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18/04/2020

Antidotes au confinement : polar

roman policier, roman noir, thriller, nouvelle40 auteurs de polars imaginent l’après-confinement. Le site de Polars sur Garonne et le Festival Lisle Noir publient une nouvelle par jour : une belle brochette d’auteurs de polar, thriller ou roman noir !

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L’occasion de retrouver vos auteurs préférés… ou d’en découvrir de nouveaux !

Jour 1 : Déconfinés, Ian MANOOK

Jour 2 : La vengeance des chauves-souris, Nadine MONFILS

Jour 3 : Le jour d’après, Jean-Luc BIZIEN

Jour 4 : Madame Mathesen, Niko TACKIAN

Jour 5 : Homo Confinus, Bernard WERBER

Jour 6 : Au somment de la chaîne alimentaire, Claire FAVAN

Jour 7 : Relations de bon voisinage, Olivier NOREK

Jour 8 : Comptes rendus, Nicolas LEBEL

Jour 9 : You’ll never walk alone, David KHARA

Jour 10 : Blanc sur noir, Ingrid ASTIER

Jour 11 : N’est pas témoin de Jéhovah qui veut, Benoît SEVERAC

Jour 12 : Pas le moment, Mouloud AKKOUCHE

Jour 13 : C’est la fin, Céline DENJEAN

Jour 14 : Dasha et le très vieux magicien, Mathias MALZIEU

Jour 15 : Huis clos, Fabrice PAPILLON

Jour 16 : Adoptons les gestes barrières, Michèle PEDINIELLI

Jour 17 : Midas, Eric WIETZEL

Jour 18 : Âme de pique et âme de cœur, Sonia DELZONGLE

Jour 19 : Le virus est revenu, Jacques SAUSSEY

Jour 20 : Le complexe de Cassandre, Simone GELIN

Jour 21 : Voulez-vous… ? Michel BUSSI

Jour 22 : Juste toi et moi, Marlène CHARINE

Jour 23 : Et après… les hommes, Bernard MINIER

Jour 24 : Encore une vie, Sandrine DESTOMBES

Jour 25 : 16 000 têtes, Eric GIACOMETTI

Jour 26 : Réclusion, Danièle THIERY

à suivre...

 

roman policier, roman noir, thriller, nouvelleSur le site des éditions Calmann Levy, retrouvez aussi une nouvelle inédite à télécharger.

Tout le monde a vu sa vie chamboulée par le long confinement : travail, organisation personnelle, hobby, tout a changé. Jacques Expert, qui raconte les monstres de l'intérieur depuis longtemps dans ses polars, imagine ici ce qu'il en est du confinement quand on est un serial-killer...

 

 

22/03/2020

Antidotes au confinement : quais du polar

Retrouvez de votre canapé tout le programme de l'édition virtuelle de Quais du Polar du 3 au 5 avril roman policier, numérique

Dictée noire, rendez-vous avec les auteurs, sélections de polars, coups de coeur des libraires, quiz photos, textes inédits, fims...

Faites du repérage ! à la réouverture, votre bibliothèque se mettra en 4 pour vous procurer les polars sélectionnés.

01/07/2019

Lagos Lady

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Leye ADENLE

Traduit de Easy Motion Tourist par David Fauquemberg

Métailié Noir (bibliothèque anglo-saxone), 2016, 335 p.

 

Polar noir, situé à Lagos, Nigeria.

Guy Collins, petit journaliste anglais venu couvrir les élections présidentielles, néglige les conseils de prudence et sort boire un verre dans le quartier de Victoria Island. Suite à la découverte d’une femme mutilée devant le bar,  il est embarqué au commissariat, où il assiste à des scènes effrayantes. Les policiers s’appliquent plus à préserver la réputation de leur pays à l’étranger qu’à résoudre le meurtre. C’est une belle avocate noire, Amaka, qui vient à son aide : le croyant journaliste à la BBC, elle obtient sa libération, et lui demande d’enquêter pour témoigner sur des disparitions suspectes, et sur les mauvais traitements que subissent les prostituées. Sous l’emprise de cette femme de tête et de convictions, notre pauvre journaliste fait de son mieux pour sortir de cette galère, sans jamais savoir à qui se fier.

