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14/05/2018

Bouillon de polars

Nous profitons de cette soirée polar pour signaler le prix « Chabanières » du polar, actuellement en cours dans les bibliothèques de la Communauté du Pays Mornantais. En lice 5 romans que nous ne critiquerons pas ici, afin de ne pas vous influencer :

roman policier

Nous évoquons des auteurs favoris depuis des années : Peter May, Arnaldur Indridasson et Caryl Ferey, mais aussi des lectures plus inattendues, ou de nouveau romanciers.

 

roman policierPeter MAY

avec ses romans policiers qui se passent en Ecosse : : L’Homme de Lewis, L’Île des chasseurs d’oiseaux, Le Braconnier du lac perdu,… Nous en aimons beaucoup l'ambiance dans ces Iles  glacées du Nord où soufflent le vent, les tempêtes, où la mer peut être mortelle, où les habitants ont une rudesse due sans doute à la pauvreté, où, en plus de l'air marin ça sent la tourbe ou le poisson, où la religion est terrible,  sans parler de ce policier, Fin, affronté à des énigmes incroyables, et une vie personnelle douloureuse.

 

Arnaldur INDRIDASON

roman policierLes nuits de Reykjavik

Après la découverte du cadavre d’un clochard, Erlendur enquête avec obstination, malgré le peu d’intérêt pour cette affaire. Ce tome, écrit récemment, remonte au début de la carrière d’Erlendur, sa première enquête sous la houlette du  commissaire Marion.

 

roman policierLa rivière noire

Erlendur étant en vacances, c’est sa collègue qui enquête lorsqu’un jeune homme est retrouvé  égorgé chez lui. Un provincial sans histoire ? A l’autopsie, on trouve des traces de roïpnol

 

roman policierTrilogie des ombres

Quand Indridason se met au polar historique, avec son talent habituel. Le tome 1, Dans l’ombre, se déroule en 1941 ; Le tome 2, La femme de l’ombre, en 1943. A la fois romans policiers et peinture sociologique de l’Islande pendant  la  période troublée de la seconde guerre mondiale en Islande -et de l’occupation de l’Islande par les Alliés. Les deux enquêtes sont menées par un duo de jeunes policiers : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, et Thorson, l’Islandais né au Canada. Le tome 3, Passage des ombres, fait référence à une affaire de 1943.

 

roman policierTodd ROBINSON

Une affaire d’hommes

Gallmeister, 2017, 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

roman policierWojchiech CHMIELARZ

Pyromane

(traduit du polonais Podpalacz par Erik Veaux)

Agullo, 2017, 410 p., 22.50 €

Enquête dans la peau d’un flic, vieux briscard de la police criminelle de Varsovie, l’Inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub. Son métier est tout pour lui, au point que son mariage avec Olga n’y a pas résisté, malgré son amour pour elle et pour leur fils. Il enquête sur une série d’incendies criminels, avec son adjoint Kochan, compétent mais qui file un mauvais coton, et le jeune sergent Shalski, plein d’initiative et de bonne volonté. L’intrigue, bien menée, intègre des chapitres du point de vue du pyromane, sans pour autant dévoiler la chute, et les personnages donnent de la  force au roman.

En exergue, une citation de Dennis Lehane (Mystic River), qui s’applique bien au Kub : « à vrai dire, je suis terriblement ennuyeux. Qu’on m’enlève mon métier, et je n’existe plus. »

L’auteur est journaliste, spécialiste de la criminalité en Pologne, et a écrit 4 tomes mettant en scène Le Kub. La ferme aux poupées vient de paraître aux éditions Agullo.

 

roman policierCaryl FEREY

La jambe gauche de Joe Strummer

Gallimard (Folio policier), 2007, 242 p., 6€

Pour mémoire : Joe Strummer était le créateur du groupe Clash, et chaque chapitre du roman porte le titre d’une chanson des Clash.

McCash, ancien de l’IRA, ancien policier, n’a plus rien à perdre. Sa femme est partie, et autour de lui, c’est la désolation. La lettre d’une ancienne amie lui apprend qu’il a une fille, Alice, dont il doit désormais s’occuper. Lorsqu’il arrive dans le village d’Alice, une fillette du foyer est retrouvée noyée, et il doit enquêter. L’enquête se passe en Bretagne, avec des descriptions très fortes et évocatrices.

