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13/07/2020

Désolations

roman étranger, amérique

 

Désolations

David VANN

Gallmeister (Totem), 2017

(traduit de l’américain par Laura Derajinski)

 

Comme dans Sukkwan Island, David Vann nous emmène dans des contrées glacées, voire désolées d’Alaska, dans une nature dure et sauvage où la solitude qui en émane est étrangement palpable.

Irène, mariée à Gary et mère de deux enfants maintenant adultes, Mark et Rhoda, aborde la cinquantaine dans un état de totale tension avec son mari. Après avoir vécu au bord du Skilak Lake, dans une maison isolée avec pour seul voisin leur fils Mark, Gary n’a de cesse de réaliser un rêve, construire lui-même une cabane sur Caribou Island, se couper du monde et des autres, projet rejetée par Irène mais qu’elle se sent obligée d’accepter car elle ne peut envisager une séparation.

Gary se lance dans cette construction sans aucune préparation, aucun plan, aucune notion technique, à un moment où s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible. L’amertume, les reproches, la culpabilité, l’hostilité qu’ils manifestent l’un envers l’autre vont se cristalliser autour de cette décision.

Le premier transport de rondins en bateau que Gary ne veut pas reporter malgré une pluie battante et un vent glacial provoque chez Irène une douleur incessante et une terrible migraine qui ne la quittera pas. Irène porte en elle une souffrance refoulée, la vision de sa mère pendue dans l’entrée de sa maison alors qu’elle n’avait que 10 ans. Cette douleur non dite resurgit inconsciemment dans ce moment où les relations avec Gary se délitent et où elle comprend qu’il n’y a plus d’espoir.

Leurs enfants ne sont pas d’une grande aide. Mark, pêcheur saisonnier, grand fumeur de joints, se soucie peu d’eux. Rhoda, la trentaine cherche une échappatoire à sa vie morose en fantasmant sur son mariage avec Jim qui lui apporterait une vie aisée. Elle rêve d’une cérémonie merveilleuse loin d’Anchorage dans une île lointaine paradisiaque ; ce serait le début d’une nouvelle vie. Seulement Jim ne semble pas du tout pressé et le sera encore moins après sa rencontre avec Monique, une fille indépendante, libre et sans scrupules.

Sur le fil de la douleur intime, de l'auto apitoiement, et même de l'égoïsme, les personnages vivent à côté d'eux-mêmes.  Pas de bonheur pour les uns et les autres, pas ou peu d’amour, pas de moments de joie, mais de la solitude et de la souffrance en accord avec l’environnement froid, gris, parfois hostile. On assiste dans ce huis clos à la montée inexorable de la tragédie.

David Vann explore et ausculte avec brio les tréfonds du désespoir humain et excelle dans la description des tensions interpersonnelles sous-jacentes, du mal-être et de la désespérance. Il réussit admirablement à faire ressentir avec beaucoup d’intensité l’atmosphère pesante et la dérive progressive des sentiments. Un roman sombre et fort.

Annie P.

03/06/2020

Les livres aussi se déconfinent

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Profitez du service de prêts à emporter pour emprunter une "nouveauté" fraîchement arrivée en rayon. Petit aperçu des derniers romans mis à disposition.

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roman,roman étranger,nouveautésPensez à prendre rendez-vous et réserver vos livres ! Sur le site du réseau des bibliothèques, on vous explique comment faire, mais vous pouvez aussi nous appeler le matin au 04 72 31 67 66.

28/05/2020

Le "nature writing" avec les éditions Gallmeister

Le Nature Writing, "écrits sur la nature" est un genre littéraire né aux États-Unis, qui remonte à Henry D. Thoreau. Les éditions Gallmeister sont spécialisées dans ce genre, qui mêle récit et observation de la nature. Les auteurs américains décrivent et interrogent les beautés et les contradictions de leur immense territoire et de ses habitants. Détectives privés de la côte Ouest ou guides de pêches de la côte Est, traders new-yorkais ou cow-boys mélancoliques sont autant de représentations d’une Amérique plurielle. Voici une sélection de titres que nous avons apprécié ces dernières années. Vous pouvez les emprunter à la bibliothèque de Soucieu. (Ou pour certains les télécharger sur le site de la Médiathèque du Rhône)