Le roman, rédigé en courts chapitres, présente des points de vue différents à chaque chapitre, ce qui embrouille un peu l’intrigue, dotée de nombreux personnages secondaires, souvent équivoques. La ville elle-même semble totalement chaotique, embouteillages, industrie du sexe, corruption, braquages, attaques à main armée voisinant avec  juju et croyances traditionnelles.

L’auteur traite d’un sujet grave, l’industrie du sexe, et les maltraitances faites aux femmes, souvent jeunes,  mais en fait surtout un polar haletant et décalé : les personnages de petits truands, caricaturaux, permettent de prendre du recul, comme dans le cinéma de Tarantino. Sans dévoiler la fin du roman, je dirais qu'elle est un peu convenue, contrairement au reste du récit.

La phrase de clôture ouvre sur un nouveau suspense. Le tome 2 est paru en anglais sous le tire « When trouble sleeps ».

Leye Adenle est né au Nigéria en 1975, et vit à Londres où il travaille comme chef de projet et acteur. Lagos Lady est son premier roman, il a reçu le prix Marianne / Un aller-retour dans le noir.

Aline

 

31/03/2019

Bouillon de polars

Polars présentés lors du bouillon de lecture de mars 2019 à la bibliothèque de Soucieu.

 

roman policier,thrillerPar-delà la pluie

Victor DEL ARBOL

Actes Sud (Noirs), 2019, 448 p.,  23€

Traduit de l’espagnol Por encima de la lluvia par Claude Bleton

Deux pensionnaires d’une maison de retraite au Maroc prennent la route. Hélène, marquée par la disparition de son père lorsqu’elle était enfant ; et Miguel, ancien banquier rigide, veuf, qui regrette un amour manqué, et s'inquiète pour sa la fille en proie aux violences de son mari. De très belles pages, bien écrites, pour ce roman noir. De 1947 à 2014, on voyage du Maroc, à travers l’Espagne et jusqu’en Suède autours de destins croisés, marqués par des traumatismes. Vieillesse, violence, crimes,… le bonheur s’échappe toujours.

 

roman policier,thrillerLe Président a disparu

Bill CLINTON & James PATTERSON

JC Lattès (Thrillers), 2018, 491 p., 23€

Traduit de l’américain The President is missing

Thriller politique qui se déroule en trois jours. Une menace terroriste pourrait mener les Etats-Unis au chaos. Le Président réunit ses alliés (Israël et Allemagne). Situation haletante, à la recherche de deux mots de passe cruciaux et de la taupe qui informe les criminels. Intrigue assez classique, mais bien menée, avec des rebondissements.

 

roman policier,thrillerLa peau de César

René BARJAVEL

Mercure de France, 1985 / Gallimard (Folio), 6.80€

Nîmes, une lettre anonyme avertit le commissaire Mary que César sera réellement tué pendant la représentation de Shakespeare dans les arènes. Malgré les précautions, l’acteur est tué… Quel plaisir de retrouver la plume de Barjavel, dans ce dernier roman publié de son vivant !

 

roman policier,thrillerLa fille d’avant

J.P. DELANEY

Ed. Mazarine, 2017, 430 p., 21.90€

A l’issue d’un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page en déménageant. Un appartement la séduit : remarquable, connecté, minimaliste… et bon marché ! La jeune femme est séduite, elle voit là l’occasion de faire table rase de son passé. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes, minimalistes et intrusives, fixées par l’architecte. Des événements inquiétants se produisent, et l’auteur sait fait monter la tension progressivement.

 

roman policier,thrillerPension complète

Jacky SCHWARTZMANN

Seuil, 2018, 184 p., 18€

Dino Scala, le personnage principal -tout comme l’auteur- est issu de la banlieue de Buers, à Lyon. Il vit aux crochets de sa femme plus âgée, milliardaire de la haute société luxembourgeoise. Dans ce milieu très bourgeois, il a gardé son parler franc et ses réactions vives. Suite à un coup de poing malencontreux, il doit se faire oublier et part dans le sud de la France. Après une panne improbable à La Ciotat, Dino fait halte dans camping. Il y rencontre un écrivain, venu là « à la rencontre des vrais gens » pour retrouver l’inspiration. Entre eux, se crée un lien « par défaut » ; ils tuent le temps… tandis que les morts accidentelles se multiplient au camping. De l’humour et une écriture assez verte pour ce polar à l’humour décalé.

