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05/03/2021

L'amitié est un cadeau à se faire

roman, cavale, amérique, roman policier

 

L’amitié est un cadeau à se faire

William BOYLE

Gallmeister (Americana), 2020, 377 p., 23€80

Traduit de l’américain A Friend is a Gift you give yourself par Simon Baril

 

Prenez quelques personnages au caractère affirmé :

-Rena, la veuve de Vic le Tendre, chef mafioso de Brooklyn exécuté sur son perron alors qu’il dégustait son expresso. Toute sa vie, elle a fermé les yeux sur ses activités illégales ;

-Lacey, ancienne star du porno, la soixantaine pétillante ;

-Adrienne, la fille de la première et la mère de la seconde ;

-Lucia, ado qui n’attend qu’une étincelle pour commencer sa rébellion ;

-Un vieux séducteur libidineux, un mafioso qui veut disparaître avec une mallette garnie de billets, un assassin au marteau complètement givré, et des chauffeurs en tous genres…

Ajoutez un cendrier un peu lourd, une mallette pleine de dollars appartenant à la mafia et quelques belles américaines  – les voitures- Impala, Eldorado ou Town Car, adorées par leurs propriétaires. Et mélangez le tout pour obtenir une cavale déjantée à la Tarantino.

Avec tout cela, le titre de ce roman pourrait sembler bien trompeur. Mais non, car l’auteur prend le temps, entre deux courses-poursuites, de développer ses personnages. Et au bout du compte, ce sont bien l’amitié et le soutien entre femmes qui se révèlent salvateurs. Un roman… policier ou pas ? qui se lit d’une traite et laisse à bout de souffle, le sourire aux lèvres. Bien rythmé, drôle et jouissif.

Aline

26/02/2021

Sélection polar

Sélection de polars et romans noirs, par la librairie Un Petit Noir, des pentes de la Croix-Rousse.

 

roman policier, roman noirL’ange rouge

François Médéline

Manufacture des livres, 2020, 512 p., 20€90

Lyon, 1997-1998, découverte à Confluence d’un homme crucifié sur un radeau. L’enquête se passe dans le milieu des étudiants des beaux-arts, de l’extrême gauche des pentes de la Croix-Rousse, la famille d’un grand pharmacien lyonnais… Elle est également prétexte à s’intéresser aux personnages de flics, à leurs failles, aux guerres entre services. L’intrigue et l’écriture sont toutes deux très bonnes. Par l’auteur de La politique du tumulte (financement politique) et Rêve de guerre (histoire familiale entre deux frères, l’un policier, l’autre accusé d’un crime).

 

roman policier, roman noirNoir diadème

Gilles Sebhan

Rouergue (Noir), 2021, 182 p., 18€

Lorsque le corps profané d'un adolescent est découvert aux abords d'un camp de fortune de réfugiés migrants, l’inspecteur Dapper en fait une affaire personnelle. Un roman noir réaliste et nécessaire, qui suit l’itinéraire de jeunes victimes et l’exploitation de la pauvreté.

 

roman policier, roman noirLes boîteux

Frédéric L’Homme

Le Rouergue (Rouergue Noir), 2020, 272 p., 20€

Début des années 1980, dans une réalité qui s'écarte légèrement de celle que nous connaissons, la guerre éclate entre la police judiciaire et le « boulevard Soult », autrement dit les « boîteux » ou barbouzes des services secrets, dont l'action centrée sur la lutte antiterroriste a longtemps échappé au contrôle des juges. L’enquête de la PJ, sur des crimes datant de 1958, se place à la limite de l’espionnage.

 

roman policier, roman noirNoir côté cour

Jacques Bablon

Jigal (Noir), 2020, 176 p., 17€

Huis clos dans un immeuble parisien. Le narrateur occupe un appartement du 5ème étage, qui appartenait à son père, ancien propriétaire de tout l’immeuble qu’il a vendu peu à peu. Un type du 3ème étage est assassiné. L’enquête nous fait visiter tout l’immeuble et ses différents occupants. Histoire de famille, de vengeance, d’erreur et de faux semblants, avec une écriture ciselée.

 

roman policier, roman noirLes martyres de Montplaisir

Jacques Morize

Andre Odemard éditions, 2020, 278 p., 18€

Les enquêtes du Commissaire Séverac se déroulent chacune dans un arrondissement de Lyon, à grand renfort de repas dans les bistrots et bouchons lyonnais. Dans ce roman, le quartier Montplaisir est le théâtre de deux assassinats abjects de vieilles dames. Ne laissant aucune trace derrière lui, si ce n’est une rose bleue, le criminel parvient même à orienter les policiers sur une fausse piste. Le commissaire aurait-il affaire à des crimes en série... ?  Enquête policière locale, facile à lire, avec un duo de criminels très violents.

 

roman policier, roman noirL’imposture du marronnier

Mariano Sabatini

Actes sud (Actes Noirs), 2021, 400 p., 22€80

Polar italien actuel, dans le milieu de la politique et de la mafia à Rome. L’enquêteur est un journaliste assez psychologue, aidé de son ami flic intègre. Classique et plaisant.