 

amérique,roman étranger,natureVis-à-vis

Peter SWANSON

Gallmeister (Americana), 2020, 392 p., 23.80€

Illustratrice de talent bipolaire, Hen emménage avec son mari Lloyd dans une petite ville proche de Boston. A l'occasion d'un dîner chez les nouveaux voisins, Hen remarque dans le bureau de Matthew un objet lié à un meurtre non résolu qui l'avait obsédée dans sa jeunesse. Persuadée que Matthew est le coupable, elle cherche à trouver des preuves, mais comprend très vite que le tueur sait qu'elle sait... À moins que tout cela ne soit le symptôme d'un nouvel épisode psychotique... ou une trouble coïncidence ? Ce thriller psychologique dévoile peu à peu  manipulations, obsessions, et relations dérangeantes entre les personnages.

 

amérique, roman étranger, natureLa vie en chantier

Pete FROMM

Gallmeister (Americana), 2019, 380 p., 23.60€

Marnie et Taz sont jeunes, joyeux et vibrants d'un amour passionné et fusionnel. Lorsque Marnie apprend qu’elle est enceinte, ils commencent à retaper avec ardeur leur petite maison de Missoula, dans le Montana. Hélas, Marnie meurt à la naissance du bébé, laissant Taz seul face à un deuil insupportable, avec sa fille sur les bras. Il plonge alors tête la première dans le monde de la paternité, un monde de responsabilités et d’insomnies, de doutes et de joies inattendues. Un roman touchant rempli d’espoir et de tendresse !

 

amérique, roman étranger, natureMy absolute Darling

Gabriel TALLENT

Gallmeister (Americana), 2018, 464 p., 24.40€

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis, ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour son salut marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

 

amérique, roman étranger, natureDans la forêt

Jean HEGLAND

Gallmeister (Nature writing), 2017, 304 p., 23.50€

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans un certain isolement, leur maison familiale étant nichée à l’écart des villes, au cœur de la forêt. Quand le monde moderne s’effondre, que leurs parents disparaissent, que ni les véhicules ni les informations ne circulent plus, elles demeurent vraiment seules. Il leur reste leur passion pour la danse et la lecture, mais il va leur falloir apprendre à devenir autonomes, à survivre, et à faire confiance à la forêt qui les entoure.

Roman sensuel et puissant, où les deux jeunes femmes entraînent avec elles le lecteur vers une vie nouvelle. Lire également la très belle adaptation en bande dessinée par Lomig, chez Sarbacane.

 

amérique,roman étranger,natureUne affaire d’hommes

Todd ROBINSON

Gallmeister (Néo noir), 2017, 368 p., 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

amérique,roman étranger,natureAquarium

David VANN

Gallmeister (Nature writing), 2016, 270 p., 23€

Caitlin, douze ans, vit seule avec sa mère, trimardeuse sur le port de Seattle. La vie n’a pas été facile pour cette femme désabusée. Elles n’ont aucune famille, et sont tout l’une pour l’autre, même si un sympathique Steve commence à faire son apparition de temps en temps. Le soir après l’école, en attendant que sa mère rentre, Caitlin court à l’aquarium et se plonge dans la contemplation des animaux marins. Régulièrement, elle rencontre un vieil homme qui semble comprendre et partager sa passion pour les poissons. Elle se réjouit de ce début d’amitié, jusqu’à ce qu’elle en parle à sa mère, déclenchant une violence proportionnelle à la colère jusqu’ici contenue par sa mère.

La prose cristalline de David Vann nous apprend comment le désir d’amour et l’audace de la jeunesse peuvent guérir les blessures du passé. Aquarium est un pur moment de grâce offert par l’un des plus grands écrivains américains actuels.

 

amérique,roman étranger,natureRetour à Oakpine

Ron CARLSON

Gallmeister (Nature Writing), 2016, 23.10 €, 281 p.