 

roman policier,thrillerToute la vérité

Karen CLEVELAND

R. Laffont (La bête noire), 2018, 367 p., 21€

Traduit de l’américain Need to know par Johan-Frédérik Hel-Guedj

Mariée depuis 10 ans, et mère de 4 enfants, Vivian Miller est agent du contre-espionnage à la CIA. En développant un logiciel permettant de repérer les agents dormants russes, elle accède à un dossier secret qui remet en cause sa vie et sa famille ! L’auteur a travaillé 8 ans comme analyste à la CIA.

 

roman policier,thrillerLe journal de ma disparition

Camilla GREBE

Calmann-Lévy (Noir), 2018, 424 p., 21.90€

Traduit du suédois Husdjuret par Anna Postel

Deux ans ont passé depuis la précédente enquête Un cri sous la glace, et Hanne vit en couple avec son collègue policier Peter Lindgren. Elle a de sérieux problèmes de mémoire et tient un petit carnet où elle note les détails de ses enquêtes. Ils sont appelés en renfort auprès de l’inspecteur Malin pour élucider un meurtre, qui semble lié à un cadavre découvert au même endroit il y a dix ans. Hanne perd son carnet, retrouvé par un jeune homme qui s’en sert pour résoudre l’intrigue. L’écriture est quelconque, mais le récit réserve des surprises jusqu’au bout, et présente une peinture intéressante du village du fin fond de la Suède, paumé, appauvri, ou l’installation de migrants musulmans est mal perçue. L’auteur souhaite renverser le regard porté sur les exilés : ces réfugiés pourraient être nous ! Prix du meilleur polar suédois 2017.

 

roman policier,thrillerSur le toit de l’enfer

Ilaria TUTI

R. Laffont (La bête noire), 2018, 405 p., 20€

Traduit de Sopra l’Inferno (via l’anglais !)

L’intrigue se situe dans les montagnes isolées du Frioul, entre Italie et Autriche, sur plusieurs périodes (1936, 1978 et 1993). Dans un village très fermé, qui vit du tourisme sans vouloir élargir le domaine skiable, se succèdent meurtres et agressions. Le récit laisse une large part à la psychologie, celle des victimes, des bourreaux, mais aussi celle des enquêteurs, avec le personnage de la commissaire Bataglia, qui mène la vie dure au jeune inspecteur Massimo qui les rejoint. Bourrue et cinglante, mais adulée par son équipe, elle ne reconnaît que la compétence, et tente de tenir à distance les premières attaques d’Alzheimer. L’histoire nous plonge dans le passé de la région, et s’inspire des expérimentations comportementales réalisées par un psychanalyste nazi, Spitz.

 

roman policier,thrillerBack-up

Paul COLIZE

La manufacture des Livres, 2012 / Folio policier, 2013, 496 p., 8.30€

Un back-up, dans le milieu du rock, c’est un musicien de remplacement. Sur toile de fond des années « sexe, drogues et rock n’roll », l’auteur monte un récit puzzle, à lire d’une traite pour s’y retrouver. Berlin, 1967, les 4 musiciens du groupe Pearl Harbor meurent, dans différentes parties du globe, semble-t-il d’accidents. Bruxelles, 2010, un SDF est renversé par une voiture. C’est l’ancien batteur back-up du groupe, qui souffre du locked in syndrome, et se remémore ses années d’errance sans pouvoir communiquer. Le lecteur suit avec avidité ces 2 histoires parallèles qui sont évidemment liées. Le roman est truffé de références à la musique. Petite coquetterie : chaque chapitre a un titre musical (dernière expression dudit chapitre).

Du même auteur, Michèle signale Un long moment de silence, sur les juifs sortis des camps, et leurs enquêtes pour retrouver leurs tortionnaires allemands.

 

roman policier,thrillerLa disparue de la cabine n°10

Ruth WARE

Fleuve Noir, 2018, 432 p., 20€

Traduit de l’anglais The Women in Cabin 10 par Héloïse Esquié

Laura, rédactrice pour un magazine de voyages, a une belle opportunité de faire ses preuves en participant à la croisière inaugurale d’un yacht de luxe dans les fjords norvégiens. La première nuit en mer, elle croit entendre un cri en provenance de la cabine n° 10, suivi de la chute d’un corps dans  l’eau. Elle pense avoir assisté à un meurtre, mais le personnel prétend que cette cabine a toujours été vide, et personne n’a disparu. De plus, la crédibilité de Laura est mise en doute en raison de sa tendance à cumuler alcool et médicaments. L’intrigue, bien menée, se passe en huis clos, avec un personnage plutôt sympathique quoique névrosé, qui disparait à son tour.  La peinture des « riches et puissants » aurait pu être plus incisive. Thriller assez bien ficelé.