 

roman policierPhilippe JAENADA

La serpe

Julliard, 2017, 648 p., 23 €

En 1941, le massacre à la serpe de trois personnes, le père, la tante et la bonne d’Henri Girard, avait fait couler beaucoup d’encre. La culpabilité du jeune homme semblait probable, mais au terme d’un procès troublant, il avait été acquitté. Philippe Jaenada enquête sur ce fait divers, qui avait remué la France entière. C’est avec talent qu’il décortique les techniques de l’avocat Maurice Garçon,  ressuscite toute une époque, et recompose l’histoire de famille compliquée d’Henri Girard. Henri Girard, auteur du célèbre « salaire de la peur » sous le pseudonyme de George Arnaud.

 

roman policierJohana GUSTAWSSON

Mör

Bragelonne (Thriller), 2017, 308 p., 21.50 €

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S'emploie pour parler de la viande. Le ton est donné : ce thriller est une sombre histoire autour d’un tueur en série, « boucher » évoquant Jack l’éventreur, et de cannibalisme. Le déroulement est chronologique, et  le duo d'enquêtrices Emily Roy et Alexis Castells, fonctionne bien. Comme dans son thriller précédent, Block 46, Johana Gustawsson explore l'histoire et les liens familiaux.

 

roman policierOdile BOUHIER

Le sang des bistanclaques

Presses de la Cité (Terres de France), 2011, 278 p., 19 €

Lyon, 1920. Une enquête est ouverte pour résoudre le meurtre d’une vieille femme. Elle fait intervenir le premier laboratoire scientifique de l’époque. Le sang des bistanclaques est une plongée dans la société lyonnaise des années folles. Avec des retours dans le temps jusqu’en 1895, 1898 et 1903, ainsi que l’intervention d’un médecin aliéniste, c'est aussi le parcours d'une folie individuelle, le portrait d'un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série. Pour amateurs de polars historiques fouillés... et lyonnais !

 

roman policierFlemming JENSEN

Le blues du braqueur de banque

Gaïa, 2012, 190 p., 17 €

L’humoriste Danois signe ici une sorte de polar totalement décalé, très plaisant à lire.

 

roman policierBill BEVERLY

Dodgers

Seuil, 2016, 19.50 €

East, quinze ans, est guetteur devant « la taule », une maison où l'on traffique de la drogue, à Los Angeles. Un jour les flics débarquent, entraînant des violences, et le décès d’une personne. Seule façon pour East de se racheter par rapport à son chef : partir dans le Wisconsin tuer un juge.  C’est le début d’un périple en voiture, accompagné d’autres jeunes, dont son frère Ty, 13 ans et complètement givré. Entre eux, l’ambiance est de plus en plus crispée, entre rivalités et jeux de pouvoir. Roman noir au dur réalisme.

 

roman policierCharlotte LINK

Une fille en cavale

Presses de la Cité, 2018, 22 €

Simon héberge une jeune femme qui a dû fuir son appartement sans rien et sauter dans le premier train de nuit… Intrigue assez bien menée, un peu de suspense, étude psychologique de chaque personnage très approfondie, par l’une des auteures allemandes les plus connues actuellement.

 

roman policierMichel BUSSI

Maman a tort

Presses de la Cité, 2015, 21.50 €

Malone, 3 ans et ½, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman. Seul un psychologue scolaire la croit, et enquête avec la commissaire. Il doit faire vite, car déjà la mémoire de l’enfant s’efface. Michel Bussi, en se penchant sur le fonctionnement de la mémoire chez l’enfant, signe un polar à l’intrigue bien menée.

 

roman policierMarie-Bernadette DUPUY

Un festival meurtrier

L’Archipel, 2016, 330 p., 19.95 €

Pendant le festival du film policier de Cognac, des jeunes filles sont défenestrées à Angoulême… Une enquête de l’inspectrice Maud Delage.

 

Et enfin, ceux qui ne nous ont pas plu (eh oui, parfois on fait carrément mauvaise pioche !)

Carol Higgins CLARK, Irish Coffee, trouvé sans intérêt

Dashiell HAMMETT, La clé de verre (1931). Polar aux Etats Unis à l’époque de la prohibition et de la guerre des gangs. Ça date un peu !

04/12/2017

Mörk

roman policier, Islande

 

Mörk

Ragnar JONASSON

La Martinière, 2017

 

Décidément les auteurs « du Nord » excellent dans les romans policiers !