Amis au lycée, à l’époque rapprochés par leur groupe de musique « Life on Earth », ils se sont peu vus pendant leur vie d’adultes. Certains ont passé toute leur vie à Oakpine, d’autres y reviennent, ramenés à la petite ville par les circonstances. Les souvenirs marquants renaissent, frais comme si la dernière année de lycée datait d’hier. C’est un temps de bilan pour les cinquantenaires mesurant le chemin parcouru ou le temps gâché. C’est aussi l’heure des derniers tournants, le moment de se sentir pleinement vivants, tandis que la génération suivante –la jeunesse dorée- est à son tour confrontée à ses premiers choix d’adultes.

L’auteur du Signal nous offre ici un roman empreint de tendresse et de nostalgie, que le lecteur aimerait faire durer pour profiter un peu plus longtemps de ces hommes forts au cœur tendre, de leur amitié, du bonheur du travail bien fait, des repas partagés, de l’ivresse de la course à pied, et du pouvoir de l’écriture.

 

amérique,roman étranger,natureLes arpenteurs

Kim ZUPAN

Gallmeister (Nature Writing), 2015, 271 p., 23.50€

Ce roman est avant tout le récit d’une relation complexe entre deux hommes aux antipodes l’un de l’autre, un assassin et son geôlier : John Gload, vieux criminel récidiviste, s’est enfin fait pincer et attend son procès dans la prison du Montana.
De l’autre côté des barreaux, un jeune adjoint au shérif est astreint à passer des nuits de surveillance dans la prison. Contrairement à certains collègues, Millimaki essaie d’exercer son métier avec humanité, mais il souffre de sentir sa vie et son mariage, lui échapper.  

D’une beauté puissante, les Arpenteurs explore la frontière floue entre le bien et le mal. Pour l'auteur, qui oppose le huis-clos de la prison aux immenses espaces nord-américains, le Montana sauvage est une présence constante dans le récit, émaillé de descriptions de la nature.

 

amérique,roman étranger,natureDes hommes en devenir

Bruce MACHART

Gallmeister (Nature Writing), 2014, 193 p., 22 €

Recueil de nouvelles, assez noires au premier abord. Chacune de ces histoires, nous fait partager les fêlures d'hommes ordinaires dans des paysages typiquement américains, le plus souvent texans. Des histoires de chiens écrasés, d’accidents, d’enfants morts ou de parents disparus, ou tout simplement de garçons ou d’hommes ordinaires faisant de leur mieux dans des circonstances difficiles. Une écriture très maîtrisée.

 

amérique,roman étranger,natureLes douze tribus d’Hattie

Ayana MATHIS

Gallmeister (Americane), 2013, 313 p., 23.40€

Philadelphie, 1923. Hattie arrive de Géorgie pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, elle épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants qui égrèneront, au fil de l'histoire américaine du XXe siècle, leur parcours marqué par le fort tempérament de leur mère, sa combativité et ses failles secrètes. Telles les pièces d'un puzzle, les douze tribus d'Hattie dessinent en creux le portrait d'une mère insaisissable et la condition noire aux Etats-Unis.

 

amérique,roman étranger,natureDésolations

David VANN

Gallmeister (Nature writing), 2011, 296 p., 23.40€

Les enfants ont grandi, le couple bat de l'aile, le mari décide de s'installer sur une île isolée avec sa femme, pas très enthousiaste. Plus la cabane se construit, plus la tension monte... Réflexion sur le couple et le temps qui passe, ce livre enchante aussi par de très belles pages sur l'Alaska. Il est tout aussi fort que Sukkwan Island, même si l'on ne retrouve pas l'aspect de huis-clos morbide du magistral premier roman de David Vann.

 

amérique,roman étranger,natureLittle Bird

Craig JOHNSON

Gallmeister (Noire), 2009, 408 p., 24.30€

Walt Longmire, shérif dans le Wyoming, gère la police du comté avec un mélange d'efficacité et de bonhommie. En fin de carrière, légèrement dépressif depuis la mort de sa femme, il doit enquêter sur le meurtre de Cody Pritchard, un jeune Blanc condamné à une peine légère deux ans auparavant pour le viol collectif d'une jeune Indienne. La clémence du verdict avait attisé les tensions entre les communautés. Inévitablement, les soupçons de Walt Longmire se tournent vers la communauté indienne, et en particulier son meilleur ami, Henry Standing Bear, l'oncle de la victime. Un très bon polar sur fond de tradition indienne et de nature vertigineuse. Walt, tolérant et compréhensif, trait d'union entre les communautés, est un personnage attachant, que l’on retrouve avec plaisir dans d’autres tomes.