 

roman policier, roman noirJustice indienne

David Heska Wanbli Weiden

Gallmeister (Americana), 2021, 416 p., 24€20

Polar sur une réserve indienne, avec un crime et un enquêteur, justicier autoproclamé.  L’auteur s’intéresse aux addictions des peuples amérindiens, à la façon dont l’argent a fait exploser un système qui était, à la base, solidaire.

 

roman policier, roman noirDans la gueule de l’ours

James A. Mclaughlin

Rue de l'échiquier, 2020, 448 p., 23€

Dans les Appalaches, des ours (espèce protégée) sont tués. Rice, en cavale, s’est plus ou moins refait une virginité dans le coin. Garde forestier, il vit en symbiose avec la nature, et décide d’enquêter sur ces actes de braconnage… Prix Edgar Allan Poe aux Etats-Unis, Grand prix de la littérature policière BILIPO et prix SNCF.

 

roman policier, roman noirCe lien entre nous

David Joy

Sonatine, 2020, 302 p., 21€

Un braconneur abat un homme par erreur, et enterre le corps. Arrive un homme de la vallée, qui cherche son frère et enquête. A partir d’un fait divers, une histoire de vengeance d’une violence extraordinaire, portée par une très belle écriture. Très américain.

 

roman policier, roman noirDans la vallée du soleil

Andy Davidson

Gallmeister (Americana), 2020, 472 p., 24€80

Manipuler ou être manipulé… Un VRP itinérant s’arrêt dans un motel, et reste aider la gérante qui se bat au quotidien pour faire marcher l’établissement. Histoire de cette femme, de sa « conquête de l’ouest personnelle », grands espaces américains, et… un truc pas net du côté du VRP !

 

roman policier, roman noirMictlán

Sébastien Rutès

Gallimard (La Noire), 2020, 154 p., 17€

Deux types se relaient pour conduire un semi-remorque réfrigéré, avec interdiction de s’arrêter, sauf dans les stations-service pour faire le plein du camion. Les ordres du Gouverneur sont clairs : « si tu t’arrêtes, c’est pour toujours ! ». On suit les pensées -noires- de Gros et Vieux, condamnés à rouler sans trêve, qui philosophent au volant sur la vie, la mort, et pourquoi on tient à sa peau. Court et cynique.

 

roman policier, roman noirMarseille 73

Dominique Manotti

Les Arènes (Equinox), 2020, 450 p., 20€

Un polar très politique, dans l’atmosphère « anti-beur » de Marseille. Attitude des policiers qui enquêtent sur des morts arabes. Bien écrit, bien construit, avec des références à l’histoire, et des restes d’O.A.S.

 

roman policier, roman noirDeux balles

Gérard Lecas

Jigal (Polar), 2020, 216 p., 18€50

Deux vétérans d’Afghanistan reviennent à Marseille, bien abîmés psychologiquement. Ils s’étaient promis de monter ensemble un foodtruck à leur retour, mais l’un des deux doit d’abord suivre une lourde rééducation pour son handicap. En attendant, l’autre rejoint ses frères dans un business de magouilleurs. Comment on place son éthique, et comment on fait des ajustements… un parcours humain très noir !

 

roman policier, roman noirJoueuse

Benoît Philippon

Les Arènes (Equinox), 2020, 368 p., 18€

Dans le milieu du jeu, une jolie jeune femme tombe sous le charme d’un joueur professionnel de poker, bluffeur et manipulateur. Le thème n’est pas très original, mais l’écriture est pleine d’humour. Par l’auteur de Mamie Luger.

 

roman policier, roman noirLa mort et le météore

Joca Reiners Terron

Zulma, 2020, 192 p., 17€50

La tribu amazonienne des Kaajapukugi est décimée par l’avancée de la « civilisation ». Le mystérieux Boaventura cherche à les sauver en les implantant au Mexique, mais il est rattrapé par son passé et meurt juste avant leur arrivée. Peut-on décider comment « faire le bien » pour autres, lorsque ni la langue ni les références culturelles ne sont les mêmes ? Plus proche de la métaphysique que du polar, l’auteur s’intéresse à la spiritualité des indiens d’Amazonie.

07/01/2021

La transparence du temps

Cuba, roman policier

 

La transparence du temps

Leonardo Padura

Métailié (Bibliothèque Hispano-Américaine), 2019, 426 p., 23€

 

Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénarios pour le cinéma. Il a obtenu de nombreux prix littéraires. Il a créé le personnage de Mario Condé, son double, avec Passé parfait paru en 2008.

Amateur de rhum, de café et de littérature, Mario Condé aime savourer les plaisirs de la vie. Ex-inspecteur reconverti dans la recherche et l’achat de vieux livres, il mène des enquêtes officieuses au gré des demandes, tout en promenant son spleen dans La Havane, entouré par ses fidèles amis, une génération qui n'a connu de l'utopie que le goût amer de la désillusion. Un anti-flic pas très méthodique qui se fie essentiellement à ses intuitions et ses pressentiments.

Dans La transparence du temps, Leonardo Padura emmène le lecteur dans le milieu des marchands d’art de La Havane, ainsi qu’à travers les siècles. Mario Condé voit avec inquiétude approcher son soixantième anniversaire. Il réalise qu’il vieillit et son moral est au plus bas. De surcroît sa recherche d’ouvrages rares s’avère de plus en plus difficile.