Le policier Ari Thor (déjà présent dans un précédent roman Snjor paru en France en 2016) exerce dans la froide Siglufjördur, la ville la plus au Nord d’Islande enclose dans un cirque montagneux. L’hiver approche, engloutissant cette petite bourgade dans une obscurité de plus en plus dense. Un crime plonge les habitants dans l’incompréhension et la peur.  L’inspecteur Herjolfur est abattu d’un coup de fusil alors qu’il menait une investigation aux abords d’une veille maison abandonnée. Ari Thor, secondé par son ancien chef Thomas, se lance dans l’enquête.

Trafics de drogue, pressions politiques, chantage existent aussi dans cette ville aux apparences si calmes. Des tensions se révèlent au sein de cette petite communauté où chacun connaît l’autre. Les personnages se dévoilent petit à petit. Il est manifeste que le maire Gunnar Gunnarsson et son adjointe Elin cachent des secrets. Otto Nielsson conseiller municipal et principal soutien du maire n ‘hésite pas à menacer Ari Thor. Les premiers éléments semblent donner une direction évidente à l'enquête… Peut-être trop évidente…

L’enquête se double des interrogations d’Ari Thor sur son couple ; il traverse une crise peut-être grave.

Le contexte géographique de Siglufjördur entouré de montagnes, l’obscurité qui s’installe peu à peu participent à créer une ambiante particulière et contribuent à la réussite de ce roman. Le rythme du récit est soutenu. Les chapitres sont brefs et prennent la voix des personnages les plus impliqués dans le récit. Le tout est entrecoupé d'extraits du journal d'un interné en psychiatrie. Son ombre inquiétante règne tout le long du récit sans qu’on connaisse son rôle dans cette affaire.

En fond, l'auteur s'interroge sur l'envers du décor d'une société islandaise souvent dépeinte comme sereine et paisible. Une narration incisive et un environnement original au service d'un récit palpitant, doublé d'interrogations sociales, voilà ce que nous offre ce roman qui a reçu plusieurs prix, dont le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Un polar très efficace qui ne vous décevra pas. Annie

10/03/2017

Bouillon grec (1)

roman policier, GrèceActionnaire Principal

Petros MARKARIS

Seuil, 2009, 22,30 €

Petros MARKARIS  né en 1937 à Istanbul vit à Athènes. Auteur dramatique, scénariste pour le réalisateur de cinéma Théo Angelopoulos, et traducteur, notamment de Brecht et de Goethe, il a publié plusieurs romans policiers dans la série des "enquêtes du commissaire Charitos", best-seller en Grèce et en Allemagne.

Dans cette enquête, le commissaire voyage beaucoup entre la Crète et Athènes. Côté Crète, un bateau sur lequel sa fille et le petit ami de celle-ci se trouvaient est l'objet d’une prise d’otages. Pendant ce temps à Athènes, un déséquilibré exige la suppression immédiate de la publicité à la télévision et à la radio, et fait pression en exécutant une par une des vedettes de ces médias, provoquant une panique générale.

Le rythme de ce policier est assez lent, avec des longueurs pour expliquer les déplacements du commissaire, son itinéraire est trop détaillé. Les infos sur le comportement des Grecs sont intéressantes. Ils doivent utiliser le système D et la débrouille pour de nombreuses choses courantes de la vie. Au vu de ce roman, le civisme semble très faible.

Livre lu avec intérêt.  Annie B

12/09/2016

Big easy

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Big easy

Ruta Sepetys

Gallimard jeunesse, 2016, 454 p., 8.15

Traduit de l'anglais par Bee Formentelli

 

Josie, dit "Jo", est née en 1933 à la Nouvelle-Orléans. A 16 ans elle partage son temps entre femme de ménage dans une maison close où "exerce" sa mère et libraire dans la boutique de son ami Patrick. Nous sommes plongés dans les années 50 au milieu du quartier français où mafia, affaires louches et gens sans avenir se succèdent. Mais Josie veut plus que cela, son rêve est d'intégrer la prestigieuse université de Smith dans le nord du pays. Mais sa condition, son niveau de vie et ses petits moyens ne lui permettront peut-être pas d’atteindre son rêve. Surtout que sa mère disparaît en lui laissant une dette de 5 000 dollars.