 

21/05/2020

Tous les vivants

roman étranger, amérique, musique, ferme

 

Tous les vivants

C. E. MORGAN

Gallimard (Du monde entier), 2020, 240 p., 19€

Traduit de l’américain All the Living par Mathilde Bach

 

Orren a invité Aloma à venir vivre avec lui sur sa ferme, au cœur des montagnes du Kentucky. Lorsqu’elle arrive avec son camion et ses maigres possessions, quelques vêtements et deux caisses de partitions, Aloma déchante. Dans son éducation d’orpheline, en pensionnat religieux où elle a développé son talent pour le piano,  rien ne l’a préparée à s’installer sur une ferme ou à tenir une maison. De son côté, Orren est tendu vers un seul but : faire tourner la ferme, lourde responsabilité qui pèse sur ses épaules depuis la mort récente de sa mère et son frère aîné.  Chacun d’entre eux est le dernier, tout ce qui reste d’une famille, désarmé devant l’ampleur de sa tâche. Alors que la sécheresse décime ses plants de tabac, Orren devient de plus en plus taciturne, tandis qu’Aloma manque de musique et cherche un sens à sa présence. Entre ces deux êtres à fleur de peau, les mots et la tendresse ne viennent plus.

Roman d’apprentissage, où l’importance de la transmission est gravée en creux, et portrait de femme qui cherche à s’adapter sans abandonner ce qui compte pour elle.

Aline

11/05/2020

Antidotes au confinement : assises du roman

Cette année, pas besoin de vous déplacer à la Villa Gillet pour assister aux Assises internationales du roman, tout se trouve sur internet, du 11 au 17 mai.

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Ne manquez pas la rencontre avec Imma Monsó ce jeudi 14 mai à 19h autour du huis clos. Son roman L'anniversaire fait partie de notre sélection du prix M.O.T.T.S. des lecteurs ! Elle dialogue avec Franck Bouysse, auteur de Né d'aucune femme, et Burhan Sönmez, auteur de Labyrinthe.
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Depuis les huis clos de Jean-Paul Sartre ou d’Alfred Hitchcock, que se passe-t-il derrière les cloisons du roman ? Nos invités expliqueront pourquoi ce procédé stylistique offre de grandes possibilités au romancier : écrire l’emprise psychologique, raconter les tensions latentes, les impasses relationnelles, ou encore décrire les mécanismes de l’enfermement.

Découvrez l'ensemble du programme ici. Les Assises internationales du roman permettent d'entendre les grandes voix des écrivains du monde, des entretiens vidéos, des textes inédits, des lectures par des comédiens de grands auteurs venant du Mexique, de Chine, des États-Unis, de Turquie, et de toute l’Europe.

Leurs thèmes résonnent avec ce que nous vivons : le temps de l’incertitude, le huis-clos, le récit de l’autre, les métiers du quotidien, les lettres des écrivains sur leur pays. D’autres nous feront rêver d’ailleurs ou nous ramèneront à la puissance d’évasion de la littérature.

Organisé par la Villa Gillet, en partenariat avec Le Monde et France Culture.

09/05/2020

Les lectures de... Michèle

Michèle aime les romans qui font voyager, en lien avec la réalité. Elle partage avec nous ceux qu’elle a aimés ces derniers mois. Et vous ? Quels livres recommandez-vous ?

 

roman étrangerCeux qu’on aime

Victoria HISLOP

Les Escales, 2019, 22.50€

Histoire d’une jeune femme et de sa famille en Grèce, pendant les dures années de guerre, puis de guerre civile.

 

roman étrangerLa femme aux cheveux roux

Orhan PAMUK

Gallimard (du monde entier), 2019, 21€

Cem, 16 ans, travaille l’été pour un maître puisatier. Il rencontre une troupe de comédiens ambulants et tombe amoureux  d’une baladine rousse. Après un accident sur le chantier du puits, Cem rentre à Istanbul pour essayer d’oublier ce qui s’est passé. Très bien, mais difficile à avaler.