C’est dans cet état d’esprit qu’il reçoit l’appel d’un ancien camarade de lycée, Bobby, spécialisé dans l‘achat et la vente d’objets précieux et d’œuvres d’art. Une statue miraculeuse de Vierge en bois noir lui a été dérobée par son amant Raydel. Elle n’a pas de valeur marchande, explique-t-il, mais une valeur sentimentale, car elle a été amenée de Catalogne en 1936 par son grand-père venu s’installer à La Havane pour fuir la guerre civile espagnole. 

Mario Conde s’embarque alors dans une aventure pleine de rebondissements qui le conduira de la misère des bidonvilles où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago à la richesse insolente des marchands d’art et des nouveaux riches sans scrupules et au mode de vie très confortable.

L’origine médiévale de la Vierge noire sert de prétexte à l’auteur pour nous faire remonter le temps et nous plonger dans plusieurs faits historiques marquants : La prise de St Jean d‘Acre en 1291 par les troupes du sultan Khalil al-Ashraf qui sonne la fin de la conquête de la Terre Sainte ; La persécution, la condamnation et la dissolution de l’ordre des Templiers en 1307 par Philippe IV ; La guerre entre Catalans au XVème siècle, menée au détriment de la population par des seigneurs avides de puissance. 

La statue est chaque fois protégée et sauvée et termine son périple en 1472 dans un petit hameau pyrénéen où le seigneur du coin, Jaume Pallard, fait édifier une chapelle pour remercier la Vierge de l’avoir ramené à la vie. Pendant des siècles elle est adorée et remerciée pour ses miracles jusqu’en 1936 où elle est à nouveau enlevée et traverse l’océan...

Nous retrouvons, à travers les turbulences du temps, Antoni Barral, personnage intemporel dont le destin est inéluctablement lié à celui de la statue. « Il pensa alors qu'il voyait le temps à travers la transparence d'une goutte de pluie accrochée à une branche. Ou en franchissant les années, à travers la transparence cristalline d'une larme qu'un état d'âme altéré mais incoercible avait arraché à ses yeux. »

Une nouvelle fois, ce roman sert à présenter l’existence quotidienne de la population cubaine, l’atmosphère sociale et politique, ainsi que les changements qui sont en train de s’y opérer. Leonardo Padura décrit d’ailleurs ses romans noirs comme des « chroniques sociales qui, pour se mettre en place, partent d’un délit, ou d’un homicide ».

Avec force et sensibilité, il communique son amour de Cuba, de La Havane et de son quartier, son sens aigu de l’amitié et son attachement aux valeurs épicuriennes, vaille que vaille. Il nous émeut par ses accès de mélancolie, son désenchantement et sa capacité à résister à la fatalité avec le soutien indéfectible de ses amis de toujours et de l’amour de sa vie, Tamara. Ce roman mêlant intrigue policière et voyage dans le temps est absolument passionnant.

Annie

09/11/2020

L'attaque du Calcutta-Darjeeling

roman policier, inde

 

L'attaque du Calcutta-Darjeeling

Abir Mukherjee

Liana Levi (policiers), 2019, 400 p., 21€

 

Nous sommes en 1919 à Calcutta, un haut dignitaire anglais est retrouvé mort, assassiné dans une ruelle d'un quartier malfamé.

L'enquêteur, le capitaine Wyndham, vétéran de la guerre de 14-18, est muté en Inde colonisée, son équipe est constituée d'un anglais, Didby, et d'un sergent indien, Banerjee, qui a étudié à Cambridge.

Mais alors qu'ils viennent de découvrir le corps de MacAuley une attaque est perpétrée contre le train "Calcutta-Darjeeling". Les deux incidents seraient-ils liés ? Quel lien avec le massacre d'Amritsar avril 1919 ? Les terroristes anticolonialistes britanniques sont-ils à l’origine du meurtre?

C'est ce que devra découvrir le capitaine Wyndham. Cet enquêteur est addict à l'opium et à la morphine (référence à Sherlock Holmes !) substances qui lui permettent de soulager les douleurs de la guerre et un drame personnel.

Tout est présent dans ce roman : le contexte historique, l'humour, des personnages hors normes sans concession, l'intrigue et l'amour. J'attends la traduction des  autres tomes avec impatience !

Pascale

18/04/2020

Antidotes au confinement : polar

roman policier, roman noir, thriller, nouvelle40 auteurs de polars imaginent l’après-confinement. Le site de Polars sur Garonne et le Festival Lisle Noir publient une nouvelle par jour : une belle brochette d’auteurs de polar, thriller ou roman noir !

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L’occasion de retrouver vos auteurs préférés… ou d’en découvrir de nouveaux !