Roman à la fois plein d'espoir et sombre, réflexion sur la condition des femmes en 1950 aux USA et sur l'héritage familial : on nait fille de famille riche, on a accès à l'éducation et à la culture ; on nait dans une famille pauvre, l'accès aux écoles devient difficile voire impossible, aucune autre issue que le petit travail (voire la prostitution); Josie va se battre contre cette fatalité.

En parallèle se mélangent les histoires d'amitié, d'amour, de confiance et d'entraide, porteuses de belles valeurs. Les personnages secondaires sont bien travaillés, on tombe sous le charme de l'homme à tout faire de la maison close d'une gentillesse inégalable, on s'étonne de la tenancière très protectrice et "seconde maman", on virevolte au rythme de la journées des "filles" toutes plus originales les unes que les autres et on fait balancer notre cœur entre le chauffeur de taxi baroudeur, Jesse, et le libraire, Patrick.

On adopte ce petit monde qui gravite autour de Josie. On s'attache et on est triste quand il est déjà l'heure de tourner la dernière page ...

Céline

11/11/2015

Le détroit du loup

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Le détroit du Loup

Olivier Truc

Métailié, 2014, 19€

 

Nous retrouvons, dans ce nouveau roman, Klemet et Nina enquêteurs pour la police des rennes dans Le dernier Lapon, premier roman policier à succès d'Olivier Truc.

L'auteur reprend un thème qui lui tient à cœur, le monde des éleveurs Sami, héritiers d'une longue tradition lapone. C'est la saison de la transhumance des rennes qui, comme chaque année depuis des décennies, se dirigent sur l'île de Kvaloya où ils retrouvent les pâturages, gages de leur survie. Ils doivent traverser le détroit du Loup et c'est là qu'un drame se noue. Une panique inexplicable s’empare des rennes et entraîne la mort d'un jeune éleveur, Erik Steggo, porteur de beaucoup d’espoirs pour les Sami.

Cette arrivée des rennes, précisément à cet endroit là, en dérange plus d'un car les pâturages se trouvent à Hammerfest, petite ville en pleine mutation depuis les années 1970 suite à la découverte de riches gisements de pétrole et de gaz. Évidemment les intérêts des uns et des autres sont diamétralement opposés.

Plusieurs meurtres ont lieu et, à travers l'enquête menée par Klemet et Nina, Olivier Truc nous fait découvrir le monde pétrolier, dur, implacable, cynique, pour qui seul le gain compte. Il nous fait connaître l'univers de la plongée industrielle et toutes les vies qu'elle a brisées physiquement et psychologiquement au mépris de la sécurité. Des hommes ont connu des destins terribles.

L'intrigue se double d'une quête de Nina à la recherche de son père, victime de cet univers qui fait fi de l'existence des plongeurs qu'elle exploite.

Le récit se déroule sous un soleil omniprésent avec une lumière intense et presque continue qui n'est pas sans influence sur les hommes.

J'avais beaucoup aimé Le dernier Lapon, prix Mes-Sou-Thu en 2013. Ce qui m'a plu dans Le détroit du Loup, c'est essentiellement les univers décrits par Oliver Truc. J'ai trouvé l'intrigue policière inutilement alambiquée mais, vous l'avez compris, l'essentiel n'est pas là. Un bon livre mais, mais si nous n'avez pas lu Le dernier Lapon, je vous conseille de commencer par ce premier roman.

Annie

10/08/2015

Le ver à soie

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Le ver à soie

Robert GALBRAITH

Traduit de The Silkworm par Florianne Vidal

Détective privé, Cormoran Strike jouit d’une certaine réputation depuis qu’il a résolu une affaire sur laquelle la police piétinait. Il  s’est juré de ne plus accepter  que des affaires rentables, mais –lassé des filatures d’adultères- il se laisse attendrir par l’aspect vulnérable d’une petite dame sans le sou, qui lui demande de retrouver son mari écrivain disparu depuis dix jours. Owen Quine aurait, semble-t-il, écrit un exécrable nouveau roman pour régler ses comptes avec ses collègues et sa maison d’édition. Beaucoup de personnalités auraient eu avantage à le faire taire !

