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10/10/2016

Désorientale

rentrée littéraire, roman, Iran, immigration

 

Désorientale

Négar DJAVADI

Liana Levi, 2016, 349 p., 22 €

 

Notre être ne se définit pas simplement ici et maintenant, mais se constitue aussi de notre histoire familiale, et de nos souvenirs. L’auteur, en parlant de son père, l’exprime ainsi : « Pour prétendre entrer dans la tête d’un homme, il faut d’abord le connaître, avaler toutes ses vies, toutes ses luttes, tous ses fantômes… » (p.10)

C’est avec beaucoup de circonvolutions que Kimiâ raconte comment elle est arrivée là, dans un couloir de l’hôpital Cochin, un long tube en carton sur les genoux, à attendre son rendez-vous pour une insémination artificielle.

Elle raconte son enfance,  en Iran dans les années 1970, avec des parents intellectuels opposants au régime du Shah. La pression de SAVAK, la police secrète, les espoirs portés par la Révolution, puis la terreur à nouveau sous le régime des « gardiens de la Révolution ». La migration à pied et à cheval via les montagnes du Kurdistan et la Turquie pour se réfugier en France… et l’adaptation à notre pays, bien différent, au quotidien, de la France fantasmée depuis Téhéran !

Petite fille bizarrement liée à sa grand-mère Nour, qu’elle n’a pourtant pas connue, Kimiâ est dépositaire d’une partie des histoires de famille contées par l’Oncle numéro 2 pendant les soirées de couvre-feu à Téhéran : l’ancêtre Montazemolmolk et son harem au pied des montagnes d’Alborz dans une province reculée du nord de la Perse nommée Mazandaran, la recherche d’une lignée d’enfants aux yeux bleus, du bleu étonnant de la mer Caspienne (lorsqu’elle était encore bleue), la grand-mère arménienne…  Cette culture qui la fonde, et qu’elle a pourtant laissée de côté pour pouvoir vivre en France, revient à l’assaut pendant les heures d’attente.

Ce roman a le mérite d’offrir un regard différent sur le contexte géopolitique iranien, sur l’héritage  perse, et sur les dissidents iraniens des années 1970-80.

J’ai été touchée par les réflexions sur l’exil et la difficulté de se construire  dans une culture différente. Les 3 sœurs, Mina, Leïli et Kimiâ ont trouvé des façons différentes de s’adapter à leur pays d’accueil, et Kimiâ expose ses choix personnels, opposés à ceux de ses sœurs.

 « L’Iran avait acquis sa réputation de pays moyenâgeux, fanatique, en guerre contre l’Occident. En ce début des années 1980, les Français ne faisaient pas vraiment la différence entre nous et les hezbollahis. Les professeurs  et les élèves nous posaient des questions incongrues et parfois blessantes qui témoignaient surtout de leur ignorance… agissant comme de l’acide sur cette part [de Mina] qui idéalisait la France depuis l’enfance. » (p. 272)

« Pour s’intégrer à une culture, il faut, je vous le certifie, se désintégrer d’abord, du moins partiellement, de la sienne. Se désunir, se désagréger, se dissocier. Tous ceux qui appellent les immigrés à faire des « efforts d’intégration » n’osent pas les regarder en face pour leur demander de commencer par faire ces nécessaires « efforts de désintégration ». Ils exigent d’eux d’arriver en haut de la montagne sans passer par l’ascension. » (p. 114)

« à vrai dire, rien ne ressemble plus à l’exil que la naissance. S’arracher par instinct de survie ou par nécessité, avec violence et espoir, à sa demeure première, à sa coque protectrice, pour être propulsé dans un monde inconnu où il faut s’accommoder sans cesse des regards curieux. Aucun exil n’est coupé du chemin qui y mène, du canal utérin, sombre trait d’union entre le passé et l’avenir, qui une fois franchi se referme et condamne à l’errance ». (p. 144)

"[Sara]était démunie, ne sachant plus comment être mère. Sans doute ne savait-elle plus qui nous étions, ni ce qu’elle était en droit d’attendre, maintenant qu’en guise de terre promise nous nous trouvions au bout d’une impasse. Le déracinement avait fait de nous non seulement des étrangers chez les autres, mais des étrangers les uns pour les autres. On croit communément que les grandes douleurs resserrent les liens. Ce n’est pas vrai de l’exil. La survie est une affaire personnelle. » (p.273)

