29/01/2013

Trop parfaite

Trop parfaite, par Gigliola Alvisi

La Joie de Lire (collection Hibouk), janvier 2013, 300 p., 13.90 €

Trad. De l'italien "Non solo una bambola" par Françoise Liffran.

(couverture : 4 photomatons en noir et blanc de Barbie)

 

Lucrezia, Milanaise de 13 ans au look de Barbie, apprend avec horreur que sa mère est enceinte : berk ! Ca veut dire que ses "vieux" parents font l'amour !!! Comme la grossesse se passe mal, elle est envoyée pour les vacances chez une tante dans l'Italie rurale du sud. Elle qui vit dans une famille parfaite (père pilote beau comme un dieu, mère mannequin hyper organisée), elle va découvrir un monde où on se bagarre pour la salle de bain, où on mange comme quatre, où les taloches pleuvent et où le petit dernier braille constamment.

Jusque-là, ça va (quoique les réflexions sur les relations sexuelles des parents soient d'un goût douteux) : tolérance, apprentissage d'un mode de vie différent,…

 

L'écriture est moderne, rapide, alternant dialogues, récit et courriels aux copines. L'héroïne n'oublie pas d'avoir une cervelle, et sait aussi se servir de ses muscles, c'est bien. Quant à la rengaine sur son look de Barbie… admettons.  Il est sûrement difficile d'être résumée à son aspect physique, même s'il est envié.

 

Mais il faut ajouter au récit une brouille de famille, un décès d'enfant, une tentative de viol sur Lucrezia (et un viol sur une copine)…

Bref trop c'est trop, non ?

28/10/2012

plan-plan cul-cul

Cinquante nuances de Grey (tome 1/3)

E.L. James, JC Lattès, 2012

Le roman Fifty shades of Grey est sorti en France après des ventes triomphales aux Etats-Unis. Les médias en parlent, les jeunes du Petit Journal de Malval (Vaugneray) ont testé pour nous.

L'histoire est celle d'Anastasia, étudiante en lettres qui passe sa licence. Toujours vierge (ha ! ha ! ha !), elle n'a jamais craqué pour un homme avant d'interviewer maladroitement le beau, le jeune, le ténébreux milliardaire Christian Grey. L'attirance est respective, mais Christian Grey, traumatisé par une jeunesse difficile, ne conçoit l'amour que dans une torride relation dominant –soumise. D'où quelques scènes sexuelles explicites...

Le récit, sorte de roman à l'eau de rose érotique, est assez simpliste, alternant  entre les moments où Anastasia tente de rejoindre son prince charmant dans son monde de fantasmes sexuels, et ceux où elle lui résiste. L'écriture est souvent maladroite, elle frise le ridicule par moments ("le brushing post-coïtal lui va si bien"), à moins qu'il ne s'agisse de la traduction de Denyse Beaulieu ?

Rien de bien extraordinaire, donc, ni de bien choquant dans ce premier tome. Les deux suivants devraient paraître en 2013. Le phénomène prendra-t-il en France ? le marketing gagnera-t-il ?...

02/05/2012

Je reviendrai avec la pluie

je voulais écrire quelques lignes sur "Je reviendrai avec la pluie" de Takuji ICHIKAWA .... mais ce serait attrister le blog.

Si Mark Lévy est nippon, je l'ai rencontré... et ma foi.... c'est juste imprégné d'un peu de tradition japonaise ... où de l'idée que j'en ai maintenant.  On ne badine  pas avec la vie conjugale, ni avec l'éducation des rejetons, ni avec l'hygiène. On apprend au passage le nom des fleurs locales.  De la poésie... disait... l'éditeur?

Voilà, j'ai fait ma méchante !

Sylvie

Quelqu'un d'autre a eu un avis différent ?

08/01/2012

Prix Femina 2011

Jayne Mansfield, 1967
Simon Liberati, Grasset, 2011

Selon les critiques, le livre est une splendeur, et la fin de l'actrice symbolise judicieusement la fin du star système des années Hollywood... Et bien, une fois encore, mes goûts diffèrent de ceux des critiques ! Simon Liberati a obtenu le Prix Femina 2011 pour son roman (?) Jayne Mansfield et moi, je suis restée hermétique à ce livre au point de ne pas pouvoir en lire plus du quart !
D'ordinaire, même si l'histoire ne me passionne pas, je me rattrape sur le style, ou inversement... Mais là ???

Dès la première page, le livre déverse son lot de descriptions cliniques : "Le crash eut lieu à un kilomètre et demi du pont des Rigolets, un ouvrage d'art de mille trois cent quatre-vingt-huit mètres de long construit en 1929 et qui serait en partie démoli par le cyclone Katrina en août 2005..."

On s'approche de l'accident : la Buick (Electra 225 bleu métallisé modèle 66) encastrée sous un camion  (semi-remorque Western Star à dix-huit roues de la Société de fret Johnson Motor Lines) dans un mouvement extrêmement lent et détaillé, un zoom interminable ne nous épargnant aucun détail morbide, du toit "arraché et tiré vers le haut comme le couvercle d'une boîte de sardine" aux mèches blond platine éparpillées,...

Plus loin, cette approche millimétrée se concentre sur les derniers mois de l'espèce de monstre de foire qu'était devenue la star à la fin de sa vie. J'ai été plutôt repoussée (et ennuyée !!!) que fascinée par le récit circonstancié de sa déchéance. 

Aline