Jour 1 : Déconfinés, Ian MANOOK

Jour 2 : La vengeance des chauves-souris, Nadine MONFILS

Jour 3 : Le jour d’après, Jean-Luc BIZIEN

Jour 4 : Madame Mathesen, Niko TACKIAN

Jour 5 : Homo Confinus, Bernard WERBER

Jour 6 : Au somment de la chaîne alimentaire, Claire FAVAN

Jour 7 : Relations de bon voisinage, Olivier NOREK

Jour 8 : Comptes rendus, Nicolas LEBEL

Jour 9 : You’ll never walk alone, David KHARA

Jour 10 : Blanc sur noir, Ingrid ASTIER

Jour 11 : N’est pas témoin de Jéhovah qui veut, Benoît SEVERAC

Jour 12 : Pas le moment, Mouloud AKKOUCHE

Jour 13 : C’est la fin, Céline DENJEAN

Jour 14 : Dasha et le très vieux magicien, Mathias MALZIEU

Jour 15 : Huis clos, Fabrice PAPILLON

Jour 16 : Adoptons les gestes barrières, Michèle PEDINIELLI

Jour 17 : Midas, Eric WIETZEL

Jour 18 : Âme de pique et âme de cœur, Sonia DELZONGLE

Jour 19 : Le virus est revenu, Jacques SAUSSEY

Jour 20 : Le complexe de Cassandre, Simone GELIN

Jour 21 : Voulez-vous… ? Michel BUSSI

Jour 22 : Juste toi et moi, Marlène CHARINE

Jour 23 : Et après… les hommes, Bernard MINIER

Jour 24 : Encore une vie, Sandrine DESTOMBES

Jour 25 : 16 000 têtes, Eric GIACOMETTI

Jour 26 : Réclusion, Danièle THIERY

à suivre...

 

roman policier, roman noir, thriller, nouvelleSur le site des éditions Calmann Levy, retrouvez aussi une nouvelle inédite à télécharger.

Tout le monde a vu sa vie chamboulée par le long confinement : travail, organisation personnelle, hobby, tout a changé. Jacques Expert, qui raconte les monstres de l'intérieur depuis longtemps dans ses polars, imagine ici ce qu'il en est du confinement quand on est un serial-killer...

 

 

22/03/2020

Antidotes au confinement : quais du polar

Retrouvez de votre canapé tout le programme de l'édition virtuelle de Quais du Polar du 3 au 5 avril roman policier, numérique

Dictée noire, rendez-vous avec les auteurs, sélections de polars, coups de coeur des libraires, quiz photos, textes inédits, fims...

Faites du repérage ! à la réouverture, votre bibliothèque se mettra en 4 pour vous procurer les polars sélectionnés.

01/07/2019

Lagos Lady

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Leye ADENLE

Traduit de Easy Motion Tourist par David Fauquemberg

Métailié Noir (bibliothèque anglo-saxone), 2016, 335 p.

 

Polar noir, situé à Lagos, Nigeria.

Guy Collins, petit journaliste anglais venu couvrir les élections présidentielles, néglige les conseils de prudence et sort boire un verre dans le quartier de Victoria Island. Suite à la découverte d’une femme mutilée devant le bar,  il est embarqué au commissariat, où il assiste à des scènes effrayantes. Les policiers s’appliquent plus à préserver la réputation de leur pays à l’étranger qu’à résoudre le meurtre. C’est une belle avocate noire, Amaka, qui vient à son aide : le croyant journaliste à la BBC, elle obtient sa libération, et lui demande d’enquêter pour témoigner sur des disparitions suspectes, et sur les mauvais traitements que subissent les prostituées. Sous l’emprise de cette femme de tête et de convictions, notre pauvre journaliste fait de son mieux pour sortir de cette galère, sans jamais savoir à qui se fier.

Le roman, rédigé en courts chapitres, présente des points de vue différents à chaque chapitre, ce qui embrouille un peu l’intrigue, dotée de nombreux personnages secondaires, souvent équivoques. La ville elle-même semble totalement chaotique, embouteillages, industrie du sexe, corruption, braquages, attaques à main armée voisinant avec  juju et croyances traditionnelles.

L’auteur traite d’un sujet grave, l’industrie du sexe, et les maltraitances faites aux femmes, souvent jeunes,  mais en fait surtout un polar haletant et décalé : les personnages de petits truands, caricaturaux, permettent de prendre du recul, comme dans le cinéma de Tarantino. Sans dévoiler la fin du roman, je dirais qu'elle est un peu convenue, contrairement au reste du récit.

La phrase de clôture ouvre sur un nouveau suspense. Le tome 2 est paru en anglais sous le tire « When trouble sleeps ».

Leye Adenle est né au Nigéria en 1975, et vit à Londres où il travaille comme chef de projet et acteur. Lagos Lady est son premier roman, il a reçu le prix Marianne / Un aller-retour dans le noir.

Aline

 

31/03/2019

Bouillon de polars

Polars présentés lors du bouillon de lecture de mars 2019 à la bibliothèque de Soucieu.

 

roman policier,thrillerPar-delà la pluie

Victor DEL ARBOL

Actes Sud (Noirs), 2019, 448 p.,  23€

Traduit de l’espagnol Por encima de la lluvia par Claude Bleton

Deux pensionnaires d’une maison de retraite au Maroc prennent la route. Hélène, marquée par la disparition de son père lorsqu’elle était enfant ; et Miguel, ancien banquier rigide, veuf, qui regrette un amour manqué, et s'inquiète pour sa la fille en proie aux violences de son mari. De très belles pages, bien écrites, pour ce roman noir. De 1947 à 2014, on voyage du Maroc, à travers l’Espagne et jusqu’en Suède autours de destins croisés, marqués par des traumatismes. Vieillesse, violence, crimes,… le bonheur s’échappe toujours.