 

roman policier,thrillerLe Bibliothécaire

Larry BEINHART

Gallimard (série noire), 2005, 450 p., 24€

Traduit de The Librarian par Patrice Carrer

Pour arrondir ses fins de mois, et par amour des livres, David Goldberg devient bibliothécaire privé pour un milliardaire américain. Or Alan Stowe fait partie des « Eléphants d’or », gros bailleurs de fonds du parti Républicain, peu avant les élections présidentielles. A classer les documents confidentiels de l’industriel influent, le bibliothécaire se retrouve rapidement pris en chasse par les barbouzes républicains… alors qu’il n’a aucune idée de l’information qu’on lui reproche de détenir. Thriller politique américain typique, assez réussi, ne serait-ce que pour son personnage principal de bibliothécaire, et pour la belle Niobé, Mata Hari pleine de surprises qui tente de le séduire.

 

roman policier,thrillerChambre froide

Tim WEAVER

Micro Application (Pôle noir-thriller), 2013, 417 p., 20€

Traduit de Chasing the Dead par Véronique Gourdon

Un an après la mort de son fils, une femme est persuadée de l’avoir vu dans la rue, alors qu’il avait été formellement identifié par son empreinte dentaire après un accident de la route.  Elle embauche David Raker, détective spécialiste des personnes disparues. Depuis que sa femme est morte, David n’a plus rien à perdre. Aussi n’abandonne-t-il pas l’enquête, même lorsque l’enquête devient dangereuse, et que morts et disparus se multiplient. Le personnage de l’enquêteur entêté est plutôt sympathique, mais ce thriller est un peu dérangeant, par son registre glauque de la souffrance physique et de l’aliénation.

 

roman policier,thrillerL’île des absents

Caroline ERIKSSON

Presses de la Cité, 2018, 236 p., 19€

Traduit du suédois De Försvunna par Laurence Mennerich

Greta et son amant (marié) Alex passent un week-end au bord du Cauchemar, un lac suédois isolé, dont la légende voudrait qu’il soit maudit. Lors d’une sortie en barque avec la petite Smilla, fille d’Alex, Greta laisse Alex et sa fille débarquer seuls sur un îlot pour une promenade. Lorsqu’ils tardent à revenir, Greta s’affole et l’angoisse monte. Thriller psychologique angoissant, mais un peu vite traversé. Un lien intéressant (quoiqu’assez « fabriqué ») est fait entre plusieurs femmes subissant l’emprise et la violence des hommes.

20/05/2018

L'homme craie

roman policierL’homme craie

C.J. TUDOR

Pygmalion, 2018, 384 p., 20.90 €

Traduit de The Chalk Man, par Thibaud Eliroff

 

"Les deux étaient irrévocablement mêlés. La poule et l’œuf. Lequel est venu en premier ? Les bonhommes de craie ou les meurtres ?"

Suite à la réapparition d’un vieux copain, le narrateur, Eddie Munster, désormais professeur de littérature, revient sur les événements de sa jeunesse quarante ans plus tôt, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il remonte aux origines, fait une « virée sur le boulevard des souvenirs, un chemin sombre sur lequel les dressent des bonshommes de craie ».

En 1986, intello de la bande, un tantinet kleptomane, il traînait avec Le Gros Gav, Mickey Metal, Hoppo et Nicky la fille du pasteur. Quand le Gros Gav a reçu un seau de craies pour son anniversaire, ils s’en sont servis pour se laisser des messages secrets et fixer leurs rendez-vous.  Mais peu à peu, tandis que leur petite ville était agitée par les passions suscitées par l’installation d’une clinique pratiquant des avortements, les bonshommes de craie sont apparus seuls, semblant attirer ou désigner des accidents… ou des meurtres !

Quels étaient les liens avec leur bande ? Quel rôle ont joué les adultes : le père d’Eddie un temps accusé ?  Monsieur Halloran « l’homme pâle »,  révélateur ou coupable ? Ou le révérend Martin, prêtre évangéliste à la tête des « Anges d’Anderbury », un violent groupe anti-avortement ?