 

roman étrangerLe pouvoir du Chien

Thomas SAVAGE

Gallmeister (Totem), réed 2019, 9.20€

La vie dans un ranch au cœur des étendues sauvages du Montana et le climat d’une petite ville servent de décor à un drame aux allures de western, écrit en 1967.

 

roman étrangerRue du Pacifique

Thomas SAVAGE

10-18 (Domaine étranger), 2008, 7.50€

Montana des années 1860. En suivant la vie de deux familles opposées, les Melten et les Connor, Thomas Savage dresse un portrait nostalgique et désabusé de la génération qui a succédé aux pionniers de l'ouest américain.

 

roman étrangerLa reine de l’Idaho

Thomas SAVAGE

10-18 (Domaine étranger), 2005, 8.80€

Portrait d'une famille du Montana, sur plusieurs générations, avec des personnages de femmes fortes.

 

roman étrangerDiên biên Phù

Marc Alexandre OHO BAMBE

S. Wespieser (littérature étrangère), 2018, 19€

Belle histoire d’amour et d’amitié en temps de guerre

 

roman étrangerNo home

Yaa GYASI

Calmann-Levy, 2017, 21.90€

Sur l’esclavage, du Ghana jusqu’à l’Amérique, au travers du destin de deux sœurs et de leur descendance. J’ai trouvé ce livre super !

 

roman étrangerKaboul était un vaste jardin

Qais AKBAR OMAR

R. Laffont, 2014, 22€

Récit autobiographique. En 1990, l’auteur a 9 ans et mène une vie heureuse en famille, à Kaboul. Après, ce sont l’arrivée des moudjahidin, la fuite, les talibans, les bombes américaines… Belle histoire, malgré tellement d’horreurs commises dans ce pays !

 

roman étrangerLa papeterie Tsubaki

Ito OGAWA

P. Picquier, 2018, 20€

Une jeune japonaise devient écrivain public à la suite de sa tante qui l’a élevée. C’est tout tranquille mais agréable.

 

roman étrangerQuand le soleil était chaud

Josette ALIA

Grasset, 1993

Fresque sur les Chrétiens d’Orient, suivant une famille au Caire, puis à Beyrouth. Une vie facile et brillante prise dans les tourments de la guerre. Un roman très documenté, écrit il y a presque 30 ans, mais qui demeure d’actualité pour comprendre la complexité du Moyen Orient.

 
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09/04/2020

Silo

Silo.jpg

Silo

Hugh HOWEY

Actes Sud (Exofictions), 2013, 560 p., 23€

Traduit de l’américain Wool par Yoann Gentric  et Laure Manceau

 

Sur une terre post-apocalyptique, l’humanité a survécu depuis des générations dans un gigantesque silo enterré, organisé en étages autour de la spirale de son escalier central -répartis comme autant de couches sociales : tout au fond, les machines et les mécanos, plus haut les salles d’épuration, les jardins hydroponiques, les ateliers, les logements, les dortoirs, les services,… et enfin la cafétéria et le bureau du shérif.

Pour la survie de cette société en vase clos, il importe avant tout de respecter l’ordre établi. Contrôle strict des naissances, obéissance, travail assidu dans sa caste. Lorsqu’un contrevenant ne respecte pas les tabous, il est envoyé au "nettoyage" : expulsé du silo en combinaison de protection, il s’affaire à nettoyer les capteurs donnant la vue sur les environs jusqu’à ce que les gaz toxiques de la surface l’achèvent. Son sacrifice permet ainsi aux confinés de contempler le panorama désolé entourant le silo.

Brisé depuis la mort de sa femme, le shérif Holston décide de passer à son tour au nettoyage. C’est sa succession qui déclenche des conflits et déséquilibres dans le silo : la Maire, Jahn, souhaite nommer au poste de shérif la personne la plus compétente et incorruptible, tandis que le puissant chef du DIT (Département d’InfoTechnologies) voudrait un homme à sa solde…

Rosie la riveteuse.jpgUn des meilleures livres d’anticipation que j’aie lus depuis longtemps, avec des personnages  forts et crédibles, à commencer par Juliette, femme pleine de ressources et de convictions, meneuse d’hommes, que je n'ai pas pu m'empêcher de visualiser en Rosie la riveteuse ! Et toujours cette question lancinante : qu'y a-t-il réellement à l'extérieur ?