Pour moi, la quantité de sujets abordés dans ce roman impose au récit un trop grand nombre de flashbacks et flashforward. Au reste, l’auteur l’annonce dans son prologue : « [Ma mémoire] charrie tant d’histoires, de mensonges, de langues, d’illusions, de vies rythmées par des exils et des morts, des morts et des exils, que je ne sais trop comment en démêler les fils ». (p.11)

De plus, j’avoue avoir été détournée de ma lecture par l'agacement dû aux fautes de conjugaison ou d'accord. N’y a-t-il plus de relecteurs aux éditions Liana Lévi ? Peut-on proposer aux sélections des prix littéraires un livre comportant des coquilles ???  Car oui, Désorientale fait partie de la sélection 2016 du prix littéraire du Monde, du prix roman Fnac et du prix Femina !

Lisez-le, et faites-vous votre opinion. Aline.

"Mon père, Darius Sadr, le Maître de la page blanche, Le Téméraire, Le Révolutionnaire, disait de sa voix songeuse / visionnaire : « On écoute mieux avec les yeux qu’avec les oreilles. Les oreilles sont des puits creux, bons pour les bavardages. Si tu as quelque chose à dire, écris-le. » (p.19)

27/04/2016

La cache

premier roman

La cache

Christophe BOLTANSKI

Stock (La Bleue), 2015, 20 €

Prix Femina 2015 et Prix des Prix littéraires

Quelle surprise à la lecture ! Le lecteur se retrouve sur un plateau de Cluedo, promené de pièce en pièce par  Boltanski pour reconstituer son histoire familiale : chaque chapitre porte le nom d’une pièce de la maison de ses grands-parents, depuis la voiture –extension du cocon protecteur- jusqu’au cœur de la maison, la chambre des grands-parents.

La famille vit en vase clos, autour de la grand-mère, fière et névrosée. Boitant des suites d’une polio, elle garde ses enfants et petits-enfants à proximité, ils sont ses soutiens, ses cannes. Tous dorment ensemble dans la grande chambre, casemate protégée par les verrous tirés !

p. 282 « Après nos jours, elle contrôlait nos nuits ».

Une vie en vase clos dont seul un des trois fils s’est échappé :

p. 295 « Le départ de son fils du cocon qu’elle a créé, échec incompréhensible vécu comme une trahison »… néanmoins compensée par l’empressement de Christophe, le petit-fils, à rejoindre le nid familial.

Par petites touches, le lecteur comprend que les névroses des grands-parents s’expliquent par les années de clandestinité vécues pendant l’occupation. Années où le grand-père, absent pour la milice, a vécu reclus dans son petit bureau aveugle, toujours prêt à plonger dans "la cache".

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. Cette appréhension, ma famille me l’a transmise très tôt, presque à la naissance. »

L’écriture de Boltanski est extraordinaire. Maîtrisée, évocatrice, c’est un pur délice. En revanche, plusieurs lecteurs n’ont pas apprécié ce livre faute de récit : plus qu’un roman, c’est une collection organisée de souvenirs. S’il étonne par sa structure, et satisfait pleinement par sa qualité d’écriture, il laisse sur sa faim en ce qui concerne « l’histoire ».

Coup de cœur pour les uns, ennui féroce pours les autres ! Personnellement j’ai beaucoup aimé ce livre, j’aurais aimé pouvoir évoquer avec autant de finesse mon rapport à mes grands-parents, à travers le lieu où je les ai côtoyés, et savoir dire, comme l'auteur :

p. 274 « Je n’ai jamais été aussi heureux que dans cette maison ».

Aline

21/02/2016

Consumés

Consumés

David CRONENBERG

Gallimard, 2016, 371 p., 214 €

Naomi et Nathan forment un couple atypique : tous deux photo-journalistes, ils arpentent le monde chacun de son côté à la poursuite d'histoires sensationnelles et sordides à exploiter. Amants, ils pratiquent l'amour libre au gré de leurs investigations, et partagent une voracité consumériste pour le matériel photo professionnel. Tandis que Naomi enquête sur l'apparent meurtre cannibale de Célestine Arostéguy, célèbre philosophe française, Nathan photographie une opération illégale pratiquée par le chirurgien controversé Molnar.