Pour progresser,  Eddie doit se rappeler de « regarder derrière l’évidence… Nous partons du principe que les choses sont telles qu’elles paraissent parce que c’est plus simple, ça demande moins d’effort. Ça nous exempte de trop penser –en général à ce qui nous met mal à l’aise. Mais ne pas penser, c’est aller droit aux malentendus, et dans certains cas aux tragédies. »

Polar à l’ambiance macabre, allégée par un vocabulaire parfois fleuri, dont la construction atypique très réussie interroge sur la culpabilité, les apparences, et les mécanismes de la mémoire. Repéré dans la sélection des libraires au salon du livre de Bron, c’est mon coup de cœur parmi les polars lus récemment.

Et je finirai sur une définition du karma, donnée par monsieur Halloran : « Tu récoltes ce que tu sèmes. Tes mauvaises actions reviendront te mordre les fesses un jour. » Qui pourrait attirer la tirade  de Gros Gav « Quel ramassis de cowboys puants !»

Aline

14/05/2018

Bouillon de polars

Nous profitons de cette soirée polar pour signaler le prix « Chabanières » du polar, actuellement en cours dans les bibliothèques de la Communauté du Pays Mornantais. En lice 5 romans que nous ne critiquerons pas ici, afin de ne pas vous influencer :

roman policier

Nous évoquons des auteurs favoris depuis des années : Peter May, Arnaldur Indridasson et Caryl Ferey, mais aussi des lectures plus inattendues, ou de nouveau romanciers.

 

roman policierPeter MAY

avec ses romans policiers qui se passent en Ecosse : : L’Homme de Lewis, L’Île des chasseurs d’oiseaux, Le Braconnier du lac perdu,… Nous en aimons beaucoup l'ambiance dans ces Iles  glacées du Nord où soufflent le vent, les tempêtes, où la mer peut être mortelle, où les habitants ont une rudesse due sans doute à la pauvreté, où, en plus de l'air marin ça sent la tourbe ou le poisson, où la religion est terrible,  sans parler de ce policier, Fin, affronté à des énigmes incroyables, et une vie personnelle douloureuse.

 

Arnaldur INDRIDASON

roman policierLes nuits de Reykjavik

Après la découverte du cadavre d’un clochard, Erlendur enquête avec obstination, malgré le peu d’intérêt pour cette affaire. Ce tome, écrit récemment, remonte au début de la carrière d’Erlendur, sa première enquête sous la houlette du  commissaire Marion.

 

roman policierLa rivière noire

Erlendur étant en vacances, c’est sa collègue qui enquête lorsqu’un jeune homme est retrouvé  égorgé chez lui. Un provincial sans histoire ? A l’autopsie, on trouve des traces de roïpnol

 

roman policierTrilogie des ombres

Quand Indridason se met au polar historique, avec son talent habituel. Le tome 1, Dans l’ombre, se déroule en 1941 ; Le tome 2, La femme de l’ombre, en 1943. A la fois romans policiers et peinture sociologique de l’Islande pendant  la  période troublée de la seconde guerre mondiale en Islande -et de l’occupation de l’Islande par les Alliés. Les deux enquêtes sont menées par un duo de jeunes policiers : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, et Thorson, l’Islandais né au Canada. Le tome 3, Passage des ombres, fait référence à une affaire de 1943.

 

roman policierTodd ROBINSON

Une affaire d’hommes

Gallmeister, 2017, 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

roman policierWojchiech CHMIELARZ

Pyromane

(traduit du polonais Podpalacz par Erik Veaux)

Agullo, 2017, 410 p., 22.50 €

Enquête dans la peau d’un flic, vieux briscard de la police criminelle de Varsovie, l’Inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub. Son métier est tout pour lui, au point que son mariage avec Olga n’y a pas résisté, malgré son amour pour elle et pour leur fils. Il enquête sur une série d’incendies criminels, avec son adjoint Kochan, compétent mais qui file un mauvais coton, et le jeune sergent Shalski, plein d’initiative et de bonne volonté. L’intrigue, bien menée, intègre des chapitres du point de vue du pyromane, sans pour autant dévoiler la chute, et les personnages donnent de la  force au roman.

