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14/09/2014

L'invité du soir

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Fiona McFarlane

Ed. de l’Olivier, 2014, 22,50 €

Traduit de l’australien The Night Guest par Carine Chichereau

Ruth, 75 ans, vit seule avec ses chats dans une maison isolée sur la côte australienne. Son mari Harry est mort depuis quelques années, ses deux fils vivent au loin. Elle profite de son indépendance, de sa maison agréable, de la vue sur l’océan et les baleines, tout en se restreignant peu à peu à cause de son dos douloureux. Ses souvenirs de jeunesse, dans les îles Fidji, fille de médecin missionnaire, lui reviennent avec de plus en plus de force.

L’irruption dans sa vie de Frida, aide-ménagère, est à la fois bienvenue et –dès le départ- source de malaise. Frida devient peu à peu indispensable à Ruth, malgré ses humeurs changeantes, qui mènent parfois à des affrontements. Mais protège-t-elle Frida, ou tente-t-elle au contraire de l’isoler ? Quelles sont les motivations de Frida, et pourquoi refuse-t-elle obstinément d’admettre ses origines mélanésiennes ? La romancière donne seulement le point de vue de Ruth, dont le lecteur perçoit bien qu’il n’est pas très fiable. Elle brouille à dessein les repères, faisant peu à peu monter le malaise…en même temps que s'accroît la vulnérabilité de la vielle femme.

Et que vient faire ce tigre, invité du soir, qui apparaît de temps en temps dans la maison dans une odeur de jungle tropicale ? J’avoue  n’avoir pas bien compris la signification de sa présence, ni le sens de l’affrontement final avec le tigre. Pour autant, les pages qui l’évoquent sont intenses et évocatrices.

Aline

11/06/2014

Je n'ai pas toujours été un vieux con

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Alexandre Ferraga

Flammarion, 2014, 250 p., 18 €

A 76 ans, Léon, vieux grincheux récalcitrant, se retrouve en maison de retraite, suite à l’incendie de son appartement. Sur un ton acerbe, il évoque sa découverte des lieux : les chambres aux noms de fleurs, les menus pour édentés, les infirmières accortes ou revêches,… Il observe d’un œil méfiant la cohorte des pensionnaires et leurs défauts, mais développe une grande complicité avec Jack le littéraire ou Roger le  bon vivant (qui conserve ses bouteilles dans la chasse d’eau), et abreuve de ses conseils pas toujours bienvenus Marilyn la soignante au beau derrière.

Dans son récit, qu’il aurait avantageusement pu nommer "Itinéraire d’un sale con", Léon navigue entre son adaptation à la maison de retraite et  ses souvenirs -qu’il évoque sans concession- d’enfant fragile ("brindille"), de petit délinquant, de marin, de jeune frappe, de taulard, d’amant ou de mari.

"Les personnes âgées ont tout un passé, à la fois derrière elles et encore vivant".

Doté d’un joli sens de la formule, l’auteur nous séduit avec son style enlevé, imagé, voire cru.

"En prison, vous passez en permanence des murs de votre cellule à la cellule de votre tête".

La tendresse avec laquelle il peint ses personnages  fait oublier que le récit manque un peu de profondeur. Les souvenirs papillonnent, les sujets ne sont qu’affleurés, et à la fin du livre, le lecteur se retrouve seul avec une sensation d’inachevé.

Aline