Le roman, relativement complexe, peut exercer une certaine fascination, mais il offre hélas une résolution peu concluante. Cumulant les scènes de sexe peu jubilatoires et les personnages pervers ou désaxés, il dégage une sensation globale  morbide et écœurante.

Quelqu'un a aimé ce premier roman du cinéaste ?

Aline

30/09/2015

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

mort,amour,condition féminine

 

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir

Rosa MONTERO

Métailié, 2015

 

Cédant à ce qui semble être une mode parmi les écrivains actuels, Rosa Montero prend comme point de départ la biographie de personnes célèbres – ici celle de Marie Curie, scientifique dont la vie aux côtés de son mari Pierre a fait l’objet de nombreux écrits et documentaires filmés .

Le tout est bien écrit, bien documenté, repose sur des faits avérés, des biographies attestées, des écrits de Marie Curie à partir desquels l’auteur  "brode".

Et c’est la broderie que je trouve gênante !!! Je trouve qu’elle donne un livre "fourre-tout" à la construction baroque (au sens artistique du terme !) avec des extraits intéressants de tranches de vie des deux scientifiques interrompus par des digressions en tous genres, notamment sur la difficulté d’être femme dans un univers machiste, sur la douleur ineffable liée à la perte de l’être aimé et sur le deuil (Pierre meurt avant Marie). L’auteur nous inflige des confidences intimes sur ses propres réactions  face à la mort de son compagnon à partir desquelles elle se livre à des généralisations sur la mort, nécessairement superficielles. On trouve aussi pêle-mêle des réflexions sur ce qu’est la normalité,  sur les coïncidences dans la vie, sur ce qu’aimer signifie pour un homme et pour une femme, sur la relation entre littérature et  Mal, littérature et beauté, fiction et réalité, liberté de l’écrivain, faiblesse des hommes, la mort de nos jours, etc. etc.  tous ces thèmes n’étant bien sûr qu’ effleurés. Enfin, l’emploi des #Hashtags, totalement artificiel, m’a exaspérée !

Il s’agit ici pour moi d’un livre exutoire  qui illustre un autre phénomène de mode à l’œuvre dans les publications récentes : l’acte d’écrire pour l’auteur qui ne se dissimule plus derrière un narrateur constitue une thérapie ; le lecteur assiste à un déballage de sentiments auquel il manque la distanciation d’une Delphine de Vigan lorsqu’elle s’interroge sur la relation entre réalité et fiction.  Sans toutes ses digressions, le livre m’aurait semblé beaucoup plus intéressant et même très recommandable !!!

Ginette

03/11/2014

L'amour et les forêts

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Eric REINHARDT

Gallimard (Blanche), août 2014, 368 p, 21.90€

A l’origine du livre : la rencontre entre l’auteur et une lectrice transformée par la lecture de son dernier roman. Leur discussion donne lieu à de très belles pages sur la relation entre l’écrivain et le lecteur, l'écriture, et ce que peut apporter un roman à son lecteur, mais aussi les peurs de l’écrivain.

Peu à peu, Béatrice Ombredanne révèle des pans de sa vie, soumise au harcèlement constant de son mari. Sa situation, tendue entre son besoin de perfection pour ses enfants et son travail, et la conscience que son mari l’humilie et la manipule, est très émouvante.

A la lecture, cependant, j’ai été gênée par les différentes versions de sa vie que donne Béatrice à ses interlocuteurs. Chaque confident a droit à une facette de sa vérité (ce qui en soit est normal : nous ne confions pas les mêmes choses à différentes personnes), mais ces différentes facettes ne m’ont pas semblé concordantes, si ce n’est qu’elles pointent toutes vers une relation désastreuse avec son mari, à laquelle Béatrice ne se soustrait que trop ponctuellement, pour une liaison d’un jour ou un séjour à l’hôpital psychiatrique.

L’écriture, pour moi aussi, comporte des incohérences : l’amant est trop parfait, la sœur s’exprime de façon trop raffinée, pas franchement crédible dans un dialogue… C’est donc un roman que j’ai lu avec intérêt, et empathie pour la situation du personnage, mais qui ne m’a pas convaincue.