 

roman policier,thrillerLe Président a disparu

Bill CLINTON & James PATTERSON

JC Lattès (Thrillers), 2018, 491 p., 23€

Traduit de l’américain The President is missing

Thriller politique qui se déroule en trois jours. Une menace terroriste pourrait mener les Etats-Unis au chaos. Le Président réunit ses alliés (Israël et Allemagne). Situation haletante, à la recherche de deux mots de passe cruciaux et de la taupe qui informe les criminels. Intrigue assez classique, mais bien menée, avec des rebondissements.

 

roman policier,thrillerLa peau de César

René BARJAVEL

Mercure de France, 1985 / Gallimard (Folio), 6.80€

Nîmes, une lettre anonyme avertit le commissaire Mary que César sera réellement tué pendant la représentation de Shakespeare dans les arènes. Malgré les précautions, l’acteur est tué… Quel plaisir de retrouver la plume de Barjavel, dans ce dernier roman publié de son vivant !

 

roman policier,thrillerLa fille d’avant

J.P. DELANEY

Ed. Mazarine, 2017, 430 p., 21.90€

A l’issue d’un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page en déménageant. Un appartement la séduit : remarquable, connecté, minimaliste… et bon marché ! La jeune femme est séduite, elle voit là l’occasion de faire table rase de son passé. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes, minimalistes et intrusives, fixées par l’architecte. Des événements inquiétants se produisent, et l’auteur sait fait monter la tension progressivement.

 

roman policier,thrillerPension complète

Jacky SCHWARTZMANN

Seuil, 2018, 184 p., 18€

Dino Scala, le personnage principal -tout comme l’auteur- est issu de la banlieue de Buers, à Lyon. Il vit aux crochets de sa femme plus âgée, milliardaire de la haute société luxembourgeoise. Dans ce milieu très bourgeois, il a gardé son parler franc et ses réactions vives. Suite à un coup de poing malencontreux, il doit se faire oublier et part dans le sud de la France. Après une panne improbable à La Ciotat, Dino fait halte dans camping. Il y rencontre un écrivain, venu là « à la rencontre des vrais gens » pour retrouver l’inspiration. Entre eux, se crée un lien « par défaut » ; ils tuent le temps… tandis que les morts accidentelles se multiplient au camping. De l’humour et une écriture assez verte pour ce polar à l’humour décalé.

 

roman policier,thrillerToute la vérité

Karen CLEVELAND

R. Laffont (La bête noire), 2018, 367 p., 21€

Traduit de l’américain Need to know par Johan-Frédérik Hel-Guedj

Mariée depuis 10 ans, et mère de 4 enfants, Vivian Miller est agent du contre-espionnage à la CIA. En développant un logiciel permettant de repérer les agents dormants russes, elle accède à un dossier secret qui remet en cause sa vie et sa famille ! L’auteur a travaillé 8 ans comme analyste à la CIA.

 

roman policier,thrillerLe journal de ma disparition

Camilla GREBE

Calmann-Lévy (Noir), 2018, 424 p., 21.90€

Traduit du suédois Husdjuret par Anna Postel

Deux ans ont passé depuis la précédente enquête Un cri sous la glace, et Hanne vit en couple avec son collègue policier Peter Lindgren. Elle a de sérieux problèmes de mémoire et tient un petit carnet où elle note les détails de ses enquêtes. Ils sont appelés en renfort auprès de l’inspecteur Malin pour élucider un meurtre, qui semble lié à un cadavre découvert au même endroit il y a dix ans. Hanne perd son carnet, retrouvé par un jeune homme qui s’en sert pour résoudre l’intrigue. L’écriture est quelconque, mais le récit réserve des surprises jusqu’au bout, et présente une peinture intéressante du village du fin fond de la Suède, paumé, appauvri, ou l’installation de migrants musulmans est mal perçue. L’auteur souhaite renverser le regard porté sur les exilés : ces réfugiés pourraient être nous ! Prix du meilleur polar suédois 2017.

 

roman policier,thrillerSur le toit de l’enfer

Ilaria TUTI

R. Laffont (La bête noire), 2018, 405 p., 20€

Traduit de Sopra l’Inferno (via l’anglais !)

L’intrigue se situe dans les montagnes isolées du Frioul, entre Italie et Autriche, sur plusieurs périodes (1936, 1978 et 1993). Dans un village très fermé, qui vit du tourisme sans vouloir élargir le domaine skiable, se succèdent meurtres et agressions. Le récit laisse une large part à la psychologie, celle des victimes, des bourreaux, mais aussi celle des enquêteurs, avec le personnage de la commissaire Bataglia, qui mène la vie dure au jeune inspecteur Massimo qui les rejoint. Bourrue et cinglante, mais adulée par son équipe, elle ne reconnaît que la compétence, et tente de tenir à distance les premières attaques d’Alzheimer. L’histoire nous plonge dans le passé de la région, et s’inspire des expérimentations comportementales réalisées par un psychanalyste nazi, Spitz.

