. Soutenu par son ami et complice Firmin, il tente de retirer les nappes d’oubli qui se sont posées sur sa mémoire et sur son cœur.

Carlos Ruiz Zafon nous livre, dans une écriture maîtrisée et agréable, un récit dense et passionnant. Un roman ténébreux où les forces du mal sont nombreuses et où les livres oubliés renferment de nombreux secrets, une intrigue remarquable qui tient le lecteur en haleine, une Barcelone belle et maléfique.

Alicia, héroïne forte et fragile, démêlera peu à peu les fils d’une intrigue  aux nombreux rebondissements dont la cohérence se découvre peu à peu. ’humour et les réparties de Firmin, philosophe cynique et désabusé, apportent des moments de détente dans cet univers impitoyable.

La littérature joue aussi un rôle important : faux écrivains et romans à clefs, autobiographies truquées, nègres inavoués, écriture interdite, littérature où tout est possible, où tout s’entrechoque, l’imaginaire avec le réel, le possible et l’impossible. C’est un hommage au monde du livre, aux auteurs et aux libraires.

Annie P.

22/10/2018

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique

Le club des veuves.gifLe club des veuves qui aimaient la littérature érotique

Balli Kaur Jaswal

Belfond, 2018, 347 p., 21€

Traduit par Guillaume-Jean Milan

Au tableau d'affichage du temple, à côté des petites annonces matrimoniales, Nikki trouve une offre d'emploi qui pourrait la sortir de son travail de barmaid : "Association sikhe recherche animatrice pour atelier d'écriture réservé aux femmes."  Mais alors qu'elle pensait animer un atelier d'écriture créative, elle se retrouve face à un public d'Indiennes de tous âges, presque toutes analphabètes.

Veuves pour la plupart, elles révèlent rapidement une imagination fertile. La formation tourne à l'échange d'histoires salaces, mais sert aussi de révélateur de la condition des femmes de la communauté Sikh et de leurs aspirations. Aspirations combattues activement par les fondamentalistes !

Roman qui traite du sujet de la religion sikhe, du communautarisme, de l'intégration. Tout en étant très drôle, frais et original. Certaines histoires de veuves laisseraient monsieur Christian Grey pantois !

Pascale et Aline

 

08/10/2018

Bouillon de rentrée littéraire... mais pas que !

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Paul AUSTER

Actes Sud, 2018

Selon la légende familiale, le grand-père Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec 100 roubles cousus dans la doublure de sa veste, eut moultes aventures avant d’arriver enfin aux Etats Unis, où il fut rebaptisé Ferguson à Ellis Island. A partir de là, l’auteur invente 4 trajectoires pour le même personnage… dont le destin change en fonction de son environnement et de l’influence des évènements. Au travers de ces 4 variations biographiques, l’auteur retrace l’histoire des Etats-Unis.  Ambitieux et intéressant.

 

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Yasmina KHADRA

Julliard, 2018

Récit d’un jeune de Molenbeek radicalisé, venu à Paris en 2015 pour semer la terreur. Yasmina Khadra propose une approche psychologique du sujet en se mettant dans la tête d’un kamikaze. Ses rapports aux autres, à la mère de cet ami… Dérangeant et captivant, du grand Khadra !

 

roman,roman étranger,roman adoUn monde à portée de main

Maylis de KERANGAL

Verticales, 2018

Une jeune fille, indécise sur son avenir après le bac, s’inscrit dans une école de copiste. S’ensuivent ses années d’école, puis ses travaux à Rome à Cinecita, dans la grotte de Lascaux,… Maylis de Kerangal nous offre une plongée détaillée dans la peinture et le métier de peintre en décors. A son habitude, son roman est extrêmement documenté et précis. Vous ne regarderez plus les fresques de la même façon !

 

roman,roman étranger,roman adoMille petits riens

Jody PICOULT

Traduit de l’américain « Small Great Things » par Marie Chabin

Actes Sud, 2018

Plaçant son récit dans les Etats Unis d’aujourd’hui, l’auteur raconte la communauté blanche bien-pensante, et les pensées de ceux qui ne se croient pas racistes – pas si claires vis-à-vis des noirs. Alternant entre trois personnages, le roman en suit l’évolution : une sage-femme noire professionnelle et appréciée ; un suprématiste blanc qui refuse qu’une soignante noire s’occupe de son bébé ; une avocate blanche. Facile à lire.

 

roman,roman étranger,roman adoChanger l’eau des fleurs

Valérie PERRIN

Albin Michel, 2018

Violette Toussaint vient de l’assistance publique. Elle a été garde-barrière, puis gardienne de cimetière, chargée de l’entretien des tombes et de l’accueil des familles. Une leçon de courage et de résilience, avec des personnages tout simples mais très bien racontés. (Par l’auteur de Les oubliés du dimanche, qui se passait en maison de retraite).