Aline

04/08/2014

La liste de Freud

sigmund freud,folieLa liste de Freud

Goce SMILEVSKI

Belfond, 2013

J’ai été déçue par ce livre. Autant « le cas Edouard » faisait le portrait en creux d’un grand homme certes égoïste, mais humain et torturé (Albert Einstein). Autant la liste de Freud me semble rater la rencontre avec Sigmund Freud.

Le récit est mené à la première personne par sa jeune sœur, Adolphine, qui se réclame d’une relation privilégiée avec Sigmund, tout en reconnaissant qu’il l’a laissée tomber à maintes reprises, dans les circonstances les plus dures de son existence : face à une mère souvent cruelle, après un avortement, et surtout, abandon ultime, lorsqu’il a quitté Vienne devant les persécutions nazies. En établissant cette fameuse liste, évoquée en titre, qui permettait de faire sortir d’Autriche les personnes proches de Freud, où il a inscrit toute sa maisonnée, y compris son médecin, la famille de celui-ci et son chien… et refusé de noter ses sœurs.

Le lecteur ne ressent absolument pas le grand attachement évoqué par Adolphine, ni même à vrai dire d’effroi  pendant ses années d’internement en clinique psychiatrique ou d’émotion lorsqu’elle est déportée à Theresienstadt.

Pour moi, l’auteur a voulu intégrer trop de réflexions sur la folie et l’histoire de l’aliénation, de même que de nombreuses critiques sur la personnalité et l’œuvre de Sigmund Freud, ainsi aussi que le recours à la psychiatrie contre toutes les femmes qui dérangent, comme les féministes (Clara Klimt). Du coup, le roman vire à l’essai sur la psychiatrie, ce qui pourrait se révéler intéressant… si cet essai était structuré, ce qui n’est pas le cas.

Aline

14/10/2013

Danse noire... trop sophistiquée...

danse noire.gifTrop d’effets spéciaux, trop d’intimité et trop de pathos dans ce récit à la deuxième personne du singulier qui produit l’effet inverse … L’abondance tue la justesse et paradoxalement ce parti pris du cinéma tue jusqu’au mouvement… voire suscite le détachement du lecteur.

Seule la métaphore de la danse en filigrane du roman m’a semblé en revanche lui donner sa cohérence. Nancy Huston tenait pourtant sa trame, ses personnages, une histoire aussi solide que dans son  roman « Lignes de failles » sauf … sauf qu’on ne fait jamais deux fois le même parcours ! Entre ces deux romans l’écrivain n’aurait-t-il pas pris trop d’assurance ? N’est-ce pas ce manque d’humilité qui lui fait préjuger de la persévérance du lecteur ?…. Au point de penser que le lecteur non anglophone (ça existe ?!) supportera sur les deux tiers du récit la lecture de minuscules notes en bas de pages ou la traduction dans le texte du parler de l’époque….

Bien sûr, l’écriture ne fait pas défaut, on parcourt une petite dizaine de  belles pages (ça aide à tenir l'effort..!) Pour ma part, j’ai refermé le livre avec au final l’impression d’une sophistication… complètement inefficace. 

Sylvie

 

L'avis de Maryvonne, qui lit l'anglais dans le texte : c'est compliqué, je n'ai pas adhéré.

 

Danse noire

Nancy Huston

Actes Sud (domaine français), août 2013, 347 p., 21€

04/09/2013

Les gens heureux lisent et boivent du café

gens heureux lisent et boivent du café.gifHarlequinade sous titre aguicheur

La sagesse serait de s'en tenir aux bons livres, avec le souci de les transmettre, mais devant une telle déception il est quand même urgent de prévenir!

Le produit (produit d'appel vendu à prix compétitif au format numérique) est le fruit du marketing ambiant. En version papier on se laisse séduire par le titre, on entend "lecture" ( c'est tendance dans les titres avec juste ce qu'il faut de caution culturelle), la juxtaposition des mots "heureux" et "café" soutenue par une belle photo rétro en noir et blanc fait aussi son petit effet. On attend une bonne histoire ficelée avec juste ce qu'il faut d'analyse comme peut le laisser supposer Sigmund en épigraphe. 