En exergue, une citation de Dennis Lehane (Mystic River), qui s’applique bien au Kub : « à vrai dire, je suis terriblement ennuyeux. Qu’on m’enlève mon métier, et je n’existe plus. »

L’auteur est journaliste, spécialiste de la criminalité en Pologne, et a écrit 4 tomes mettant en scène Le Kub. La ferme aux poupées vient de paraître aux éditions Agullo.

 

roman policierCaryl FEREY

La jambe gauche de Joe Strummer

Gallimard (Folio policier), 2007, 242 p., 6€

Pour mémoire : Joe Strummer était le créateur du groupe Clash, et chaque chapitre du roman porte le titre d’une chanson des Clash.

McCash, ancien de l’IRA, ancien policier, n’a plus rien à perdre. Sa femme est partie, et autour de lui, c’est la désolation. La lettre d’une ancienne amie lui apprend qu’il a une fille, Alice, dont il doit désormais s’occuper. Lorsqu’il arrive dans le village d’Alice, une fillette du foyer est retrouvée noyée, et il doit enquêter. L’enquête se passe en Bretagne, avec des descriptions très fortes et évocatrices.

 

roman policierPhilippe JAENADA

La serpe

Julliard, 2017, 648 p., 23 €

En 1941, le massacre à la serpe de trois personnes, le père, la tante et la bonne d’Henri Girard, avait fait couler beaucoup d’encre. La culpabilité du jeune homme semblait probable, mais au terme d’un procès troublant, il avait été acquitté. Philippe Jaenada enquête sur ce fait divers, qui avait remué la France entière. C’est avec talent qu’il décortique les techniques de l’avocat Maurice Garçon,  ressuscite toute une époque, et recompose l’histoire de famille compliquée d’Henri Girard. Henri Girard, auteur du célèbre « salaire de la peur » sous le pseudonyme de George Arnaud.

 

roman policierJohana GUSTAWSSON

Mör

Bragelonne (Thriller), 2017, 308 p., 21.50 €

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S'emploie pour parler de la viande. Le ton est donné : ce thriller est une sombre histoire autour d’un tueur en série, « boucher » évoquant Jack l’éventreur, et de cannibalisme. Le déroulement est chronologique, et  le duo d'enquêtrices Emily Roy et Alexis Castells, fonctionne bien. Comme dans son thriller précédent, Block 46, Johana Gustawsson explore l'histoire et les liens familiaux.

 

roman policierOdile BOUHIER

Le sang des bistanclaques

Presses de la Cité (Terres de France), 2011, 278 p., 19 €

Lyon, 1920. Une enquête est ouverte pour résoudre le meurtre d’une vieille femme. Elle fait intervenir le premier laboratoire scientifique de l’époque. Le sang des bistanclaques est une plongée dans la société lyonnaise des années folles. Avec des retours dans le temps jusqu’en 1895, 1898 et 1903, ainsi que l’intervention d’un médecin aliéniste, c'est aussi le parcours d'une folie individuelle, le portrait d'un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série. Pour amateurs de polars historiques fouillés... et lyonnais !

 

roman policierFlemming JENSEN

Le blues du braqueur de banque

Gaïa, 2012, 190 p., 17 €

L’humoriste Danois signe ici une sorte de polar totalement décalé, très plaisant à lire.

 

roman policierBill BEVERLY

Dodgers

Seuil, 2016, 19.50 €

East, quinze ans, est guetteur devant « la taule », une maison où l'on traffique de la drogue, à Los Angeles. Un jour les flics débarquent, entraînant des violences, et le décès d’une personne. Seule façon pour East de se racheter par rapport à son chef : partir dans le Wisconsin tuer un juge.  C’est le début d’un périple en voiture, accompagné d’autres jeunes, dont son frère Ty, 13 ans et complètement givré. Entre eux, l’ambiance est de plus en plus crispée, entre rivalités et jeux de pouvoir. Roman noir au dur réalisme.

 

roman policierCharlotte LINK

Une fille en cavale

Presses de la Cité, 2018, 22 €

Simon héberge une jeune femme qui a dû fuir son appartement sans rien et sauter dans le premier train de nuit… Intrigue assez bien menée, un peu de suspense, étude psychologique de chaque personnage très approfondie, par l’une des auteures allemandes les plus connues actuellement.

 

roman policierMichel BUSSI

Maman a tort

Presses de la Cité, 2015, 21.50 €

Malone, 3 ans et ½, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman. Seul un psychologue scolaire la croit, et enquête avec la commissaire. Il doit faire vite, car déjà la mémoire de l’enfant s’efface. Michel Bussi, en se penchant sur le fonctionnement de la mémoire chez l’enfant, signe un polar à l’intrigue bien menée.