Ce roman haletant, bien construit, mêle judicieusement action et réflexion de fond… entre droit à l’autodétermination et  maintien à tout prix de l’ordre établi pour protéger le plus grand nombre. Hugh Howey soulève des questions d’éthique : peut-on, doit-on, pour le bien commun, réserver le savoir et la gestion à une élite sélectionnée ? Qui peut décider de ce qui est bon pour la communauté ? L’accès à la vérité justifie-t-il de mettre en danger ses proches ?

On peut lire seul cet opus, ou poursuivre la trilogie avec la prequel Origines et la touche finale Générations.

Aline

07/04/2020

Vous ne regarderez plus jamais les lapins de la même façon

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Watership Down

Richard ADAMS

Ed. Monsieur Toussaint Louverture, 2016

Traduit de l’anglais par Pierre Clinquart

 

Un groupe de lapins est obligé de fuir sa garenne menacée de destruction, à la recherche de sécurité et d'un nouvel endroit où s’établir. Traverser la campagne, pour des lapins, est une aventure risquée, et de chapitre en chapitre, nos héros-lapins échappent à de nombreux périls : dangers naturels,  "vilous" (prédateurs),  hommes, routes ou voies ferrées… Et leurs propres congénères ne sont pas en reste !

L’une des forces du récit tient dans les descriptions précises et poétiques du comportement des lapins, de la végétation, des paysages qu’ils traversent et des animaux qu’ils rencontrent. Pour autant, il s’agit avant tout d’un roman d’aventure, de courage et de survie, où le vrai meneur est celui qui sait motiver ses troupes, mais aussi être à l’écoute de tous et faire bénéficier le groupe des compétences de chacun.

Epopée bucolique à plusieurs niveaux de lecture, le récit prend une portée plus universelle en explorant les thèmes du pouvoir, de l’organisation de la société, et de l’autodétermination.

Premier roman de l’auteur et grand classique anglais, ce roman paru chez Flammarion en 1976 sous le titre Les garennes de Watership Down est passé inaperçu en France. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture font ici un remarquable travail de redécouverte et de réédition. Belle présentation par Nicolas Carreau sur Europe 1.

Watership Down a également fait l’objet d’adaptations au cinéma : La folle escapade (1978), en série télévisée à la BBC (1999-2001) et en série animée sur Netflix La colline aux lapins (2018).

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30/03/2020

Ici n'est plus ici

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Tommy ORANGE

Albin Michel (Terres d’Amérique), 2019, 334 p., 21.90€

Traduit de l’américain There There par Stéphane Roques

 

Dans un prologue factuel, l’auteur rappelle en quelques épisodes comment les Indiens ont été exterminés et spoliés par les colons, comment ils ont été parqués dans des réserves, puis incités par l’Indian Relocation Act à s’installer dans les villes à la fin des années 1950.

Il s’attache ensuite au portrait d’une douzaine de ces « Indiens des villes » dans un roman kaléidoscope, où tous les personnages convergent peu à peu (pour des raisons parfois opposées) vers le grand pow-wow d’Oakland, rassemblement annuel où les Indiens (éparpillés le restant de l’année entre les réserves et les villes) viennent célébrer leurs traditions, chants et danses ancestraux.

Coincés entre deux cultures, les personnages de Tommy Orange sont touchants, fragiles : Orvil Read Feather, n’a que sa peau  dorée, ses cheveux noirs et son nom rigolo pour attester de son origine, et découvre les danses traditionnelles sur Youtube ; Thomas Franck trouve une raison de ne pas boire avec les mélopées des anciens accompagnées du grand tambour ; Opal Viola Victoria Bear élève courageusement  ses trois petits-neveux ; Blue tente d’échapper à une relation toxique en se jetant à corps perdu dans l’organisation du pow-wow ; des petits voyous, des buveurs, des repentis,… pleins de rage et de vitalité.