Sous le pseudo de Robert Galbraith, J.K. Rowling nous offre un polar de bonne facture, dans un style plutôt classique anglais, avec des personnages d’enquêteurs sympathiques. Cormoran Strike, héros  -et éclopé- de la guerre d’Afghanistan, fils d’un célébrissime chanteur de rock qui ne l’a jamais reconnu,  suscite fascination chez ses interlocuteurs… et rejet de la part des flics. Sa jolie collaboratrice, Robin, considérée comme une secrétaire efficace, est passionnée par le métier et voudrait être prise au sérieux et progresser.

Dans la série des Cormoran Strike, commencer chronologiquement par L’Appel du coucou. La parution du 3ème tome est prévue en octobre sous le titre Career of Evil… (traduction française planifiée seulement pour 2016).

Aline

13/07/2015

La grande embrouille

roman policier, EspagneLa grande embrouille

Eduardo MENDOZA

Seuil, 2013, 21 €

Traduit de l’espagnol El enredo de la bolsa y a vida par François Maspero

 

Le narrateur, détective anonyme sans le sou, reconverti en coiffeur pour dames sans clientes, reprend du service : son ancien codétenu du centre pénitentiaire pour délinquants souffrant de troubles mentaux, le beau Romulo, file un mauvais coton. Romulo, qui préparait un dernier « coup juteux »  avant de prendre sa retraite au Brésil, a disparu. Or tous ses « coups » ont toujours foiré dans les grandes largeurs pour des « détails mineurs » assez comiques !

Notre détective enquête à la demande de Marie-Gladys, alias « Bout-de-Fromage », mobilisant toute une équipe de bras-cassés, laissés pour compte de Barcelone : l’aristo, statue vivante de la reine Eleonor du Portugal dans les Ramblas, une joueuse d’accordéon, un livreur de pizzas… et le vieux chinois du bazar oriental « la Bamba »…

L’enquête n’est pas haletante, mais tout le plaisir réside dans l’écriture dynamique,  les personnages déjantés réunis dans un bel élan de solidarité, et la présentation pleine de dérision de l’Espagne en crise. A la fois lucide sur ceux qui l’entourent et idéaliste, notre détective est très attachant.

Une citation du vieux chinois, qui fait rire jaune :

"L’Europe a voulu cesser d’être un tas de provinces en guerre et se transformer en grand empire. Elle a changé monnaie nationale contre euro, et ça a été début décadence et ruine. Occidentaux sont mauvais mathématiciens. Bons juristes, bons philosophes, mentalité logique. Mais chiffres ne sont pas logiques. Logique est soumise à critères moraux : bien, mal. En revanche chiffres sont seulement chiffres. Aujourd’hui Européens ne savent pas combien ils ont en banque, ni combien valent les choses. Ils dépensent à tort et à travers, ils se mettent dans pétrin et demandent crédit à Caixa. Notre philosophie et nos lois n’ont ni queue ni tête. Seuls mandarins comprenaient lois et il ne reste plus de mandarins. Mais chiffres sont notre spécialité, peut-être parc e-que nous sommes nombreux."

23/11/2014

L'île du serment

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Peter MAY

Le Rouergue (Noir), sept 2014, 423 p, 23€

Traduit de l’anglais Entry Island par Jean-René Dastugue

Sur la petite île d’Entrée, dans l’Archipel de La Madeleine, à l’est du Canada, personne ne ferme jamais sa porte à clef, et aucun crime n’a jamais été commis… jusqu’à cette nuit de tempête où James Cowell est poignardé à mort. Selon sa femme, l’assaillant s’en serait d’abord pris à elle. Cependant, elle est la principale suspecte des enquêteurs dépêchés de Montréal. Ambitieux, le lieutenant Crozes est pressé de boucler l’affaire.

Un seul enquêteur doute de la culpabilité de l’épouse : Sime Mackenzie, adjoint à l’équipe policière parce qu’il est bilingue, et que la communauté d’origine écossaise vivant sur cette île est anglophone. Au premier regard, il a éprouvé une sensation de déjà connaître Kirsty Cowell, et l’enquête provoque chez lui des rêves en lien avec son histoire familiale, maintes fois racontés par sa grand-mère dans son enfance. Seulement voilà, Sime est mal intégré à l’équipe d’enquêteurs, d’autant plus que l’insomnie chronique qui s’est emparée de lui au départ de sa femme le laisse totalement épuisé et déconcentré.

roman policier,ecosse,canada

Île d'Entrée (source: tourisme Îles de la Madeleine)