 

roman policierMarie-Bernadette DUPUY

Un festival meurtrier

L’Archipel, 2016, 330 p., 19.95 €

Pendant le festival du film policier de Cognac, des jeunes filles sont défenestrées à Angoulême… Une enquête de l’inspectrice Maud Delage.

 

Et enfin, ceux qui ne nous ont pas plu (eh oui, parfois on fait carrément mauvaise pioche !)

Carol Higgins CLARK, Irish Coffee, trouvé sans intérêt

Dashiell HAMMETT, La clé de verre (1931). Polar aux Etats Unis à l’époque de la prohibition et de la guerre des gangs. Ça date un peu !

04/12/2017

Mörk

roman policier, Islande

 

Mörk

Ragnar JONASSON

La Martinière, 2017

 

Décidément les auteurs « du Nord » excellent dans les romans policiers !

Le policier Ari Thor (déjà présent dans un précédent roman Snjor paru en France en 2016) exerce dans la froide Siglufjördur, la ville la plus au Nord d’Islande enclose dans un cirque montagneux. L’hiver approche, engloutissant cette petite bourgade dans une obscurité de plus en plus dense. Un crime plonge les habitants dans l’incompréhension et la peur.  L’inspecteur Herjolfur est abattu d’un coup de fusil alors qu’il menait une investigation aux abords d’une veille maison abandonnée. Ari Thor, secondé par son ancien chef Thomas, se lance dans l’enquête.

Trafics de drogue, pressions politiques, chantage existent aussi dans cette ville aux apparences si calmes. Des tensions se révèlent au sein de cette petite communauté où chacun connaît l’autre. Les personnages se dévoilent petit à petit. Il est manifeste que le maire Gunnar Gunnarsson et son adjointe Elin cachent des secrets. Otto Nielsson conseiller municipal et principal soutien du maire n ‘hésite pas à menacer Ari Thor. Les premiers éléments semblent donner une direction évidente à l'enquête… Peut-être trop évidente…

L’enquête se double des interrogations d’Ari Thor sur son couple ; il traverse une crise peut-être grave.

Le contexte géographique de Siglufjördur entouré de montagnes, l’obscurité qui s’installe peu à peu participent à créer une ambiante particulière et contribuent à la réussite de ce roman. Le rythme du récit est soutenu. Les chapitres sont brefs et prennent la voix des personnages les plus impliqués dans le récit. Le tout est entrecoupé d'extraits du journal d'un interné en psychiatrie. Son ombre inquiétante règne tout le long du récit sans qu’on connaisse son rôle dans cette affaire.

En fond, l'auteur s'interroge sur l'envers du décor d'une société islandaise souvent dépeinte comme sereine et paisible. Une narration incisive et un environnement original au service d'un récit palpitant, doublé d'interrogations sociales, voilà ce que nous offre ce roman qui a reçu plusieurs prix, dont le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Un polar très efficace qui ne vous décevra pas. Annie

10/03/2017

Bouillon grec (1)

roman policier, GrèceActionnaire Principal

Petros MARKARIS

Seuil, 2009, 22,30 €

Petros MARKARIS  né en 1937 à Istanbul vit à Athènes. Auteur dramatique, scénariste pour le réalisateur de cinéma Théo Angelopoulos, et traducteur, notamment de Brecht et de Goethe, il a publié plusieurs romans policiers dans la série des "enquêtes du commissaire Charitos", best-seller en Grèce et en Allemagne.

Dans cette enquête, le commissaire voyage beaucoup entre la Crète et Athènes. Côté Crète, un bateau sur lequel sa fille et le petit ami de celle-ci se trouvaient est l'objet d’une prise d’otages. Pendant ce temps à Athènes, un déséquilibré exige la suppression immédiate de la publicité à la télévision et à la radio, et fait pression en exécutant une par une des vedettes de ces médias, provoquant une panique générale.

Le rythme de ce policier est assez lent, avec des longueurs pour expliquer les déplacements du commissaire, son itinéraire est trop détaillé. Les infos sur le comportement des Grecs sont intéressantes. Ils doivent utiliser le système D et la débrouille pour de nombreuses choses courantes de la vie. Au vu de ce roman, le civisme semble très faible.