Dene Oxendene, sorte d’alter ego de Tommy Orange (né comme lui d’une mère blanche et d’un père Cheyenne/Arapaho de l’Oklahoma) s’attelle à un projet de recueil de témoignages d’Indiens vivant à Oakland et explique son objectif, qui pourrait bien correspondre à celui de l'auteur :

« Ce que je veux faire, c’est attester de l’histoire de certains Indiens d’Oakland. Je veux poser une caméra face à eux, transcrire ce qu’ils disent pendant qu’ils parlent, s’ils le veulent, les laisser écrire, tout récit que je pourrai recueillir, les laisser seuls pendant qu’ils racontent leur histoire, sans les mettre en scène, sans les manipuler ni leur imposer un sujet. Je veux qu’ils puissent dire ce qu’ils veulent. Laisser le contenu guider la vision. Il y a tant d’histoires…. depuis trop longtemps notre communauté est ignorée et demeure invisible…

Nous n’avons jamais vu l’histoire urbaine des Indiens. Ce que nous avons vu regorge de toutes sortes de stéréotypes qui font que personne ne s’intéresse à l’histoire des Indiens d’Amérique…  à cause de la façon dont elle est décrite, elle prend un tour pitoyable et nous perpétuons cela, sauf que non, tout ça c’est des conneries, parce que le tableau d’ensemble n’est pas pitoyable, et que les histoires individuelles qu’on rencontre ne sont pas pitoyables, ni faibles, n’appellent pas la pitié, elles sont pleines d’une vraie passion, d’une rage, et c’est une des choses que j’apporte au projet, parce que c’est ce que je ressens moi aussi, c’est cette énergie-là que je lui apporterai. » (p.52)

Le titre fait référence à une citation de Gertrude Stein à propos de son ancien quartier populaire d’Oakland, ayant tellement changé qu’il n’était plus vraiment là. De même, la terre ancestrale des Indiens est toujours présente, mais plus vraiment là, enfouie sous le verre, le béton, le fer et l’acier : ici n’est plus ici.

Ce premier roman, exigeant, a rencontré un grand succès aux Etats-Unis. Finaliste du Pulitzer et du National Book Award, il a reçu le PEN/Hemingway Award.

Aline

11/03/2020

Bobiverse

roman étranger,science-fiction

Nous sommes Bob, t1 : Nous sommes légion

Dennis E. Taylor

Bragelonne, 2018

Traduit de l’anglais We are Legion (We are Bob) par Sébastien BAERT 

 

Bob le geek a été bien inspiré : il a investi quelques-uns des millions générés par la vente de sa start-up d'informatique dans une entreprise de cryogénisation promettant de conserver son cerveau après sa mort... en attendant d’avoir les moyens de le ramener à la vie. Justement, peu après, il se fait écraser en traversant la rue ! Mais ce que Bob ne pouvait pas prévoir, c’est que la société évoluerait pendant les décennies que durerait son « sommeil ».

Lorsqu’il se réveille, L’Amérique du Nord est désormais une dictature religieuse, FAITH, et Bob est la propriété d’une entreprise privée sous contrat gouvernemental. Les données contenues dans son cerveau ont été récupérées, et pourraient être réimplantées comme intelligence d’une sonde intergalactique... s’il reste sain d’esprit !  Passé le premier choc de se retrouver sans corps, il se retrouve rapidement en compétition avec d’autres « réplicants », candidats à un voyage dans l’espace pour trouver une planète habitable pour l’humanité. A la fois indispensable puisque la terre commence à montrer ses limites, cible de choix pour les pays en compétition pour conquérir l’univers, il est aussi une abomination pour la frange la plus fanatique de FAITH opposée à toute forme de vie post-mortem !

Canadien anglophone, Dennis E. Taylor est un grand lecteur de science-fiction. Programmateur informatique, il est devenu écrivain à plein temps avec le succès de sa trilogie Nous sommes Bob. Son récit est bien structuré, et mélange avec talent et originalité les ingrédients de base de la SF : informatique, science, exploration de systèmes stellaires, évolution de l’humanité, questions d’éthique… en les pimentant d’humour et de nombreuses références cinématographique. L’écriture reste assez détachée, même dans les moments dramatiques, mais en même temps, comment s’impliquer émotionnellement quand on est une machine ? Au total, un roman de SF bien construit, efficace et prenant, assez pour avoir  hâte de passer aux tomes suivants de la trilogie.

Aline