La construction du livre est intéressante, faisant de nombreux aller-retours entre l’enquête actuelle et l’histoire de l’ancêtre homonyme de Sime, parti des îles Hébrides en 1847, aux temps de la famine de la pomme de terre. Malgré son intérêt historique certain, cette reconstitution de l’émigration forcée des îliens écossais  est aussi ce qui fait la faiblesse du roman, car elle dilue trop l’enquête, devenue presque annexe.  Comme Sime, qui se perd dans sa quête des origines et ses problèmes personnels, l’enquête est phagocytée par l’histoire des colons. Pour rééquilibrer le roman policier, il aurait sans doute fallu que Peter May donne plus de substance aux autres policiers, qui restent trop en marge.

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Grosse Île, station de quarantaine (source: Immigration Canada)

L’auteur s’est inspiré des Highland Clearances, expulsions forcées des villages des îles Hébrides par les propriétaires terriens qui voulaient rentabiliser leurs terres en y installant des moutons, et ont envoyé par la force de pleines cargaisons de paysans sur les bateaux en partance pour le Canada, dans des conditions épouvantables.

Vers 1830, uniquement à Québec, de loin la principale porte d'entrée au Canada, l’exode européen représente une moyenne annuelle de 30 000 arrivants dont les deux tiers, environ, sont des Irlandais. Or, cette immigration sans précédent sur le fleuve Saint-Laurent survient au moment où de grandes épidémies de choléra et de variole s'abattent sur l'Europe. Afin d'empêcher la propagation des maladies, la station de quarantaine de la Grosse Île, située dans le fleuve Saint-Laurent en aval de Québec, est établie en 1832 et fermée en 1937. Toutes proportions gardées, Grosse Île est comparée, pour le Canada, à Ellis Island. Près de 7000 personnes sont enterrées à Grosse-Ile, la plupart étant des victimes de l’épidémie de typhus de 1847.

Note de l’auteur, p. 421 :

La plus grande croix celtique du monde a été érigée sur Grosse-Île en mémoire des 5000 immigrants qui y moururent en 1847. Ce livre est dédié à la mémoire de tous les Ecossais qui, eux aussi, y laissèrent la vie, et aux autres, si nombreux, qui sont venus participer à la construction de l’extraordinaire pays qu’est aujourd’hui le Canada.

Aline

22/11/2014

Bouillon policier de novembre 2014

Bouillon à Saint-Laurent-d’Agny : romans policiers

12 lectrices présentes autour du succulent gâteau d’Annie, évoquent la richesse des romans policiers actuels qui permettent de voyager de la Laponie à la Thaïlande, de connaître mieux et de comprendre des cultures, religions et de voyager dans le temps.

Nous commençons par le roman historique qui  nous emmène parfois loin.

roman policierVAN GULIK Robert : Le Fantôme du temple

se passe en Chine au III eme siècle , le juge Ti que l’on retrouve dans plusieurs ouvrages est chargé de résoudre l’énigme de ce corps sans tête qui lui corresponde !!! C’est l’occasion d’évoquer coutumes et légendes, l’enquête progresse lentement , c’est bien écrit.

roman policierDAVIDSON Leif : Le Danois serbe

date des années 1990 au moment de la guerre en Yougoslavie et mêle religions différentes dont l’Islam, la corruption, la violence avec beaucoup de suspense.

roman policierBUSSI Michel : Gravé dans le sable

C’est un autre maître du suspense qui nous conduit de 1944 à 1964 des plages de Normandie aux États Unis dans une recherche de la vérité à propos d’Omaha Beach. C’est son premier livre intitulé alors Omaha Crimes (recommandé par Maryvonne)

roman policierSHANKAR ETTETH Ravi : La couleur du deuil

Ce sont des nouvelles qui se déroulent en Inde à propos des rivalités permanentes depuis 1947 au Cachemire voisin.

 

3 ouvrages concernent l’histoire lyonnaise :

roman policierLE BRETON Nicolas : Le prince des ours

L’auteur est guide à Lyon, il émaille ses livres de photos et plans pour conduire ses enquêtes dans le Lyon médiéval.