Livre lu avec intérêt.  Annie B

12/09/2016

Big easy

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Big easy

Ruta Sepetys

Gallimard jeunesse, 2016, 454 p., 8.15

Traduit de l'anglais par Bee Formentelli

 

Josie, dit "Jo", est née en 1933 à la Nouvelle-Orléans. A 16 ans elle partage son temps entre femme de ménage dans une maison close où "exerce" sa mère et libraire dans la boutique de son ami Patrick. Nous sommes plongés dans les années 50 au milieu du quartier français où mafia, affaires louches et gens sans avenir se succèdent. Mais Josie veut plus que cela, son rêve est d'intégrer la prestigieuse université de Smith dans le nord du pays. Mais sa condition, son niveau de vie et ses petits moyens ne lui permettront peut-être pas d’atteindre son rêve. Surtout que sa mère disparaît en lui laissant une dette de 5 000 dollars.

Roman à la fois plein d'espoir et sombre, réflexion sur la condition des femmes en 1950 aux USA et sur l'héritage familial : on nait fille de famille riche, on a accès à l'éducation et à la culture ; on nait dans une famille pauvre, l'accès aux écoles devient difficile voire impossible, aucune autre issue que le petit travail (voire la prostitution); Josie va se battre contre cette fatalité.

En parallèle se mélangent les histoires d'amitié, d'amour, de confiance et d'entraide, porteuses de belles valeurs. Les personnages secondaires sont bien travaillés, on tombe sous le charme de l'homme à tout faire de la maison close d'une gentillesse inégalable, on s'étonne de la tenancière très protectrice et "seconde maman", on virevolte au rythme de la journées des "filles" toutes plus originales les unes que les autres et on fait balancer notre cœur entre le chauffeur de taxi baroudeur, Jesse, et le libraire, Patrick.

On adopte ce petit monde qui gravite autour de Josie. On s'attache et on est triste quand il est déjà l'heure de tourner la dernière page ...

Céline

11/11/2015

Le détroit du loup

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Le détroit du Loup

Olivier Truc

Métailié, 2014, 19€

 

Nous retrouvons, dans ce nouveau roman, Klemet et Nina enquêteurs pour la police des rennes dans Le dernier Lapon, premier roman policier à succès d'Olivier Truc.

L'auteur reprend un thème qui lui tient à cœur, le monde des éleveurs Sami, héritiers d'une longue tradition lapone. C'est la saison de la transhumance des rennes qui, comme chaque année depuis des décennies, se dirigent sur l'île de Kvaloya où ils retrouvent les pâturages, gages de leur survie. Ils doivent traverser le détroit du Loup et c'est là qu'un drame se noue. Une panique inexplicable s’empare des rennes et entraîne la mort d'un jeune éleveur, Erik Steggo, porteur de beaucoup d’espoirs pour les Sami.

Cette arrivée des rennes, précisément à cet endroit là, en dérange plus d'un car les pâturages se trouvent à Hammerfest, petite ville en pleine mutation depuis les années 1970 suite à la découverte de riches gisements de pétrole et de gaz. Évidemment les intérêts des uns et des autres sont diamétralement opposés.

Plusieurs meurtres ont lieu et, à travers l'enquête menée par Klemet et Nina, Olivier Truc nous fait découvrir le monde pétrolier, dur, implacable, cynique, pour qui seul le gain compte. Il nous fait connaître l'univers de la plongée industrielle et toutes les vies qu'elle a brisées physiquement et psychologiquement au mépris de la sécurité. Des hommes ont connu des destins terribles.

L'intrigue se double d'une quête de Nina à la recherche de son père, victime de cet univers qui fait fi de l'existence des plongeurs qu'elle exploite.

Le récit se déroule sous un soleil omniprésent avec une lumière intense et presque continue qui n'est pas sans influence sur les hommes.

J'avais beaucoup aimé Le dernier Lapon, prix Mes-Sou-Thu en 2013. Ce qui m'a plu dans Le détroit du Loup, c'est essentiellement les univers décrits par Oliver Truc. J'ai trouvé l'intrigue policière inutilement alambiquée mais, vous l'avez compris, l'essentiel n'est pas là. Un bon livre mais, mais si nous n'avez pas lu Le dernier Lapon, je vous conseille de commencer par ce premier roman.

Annie