Les cinquante premières lignes nous laissent sur cette illusion, presque bien écrites, avec juste ce qu'il faut de maîtrise du pathos... Hélas, passée cette ouverture appliquée , l'auteure ne réussit pas à tenir l'allure et sombre illico dans des dialogues d'une platitude épuisante pimentée d'expression familières ( mais oui, rappelons nous ... on est censé baigner dans le quotidien..!) .

Côté récit j'abrège sur les retrouvailles de nos deux héros favoris, dignes des meilleures séries sentimentales. Nos classiques rose tendre qu'on dévore vers quatorze ans ou plus, l'amour yoyo, le macho et sa douce, fringants depuis le Moyen Age, toutes latitudes confondues ( ici l'Irlande , ses pubs et ses cottages et rien que des personnages clichés au service de l'intrigue )... Intemporel vous dis je, avec une exception pour la fin, (Sigmund est passé par là), la thérapie se termine au chapitre 10 mais on ne saura pas si les deux protagonistes ... "furent heureux et eurent beaucoup d'enfants". L'auteure retrouve le style de "l'intro", les dix dernières lignes restent dans la suggestion, tendance vous dis je!

Voilà qui m'apprendra à feuilleter trop distraitement les parutions en librairie.

Sylvie B.

Les gens heureux lisent et boivent du café

Agnès Martin-Lugan, Michel Lafon, 2013, 14.95 €

29/01/2013

Trop parfaite

Trop parfaite, par Gigliola Alvisi

La Joie de Lire (collection Hibouk), janvier 2013, 300 p., 13.90 €

Trad. De l'italien "Non solo una bambola" par Françoise Liffran.

(couverture : 4 photomatons en noir et blanc de Barbie)

 

Lucrezia, Milanaise de 13 ans au look de Barbie, apprend avec horreur que sa mère est enceinte : berk ! Ca veut dire que ses "vieux" parents font l'amour !!! Comme la grossesse se passe mal, elle est envoyée pour les vacances chez une tante dans l'Italie rurale du sud. Elle qui vit dans une famille parfaite (père pilote beau comme un dieu, mère mannequin hyper organisée), elle va découvrir un monde où on se bagarre pour la salle de bain, où on mange comme quatre, où les taloches pleuvent et où le petit dernier braille constamment.

Jusque-là, ça va (quoique les réflexions sur les relations sexuelles des parents soient d'un goût douteux) : tolérance, apprentissage d'un mode de vie différent,…

 

L'écriture est moderne, rapide, alternant dialogues, récit et courriels aux copines. L'héroïne n'oublie pas d'avoir une cervelle, et sait aussi se servir de ses muscles, c'est bien. Quant à la rengaine sur son look de Barbie… admettons.  Il est sûrement difficile d'être résumée à son aspect physique, même s'il est envié.

 

Mais il faut ajouter au récit une brouille de famille, un décès d'enfant, une tentative de viol sur Lucrezia (et un viol sur une copine)…

Bref trop c'est trop, non ?

28/10/2012

plan-plan cul-cul

Cinquante nuances de Grey (tome 1/3)

E.L. James, JC Lattès, 2012

Le roman Fifty shades of Grey est sorti en France après des ventes triomphales aux Etats-Unis. Les médias en parlent, les jeunes du Petit Journal de Malval (Vaugneray) ont testé pour nous.

L'histoire est celle d'Anastasia, étudiante en lettres qui passe sa licence. Toujours vierge (ha ! ha ! ha !), elle n'a jamais craqué pour un homme avant d'interviewer maladroitement le beau, le jeune, le ténébreux milliardaire Christian Grey. L'attirance est respective, mais Christian Grey, traumatisé par une jeunesse difficile, ne conçoit l'amour que dans une torride relation dominant –soumise. D'où quelques scènes sexuelles explicites...

Le récit, sorte de roman à l'eau de rose érotique, est assez simpliste, alternant  entre les moments où Anastasia tente de rejoindre son prince charmant dans son monde de fantasmes sexuels, et ceux où elle lui résiste. L'écriture est souvent maladroite, elle frise le ridicule par moments ("le brushing post-coïtal lui va si bien"), à moins qu'il ne s'agisse de la traduction de Denyse Beaulieu ?

Rien de bien extraordinaire, donc, ni de bien choquant dans ce premier tome. Les deux suivants devraient paraître en 2013. Le phénomène prendra-t-il en France ? le marketing gagnera-t-il ?...