 

roman policier,thrillerBack-up

Paul COLIZE

La manufacture des Livres, 2012 / Folio policier, 2013, 496 p., 8.30€

Un back-up, dans le milieu du rock, c’est un musicien de remplacement. Sur toile de fond des années « sexe, drogues et rock n’roll », l’auteur monte un récit puzzle, à lire d’une traite pour s’y retrouver. Berlin, 1967, les 4 musiciens du groupe Pearl Harbor meurent, dans différentes parties du globe, semble-t-il d’accidents. Bruxelles, 2010, un SDF est renversé par une voiture. C’est l’ancien batteur back-up du groupe, qui souffre du locked in syndrome, et se remémore ses années d’errance sans pouvoir communiquer. Le lecteur suit avec avidité ces 2 histoires parallèles qui sont évidemment liées. Le roman est truffé de références à la musique. Petite coquetterie : chaque chapitre a un titre musical (dernière expression dudit chapitre).

Du même auteur, Michèle signale Un long moment de silence, sur les juifs sortis des camps, et leurs enquêtes pour retrouver leurs tortionnaires allemands.

 

roman policier,thrillerLa disparue de la cabine n°10

Ruth WARE

Fleuve Noir, 2018, 432 p., 20€

Traduit de l’anglais The Women in Cabin 10 par Héloïse Esquié

Laura, rédactrice pour un magazine de voyages, a une belle opportunité de faire ses preuves en participant à la croisière inaugurale d’un yacht de luxe dans les fjords norvégiens. La première nuit en mer, elle croit entendre un cri en provenance de la cabine n° 10, suivi de la chute d’un corps dans  l’eau. Elle pense avoir assisté à un meurtre, mais le personnel prétend que cette cabine a toujours été vide, et personne n’a disparu. De plus, la crédibilité de Laura est mise en doute en raison de sa tendance à cumuler alcool et médicaments. L’intrigue, bien menée, se passe en huis clos, avec un personnage plutôt sympathique quoique névrosé, qui disparait à son tour.  La peinture des « riches et puissants » aurait pu être plus incisive. Thriller assez bien ficelé.

 

roman policier,thrillerLe Bibliothécaire

Larry BEINHART

Gallimard (série noire), 2005, 450 p., 24€

Traduit de The Librarian par Patrice Carrer

Pour arrondir ses fins de mois, et par amour des livres, David Goldberg devient bibliothécaire privé pour un milliardaire américain. Or Alan Stowe fait partie des « Eléphants d’or », gros bailleurs de fonds du parti Républicain, peu avant les élections présidentielles. A classer les documents confidentiels de l’industriel influent, le bibliothécaire se retrouve rapidement pris en chasse par les barbouzes républicains… alors qu’il n’a aucune idée de l’information qu’on lui reproche de détenir. Thriller politique américain typique, assez réussi, ne serait-ce que pour son personnage principal de bibliothécaire, et pour la belle Niobé, Mata Hari pleine de surprises qui tente de le séduire.

 

roman policier,thrillerChambre froide

Tim WEAVER

Micro Application (Pôle noir-thriller), 2013, 417 p., 20€

Traduit de Chasing the Dead par Véronique Gourdon

Un an après la mort de son fils, une femme est persuadée de l’avoir vu dans la rue, alors qu’il avait été formellement identifié par son empreinte dentaire après un accident de la route.  Elle embauche David Raker, détective spécialiste des personnes disparues. Depuis que sa femme est morte, David n’a plus rien à perdre. Aussi n’abandonne-t-il pas l’enquête, même lorsque l’enquête devient dangereuse, et que morts et disparus se multiplient. Le personnage de l’enquêteur entêté est plutôt sympathique, mais ce thriller est un peu dérangeant, par son registre glauque de la souffrance physique et de l’aliénation.

 

roman policier,thrillerL’île des absents

Caroline ERIKSSON

Presses de la Cité, 2018, 236 p., 19€

Traduit du suédois De Försvunna par Laurence Mennerich

Greta et son amant (marié) Alex passent un week-end au bord du Cauchemar, un lac suédois isolé, dont la légende voudrait qu’il soit maudit. Lors d’une sortie en barque avec la petite Smilla, fille d’Alex, Greta laisse Alex et sa fille débarquer seuls sur un îlot pour une promenade. Lorsqu’ils tardent à revenir, Greta s’affole et l’angoisse monte. Thriller psychologique angoissant, mais un peu vite traversé. Un lien intéressant (quoiqu’assez « fabriqué ») est fait entre plusieurs femmes subissant l’emprise et la violence des hommes.

20/05/2018

L'homme craie

roman policierL’homme craie

C.J. TUDOR

Pygmalion, 2018, 384 p., 20.90 €

Traduit de The Chalk Man, par Thibaud Eliroff

 

"Les deux étaient irrévocablement mêlés. La poule et l’œuf. Lequel est venu en premier ? Les bonhommes de craie ou les meurtres ?"

Suite à la réapparition d’un vieux copain, le narrateur, Eddie Munster, désormais professeur de littérature, revient sur les événements de sa jeunesse quarante ans plus tôt, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il remonte aux origines, fait une « virée sur le boulevard des souvenirs, un chemin sombre sur lequel les dressent des bonshommes de craie ».

En 1986, intello de la bande, un tantinet kleptomane, il traînait avec Le Gros Gav, Mickey Metal, Hoppo et Nicky la fille du pasteur. Quand le Gros Gav a reçu un seau de craies pour son anniversaire, ils s’en sont servis pour se laisser des messages secrets et fixer leurs rendez-vous.  Mais peu à peu, tandis que leur petite ville était agitée par les passions suscitées par l’installation d’une clinique pratiquant des avortements, les bonshommes de craie sont apparus seuls, semblant attirer ou désigner des accidents… ou des meurtres !

