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10/05/2013

Skippy dans les étoiles

Skippy dans les étoiles

Paul Murray, Belfond, 2013, 23 €

Traduit de l'anglais (irlandais) par Robert Davreux

 

Contrairement à Rupert, son camarade de chambre, Daniel « Skippy » Juster n’a pas spécialement la tête dans les étoiles. Comme c’est un gentil garçon, il se force un peu pour s’intéresser aux projets scientifiques faramineux de son ami, la communication avec les extra-terrestres et l’étude du ciel… jusqu’au jour où le télescope déréglé lui fait découvrir l’astre qui va désormais illuminer ses jours et ses nuits : Lorelei, une jolie étudiante de l’établissement pour filles voisin.

 

Mais Skippy n’est qu’un garçon très ordinaire, un peu fragile, au milieu d’une bande de copains en pleine puberté, un peu losers : Dennis le cynique, Niall, Geoff et Mario l’obsédé du sexe. Excellent nageur « naturel », il a même perdu son seul atout, puisque l’eau lui donne désormais des crises d’angoisse : "Un millier de mains bleues se tendent vers lui, le saisissent, le tirent vers le fond… l’eau se bat contre lui… le fond de la piscine est magnétique et l’attire de nouveau vers le bas"

 

Durant les mois d’hiver, les jeunes étudiants du Seabrooks College de Dublin tentent de survivre à l’ennui, aux bousculades, aux extorsions, aux drogues qui circulent et aux déceptions sentimentales.

L’auteur s’attache à ces garçons plus fragiles qu’il n’y parait, et les présente avec beaucoup d’humour et de compassion. L'omniprésence des médicaments et/ou de la drogue, en revanche, m'interpelle. Est-ce réaliste ? L'obsession des garçons pour le sexe aussi ? Est-ce qu'ils en parlent vraiment tout le temps ?

 

De son côté, le corps enseignant n’est pas épargné : quelques administratifs ambitieux ne font qu’empirer les prestations de  professeurs incompétents, pour la plupart démotivés, qu’ils soient prêtres sur le retour ou anciens du College  revenus s’échouer à Seabrooks. L’esprit de corps et le souci de la réputation du College pousse les enseignants à nier tout problème et les empêche de se remettre en question. Seul Howard, Howard-la-Couarde, encore jeune, pourrait peut-être réagir à temps et comprendre les jeunes qui lui sont confiés, s’il avait lui-même fini de fuir ses problèmes.

 

roman d'apprentissage,irlandeMalgré ses 676 p. et sa petite typo, ce roman d’apprentissage, à la fois douloureux et plein d’humour, se lit facilement : encore un petit chapitre, et puis un autre, un autre encore… et me voilà toute mélancolique à la fin du livre.

Voilà un auteur qui complète avantageusement notre cycle irlandais !

Aline

04/03/2013

Wonder

wonder.gifSouffrant d'une malheureuse combinaison génétique rare, August est né avec un visage difforme, et garde une tête  de monstre malgré de nombreuses opérations. Jusqu'ici, sa santé ne lui a jamais permis d'être scolarisé, mais cette année il rentre en sixième, dans un établissement privé où l'équipe enseignante est très attentive.

August est intelligent, courageux,  extrêmement sensible au regard des autres mais sans auto-apitoiement, et il a besoin d'amitié. Son  entourage proche, très affectueux, lui a permis de s'épanouir : une mère protectrice, un père plein d'humour, et Via, une grande sœur qui a toujours donné la priorité aux besoins d'August. Mais il temps de se confronter à un cercle plus large.


Récit touchant et positif d'une adaptation au collège et à la "vraie vie", le roman fait alterner son point de vue et celui de son entourage : famille, copains, professeurs. La différence d'apparence d'August est difficile à surmonter pour tous, et bouleverse l'ensemble du collège, soulevant des sentiments ambivalents chez de nombreux camarades.

 

Wonder

R.J. Palacio

Pocket jeunesse, 2013, 409 p., 17.90 €

Traduit de l'américain Wonder par Juliette Lê

Léon ou les confessions d'un orphelin ordinaire

leon confessions d'un orphelin.gifFin 1746, Dieudonné –dit Léon- est abandonné à la naissance dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, et envoyé en nourrice dans le Morvan avec une dizaine d'autres nouveau-nés. Il ne doit sa survie qu'à l'affection de Méline, la fille aînée de la nourrice. Faisant preuve d'une détermination extrême, il réussit à apprendre à lire, puis rejoint la capitale, où il assure sa subsistance tant bien que mal,   jusqu'à accéder à une vraie profession. Il peut alors enquêter sur ses origines.

 

Roman historique très fluide, agréable à lire, abordant de nombreux thèmes : le sort des orphelins à l'époque des lumières, la vie à Paris dans les quartiers populaires, l'importance de l'amour (ou de son absence),  et le pouvoir de l'écrit. S'inspirant de lettres de 1761, l'auteur dresse en creux le portrait d'un homme totalement en opposition avec ses préceptes : philosophe et écrivain, auteur d'un manuel d'éducation des enfants révolutionnaire  à son époque, il a pourtant fait déposer ses cinq enfants dès leur naissance aux enfants trouvés !

 

Léon ou les confessions d'un orphelin ordinaire

Kathleen Vereecken

Bayard (Millezime), 2012, 361 p., 12.50 €