 

roman policierESTRADE Alain : ZZ47 ou le Manuscrit oublié

A la fois au XIV e siècle et aujourd’hui, nous vivons au rythme des vicissitudes de La Chapelle Saint Vincent à la  fin de la guerre de cent ans et des convoitises suscitées par un hypothétique trésor. L’intrigue est bien menée, la chute est astucieuse. Pour les passionnés de La Chapelle par un écrivain qui s’affirme.

roman policierBOUHIER Odile : Le Sang des bistanclaques

Dans le milieu de la soierie lyonnaise juste après la première guerre mondiale, avec l’institut médico légal et le début de la médecine scientifique.

 

Après avoir voyagé dans l’histoire, nous sommes allées en Laponie et en Afrique du Sud.

roman policierMEYER Déon : 7 jours

2013, dans l’Afrique du Sud multiraciale et multilingue, durant une semaine.

 

 

roman policierTRUC Olivier : Le Dernier lapon (Prix des lecteurs Mes-Sou-Thu 2013) ravit Martine qui découvre comme nous l’avions fait la police des rennes, la longue nuit polaire de l’hiver Arctique, les traditions des Samis fortement menacées et les convoitises minières de trafiquants peu scrupuleux.

roman policierSAINZ de la MAZA Aro : Le Bourreau de Gaudí

Un ouvrage épais, mais qui ne se lâche pas. Le décor, c’est Barcelone qui vit avec ses promenades, parcs, ports et tous les monuments de Gaudí, un déroulement foisonnant, des personnages attachants (coup de cœur d’Aline qui le détaille ici)

 

Enfin, des policiers plus "classiques" :

roman policierLACKBERG Camilla : L’oiseau de mauvais augure

Remarqué par Georgette, 4ème volet d’une série située en Suède, de bonne facture mais qui s’essouffle un peu (8 tomes parus, de La princesse des glaces à La faiseuse d'anges).

roman policierGARDNER Lisa : Arrêtez-moi

L’analyse psychologique est fouillée, l’héroïne attend son assassinat, suspense garanti !!!

 

 

roman policierFLEMMING Jensen: Le Blues du braqueur de banque

Très décalé, beaucoup d’humour à l’occasion du meurtre du premier ministre danois. (ovni découvert par Claude).

 

Nous souhaitons attirer vers le roman policier des lecteurs qui boudent le genre parce qu’ils ignorent que celui-ci s’est « dépoussiéré » et considérablement ouvert vers des horizons géographiques ou historiques.

Les autres ouvrages analysés  dans le blog sont énumérés en fin de séance.

Marie-Claire

17/11/2014

Clandestines

Roman étranger, roman policier, Arabie SaouditeClandestines

Zoé FERRARIS

Belfond, 2014, 350 p., 21 €

Traduit de l’américain "Kingdom of Strangers" par Françoise Rose.

Suite à un vent de sable dans le désert, des cadavres de femmes d’origine asiatique sont mis à jour. Comment toutes ces femmes ont-elles pu être assassinées sans que leur disparition soit même signalée ? Un meurtrier en série sévirait-il en Arabie Saoudite ? Hypothèse inconcevable pour les musulmans moralistes !

La police de Djeddah enquête sous pression. L’inspecteur Ibrahim Zahrani, progressiste aux impeccables états de service se fait aider par les personnes les  plus compétentes : pisteurs bédouins, ou -ce qui n’est pas du goût de ses collègues machistes ou musulmans ultra-pieux-, de Katya, médecin légiste talentueuse  et déterminée à rendre justice à ces femmes. Mais il est perturbé par ses problèmes personnels : une femme intégriste insupportable, le mariage raté de son fils et la disparition brutale de son amante…

Ce roman policier noir est une plongée dans tout ce que la situation quotidienne des femmes d’Arabie Saoudite a d’insupportable et d'humiliant pour notre regard occidental : impossibilité de conduire, de sortir seule ; vie derrière voile, rideaux et volets ; dépendance de leur époux, frère ou fils pour la moindre sortie ; menace permanente de se faire accuser d’attitude immorale (voire d’adultère puni de la peine de mort) au moindre écart… réel ou imaginaire.  Sans parler de la situation terrible des nombreuses clandestines d’Asie du Sud-Est, venues chercher du travail et se retrouvant esclaves domestiques, voire sexuelles.

Je conseille ce roman pour son intrigue, et plus encore pour sa découverte de l’Arabie Saoudite. L’écriture est fluide et rapide. Plusieurs personnages sont assez complexes pour que le lecteur s’y attache, certains apportant une lumière positive sur la société saoudienne.

Aline