Quels étaient les liens avec leur bande ? Quel rôle ont joué les adultes : le père d’Eddie un temps accusé ?  Monsieur Halloran « l’homme pâle »,  révélateur ou coupable ? Ou le révérend Martin, prêtre évangéliste à la tête des « Anges d’Anderbury », un violent groupe anti-avortement ?

Pour progresser,  Eddie doit se rappeler de « regarder derrière l’évidence… Nous partons du principe que les choses sont telles qu’elles paraissent parce que c’est plus simple, ça demande moins d’effort. Ça nous exempte de trop penser –en général à ce qui nous met mal à l’aise. Mais ne pas penser, c’est aller droit aux malentendus, et dans certains cas aux tragédies. »

Polar à l’ambiance macabre, allégée par un vocabulaire parfois fleuri, dont la construction atypique très réussie interroge sur la culpabilité, les apparences, et les mécanismes de la mémoire. Repéré dans la sélection des libraires au salon du livre de Bron, c’est mon coup de cœur parmi les polars lus récemment.

Et je finirai sur une définition du karma, donnée par monsieur Halloran : « Tu récoltes ce que tu sèmes. Tes mauvaises actions reviendront te mordre les fesses un jour. » Qui pourrait attirer la tirade  de Gros Gav « Quel ramassis de cowboys puants !»

Aline

14/05/2018

Bouillon de polars

Nous profitons de cette soirée polar pour signaler le prix « Chabanières » du polar, actuellement en cours dans les bibliothèques de la Communauté du Pays Mornantais. En lice 5 romans que nous ne critiquerons pas ici, afin de ne pas vous influencer :

roman policier

Nous évoquons des auteurs favoris depuis des années : Peter May, Arnaldur Indridasson et Caryl Ferey, mais aussi des lectures plus inattendues, ou de nouveau romanciers.

 

roman policierPeter MAY

avec ses romans policiers qui se passent en Ecosse : : L’Homme de Lewis, L’Île des chasseurs d’oiseaux, Le Braconnier du lac perdu,… Nous en aimons beaucoup l'ambiance dans ces Iles  glacées du Nord où soufflent le vent, les tempêtes, où la mer peut être mortelle, où les habitants ont une rudesse due sans doute à la pauvreté, où, en plus de l'air marin ça sent la tourbe ou le poisson, où la religion est terrible,  sans parler de ce policier, Fin, affronté à des énigmes incroyables, et une vie personnelle douloureuse.

 

Arnaldur INDRIDASON

roman policierLes nuits de Reykjavik

Après la découverte du cadavre d’un clochard, Erlendur enquête avec obstination, malgré le peu d’intérêt pour cette affaire. Ce tome, écrit récemment, remonte au début de la carrière d’Erlendur, sa première enquête sous la houlette du  commissaire Marion.

 

roman policierLa rivière noire

Erlendur étant en vacances, c’est sa collègue qui enquête lorsqu’un jeune homme est retrouvé  égorgé chez lui. Un provincial sans histoire ? A l’autopsie, on trouve des traces de roïpnol

 

roman policierTrilogie des ombres

Quand Indridason se met au polar historique, avec son talent habituel. Le tome 1, Dans l’ombre, se déroule en 1941 ; Le tome 2, La femme de l’ombre, en 1943. A la fois romans policiers et peinture sociologique de l’Islande pendant  la  période troublée de la seconde guerre mondiale en Islande -et de l’occupation de l’Islande par les Alliés. Les deux enquêtes sont menées par un duo de jeunes policiers : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, et Thorson, l’Islandais né au Canada. Le tome 3, Passage des ombres, fait référence à une affaire de 1943.

 

roman policierTodd ROBINSON

Une affaire d’hommes

Gallmeister, 2017, 22 €

Bon polar à l’américaine, avec un détective privé qui boit, cogne et reçoit des beignes, un gros dur un peu sentimental, avec son code de l’honneur et ses vulnérabilités. Une fois passées les premières pages, qui désarçonnent par leur rapide entrée en matière dans le monde de la nuit, on apprécie l’ambiance de ce polar où les apparences sont parfois bien trompeuses…

 

roman policierWojchiech CHMIELARZ

Pyromane

(traduit du polonais Podpalacz par Erik Veaux)

Agullo, 2017, 410 p., 22.50 €

Enquête dans la peau d’un flic, vieux briscard de la police criminelle de Varsovie, l’Inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub. Son métier est tout pour lui, au point que son mariage avec Olga n’y a pas résisté, malgré son amour pour elle et pour leur fils. Il enquête sur une série d’incendies criminels, avec son adjoint Kochan, compétent mais qui file un mauvais coton, et le jeune sergent Shalski, plein d’initiative et de bonne volonté. L’intrigue, bien menée, intègre des chapitres du point de vue du pyromane, sans pour autant dévoiler la chute, et les personnages donnent de la  force au roman.