 

roman,roman étranger,roman adoLes meilleurs amis du monde

Gilly MacMILLAN

Les Escales, 2018

Noah et Abdi sont amis depuis l’enfance, bien qu’issus de milieux différents : Noah vient d’une bonne famille BCBG anglaise, tandis qu’Abdi est réfugié Somalien. Lorsque le corps de Noah est repêché dans un canal de Bristol, Abdi est soupçonné, mais il ne peut (ou ne veut) rien dire. On voit progresser deux familles qui n’ont rien en commun dans leur recherche de vérité. Très bien écrit.

 

roman,roman étranger,roman adoLe magasin jaune

Marc TREVIDIC

J.C. Lattes, 2018

En 1929, un jeune couple ouvre une boutique de jouets dans le quartier de Pigalle. Repeint d’un jaune éclatant, le magasin est rayonnant, et propose de beaux jouets du Jura. La petite fille du couple devient la mascotte du quartier. Vie du quartier avec ses hauts et ses bas jusqu’après la guerre.

 

roman,roman étranger,roman adoLe peintre d'aquarelles

Michel TREMBLAY

Actes Sud, 2018

Marcel a passé plus de 50 ans dans un hôpital psychiatrique au fond des Laurentides. Depuis des années, il peint à l'aquarelle, sur les conseils de son médecin : les montagnes menaçantes qui l'entourent, mais aussi la mer, qu'il n'a jamais vue. Le roman est son passage à l'écriture, dans un essai de journal intime. Il y écrit de très belles pages sur la peinture, de la préparation du papier à la réalisation de ses aquarelles, et s'essaie à comprendre sa vie. Enfant épileptique, sujet à des crises de schizophrénie, il avait été enfermé après avoir mis le feu aux cheveux de sa mère... Avec la douceur des teintes d'aquarelle, le récit émouvant d'une vie confisquée par les médicaments, consacrée à la peinture. (Se lit seul, mais peut aussi être intégré à la saga des Desrosiers).

 

roman,roman étranger,roman adoLe pays des contes

Chris COLFER

M. Lafon, 2016 à 2018

Alexe et Connor sont des jumeaux très différents. Alexe aime les livres, tandis que Connor –peu scolaire- a beaucoup d’amis.  Depuis le décès de leur père, il y a un an, leur mère travaille dur. Leur grand-mère est conteuse dans les hôpitaux. Un jour, les jumeaux se retrouvent projetés dans le livre des contes, où les histoires sont en fait bien différentes des versions que nous connaissons. Enfermés de l’autre côté, il leur faut réunir 8 objets magiques éparpillés dans les villes des différents personnages.  Aventure, humour et émotion sont au rendez-vous dans cette série pour ados. (Série en cours, mais chaque tome est clos.)

 

roman,roman étranger,roman adoFrappe-toi le cœur

Amélie NOTHOMB

Albin Michel, 2017

Alfred de Musset : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie ». Une jolie fille qui a tout pour elle épouse un pharmacien, puis vit mal la perte de sa jeunesse lorsqu’elle devient mère. La narratrice, sa fille, est détestée par sa mère narcissique et jalouse. Le récit s’attache à l’évolution des trois enfants, conditionnée par leur relation à la mère, que ce soit l’excès ou le manque d’amour. Relations humaines, rivalités, manipulations… et retournement en fin de roman. Un bon Nothomb.

 

roman,roman étranger,roman adoBakhita

Véronique OLMI

Albin Michel, 2017

Fin du 19e siècle. Une fillette soudanaise, raflée par des esclavagistes, va vivre un destin incroyable –avec des moments très durs. Ses pérégrinations l’emmèneront jusqu’en Italie. Après la perte de sa langue maternelle, et la perte de son identité, la religion l’aidera à se réaliser. Le style colle très bien à l’histoire et aux émotions, par son choix de mots et de phrasé. Très beau récit émouvant, inspiré de la vie de Joséphine Bakhita, canonisée par Jean-Paul II en 2000.

 

roman,roman étranger,roman adoCelui qui va vers elle ne revient pas

Shulem DEEN

Globe, 2017

Essai, ou roman autobiographique. L’auteur vient d’un Shetl, communauté juive hassidique traditionnelle près de Brooklyn. Tenté par la radio, internet et une émancipation vis-à-vis du groupe, le narrateur raconte aussi comment ceux qui sortent de ces communautés soudées en sont bannis et se retrouvent déconnectés, esseulés.

 

roman,roman étranger,roman adoUn jour, tu raconteras cette histoire

Joyce MAYNARD

P. Rey, 2017

Joyce Maynard retrace ses années de bonheur avec son mari Jim, rencontré à 55 ans, leur complicité, et leur douloureux chemin ensemble lorsque Jim est atteint d’un cancer du pancréas.

 

roman,roman étranger,roman adoL’homme de ma vie

Yann QUEFFELEC

Guérin, 2017

L’auteur parle de sa relation difficile à son père, l’écrivain Henri Quéffelec, dont il a toujours essayé de capter l’attention et l’amour. Sensible et sympathique.

 

roman,roman étranger,roman adoGuide des égarés

Jean d’ORMESSON

Gallimard, 2016

Le regard de l’écrivain sur l’humanité. Belle écriture et philosophie sans en avoir l’air.