En exergue, une citation de Dennis Lehane (Mystic River), qui s’applique bien au Kub : « à vrai dire, je suis terriblement ennuyeux. Qu’on m’enlève mon métier, et je n’existe plus. »

L’auteur est journaliste, spécialiste de la criminalité en Pologne, et a écrit 4 tomes mettant en scène Le Kub. La ferme aux poupées vient de paraître aux éditions Agullo.

 

roman policierCaryl FEREY

La jambe gauche de Joe Strummer

Gallimard (Folio policier), 2007, 242 p., 6€

Pour mémoire : Joe Strummer était le créateur du groupe Clash, et chaque chapitre du roman porte le titre d’une chanson des Clash.

McCash, ancien de l’IRA, ancien policier, n’a plus rien à perdre. Sa femme est partie, et autour de lui, c’est la désolation. La lettre d’une ancienne amie lui apprend qu’il a une fille, Alice, dont il doit désormais s’occuper. Lorsqu’il arrive dans le village d’Alice, une fillette du foyer est retrouvée noyée, et il doit enquêter. L’enquête se passe en Bretagne, avec des descriptions très fortes et évocatrices.

 

roman policierPhilippe JAENADA

La serpe

Julliard, 2017, 648 p., 23 €

En 1941, le massacre à la serpe de trois personnes, le père, la tante et la bonne d’Henri Girard, avait fait couler beaucoup d’encre. La culpabilité du jeune homme semblait probable, mais au terme d’un procès troublant, il avait été acquitté. Philippe Jaenada enquête sur ce fait divers, qui avait remué la France entière. C’est avec talent qu’il décortique les techniques de l’avocat Maurice Garçon,  ressuscite toute une époque, et recompose l’histoire de famille compliquée d’Henri Girard. Henri Girard, auteur du célèbre « salaire de la peur » sous le pseudonyme de George Arnaud.

 

roman policierJohana GUSTAWSSON

Mör

Bragelonne (Thriller), 2017, 308 p., 21.50 €

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S'emploie pour parler de la viande. Le ton est donné : ce thriller est une sombre histoire autour d’un tueur en série, « boucher » évoquant Jack l’éventreur, et de cannibalisme. Le déroulement est chronologique, et  le duo d'enquêtrices Emily Roy et Alexis Castells, fonctionne bien. Comme dans son thriller précédent, Block 46, Johana Gustawsson explore l'histoire et les liens familiaux.

 

roman policierOdile BOUHIER

Le sang des bistanclaques

Presses de la Cité (Terres de France), 2011, 278 p., 19 €

Lyon, 1920. Une enquête est ouverte pour résoudre le meurtre d’une vieille femme. Elle fait intervenir le premier laboratoire scientifique de l’époque. Le sang des bistanclaques est une plongée dans la société lyonnaise des années folles. Avec des retours dans le temps jusqu’en 1895, 1898 et 1903, ainsi que l’intervention d’un médecin aliéniste, c'est aussi le parcours d'une folie individuelle, le portrait d'un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série. Pour amateurs de polars historiques fouillés... et lyonnais !

 

roman policierFlemming JENSEN

Le blues du braqueur de banque

Gaïa, 2012, 190 p., 17 €

L’humoriste Danois signe ici une sorte de polar totalement décalé, très plaisant à lire.

 

roman policierBill BEVERLY

Dodgers

Seuil, 2016, 19.50 €

East, quinze ans, est guetteur devant « la taule », une maison où l'on traffique de la drogue, à Los Angeles. Un jour les flics débarquent, entraînant des violences, et le décès d’une personne. Seule façon pour East de se racheter par rapport à son chef : partir dans le Wisconsin tuer un juge.  C’est le début d’un périple en voiture, accompagné d’autres jeunes, dont son frère Ty, 13 ans et complètement givré. Entre eux, l’ambiance est de plus en plus crispée, entre rivalités et jeux de pouvoir. Roman noir au dur réalisme.

 

roman policierCharlotte LINK

Une fille en cavale

Presses de la Cité, 2018, 22 €

Simon héberge une jeune femme qui a dû fuir son appartement sans rien et sauter dans le premier train de nuit… Intrigue assez bien menée, un peu de suspense, étude psychologique de chaque personnage très approfondie, par l’une des auteures allemandes les plus connues actuellement.

 

roman policierMichel BUSSI

Maman a tort

Presses de la Cité, 2015, 21.50 €

Malone, 3 ans et ½, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman. Seul un psychologue scolaire la croit, et enquête avec la commissaire. Il doit faire vite, car déjà la mémoire de l’enfant s’efface. Michel Bussi, en se penchant sur le fonctionnement de la mémoire chez l’enfant, signe un polar à l’intrigue bien menée.

 

roman policierMarie-Bernadette DUPUY

Un festival meurtrier

L’Archipel, 2016, 330 p., 19.95 €

Pendant le festival du film policier de Cognac, des jeunes filles sont défenestrées à Angoulême… Une enquête de l’inspectrice Maud Delage.

 

Et enfin, ceux qui ne nous ont pas plu (eh oui, parfois on fait carrément mauvaise pioche !)

Carol Higgins CLARK, Irish Coffee, trouvé sans intérêt

Dashiell HAMMETT, La clé de verre (1931). Polar aux Etats Unis à l’époque de la prohibition et de la guerre des gangs. Ça date un peu !